"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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samedi 31 décembre 2011

Homélie du 4 décembre - 2ème dimanche de l'Avent B

Église St Siméon – L’Huisserie – 3/12/11 – 18h30
Église St Georges – Montigné – 4/12/11 – 10h30
2ème dimanche de l’Avent B – Messe des familles

(Textes : Is 40,1-5.9-11 – Ps 84 – 2P 3,8-14 – Mc 1,1-8)

Mot d’accueil :

Dans notre chemin de l’Avent, nous rencontrons aujourd’hui le visage de Jean-Baptiste. « Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. », tel est son crie… saurons-nous l’entendre ?

Homélie :

Frères et sœurs,

Jean-Baptiste nous appelle à préparer le chemin du Seigneur, à aplanir la route : c’est de notre cœur, c’est de notre vie qu’il parle. Qu’est-ce qui dans notre cœur fait obstacle à la venue du Seigneur ? Comme le dit St Pierre dans le passage de sa lettre que nous avons entendu tout à l’heure, le Seigneur patiente pour nous laisser le temps de nous convertir… mais un jour, Il reviendra, et dans quel état trouvera-t-il nos cœurs et nos vies ?

Dans notre série de messe des familles, nous prenons le temps d’expliquer petit à petit les différentes parties de la messe : aujourd’hui, nous nous arrêtons sur le moment central de la messe qui est l’eucharistie.
Après les lectures et l’homélie, quand le prêtre ou le diacre explique le sens des lectures, tous les chrétiens redisent ensemble ce en quoi ils croient avec la prière du “Je crois en Dieu”. Il y a deux textes possibles, qui sont tous les deux très anciens, et qui ont été rédigés par nos aînés dans la foi, dès les 1ers siècles.

Ensuite, on prend le temps d’exprimer quelques prières communes, avec un refrain entre chaque intention, c’est la prière universelle. Nous avons tous des intentions particulières dans nos cœurs, mais à ce moment-là, nous prions tous ensemble pour les mêmes raisons, pour demander la même chose.

Préparation des dons
On fait ensuite une procession des offrandes, c’est-à-dire que des chrétiens viennent apporter au prêtre le pain et le vin qui vont servir à l’eucharistie. On peut aussi apporter d’autres objets qui représentent nos vies, pour une messe particulière par exemple. C’est aussi le moment de la quête : en donnant de l’argent, les chrétiens montrent qu’ils participent à la vie de l’Église. Autrefois, les chrétiens apportaient le pain et le vin de leur maison, et ils apportaient aussi souvent de la nourriture pour donner aux plus pauvres. Aujourd’hui, on remplace cela par la quête.

Prière sur les offrandes
Tous ces dons représentent nos vies, et en apportant le pain et le vin, en donnant à la quête, nous montrons que nous sommes liés à ce qui va être célébré. Le prêtre présente ensuite le pain et le vin à Dieu en les élevant et en disant une prière. Après avoir présenté les offrandes, le prêtre lave rapidement ses mains : en se lavant les mains, il dit une petite prière pour demander pardon à Dieu pour le mal, pour les péchés qu’il a pu faire, pour que son cœur soit bien prêt à célébrer l’eucharistie. Il termine enfin la présentation par une prière sur les offrandes qui change chaque dimanche.

Prière eucharistique
Après cela, on commence la prière eucharistique. “Eucharistie” veut dire “dire merci” : toute cette longue prière est une façon de remercier Dieu. Dans la prière, c’est surtout le prêtre qui parle, mais il parle au nom de toute l’assemblée, de toute l’Église. Dans cette prière, le prêtre s’adresse à Dieu le Père et il le remercie pour tout ce qu’il a fait et pour nous avoir envoyé Jésus, son Fils, pour nous enseigner et pour nous sauver.

La prière eucharistique est assez compliquée, car elle rassemble en une seule prière beaucoup de chose : elle est comme un résumé de la foi des chrétiens. Au centre de cette prière, le prêtre redit les paroles de Jésus à son dernier repas : prenez, mangez, ceci est mon corps ; prenez, buvez, ceci est mon sang. Dans cette prière, on se souvient à la fois du dernier repas de Jésus, de sa mort sur la croix et de sa résurrection. Nous redisons aussi que nous attendons que Jésus revienne dans notre monde, quand le temps sera venu.

Quand le prêtre refait les gestes et redit les paroles de Jésus, Dieu agit réellement : le pain et le vin, même s’ils ne changent pas d’apparence, deviennent le corps et le sang du Christ. Comme nous avons besoin de nourriture pour que notre corps soit vivant, le corps et le sang du Christ sont la nourriture qui permet à l’Église, qui est le Corps du Christ, de vivre. Ainsi, il n’est pas possible de rester véritablement chrétien si on ne reçoit pas régulièrement le corps du Christ.

Dans la prière eucharistique, nous sommes tous et toutes concernés : c’est en notre nom à tous que le prêtre dit et fait ces gestes, et à plusieurs reprises, toute l’assemblée doit répondre au prêtre pour bien montrer qu’elle est d’accord avec ce qui se passe. A un moment, on pense particulièrement aux personnes qui sont mortes : elles ne sont plus là auprès de nous, mais nous croyons qu’elles vivent autrement, auprès de Dieu, et nous pensons aussi à elles.

Communion
Après cela, tous les chrétiens qui sont assez grand et qui se sentent prêt à communier peuvent venir en procession recevoir le pain consacré, corps du Christ. A certaines messes particulières, les chrétiens peuvent aussi parfois communier en buvant le vin consacré, sang du Christ.

Amen.

David Journault †

jeudi 1 décembre 2011

Les prêtres et la crise de l'espérance dans l'Église

Je publie ici un article déjà ancien, paru dans la Documentation Catholique en 2004 (n°2322). Il s'agit d'un discours du P. Timothy Radcliffe, prononcé à Atlanta (États-Unis). C'est sans doute un peu long, mais ce texte m'a beaucoup éclairé et me semble encore vraiment d'actualité sur l'Église, le monde, la vie de prêtre aujourd'hui...
Pour ceux qui voudraient l'imprimer, vous pourrez trouver en cliquant ICI une version PDF mise en page par mes soins. Bonne lecture !

Les prêtres et la crise de l'espérance dans l'Église
par le P. Timothy RADLIFFE, o.p., in DC 2004, n°2322, pp.888-895

Du 11 au 14 avril dernier a eu lieu à Atlanta, dans l’État de Géorgie (États-Unis), la convention de la Fédération nationale des Conseils presbytéraux (NFPC). Le P. Timothy Radcliffe, o.p., ancien Maître de l’Ordre des Prêcheurs, a donné une conférence (“Priests and the Crisis of Hope Within the Church”) où il traite de la crise de confiance qui secoue l’Église et du désarroi d’un certains nombre de prêtres.

1. “Comment être porteur de bonnes nouvelles” ? Voilà le thème sur lequel on m’a demandé de m’exprimer. Cela suppose que nous soyons nous-mêmes touchés par une certaine joie. Si vous êtes sombre et triste, qui va croire que l’Évangile est une bonne nouvelle ? Nietzsche disait que les disciples de Jésus devraient avoir l’air un peu plus « rachetés ».

2. Nombreuses sont les raisons qui expli-quent que nous puissions être démoralisés. L’Église traverse une crise de désespoir. Aux États-Unis plus qu’ailleurs peut-être, les catholiques apparaissent profondément divisés. La plupart des diocèses et des ordres religieux souffrent d’un manque de voca-tions. De nombreux prêtres sont partis, sans parler des terribles scandales de pédophilie et de la façon dont ceux-ci ont été traités. Que vous soyez démoralisés est donc tout à fait compréhensible. Le fait qu’un chauffeur de taxi ou qu’un avocat soit démoralisé n’est pas contradictoire avec le métier qu’il exerce. Un comptable ou un coiffeur peut être régulièrement déprimé sans que cela influe sur la qualité de son travail. Par contre, un prêtre qui n’a jamais le moral est atteint dans sa capacité à remplir sa mission.

3. Je ne sais pas si vous êtes démoralisés ou pas. L’expérience que j’ai des prêtres aux États-Unis me laisse penser qu’il y a toujours et malgré tout de la joie dans l’Évangile. Comme en Irlande peut-être. La dernière fois que je me suis rendu dans ce pays, j’ai été frappé par le nombre de prêtres me disant que tout le clergé était démoralisé sauf eux ! Qu’eux, ils allaient bien. Ce-pendant, même si vous conservez votre joie dans le Seigneur, il n’est pas inutile de se pencher sur les différents défis que nous devons relever et d’étudier ensemble la fa-çon d’y faire face dans la joie. La première chose à faire est peut-être de se réjouir de cette crise qui touche l’Église car elle nous permet de partager la crise de désespoir que traverse notre société. Nous souffrons en communion avec nos frères les hommes. Oliver Bennet, de l’université Warwick en Angleterre, est l’auteur d’un livre intitulé “Cultural Pessimism : Narratives of Decline in the Postmodern World” (1). Toute société a toujours pensé qu’avant “c’était le bon temps”. L’auteur indique cependant que la société occidentale est aujourd’hui convaincue d’être sur le déclin, et qu’elle en souffre. La violence se développe dans nos villes, les systèmes de santé implosent, le sida gagne du terrain, le continent africain est à la dérive, le terrorisme est en pleine expansion et la guerre fait rage en Irak. Tout part à vau-l’eau.

4. Le désespoir, au sens chrétien du terme, ne signifie pas que tout le monde se sente malheureux, même si le nombre de suicides se multiplie partout dans le monde, des États-Unis au Japon. Si le monde est désespéré c’est qu’il ne croit plus à l’avenir de l’humanité. Abraham est le symbole de notre espérance. Nous ignorons totalement s’il a gagné la Terre Promise dans la joie. S’il est comme moi, il était sans doute en train de se demander ce qu’il avait bien pu oublier de mettre dans ses valises !

5. Pendant la majeure partie de ma vie, l’espérance chrétienne s’est appuyée sur son enfant séculier, la croyance dans le progrès. Chaque année avait son lot d’inventions. Après avoir grossi tant et plus, les ordinateurs ont pris de moins en moins de place. Des pays ont été libérés de l’Empire britannique. On a même commencé à mieux manger dans les restaurants anglais, c’est dire ! On a pu déguster des escargots et des cuisses de grenouille et quand mon père tournait le dos, ma mère mettait de l’ail dans la cuisine. Le Royaume de Dieu devait être proche ! Mais depuis la fin de la Guerre froide, la confiance dans le progrès s’est évaporée. Fukuyama nous a même assuré que c’était la fin de l’histoire.

6. Notre culture a deux longues histoires à raconter. La première est celle de l’univers. Les enfants grandissent en sachant qu’il y a eu le Big Bang et qu’il y aura le Big Chill (Grand Refroidissement), lorsque la terre et l’univers refroidiront avant de mourir. Mais cette histoire ne nous dit pas grand chose. Nous sommes insignifiants. Nous n’étions pas encore nés lors de la disparition du dernier dinosaure et nous disparaîtrons bien avant certains insectes. Notre passage sur la terre ne changera rien à cette histoire qui ne nous offre aucun espoir. La seconde histoire avec laquelle nous apprenons actuellement à vivre est cette soi-disant “guerre contre le terrorisme”. Mais de quel genre d’histoire s’agit-il ? De quelle victoire pourrons-nous parler ? Toujours plus de violence, voilà ce qu’elle nous promet. N’est-ce pas là une histoire désespérante ?

7. Il existe un véritable désir de paradis mais aussi une véritable méfiance à l’égard de ceux qui déclarent connaître le chemin qui y mène. Ce sont d’ailleurs ces derniers qui ont crucifié le XXe siècle. Des dizaines de millions de personnes ont été assassinées au nom du paradis soviétique. Six millions de juifs ont été exterminés au nom du para-dis aryen. En mai dernier, je me suis rendu au musée du génocide de Tuol Sleng, à Phnom Penh, un camp parmi des dizaines ayant existé au Cambodge. Quiconque se mettait en travers du chemin menant au paradis de Pol Pot était massacré. L’évêque de Phnom Penh m’a dit que tous ceux qui avaient les mains douces, parlaient une autre langue que le khmer ou portaient des lunettes étaient arrêtés. Les gardiens de prison n’ont même pas eu le temps de détruire les archives avant de s’enfuir. Le centre regorge donc de centaines de milliers de photos de prisonniers, en grande majorité des jeunes. Certains ont le regard vide alors que d’autres – apparemment très jeunes – ont l’air gai, espérant survivre grâce à leur sourire. Un seul d’entre eux a survécu. Le rêve capitaliste lui-même tue et mutile. Il est donc logique que le monde aspire à l’espérance, à un coin de paradis, mais se méfie de ceux qui disent savoir comment l’atteindre.

8. Nous, chrétiens, n’avons pas de boussole pour diriger l’humanité. Nous ne pouvons pas ouvrir le Livre des Révélations et dire : “Cinq fléaux en moins. Plus que deux et c’est fini”. Pas plus que les autres, nous ne savons ce qui attend l’humanité au cours des siècles à venir. La confiance dans le progrès disparaissant, il nous faut regagner un espoir chrétien véritable. Si nous y parvenons, alors l’humanité découvrira que nous, hommes d’Église, pouvons offrir ce qu’elle recherche.

9. Regardez la Cène. Il s’agit de notre histoire fondatrice, l’histoire de la Nouvelle Alliance de Dieu avec nous tous. Le paradoxe, c’est que la Cène a lieu à un moment où les disciples perdent le fil de l’histoire. Il est clair qu’ils étaient venus à Jérusalem remplis d’espérance. Peut-être croyaient-ils que le Messie allait prendre la tête d’une rébellion contre les Romains. Comme les disciples sur la route d’Emmaüs l’ont avoué à Jésus : “Et nous qui espérions qu’il serait le libérateur d’Israël !” (Lc 24, 21). Mais tout s’effondre lors de la Cène. Judas a vendu le Christ, Pierre est sur le point de le trahir et le reste des disciples s’apprête à fuir.

10. Voilà donc un étrange paradoxe. Notre histoire a lieu alors même que l’histoire prend fin. Notre communauté est née au moment où elle se désagrégeait. Notre sacrement d’espérance nous raconte l’histoire de la perte de tout espoir. Le paradoxe va d’ailleurs plus loin encore puisque les mots qui nous permettent de raconter cette histoire, les Évangiles, nous viennent de la deuxième grande crise. Alors que l’Église s’étend à travers tout l’Empire et que les chrétiens sont emprisonnés et persécutés, ils trouvent très vite une autre histoire pour les aider à vivre. “Tout va bien les amis. Jésus doit bientôt revenir”. Mais Pierre et Paul meurent, les chrétiens romains se trahissent les uns les autres et tout s’effondre. Pas le moindre signe d’un second avènement du Christ ! Mais la Parole s’est fait chair par les Évangiles. Nous n’aurions jamais entendu parler ni de Marc, ni de Luc, ni de Matthieu ni de Jean si les Évangiles n’avaient pas été distillés par cette crise.

11. À chaque fois que nous nous réunissons autour de l’Eucharistie, nous nous souvenons que notre espérance est fondée sur la perte de cette longue histoire. Le récit de la Cène est également issu d’une seconde crise qui a vu la disparition d’une autre histoire. En tant que chrétiens, nous ne devons donc pas craindre la crise que notre communauté traverse actuellement. Les crises c’est la “spécialité de la maison” (2). L’Église est issue de l’une d’elles. Elles la renouvellent et la rajeunissent. Comment cette crise-ci va-t-elle rajeunir notre Église bien aimée ?

12. J’ai décidé d’aborder aujourd’hui les défis auxquels nous, prêtres, devons faire face dans notre identification à l’Église universelle. Je m’attarderai sur trois défis particulièrement difficiles à relever. Le premier concerne la distance existant entre l’enseignement de l’Église et l’expérience de la plupart des chrétiens avec qui nous vivons. Le deuxième aborde la division au sein de l’Église. Enfin, nous verrons comment vivre cette période où l’Église est tant affligée par les scandales qui touchent notre communauté.

Le dilemme 
13. Si de nombreux prêtres sont démoralisés, en Grande-Bretagne tout du moins, c’est qu’ils ne savent s’ils doivent s’identifier à leur communauté locale ou à l’Église universelle. La plupart des prêtres s’identifient fortement à la première. Le sens de notre vocation nous vient de la vie que nous partageons avec le Peuple de Dieu. Nous partageons ses luttes et ses victoires, l’accompagnons dans ses échecs et nous nous nourrissons de sa foi. Mais le prêtre représente également l’Église universelle. Nos prêches ne doivent pas servir à vendre notre marchandise ou propager nos idées personnelles. Nous sommes appelés à proclamer l’Évangile et l’enseignement de l’Église. Nous constatons cependant qu’il existe parfois un véritable fossé entre ce que nous sommes censés enseigner, notamment en terme de morale, et l’expérience vécue par le Peuple de Dieu pour qui nos paroles peuvent sembler incompréhensibles et irréa-listes. Nos fidèles ont d’ailleurs parfois l’air perplexe.

14. C’est peut-être plus le cas en Grande-Bretagne qu’aux États-Unis. Vous vivez en effet encore dans un pays extrêmement croyant, au moins en terme de pratique alors que l’Angleterre est l’un des plus sécularisé au monde. Mais mon expérience m’a prouvé que même les catholiques croyants pratiquants ont du mal à comprendre l’enseignement moral de l’Église, notamment en matière de sexualité. Aujourd’hui, une majorité d’hommes et de femmes ne vivent pas leur sexualité au sein du mariage dans un but reproductif. La plupart des jeunes que je connais sont soit en concubinage et utilisent des moyens de contraception, soit divorcés et remariés, soit homosexuels.

15. Comment vivre notre condition de prêtre avec le Peuple de Dieu, comment construire une communauté quand on nous considère comme les représentants d’une vision morale que les gens ont du mal à appliquer, voire rejettent ? Je ne me pen-cherai pas pour l’instant sur la vérité de cet enseignement mais plutôt sur l’incompréhension ou apparente impossibilité pour certains d’appliquer le discours de l’Église. Nous avons beau apprécier l’enseignement moral de l’Église et y croire fermement, rien ne nous empêche d’être démoralisés par l’abîme existant entre le message que nous devons proclamer et la vie que mènent les personnes avec qui et pour qui nous vivons. Soyons francs : à leur place, nous serions aussi perplexes qu’eux.

16. Notre communauté se réunit autour de l’Eucharistie, le sacrement d’unité, alors que bon nombre de personnes se sentent exclues parce qu’elles vivent en “situation irrégulière” comme on dit. Mais ce sont eux qui, statistiquement, vivent de façon tout à fait régulière ! Il existe évidemment la “solution pastorale”, celle que bon nombre de personnes adoptent pour rentrer dans le rang sans vraiment y croire. Mais agir de la sorte est décevant et revient à refuser de faire face au sujet qui nous intéresse au-jourd’hui.

17. Le fossé entre enseignement de l’Église et expérience quotidienne du Peuple de Dieu n’a cessé de se creuser depuis le XVIIe siècle. Au Moyen-Âge, la théologie de la morale était considérée comme une sagesse réaliste, inséparable de la vie quotidienne. Mais suite à la Réforme et aux amères querelles de religion de la Guerre de Trente ans, un besoin de clarté s’est fait sentir de toute part. Après toutes ces guerres de religion, les gens ont eu envie qu’on leur enseigne quelque chose de sûr, fondé sur des principes abstraits ne laissant aucune place au doute. Depuis, le fossé n’a cessé de se creuser, et aujourd’hui notre magnifique enseignement moral est bien souvent à cent lieues de la réalité vécue par nos commu-nautés.

18. Comment pouvons-nous vivre dans cet espace entre la vision morale de l’Église et la vie quotidienne de nos fidèles sans nous démoraliser ? Comment même pouvons-nous vivre cette situation dans la joie ? Le Père Tony Philpot, prêtre diocésain réputé en Grande-Bretagne, se souvient d’avoir assisté à Cambridge, il y a de cela quelques années, à une conférence du car-dinal Ratzinger. Il s’agissait d’un excellent exposé sur les principes moraux généraux. Mais une fois dans sa paroisse, face aux fidèles luttant pour survivre dans leurs cités, le père Philpot s’est rendu compte que le discours du cardinal n’avait aucun sens. Pour Tony, les prêtres sont appelés à vivre entre le général et le particulier, cet espace de médiation entre le discours abstrait et la vie concrète. “Il est inconfortable d’occuper l’espace entre le général et le particulier. C’est un vrai dilemme. Il est inconfortable d’appartenir au monde de l’orthodoxie et de passer autant de temps et de dépenser autant d’énergie avec ceux qui n’en font pas partie. Je voudrais dire à tous les jeunes qui se préparent à devenir prêtres diocésains qu’ils sont voués à vivre leur vocation dans un douloureux dilemme, à avoir un cœur partagé. S’ils font l’expérience de cette douleur, ils seront de bons prêtres.”

19. Voilà un bon début : reconnaître que nous appartenons à cet espace de médiation. Ce dilemme est notre pain quotidien. Je me permettrais de proposer une seconde étape. La Parole faite chair est au cœur de notre foi. La Parole ne peut jamais être abstraite, générale et lointaine. La Parole de l’Évangile renaît sans cesse, que ce soit en Grande-Bretagne, au Brésil ou à Rome. En tant que prêtres, nous ne pouvons offrir une parole abstraite. Nous cherchons à faire renaître la parole de l’Évangile dans la communauté où nous vivons, dans son propre langage, avec ses propres structures sociales, ses victoires et ses défaites, ses richesses et sa pauvreté. Le prêtre est alors une véritable sage-femme. Il écoute l’Évangile et les enseignements de l’Église et le fait depuis la culture de sa communauté et avec elle. Il veut voir comment la Parole du Seigneur peut naître dans sa communauté, ici et maintenant, tel un nouveau-né, avec la nouveauté éternelle de Dieu.

20. Cet abîme entre l’enseignement de l’Église et la vie quotidienne de nos fidèles est en effet douloureux. Et c’est là que nous sommes appelés, le cœur partagé. Mais nous restons auprès de nos communautés afin qu’une parole nouvelle voie le jour, afin que le drame de l’incarnation se produise à nouveau en nous et à travers nous. Pour cela, nous devons absolument nous identifier à ceux qui se sentent exclus de l’Église à cause de leur “situation irré-gulière”. Mettons-nous dans leur peau, écoutons avec leurs oreilles, voyons avec leurs yeux, sentons ce qu’ils ressentent. Soyons eux en quelque sorte. Nous découvrirons ainsi avec eux comment prêcher la Parole de Dieu et l’enseignement de l’Église.

21. Pour saint Thomas d’Aquin, il existait un lien extrêmement fort entre l’enseignement et l’amitié. Seul Dieu peut enseigner au sens strict du terme. C’est la grâce de Dieu dans nos cœurs qui enseigne. Saint Thomas d’Aquin appréciait parti-culièrement le texte expliquant qu’il n’existe qu’un seul maître, dans les cieux. Il aimait aussi le texte disant qu’il n’existe qu’un seul maître, et pas celui qui vit à Rome ! Il y faisait sans cesse référence. Mais pour Thomas, les amis étaient également capables d’enseigner puisqu’ils sont pour moi un autre moi. Les amis nous enseignent de l’intérieur, pour ainsi dire.

22. Cet abîme entre l’abstrait et le particulier est douloureux, mais ce peut être la douleur de l’enfantement. Et nous savons tous que la joie succède à la douleur. “La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, l’enfant est né, elle ne se souvient plus de son angoisse, dans la joie qu’elle éprouve du fait qu’un être humain est né” (Jn 16, 21). Nous som-mes les sages-femmes de cette naissance de la Parole dans les mondes où nous vivons.

23. Si nous voulons survivre malgré ce dilemme, nous avons alors besoin les uns des autres, nous avons besoin du soutien de nos frères prêtres. Nous appartenons à l’Église universelle et nous en sommes les représentants. Nous appartenons à la communauté locale et nous partageons également sa vie. Cette double attraction peut nous réduire en miettes si nous n’y prenons garde. Dire “oui” à l’ordre ecclé-siastique, c’est devenir les porte-parole de l’institution ; dire “non”, c’est se rebeller de façon permanente contre le Magistère. Faire un choix unique nous détruirait en tant que médiateurs et sages-femmes. Pour pouvoir supporter ces tensions, nous, les prêtres, avons besoin d’être soutenus par une forte solidarité. On pourrait s’imaginer que le NFPC est le syndicat des sages-femmes ecclésiastiques. Cela reviendrait à se libérer de l’individualisme tenace qui caractérise très souvent les prêtres. “Je suis le curé de cette paroisse ; c’est moi qui la dirige et je veux que personne d’autre s’en mêle, ni les prêtres aux alentours, ni l’évêque, ni Rome”. Notre fraternité envers nos frères prêtres est profondément ancrée dans ce que nous sommes et elle nous soutient dans cette double appartenance à la congrégation locale et à l’Église universelle. Comme le dit si bien le Pape Jean-Paul II dans son Exhortation apostolique Pastores dabo vobis : “Le ministère ordonné est radicalement de ‘nature communautaire’ et ne peut être rempli que comme ‘œuvre collective’” (n. 17) (3). Avant, lorsqu’un enfant s’apprêtait à naître, les femmes du village se retrouvaient autour du lit de la future mère afin d’aider à l’accouchement. Nous aussi nous avons besoin de nous soutenir les uns les autres pour incarner la Parole de Dieu ici et maintenant.

24. Cela implique également que nous traitions notre évêque comme un frère. Dans le décret Presbyterorum ordinis, on peut lire que l’évêque doit considérer les prêtres de son diocèse comme des frères et des amis. Mais certains prêtres n’y tiennent pas car cela implique une trop grande proximité avec lui. Certains veulent être l’évêque, d’autres veulent l’éviter. D’autres enfin ver-ront en lui un père dont le rôle est de résoudre leurs problèmes et de les décharger de leur responsabilité en cas de pépin. Pour Tony Philpot : “Si le Concile déclare que l’évêque doit considérer ses prêtres comme des frères et des amis, alors les prêtres doivent eux aussi faire de même avec leur évêque. Avoir des frères et des amis, c’est déjà tenir compte de leurs limites personnel-les, d’accepter que des erreurs soient permises et que la réconciliation soit toujours possible. C’est une relation à double sens”.

La division 
25. La deuxième cause de démoralisation réelle chez les prêtres provient certainement de la division profonde de l’Église. Et j’ai l’impression que les Amériques, du Nord et du Sud, doivent particulièrement relever ce défi, peut-être plus qu’ailleurs au monde. Quelles conséquences la traversée de l’Atlantique a-t-elle eu ? Peut-être est-il temps de revenir au “Royaume uni” ?

26. Nous, les prêtres, sommes appelés à être le foyer de l’unité. Mais comment y parvenir si l’Église est elle-même divisée par une défiance profonde et réciproque ? Nous souffrons de la politique politicienne que Paul détestait tant dans l’Église corinthienne : “Je suis du côté de Pierre” ; “Je suis pour Paul” ; “Je suis du côté du cardinal Ratzinger” ; “Je suis du côté de Hans Küng” ; “Je suis pour la théologie de la libération” ; “Je suis pour von Balthazar”. Cette division est souvent plus qu’un simple désaccord intellectuel. C’est une détestable lutte de pouvoir. Comment pouvons-nous prêcher la Parole quand chacune de nos phrases peut être disséquée, lorsque les évêques eux-mêmes vivent dans la terreur que le moindre écart remonte aux oreilles de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ? Les Pharisiens examinaient minutieusement les mots de Jésus pour mieux le prendre au piège. Ne vivons-nous pas parfois la même situation aujourd’hui au sein de notre Église ?

27. Notre institution a, bien sûr, toujours connu de telles divisions, et ce depuis le désaccord entre Pierre et Paul à Antioche. L’histoire de l’Église est semée de luttes entre empereurs et papes, papes et anti-papes, sans parler des gallicans et des ultramontains, des modernistes et des tradi-tionalistes, voire des Jésuites et des Dominicains ! Cela n’en est pas moins décourageant. Que nous nous disputions aujourd’hui n’a rien d’exceptionnel. Ce qu’il y a de nouveau, à mon avis, c’est que nous soyons incapables de discuter avec la partie opposée. Nous préférons parler les uns des autres plutôt que les uns avec les autres.

28. La Cène nous rappelle également comment vivre ce moment. Elle nous rappelle non seulement la perte d’espérance mais aussi la désintégration de la communauté. Le moment est aux accusations réciproques. “Dussé-je mourir avec toi, non, je ne te renierai pas”. Et pourtant, Jésus est vendu, trahi et renié. La plupart des disciples s’apprêtent à quitter précipitamment les lieux, habités par la peur.

29. Notre espoir réside dans le fait que Jésus ne s’est pas entouré d’une bande de super copains de même sensibilité. Cette communauté n’a pas été fondée sur une vision partagée. Ils n’ont d’ailleurs partagé les mêmes idées que pendant un bref instant. Une communauté de personnes de même sensibilité ne serait pas un sacrement du Royaume mais seulement un sacrement d’elle-même. Nous sommes signe du Royaume précisément parce que notre unité n’est pas mentale mais sacramentelle. C’est le fait d’embrasser l’étranger, voire l’ennemi, qui fait de nous un signe.

30. C’est en Afrique que j’ai quelque peu saisi le sens de tout cela. Je me souviens avoir passé quelques jours sur les routes du Burundi, accompagné de deux frères. L’un s’appelait Emmanuel, il était mon assistant pendant mon séjour africain et d’origine Hutu. L’autre, le supérieur local, s’appelait Liboire et était Tutsi. C’était au moment où les deux ethnies se massacraient. Le pays était quasiment désert. On apercevait ici et là des groupes de soldats ou de rebelles. Peu de voitures en tout cas. Nous avons visité les camps de réfugiés, à la recherche de parents de l’un et de l’autre des frères. Dans les camps tutsis, Liboire et moi étions là pour protéger Emmanuel. Dans les camps hutus, c’était au tour d’Emmanuel de protéger Liboire. Chaque soir, nous célébrions ensemble l’Eucharistie.

31. Emmanuel et Liboire appartenaient à des groupes que se haïssaient et qui n’aspiraient qu’à la disparition de l’autre. L’identité tribale en Afrique est profondément enracinée. Mais chaque Eucharistie était une sorte de mort sa-cramentelle. C’était l’étreinte sacramentelle d’une identité à donner, une solidarité sacra-mentellement présente.

32. Plus les liens sont forts, plus il est difficile d’étreindre et d’accepter ceux qui sont différents. Les désaccords sont toujours plus explosifs au sein d’une famille. Nous acceptons qu’un étranger soit différent mais pas que quelqu’un du même sang, de la même lignée, de la même religion le soit. Michael Ignatieff raconte une histoire qui s’est passée pendant de la guerre de Yougoslavie en 1993. Sur la ligne de front, il demande à un Serbe pourquoi les Croates sont si différents. L’homme tire un paquet de cigarettes de sa poche et lui répond : “Vous voyez ces cigarettes ? Elles sont serbes. De l’autre côté, ils fument des cigarettes croates”. Ignatieff lui rétorque que ce sont tout de même des cigarettes. Et le Serbe de lui dire dans un haussement d’épaules tout en nettoyant son Zastovo : “Vous les étrangers, vous ne comprenez vraiment rien”. Mais la question le taraude et quelques minutes plus tard il pose son arme et reprend son explication : “Écoutez, les Croates pensent qu’ils valent mieux que nous, qu’ils sont des Européens chics et sophistiqués. La vérité c’est que nous ne sommes tous que de la merde des Balkans”. Les Croates sont donc différents parce qu’ils n’acceptent pas d’être comme les autres !

33. Notre vocation de prêtre est alors de réunifier ceux qui pensent comme nous et ceux qui pensent différemment. Où cela se fait-il ? Chaque camp idéologique possède des séminaires où est enseignée la pure vérité, avec ses publications (Communio et Concilium), ses journaux (National Catholic Reporter), ses facultés, voire ses diocèses. Existe-t-il un endroit au sein de l’Église où nous oublions les tranchées pour nous parler ? Y a-t-il une recherche commune de la véri-té ? Il y a trop de silences dans notre Église. J’ai pourtant participé à plusieurs synodes d’évêques à Rome, et même là il y a peu de vrai dialogue. Chacun arrive avec son dis-cours déjà prêt et le lit sans s’intéresser à ce que les autres ont à dire.

34. Plutôt que d’accabler les chefs, demandons-nous plutôt quel espace nous donnons à la liberté de dialogue dans nos propres diocèses, nos doyennés et nos paroisses. Pendant la Première Guerre mon-diale, les soldats anglais et allemands se retrouvaient, le soir de Noël, sur un terrain neutre pour y chanter des cantiques ensemble. Y a-t-il des endroits, des moments où nous faisons abstraction des divisions idéologiques pour parler et écouter ? Est-ce le cas aujourd’hui au sein de cette assemblée ou suivons-nous tous la même ligne de pensée ? Même la Conférence nationale des Religieux s’est scindée en deux dans ce pays.

35. Dans ce climat de division et de politisation extrême de l’Église, est-il encore utile d’essayer ? Ceux qui ont le pouvoir considèrent certainement ce dialogue inutile alors que ceux qui n’ont pas le pouvoir se désespèrent de l’entendre. Tournons-nous encore vers la Cène.

36. La Cène a mis en relief le conflit entre deux types de pouvoirs. Tout d’abord le pouvoir de Jésus, celui des signes, ensuite le pouvoir de la force brute représenté par les soldats qui allaient l’arrêter. Dans son Évangile, saint Jean nous décrit la montée en puissance de ce conflit. Alors que Jésus accomplit ses signes, des noces de Cana à la résurrection de Lazare, l’opposition grandit. Le pouvoir de ses signes n’est pas magique. Jésus n’a rien à voir avec Merlin l’Enchanteur. Ses signes sont puissants car ils parlent et ont une signification. Ce sont les signes de la Parole faite chair.

37. La rencontre de Jésus et de Pilate en est le point culminant. Pilate dit au Christ : “Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te crucifier ?”. Mais Jésus se fonde sur le pouvoir de la vérité et du sens. Il répond à Pilate : “Je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix.” Et Pilate de reprendre : “Qu’est-ce que la vérité ?” sans attendre de réponse. Il n’en a pas besoin. Il a des soldats.

38. Chaque Eucharistie est la reproduction de la confrontation de ces deux sortes de pouvoir. Elle est le signe que nous croyons que la vérité est plus forte que la violence. “La lumière brille dans les ténèbres et l’obscurité ne l’a pas éteinte.” Voilà pourquoi nous, les prêtres, avons le courage de continuer à chercher la vérité et le sens, même lorsque cela semble inopportun. Selon le cardinal Suchard, “l’un des premiers services que le prêtre rend au monde c’est de lui annoncer la vérité”. C’est ce que le Pape nous invite à faire dans Veritatis splendor. Dans un monde qui a soif de vérité mais qui doute de ses possibilités, le Pape nous invite à rechercher la vérité avec courage.

39. Le journal de Yves Congar de 1946-1956 publié en 2000 est l’un des livres les plus douloureux qu’il m’ait été donné de lire. Cet homme d’une très grande intelligence, d’une sensibilité extrême et d’un honneur hors norme s’est senti crucifié par le Saint-Office. Il a été réduit au silence, humilié et, pire que tout pour un Français, exilé en Grande-Bretagne. Comment est-il parvenu à supporter une période aussi sombre ? En croyant que la vérité finirait bien par triompher. En 1954, en pleine crise, il écrit : “Dire la vérité. Avec prudence, sans scan-dale inutile ou provocateur. Mais rester – et devenir de plus en plus – un témoin authentique et pur de ce qui est vrai”. Cela lui a demandé une immense patience, et pour saint Thomas d’Aquin, la patience est au cœur de l’espérance. Nous avons besoin de l’endurance patiente de ceux qui sont convaincus que la vérité finira par l’emporter.

40. Je crois que dire la vérité exige deux choses de notre part : courage et humilité. Du courage parce que la vérité n’est pas toujours la bienvenue. L’Église craint le débat. De plus, elle a le sentiment que si les désaccords qui la traversent sont rendus publiques cela risque de mettre à mal son autorité et que nous sommes déloyaux envers elle. Mais en ce qui me concerne, je pense que rien ne fragilise plus l’autorité de l’Église que le fait de ne pas dire ce que nous avons sur le cœur. Rien ne mine plus la crédibilité de nos paroles que le fait d’être timides et de craindre de commettre des erreurs. Où est la parrhesia (4), la courageuse parole des apôtres ?

41. Mais dire la vérité exige également de nous une grande humilité. En effet, nous ne pouvons nous exprimer comme nos opposants, ignorants et sectaires, qui ont leur vérité toute faite. Tout ce que nous pouvons faire c’est contribuer au débat, en espérant que la vérité finira par sortir et il se peut que nous ayons tort. Nous parlons librement, non parce que nous possédons les réponses aux questions que nous nous posons mais pour contribuer à trouver les réponses. Et c’est parce que nous croyons que l’Esprit Saint est descendu sur l’Église que nous ne devons pas craindre d’avoir tort. Le Peuple de Dieu ne se laissera pas facilement détourner du droit chemin. Je suis d’ailleurs prêt à parier que même si nous avons tort, cela ne mènera pas l’Église à sa perte. Nous ne pouvons rechercher la vérité que si nous osons jouer avec les idées, que si nous faisons des hypothèses folles pour voir où elles nous mènent, que si nous lançons des projets et tentons notre chance. Si nous ne jouissons pas de cette liberté (dans tous les sens du terme), alors nous ne nous appro-cherons jamais du mystère de Dieu.

Les scandales 
42. Je conclurai par quelques mots sur les scandales qui ont tant mortifié l’Église ces dernières années. À cause d’eux, les prêtres ont aujourd’hui du mal à se sentir porteurs de bonnes nouvelles. Vous savez mieux que moi les ravages qu’ils ont causé : douleur surtout des victimes d’abus sexuels ; humiliation des prêtres en général ; douleur des laïcs, sidérés que l’on ait pu trahir leur confiance. Mais également colère face à la manière dont certains évêques ont traité le problème et honte de voir l’Église mise à l’index par les médias. Ça, en effet, c’est une crise.

43. Au moins n’est-elle pas aussi grave que la Cène ! Jésus s’assied autour de la table avec Judas, le traître, et Pierre, la pierre sur laquelle l’Église est bâtie et qui reniera trois fois le Christ. Il réunit ses disciples qui presque tous prendront leurs jambes à leur cou et déguerpiront. Voilà la crise qui a donné naissance à l’Église, la crise que nous célébrons tous les jours. Souvenez-vous : nous n’avons aucune raison de craindre les crises car elles nous renouvellent.

44. Jésus a été livré. Au moment de l’Eucharistie, nous nous souvenons de la façon dont il a accepté cette trahison pour en faire un don. Il a librement accepté cet acte sinistre et l’a transformé en moment de grâce. La victime passive a agi de façon créative. Vous vous êtes emparé de mon corps pour le donner. Et vous en avez fait une marchandise ne valant pas plus que 30 pièces d’argent. Mais écoutez : ceci est mon corps, livré pour vous.

45. Notre foi nous dit de saisir ce moment de trahison et de honte. Aidés de l’infinie créativité de Dieu, nous pouvons en faire un moment de don et de grâce. Si nous laissons Dieu poser sa main sur son Église, elle repartira de plus belle. L’autre jour, je me promenais sur la jetée quelque part en Galles du Nord avant de m’adresser aux membres de l’Union des Mères catholiques quand je me suis fait bombardé par des moules. Dans le ciel, des mouettes lançaient en effet de très haut les mollusques afin de casser la coque et d’atteindre la partie tendre et délicieuse de l’animal. C’est exactement ce que fait Dieu en temps de crise : il casse la coque de notre suffisance et de notre arrogance pour parvenir à la partie la plus tendre, la plus vulnérable de nos vies. Voilà pourquoi nous devons vivre cette crise dans la joie.

46. Comment peut-elle renouveler notre institution ? En menant vers une Église sûre pour les jeunes, un havre dans un monde de prédateurs. En menant vers une Église plus humble qui soit comptée au nombre des transgresseurs, comme le fut son Seigneur. Une Église où il est clairement dit que le Christ est venu chercher les pêcheurs et non les justes, et que sa tâche a été un véritable succès ! En faisant renaître une Église moins cléricale et secrète, une Église plus transparente où les laïcs se verront pleinement reconnaître leur entière dignité de chrétiens baptisés. Cette crise pourrait marquer la fin d’une Église perçue comme une entreprise multinationale, distante et bureaucratique. L’Église pourrait alors devenir une communauté des disciples de Jésus-Christ.

47. Pour cela, nous devons saisir ce mo-ment avec toute la vigueur créatrice de Jésus. Ceci est mon corps livré pour vous. Il transforme un moment de dispersion et de désintégration en sacrement de la Nouvelle Alliance, d’une nouvelle communion. N’ayons pas peur, que personne ne nous effraie, surtout pas les médias. Jésus s’est saisi des traîtres, s’est entouré d’eux et en a fait son Église naissante. Si un jour nous soupçonnons un prêtre d’avoir trahi sa vocation, aurons-nous le même courage ? Nous ne pouvons prétendre ne rien avoir à faire avec eux. J’ai entendu parler d’un diocèse niant toute responsabilité dans les égarements de certains de ses prêtres sous prétexte que se sont des “personnes indépendantes”. Mais Jésus n’a jamais considéré Pierre comme un “indépendant”. Il ne l’a pas renié. C’est au contraire Pierre qui s’est exclamé : “Je ne le connais pas”. Nous avons dû faire face au terrible scandale des prêtres pédophiles. Oserons-nous au-jourd’hui faire face au terrible scandale, évangélique celui-ci, qui veut que nous leur pardonnions, que nous les embrassions et que nous reconnaissions qu’ils sont nos frères ?

48. Donc, malgré toutes les difficultés présentes, nous pouvons être les porteurs de bonnes nouvelles. Je suis d’ailleurs certain que la plupart d’entre vous l’êtes déjà. J’ai essayé de vous montrer comment, dans trois domaines différents, le moment présent pouvait être un moment de grâce. Le dou-loureux fossé entre l’enseignement de l’Église et l’expérience vécue par de nombreux catholiques peut permettre la naissance d’une nouvelle Parole faite chair. La division de l’Église peut mener à un nouveau moment de vérité qui permettra de reconstruire notre maison commune. Enfin, ne craignons rien et laissons la grâce créa-trice du Seigneur fonctionner afin que les scandales soient vécus comme un moment de renouvellement.

Notes :
1. Pessimisme culturel : récits du déclin dans le monde postmoderne (Traduction de la rédaction).
2. En français dans le texte.
3. Pastores dabo vovis (DC 1992, n. 2050, p. 460)
4. Franchise, liberté de parole.

mercredi 30 novembre 2011

Homélie du 27 novembre - 1er dimanche de l'Avent B

Église St Siméon – L’Huisserie – 26/11/11 – 18h30
1er dimanche de l’Avent B

(Textes : Is 63,16b-17.19b ; 64,2b-7 – Ps 79 – 1Co 1,3-9 – Mc 13,33-37)

Mot d’accueil :

« Veillez ! », c’est l’appel que nous adresse le Christ dans l’Évangile de ce premier dimanche de l’Avent. En ce jour s’ouvre en même temps une nouvelle année liturgique et un nouveau temps : dans ce temps de l’Avent nous préparons nos cœurs à la célébration de Noël, où nous ferons mémoire de l’Incarnation de Notre Seigneur Jésus Christ.

Ne nous laissons pas endormir ! Le Seigneur vient à notre rencontre…

Homélie :

Frères et sœurs,

« Prenez garde, veillez », « Veillez donc », « Ce que je vous dis là, je le dis à tous : veillez ! »… Je crois que l’idée maîtresse de ce passage de l’Évangile est claire ! Nous sommes là au chapitre 13 de l’Évangile selon St Marc, qui en compte 16. Juste après, nous entrons dans les récits de la Semaine Sainte. Et ce raccourci liturgique nous donne bien une indication profonde pour comprendre ce temps de l’Avent : il n’est pas un temps à part… il est entièrement lié au Mystère de la mission du Christ dans notre monde. Tout est lié : Création, Incarnation, Rédemption. Le Fils de Dieu, le Verbe de Dieu, présent dès la création du monde, c’est Lui qui a pris chair en la Vierge Marie, qui est mort et ressuscité et qui, ainsi, nous a libérés du péché et de la mort… La crèche et la croix sont intimement liées.

Le temps de l’Avent est donc le temps de l’attente. On peut attendre de différentes façons. On peut dormir, cela permet de faire passer le temps plus vite. Quand on attend le bus ou le train, ou encore chez le médecin, on peut attendre patiemment et passivement, sans rien faire…  On peut aussi chercher à se changer les idées, à se divertir, à s’évader du lieu et du temps où l’on est… c’est la lecture d’un livre, d’une revue ou du journal, c’est le baladeur MP3,…

Mais il y a une autre forme d’attente qui doit pouvoir nous servir de modèle pour vivre le temps de l’Avent. Le 25 mars, exactement 9 mois avant le 25 décembre, l’Église célèbre l’Annonciation : l’ange Gabriel vient annoncer à une jeune fille, Marie, le projet de Dieu pour elle. Dieu lui demande de porter, de mettre au monde et d’élever son propre Fils. En ce temps de l’Avent, nous pouvons attendre la venue du Christ comme une mère attend son enfant : non pas dans l’impatience et la fébrilité, mais avec ces multiples façons d’attendre activement. Elle fait attention à elle, à son alimentation, à sa santé, elle tache de supprimer les mauvaises habitudes qui pourraient faire du mal à l’enfant, elle est capable de s’imposer des restrictions, un régime, du repos, mais aussi des mouvements préparatoires à l’accouchement… Son attente est tout sauf passive… c’est tout son être qui est tendu vers cette venue prochaine, une venue qui va bouleverser sa vie et celle de sa famille… 

Oui, nos vies peuvent participer à l’avènement du royaume de Dieu, voilà bien ce qui est extraordinaire : si le moment de la venue du Christ dans sa gloire n’est pas connu, c’est que Dieu n’agit pas sans nous. Nous avons part à la construction du Royaume… à condition de ne pas l’attendre comme on attend le bus, en pensant à autre chose… pour nous réveiller en sursaut au chant du coq. Cette allusion au chant du coq nous fait penser à St Pierre, dont l’évangéliste Marc était un proche… Le reniement de Pierre, son manque de courage, sa paresse spirituelle, sa peur… tout cela lui éclate au visage au moment où le coq chante… ! « L’esprit est ardent, mais la chair est faible. » Et il est tellement facile de se laisser endormir… 

Non, il ne faut pas reporter à demain notre chemin de conversion… Parfois nous arrivons à Noël et nous nous disons : « Déjà ! Je n’ai pas vu passer le temps de l’Avent ! Je n’ai rien fait pour me préparer spirituellement à Noël… »… Eh bien, qu’il n’en soit pas ainsi cette année… et qu’il n’en soit pas ainsi dans nos vies. Quand le jour arrivera où nous devrons nous présenter devant le Seigneur, je ne voudrais pas que nous nous disions : « Déjà ! Je n’ai pas vu passer ma vie ! Je n’ai rien fait pour me préparer à la rencontre avec Dieu… » 

Le temps de l’Avent est là pour nous aider à vivre plus intensément notre relation avec Dieu. Veillons et prions : Dieu notre Père, envoie nous ton Esprit pour que nous puissions ajuster nos vies à ton Amour et que nous puissions contribuer à la construction de ton Royaume.

Amen.

David Journault †

samedi 26 novembre 2011

"Minuscule traité acide de spiritualité" de Maurice Bellet

Cela fait longtemps que je ne vous ai pas partagé un petit conseil de lecture.
Cette fois, je vous propose un tout petit livre, qui se lit très vite et qui se garde à portée de la main... La dernière partie est très drôle, car elle regroupe toute une série de petite citations et phrases diverses... exemple :

"On trouve des gens qui disent ce qu'il faut faire,
ce qu'il faudrait faire,
ce qu'il aurait fallu faire, ce qu'il ne faut pas faire.
C'est, souvent ou quelquefois, très bien vu.
Et il y a les gens qui font.
Ce n'est jamais très bien fait.
Mais du moins, c'est fait."

Présentation de l'éditeur

Voici un drôle de petit livre aussi indispensable que décapant. Quatre textes pour déplacer avec bonheur nos façons de croire et de penser. Le premier est le propos d'un homme d'Église qui, conscient de ses responsabilités, s'efforce de penser la situation présente de la foi, ce qu'elle exige, ce que les croyants peuvent y faire.
Le second envisage des situations douloureuses, critiques, désespérées, pour témoigner d'une espérance qui peut survivre ou revivre dans l'horreur. Le troisième est une parabole contemporaine autour d'un voyage qui pourrait être, dans la situation présente, la Voie où l'être humain s'initie à cet amour premier qui est le plus-que-nécessaire. Le quatrième est une suite de plaisanteries pour mettre la vraie gaieté au cœur du très essentiel.
Informations
Titre : "Minuscule traité acide de spiritualité"
Éditeur : Bayard Spiritualité
Année : 2010
ISBN : 9782227481886
Prix : 10,50 €

mardi 15 novembre 2011

Sauver une vie sans en détruire une autre

Une dépêche du Service d'Information du Vatican, qui me semble très intéressante :
CITE DU VATICAN, 12 NOV 2011 (VIS). Le Saint-Père a reçu les 250 participants au congrès international "Adult Stem Cells, Science and the future of Man and Culture", organisé par le Conseil pontifical pour la culture en collaboration avec la fondation nord-américaine Stem for life. Pendant trois jours, des experts ont discuté de l'utilisation de cellules souches adultes en médecine tant d'un point de vue scientifique, qu'au niveau des implications culturelles, éthiques et anthropologiques de cette technique. Voici quelques extraits du discours de Benoît XVI:   "Les êtres humains sont dotés d'une âme immortelle et sont créés à l'image et à la ressemblance de Dieu. C'est pourquoi, il existe des dimensions de l'existence humaine qui vont au-delà des limites des compétences des sciences naturelles. Si l'on dépasse ces limites, il existe un risque sérieux que la dignité et l'inviolabilité de la vie humaine deviennent subordonnées à des considérations purement utilitaristes. Au contraire, si l'on respecte ces limites, la science peut apporter une réelle contribution à la promotion et la sauvegarde de la dignité de l'homme. C'est pourquoi, les potentialités bénéfiques de la recherche sur les cellules souches adultes sont considérables puisqu'elle ouvre des possibilités de guérison de maladies dégénératives chroniques par la réparation des tissus atteints... L'amélioration promise par ces thérapies constitue un important pas en avant pour la science médicale, et un nouvel espoir pour les malades et leurs familles en souffrance. Pour cette raison, l'Eglise encourage naturellement ceux qui développent ou soutiennent ce type de recherche, à condition bien sûr qu'elle soit menée avec la considération due au bien intégral de la personne humaine et au bien commun de la société. Cette considération est de la plus grande importance. La mentalité pragmatique qui influence souvent la prise de décision aujourd'hui est trop incline à prendre tous les moyens disponibles pour obtenir la fin souhaitée, malgré l'évidence des conséquences désastreuses de cette façon de penser. Quand la fin est tellement désirée, comme la découverte d'un traitement pour les maladies dégénératives, il est tentant pour les hommes politiques et les médecins de laisser de côté les objections éthiques et de continuer d'aller de l'avant avec n'importe quelle recherche paraissant offrir quelques possibilités de progresser. Ceux qui défendent la recherche sur les cellules souches embryonnaires avec l'espoir d'obtenir ce résultat, commettent la grave erreur de nier le droit inaliénable à la vie de tout être humain du moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle. La destruction d'une seule vie humaine ne peut jamais se justifier en terme de bénéfice qu'elle pourrait apporter à une autre". 
"Cependant, en général, ces problèmes éthiques ne se posent pas lorsque les cellules souches sont extraites de tissus d'un organisme adulte ou du sang du cordon ombilical au moment de la naissance... Le dialogue entre science et éthique est de la plus haute importance pour s'assurer que les progrès de la médecine ne se fassent jamais à un coût humain inacceptable. L'Eglise contribue à ce dialogue en participant à la formation des consciences en accord avec la juste raison et à la lumière de la vérité révélée. Il ne s'agit pas d'empêcher le progrès scientifique mais, au contraire, de l'orienter dans une direction vraiment fructifère et bénéficiaire pour l'humanité...spécialement pour les plus faibles et vulnérables. Lorsque l'Eglise réclame de l'attention envers les besoins des sans-défense, elle ne pense pas seulement à ceux qui ne sont pas nés mais aussi à ceux qui ne peuvent pas facilement accéder à des traitements médicaux couteux... La justice exige que tous les efforts possibles soient faits pour permettre à ceux qui en ont besoin de bénéficier des fruits de la recherche scientifique indépendamment de leurs moyens économiques... L'Eglise peut offrir une assistance concrète à travers son apostolat étendu en faveur de la santé, actif dans de nombreux pays du monde et s'adressant avec une sollicitude spéciale aux besoins des plus pauvres dans le monde". Je prie, a conclu le Pape, "pour que votre travail d'investigation sur les cellules souches adultes reçoivent de grandes bénédictions pour l'avenir de l'humanité".
AC/                                                                            VIS 20111114 (680)

Homélie du 13 novembre - 33e dimanche du temps ordinaire A

Église St Siméon – L’Huisserie – 12/11/2011 – 18h30
Église St Étienne – Entrammes – 13/11/2011 – 10h30
33e dimanche du Temps ordinaire A

(Textes : Pr 31,10-13.19-20.30-31 – Ps 127 – 1Th 5,1-6 – Mt 25,14-30)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Nous entendrons dans la deuxième lecture St Paul évoquer le jour du Seigneur, c'est-à-dire le jour où le Seigneur reviendra, à la fin des temps. C’est bien l’horizon de notre monde, que nous attendons. Mais notre attente se doit d’être active : le Seigneur nous donne des talents à faire fructifier… quand le Seigneur reviendra, qu’il trouve en nous des serviteurs fidèles qui auront fait de leur mieux pour faire fructifier leurs talents, au service de Dieu et des hommes.

Homélie :

Frères et sœurs,

La parabole des talents est bien connue, mais elle n’en reste pas moins toujours difficile à interpréter… 
Le maître mot de la parabole, c’est un tout petit mot qui est au début : « Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. » Confier… c’est faire confiance. Le maître confie ses biens à ses serviteurs. Il remet sa fortune entre leurs mains, et il ne le fait pas n’importe comment. Attentif à ses serviteurs, il ne leur donne pas plus lourd qu’ils ne peuvent porter : « à chacun selon ses capacités. » S’il confie des sommes différentes à chacun, ce n’est pas par favoritisme, au contraire, c’est dans un esprit de justice…

S’il leur confie ses biens, c’est qu’il a confiance en eux, et qu’il souhaite qu’ils fassent quelque chose avec cet argent… sinon il l’aurait lui-même déposé à la banque. Ce dépôt en banque, c’est d’ailleurs le minimum qu’aurait pu faire le troisième serviteur, minimum qu’il n’a même pas fait !

Le maître ne cherche pas à exploiter ses serviteurs, seulement il leur fait confiance et leur demande d’utiliser son bien à bonne escient, comme il l’aurait fait lui-même s’il était resté là, c'est-à-dire probablement en l’investissant dans quelque affaire.

Les deux premiers serviteurs ont bien compris, et ils investissent les talents confiés. Ils prennent un risque, mais ils sont confortés par la confiance de leur maître. Et leurs investissements rapportent 100 % ! Le troisième serviteur n’est pas dans la confiance, mais il est dans la peur (« par peur ») : il n’a confiance ni en son maître (« je savais que tu es un homme dur ») ni en ses propres capacités. La peur le paralyse et il gaspille l’argent reçu. Il n’est même pas capable du minimum que son maître pouvait attendre de lui : le placement à la banque. D’ailleurs, on peut aussi se demander si les raisons avancées par le troisième serviteur ne sont pas la tentative maladroite de cacher sa paresse. Alors que la mission confiée et accueillie dans la confiance par les deux premiers serviteurs provoque l’épanouissement des hommes et la fécondité des talents confiés, la méfiance, la peur et la paresse qui emprisonnent le troisième serviteur vis-à-vis de son maître ont stérilisé le placement. Et cette méfiance est d’autant plus injuste que le maître avait veillé à confié à chacun selon ses capacités.

Les versets 28 à 30 sont les plus compliqués. Celui qui a reçoit encore plus, alors que celui qui a peu, tout lui est enlevé. N’oublions pas que nous sommes dans une parabole. Il ne faut pas prendre ce que dit Jésus au pied de la lettre, comme une règle à suivre. Nous sommes dans un récit symbolique. On peut comprendre ce passage de la façon suivante. Celui qui est entré dans une communion et une confiance avec le Seigneur, il avance sur la voie de la fécondité, et son “trésor” va croissant. Au contraire, celui qui prend le chemin de la défiance et tourne le dos au Seigneur ne peut aller que vers sa perte.

La femme vaillante dont nous parle la première lecture, tirée du livre des Proverbes, elle sait ce que c’est que de faire fructifier ses talents : comme on dit, elle ne reste pas les deux pieds dans le même sabot ! Elle est active, elle travaille, elle se donne de la peine, pour sa famille et pour les autres. Bien sûr, l’image de la femme qui nous est présentée est celle de la femme qui tient la maison, et cette image n’est pas forcément aujourd’hui l’idéal féminin généralisé. Mais ne nous trompons pas, l’essentiel n’est pas là. Si cette femme est digne d’éloges, c’est parce que sa charité n’est pas une idée en l’air : sa charité est active et efficace. Son amour de Dieu et des hommes s’incarne dans son activité. Elle a en elle des talents qu’elle fait fructifier.

Comme nous y invite St Paul, vivons chaque jour sous le regard de Dieu, dans la confiance et la générosité. Que notre foi et notre piété s’incarnent dans un agir responsable : que nous sachions faire aller ensemble prière et générosité, contemplation et action, car ce sont nos actes qui témoignent de notre amour pour Dieu. Cherchons quels sont les talents que le Seigneur nous a confiés, et tâchons de les faire fructifier.

Amen.

David Journault †

vendredi 11 novembre 2011

Homélie du 11 novembre - Messe avec les Anciens Combattants

Église St Siméon – L’Huisserie – 11/11/2011 – 10h30
Messe des Anciens Combattants
Vendredi de la 32e semaine du Temps ordinaire A

(Textes : Sg 13,1-9 – Ps 18 – Lc 17,26-37)

(Illustration : Livret de prière de mon grand-père paternel, 1914)

Mot d’accueil :

Chers amis,

Aujourd’hui notre pays se souvient de la fin de la 1ère guerre mondiale, et plus généralement de tous les conflits dans lesquels des soldats français se sont battus. Rassemblés en cette église, nous venons faire mémoire de ceux qui sont mort au combat. Que cette eucharistie soit aussi pour nous l’occasion de prier avec plus d’insistance pour que les hommes de notre monde se mettent à l’écoute les uns des autres et à l’écoute de Dieu pour que disparaisse de notre humanité les conflits armés. 

Homélie :

Chers amis,

Les lectures de ce jour, qui peuvent être difficiles à entendre, nous appellent à la prudence, à la vigilance et à l’engagement. 

Dans la première lecture, l’auteur du Livre de la Sagesse nous invite à nous laisser guider par la beauté du monde vers la beauté de Dieu : à travers la contemplation et l’étude du fonctionnement de notre univers, il nous est possible de découvrir quelque chose de la grandeur du Créateur de l’univers. Nous ne sommes plus comme nos ancêtres qui avaient divinisée la nature et adoraient le soleil, la lune, la terre, le tonnerre,... comme des divinités. Dieu s'est révélé à l'homme, à travers Abraham et jusqu'au Christ, comme le Créateur de l'univers.

Dans notre monde scientifique, certains prennent argument de leurs recherches pour exclure Dieu de leurs équations. Effectivement, Dieu ne se laisse pas toucher ni analyser par les outils de la science. Alors, avec finalement beaucoup d’orgueil, certains scientifiques en viennent à conclure que Dieu n’existe pas. Ils sont tellement aveuglés par leurs certitudes qu’ils décrètent que ce qu’ils ne voient pas ne peut pas exister ! Comme si le monde se réduisait à ce que nos instruments peuvent mesurer ! 

Est-ce qu’il existe une machine à mesurer l’amour, le dévouement, le courage, le sens du devoir, la camaraderie, le sens de l’honneur… ! Et pourtant, nous savons bien que cela existe ! Rien que si nous nous intéressons à l’homme, nous réalisons qu’il y a en l’homme bien plus que ce que nous pouvons scientifiquement mesurer. Le livre de la Sagesse ne vient pas condamner la science. Il veut inviter ceux qui contemplent la Création à rester à leur place : des créatures qui découvrent de l’intérieur la beauté de la Création, et peuvent ainsi ouvrir leur cœur à la contemplation spirituelle du Créateur. Dieu n’appartient pas au domaine de la science, Il appartient au domaine de l’esprit, et à l’amour.

Dans l’évangile, le Seigneur Jésus nous invite à une grande vigilance : sommes-nous bien conscient que cette vie se terminera un jour et que nous aurons à nous présenter devant notre Dieu ? En ce jour, nous faisons mémoire d’hommes et de femmes qui ont donné leur vie pour défendre un pays, pour défendre les valeurs de la France et pour défendre sa liberté ; volontaires ou non, morts au combat ou revenus vivants dans leurs foyers, ils ont mis en danger leur vie pour défendre ces valeurs, et nous leur sommes reconnaissants pour cela. Beaucoup ont été soutenus sur les champs de bataille par leur foi chrétienne et par la présence des aumôniers militaires à leurs côtés. Je ne peux m’empêcher de repenser à mon grand-père paternel, qui a combattu en 1914-1918 et qui a toujours porté sur lui son petit livret « Mes Prières et mes Chants de soldat ». Il avait aussi une grande dévotion à Saint Joseph qu’il invoquait souvent comme “Patron de la Bonne mort” : il demandait de ne pas mourir sans avoir pu auparavant se confesser. Je n'oublie pas non plus mon grand-père maternel qui a combattu en 1939-1945, et mon père qui a fait l'Algérie. Et je ne peux m'empêcher de penser qu'il est incroyable que ma génération soit la première qui connaisse la paix.

Aujourd’hui, notre pays n’est plus menacé en ses frontières, et la construction européenne a permis de mettre fin à ces conflits qui ensanglantaient nos pays depuis des lustres. Mais la menace qui pèse aujourd’hui sur la France n’en est pas moins inquiétante. Si j’ose une image, la France ne risque plus de perdre son corps (son territoire), mais elle risque de perdre son âme : peu à peu, toutes les valeurs de solidarité, d’engagement, de dévouement gratuit, de respect de la personne humaine (de sa conception à sa mort naturelle), toutes les valeurs chrétiennes qui ont fait la France sont en train d’être rongées par l’appât du gain, l’amour du pouvoir, l’appétit de jouissance, et cette folie d’une science qui se croit toute puissante au point de vouloir jouer avec la génétique, au point de vouloir utiliser des embryons humains comme des souris blanches de laboratoire.

Notre pays ne va pas bien, on nous le dit et on nous le répète dans les médias, en ne nous parlant quasiment que d'argent et d'économie... Notre pays ne va pas bien, mais je crois profondément que ce n’est pas d’abord un problème de crise économique : notre pays ne va pas bien parce qu’il ne sait plus qui il est, parce qu’il a oublié ses racines et qu’il est en train de perdre son âme. C’est de notre responsabilité à tous de remettre au cœur de notre société et de nos politiques les repères et les valeurs qui ont porté tant d’hommes et de femmes depuis des générations dans notre pays. Et pour les chrétiens, qui veulent pleinement prendre leur place comme citoyens de ce pays, c’est en ayant une vie profondément unie au Christ, par la prière et par l’action, que nous pourrons faire cela, en fidélité à notre baptême.

Le Christ est venu dans le monde pour nous révéler l’amour de Dieu pour chacune et chacun de ses enfants, pour nous inviter à vivre son commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. », en nous souvenant aussi que c’est de la manière dont nous traitons les plus fragiles que nous témoignons de notre amour ou au contraire, de notre rejet de Dieu.

Amen.

David Journault †

mardi 8 novembre 2011

Homélie du 6 novembre - 32e dimanche du temps ordinaire A


Église St Siméon – L’Huisserie – 5/11/2011 – 18h30
Messe CEJ
Église de l’Assomption – Ahuillé – 6/11/2011 – 10h30
32e dimanche du Temps ordinaire A

(Textes : Sg 6,12-16 – Ps 62 – 1Th 4,13-18 – Mt 25,1-13)

(Illustrations : Les jeunes filles sages et les jeunes filles insensées, "Dimanche en images")


Mot d’accueil :

Sagesse, prévoyance, fidélité, préparation… voilà quelques thèmes que les lectures de ce jour nous invitent à méditer… avons-nous le désir de maintenir la lampe de notre foi allumée et de tout faire pour cela ?

Homélie :

Dix jeunes filles qui attendent l’époux qui tarde à venir… quand sera-t-il là ? Personne ne le sait, et l’attente est une épreuve pour les jeunes filles qui forment le cortège… Dans cette situation, certaines se montrent vigilantes et prévoyantes, en ayant apporté des réserves d’huile suffisantes. Ainsi, non seulement elles ont le désir d’être fidèles, mais elles en prennent les moyens.

Ailleurs, le Seigneur Jésus a dit : « Il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur […] mais il faut faire la volonté de mon Père. » Cette parabole est un appel de Jésus pour nous faire grandir dans la communion avec Lui, comme toute parabole. Et ici nous sommes sans doute invités à réfléchir à notre attitude en ce monde sous deux angles : 1. suis-je fidèle au Christ dans ma façon de vivre, et 2. est-ce que je prends soin de fournir du “carburant” à la lampe de ma foi ?

1. Suis-je fidèle au Christ ? Importante question, qui doit être la question de fond de nos existences. Quel est l’état de notre cœur ? Si je devais rencontrer le Christ aujourd’hui, comment est-ce que je me présenterai devant Lui ? Toute notre vie est appelée à être une vie de conversion, c’est-à-dire de patiente recherche pour toujours faire le mieux possible la volonté de Dieu dans tous les espaces de ma vie. Bien entendu, il nous arrive de chuter et nous pouvons compter sur la miséricorde de Dieu pour nous pardonner (à condition que nous le demandions). 

Mais il ne faudrait pas glisser tout doucement vers la négligence et la tiédeur : l’amour de Dieu et sa miséricorde ne sont pas un appel à la mollesse et au “n’importe quoi” ! Ils sont un appel constant à la sainteté qui doit être le grand œuvre de nos vies ! Car pour les jeunes filles insensées qui se sont montrées infidèles à la mission reçues, la parole de l’époux est sévère : « Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas. » Oui, cette parole est sévère, car elle constate qu’il n’y a pas de communion entre le l’époux et les jeunes filles insensées… N’est-ce pas le simple constat du fait que les jeunes filles insensées ont déserté, et qu’elles n’étaient pas là où elles auraient due être ?

On peut être surpris que les jeunes filles sages ne veuillent pas donner de l’huile à leurs compagnes, mais cette parabole n’est pas une parabole sur le partage. Le fait est que si elles refusent de partager leur huile, ce n’est pas par égoïsme, mais par réalisme. Veiller sur la lampe de son cœur est une responsabilité personnelle : la fidélité ne se délègue pas, la vigilance ne se sous-traite pas !

Là encore, dans cette parabole, le Christ nous appelle à la vigilance et à ne pas reporter à demain ce que nous pouvons faire pour avancer sur notre chemin de sainteté, car la rencontre avec notre Seigneur peut intervenir n’importe quand. C’est dès maintenant qu’il me faut m’appliquer à aider les autres, c’est dès maintenant que je dois chasser de ma vie toutes ces petites trahisons par rapport à ce que Dieu me demande, c’est dès maintenant que je dois accorder ce pardon si difficile et me réconcilier avec un tel ou un tel, c’est dès maintenant que je dois approfondir ma connaissance et ma fréquentation de la Parole de Dieu, c’est dès maintenant que je dois vivre fidèlement les sacrements de l’Église, en particulier l’eucharistie et la réconciliation… 

Car avec tout cela, 2. j’apporte du carburant à la lampe de ma foi ! Oui, c’est ainsi que je peux montrer à Dieu ma fidélité et rester à mon poste de veilleur au milieu de l’humanité. Maintenir ma lampe allumée, c’est une responsabilité personnelle, et personne ne peut le faire à ma place ; c’est mon attitude personnelle dans cette vie qui témoigne de mon attachement au Christ et qui feront que je pourrai rentrer avec l’époux dans la salle des noces. Mais même si cela est personnel, nous pouvons nous entraider les uns les autres à tenir nos lampes allumées, ou à ranimer la flamme qui semble trembler sous le vent. Nous pouvons même nous entraider pour rallumer la flamme éteinte : la chaleur et la richesse de notre vie communautaire peuvent permettre cela.

Dans le rituel du baptême des adultes, le geste de la lumière est accompagné de cette parole :
Vous êtes devenu lumière dans le Christ : marchez toujours comme un enfant de lumière ; demeurez fidèle à la foi de votre baptême. Alors, quand le Seigneur viendra, vous pourrez aller à sa rencontre dans son Royaume avec tous les saints du ciel.

Avec la force de l’Esprit Saint, marchons sur les chemins de nos vies en cultivant cette fidélité à la foi de notre baptême et en gardant notre lampe allumée. 

Amen.

David Journault †

Homélie du 2 novembre : Commémoration des fidèles défunts

Église St Siméon – L’Huisserie – 2/11/2011 – 19h
Commémoration des fidèles défunts


(Textes : Is 25,6a.7-9 – Ps  – Rm 14,7-9.10b-12 – Mt 11,25-28)

(Illustration : Photo de Jérusalem prise depuis le Mont des Oliviers avec au premier plan le cimetière juif)

Homélie :

Frères et sœurs,

En ce jour où nous faisons mémoire de nos défunts, nous réentendons cet appel du Christ : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. »

Oui, c’est en Christ que se trouve le repos, dans cette vie comme dans la vie éternelle. Jésus, crucifié, mort sur la croix, est ressuscité et nous ouvre ainsi l’accès à la vue nouvelle auprès de Dieu. Les portes de la mort ne pouvaient retenir Celui qui est l’auteur de la Vie. Ainsi, non seulement Dieu est l’auteur de notre vie ici-bas, mais Il nous rend possible le passage à la vie nouvelle, à la vie éternelle dans le bonheur.

Cette résurrection du Christ a une première résonnance dans notre vie présente. Par sa victoire sur la mort et le péché, le Christ nous a sauvés de l’emprise du péché et du mal. Le Christ nous offre son Esprit, sa puissance, pour que nous nous abstenions de tomber dans le péché, pour que nous nous abstenions de faire ce qui est mal aux yeux de Dieu. 

Si nous décidons véritablement de suivre le chemin de l’amour, de la justice et de la paix, alors le Christ marche à nos côtés et nous assiste sur ce chemin. Si nous lui tournons le dos, Il respecte notre liberté et nous laisse aller vers notre destin, attendant patiemment que nous nous tournions à nouveau vers Lui. Notre Dieu est Tout-puissant, certes, mais Tout-puissant d’amour. Qu’est-ce que cela veut dire ? Que sa Toute-puissance ne peut que ce que peut l’Amour, et donc Il ne veut nous forcer à rien, Il ne veut aller à l’encontre de notre liberté, car sans liberté, il ne peut être question d’amour.

Comme nous le dit saint Paul dans son épître aux Romains, notre vie présente et la vie qui s’ouvre à nous après la mort corporelle sont liées entre elles et toutes les deux, elles sont liées à la vie du Christ. Par le baptême, nous devenons enfants de Dieu et membre du Corps du Christ. C’est d’ailleurs pour cela qu’au cours d’une sépulture on encense le corps du défunt, comme on encense tout ce qui est manifestation de la présence du Christ dans la liturgie : l’autel, le livre de la Parole de Dieu, le prêtre, l’assemblée, le pain et le vin consacrés. 

A ce titre, nous sommes appelés à vivre en pleine communion avec le Christ, c’est-à-dire à faire en sorte que notre façon de vivre soit digne du Corps du Christ. Et cette communion à laquelle nous sommes appelés dans cette vie terrestre, nous sommes appelés à la poursuivre pour l’éternité auprès de Dieu, une fois passées les portes de la mort. 

Pour entrer dans la vie éternelle de bonheur et de communion avec Dieu, c’est en cette vie présente que nous devons d’ors et déjà chercher à initier cette communion avec Dieu. Comment espérer entrer immédiatement en communion avec Dieu, le Bien absolu, si nous avons pendant toute notre vie tourné le dos à l’amour, au respect des autres, au bien ? Nous pouvons bien entendu compter sur l’amour et la miséricorde de Dieu, mais faisons nous-mêmes tout notre possible pour être trouvés irréprochables et saints quand le Seigneur viendra à notre rencontre. Le sacrement de la réconciliation est ainsi une aide que le Seigneur met à notre disposition pour cheminer vers une intimité plus grande avec Lui.

Frères et sœurs, demandons au Seigneur d’accueillir nos défunts auprès de Lui, et prions pour que nous ouvrions toujours plus nos vies à l’action de l’Esprit Saint en nous.

Amen.

David Journault †

jeudi 3 novembre 2011

Mais que se passe-t-il au Ministère de l'Education nationale ?

Juste un petit énervement au passage !

Après une première attaque en règle pour imposer à tous les élèves l'enseignement de la "théorie du gender", voilà maintenant que le Ministère de l'Education nationale s'attaque à la famille !
Je cite un article de La Croix :

Le Bulletin Officiel spécial n° 8 du 13 octobre 2011, concernant l’enseignement de spécialité de droit et grands enjeux du monde contemporain en classe de Terminale L a introduit un enseignement autour de « l’évolution de la famille » avec l’objectif « de faire découvrir le droit aux élèves en leur montrant comment le droit aborde les questions contemporaines ».
« Après avoir constaté l’absence de définition de la famille, on montrera, par une analyse juridique et historique, qu’elle a profondément évolué et qu’elle est devenue multiforme (famille biologique, adoptive, monoparentale, homoparentale, recomposée, nucléaire, élargie) et on proposera aux élèves d’en rechercher une définition », souligne notamment le Bulletin Officiel .
"L'absence de définition de la famille" !!! Ils n'ont pas de dictionnaire au Ministère de l'Education nationale ? Allez, je suis bon prince, je leur offre la définition de mon Petit Larousse illustré (1986, année de mon entrée en 6e) :
Famille n.f. (lat. familia). Le père, la mère et les enfants : famille nombreuse || Les enfants seulement : être chargé de famille. || Toutes les personnes d'un même sang, comme enfants, frères, neveux, etc.
Encore une idée fumeuse du Ministère... Ils n'ont pas d'autres problèmes à traiter que d'entreprendre la destruction systématique de tous les éléments structurants de la société ? Mes avis que l'équipe qui a pondu ce projet doit être la même qui nous a inscrit le "gender" au programme... Drôle de démarche de nos "élites intellectuelles" !

mercredi 28 septembre 2011

La vie à Taizé

Une petite vidéo de 15 minutes pour (re)découvrir Taizé, son histoire, la vie à Taizé...
Prochain rendez-vous : le rassemblement des lycéens à Taizé, du 23 au 27 octobre pour les jeunes du diocèse de Laval (réunion d'information le mardi 4 octobre à 20h30 à la Maison du Diocèse).
A la fin de l'année, ce sera la rencontre européenne de Taizé qui aura lieu cette année à Berlin


La vie à Taizé from Taize on Vimeo.

vendredi 16 septembre 2011

Homélie du 11 septembre - 24e dimanche du temps ordinaire A

Église St Siméon – L’Huisserie – 10/09/11 – 18h30
Église St Étienne – Entrammes – 11/09/11 – 10h30
24e dimanche du Temps ordinaire A


(Textes : Si 27,30-28,7 – Ps 102 – Rm 14,7-9 – Mt 18,21-35)

Mot d’accueil :
 
Frères et sœurs,
 
Dimanche dernier, dans l’Évangile, Jésus expliquait à ses disciples l’attitude que nous devons avoir vis-à-vis d’un frère ou d’une sœur qui s’égare dans le péché. La suite de l’Évangile selon St Matthieu que nous lisons aujourd’hui nous invite à approfondir notre réflexion sur la place du pardon, demandé et accordé, dans nos existences.

Homélie :
 
« Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » En posant cette question, Pierre est à mi-chemin entre la mentalité de son temps et de son peuple, car il cherche une loi précise pour s’y conformer, et la loi nouvelle que Jésus vient instaurer, la loi de l’amour. Lui, le disciple, il cherche à savoir comment agir pour être “en règle” avec la volonté de Jésus, son maître.
 
Et une fois de plus, Jésus fait voler en éclats les fonctionnements habituels de son temps : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. » Sept étant le chiffre parfait (c’est le nombre de jours qu’il a fallu à Dieu pour créer le monde), alors en le multipliant ainsi, c’est bien à un pardon infini qu’invite le Christ. Le Christ nous fait sortir d’une logique comptable pour entrer dans la logique de l’amour infini de Dieu. Nous qui portons le nom de chrétien, c’est bien à une vie comme celle du Christ que nous sommes appelés, à l’image de Celui qui, sur la croix, a dit : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »
 
Pour inviter ses disciples à la réflexion, Jésus utilise ici encore une parabole. Trois protagonistes principaux : le maître, le 1er serviteur et un compagnon du 1er serviteur.
Pris de pitié vis-à-vis de son serviteur, le maître accepte de lui remettre entièrement une dette colossale de 60 millions de pièces d’argent (1 pièce d’argent était à l’époque le salaire journalier d’un ouvrier agricole) . Il va même au-delà de ce que lui demande le serviteur, qui ne réclame de son maître que de la patience, et non l’annulation de la dette. Mais la bonté du maître est telle qu’elle va au-delà de ce que le serviteur ose demander. Par son geste, le maître l’invite à entrer dans cet esprit de pardon et de générosité.
 
Malheureusement, le serviteur n’a pas compris : face à son camarade qui lui doit une toute petite somme (100 pièces d’argent), il reste inflexible et ne se laisse pas toucher : il condamne son compagnon et refuse d’annuler la dette ou même de lui accorder un délai.
 
Averti de cela, le maître va appliquer au serviteur la même justice que celle que ce dernier a utilisé envers son camarade : c’est toi qui détermine comment tu dois être traité, de la façon dont tu te comportes avec les autres. Voilà je crois le sens de cette parole de Jésus à la fin de l’évangile, qui peut nous paraître très dure : « C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. »
 
Ainsi, contrairement à Sartre qui a écrit que “l’enfer c’est les autres”, je crois que nous pouvons comprendre que “l’enfer, c’est moi”, ou plutôt, que je suis le propre fabricant de mon enfer, présent et dans la vie à venir. Si je reste dans un monde de rancune, de revanche, de vengeance, si je n’entre pas dans le monde du pardon et de la miséricorde, je ne peux vivre en communion avec Dieu. Si moi je refuse la miséricorde, la charité, le pardon aux autres, comment pourrais-je être en communion avec Celui qui n’est qu’amour. Pas d’amour sans pardon, et donc, sans le pardon demandé et accordé, je ne peux vivre avec Dieu qui est amour…
 
Nous retrouvons là cette parole à la fois simple et tellement engageante de la prière du Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. » : nous reconnaissons devant Dieu que pour recevoir pleinement son pardon, pour vivre de sa vie, il nous faut nous aussi vivre ce pardon vis-à-vis de ceux qui nous ont blessé.
 
Le pardon, c’est tout un art de vivre. Pardonner, ce n’est pas oublier, pardonner n’exclu pas non plus la sanction ou la réparation ; pardonner, ce n’est pas être mou et faible, ce n’est pas nier le mal commis, ce n’est pas s’abaisser. D’ailleurs, pour pardonner, il faut regarder la situation en vérité, demander à l’autre de réparer le tort commis, si c’est possible, et cela invite aussi à tirer des leçons pour l’avenir. Mais pardonner, c’est ne pas garder de rancune, et c’est renouer le lien brisé pour repartir en avant. La cicatrice va rester, mais elle n’empêche pas la vie de continuer.
 
Seigneur, vivre à ta façon n’est vraiment pas facile, et nous nous sentons parfois trop faibles : donne-nous l’Esprit de force pour vivre comme Toi, dans la miséricorde et le pardon.
 
Amen.
 
David Journault †

samedi 3 septembre 2011

21 août : Homélie du Pape à Cuatro Vientos (Madrid)

CÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE DE CLÔTURE
PAROLES DU PAPE BENOÎT XVI
AU DÉBUT DE LA CÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE


Aérodrome de Cuatro Vientos – Dimanche 21 août 2011

Chers jeunes,

J’ai pensé beaucoup à vous en ces heures durant lesquelles nous ne nous sommes pas vus. J’espère que vous avez pu dormir un peu, en dépit de la rigueur du temps. Je suis sûr qu’à l’aube de ce jour vous avez levé les yeux au ciel plus d’une fois, et non seulement les yeux, mais aussi le cœur, et cela vous a permis de prier. Dieu sait tirer de tout le bien. Avec cette confiance, et sachant que le Seigneur ne nous abandonne jamais, commençons notre célébration eucharistique pleins d’enthousiasme et fermes dans la foi.

* * *

HOMÉLIE
Chers jeunes,

Avec la célébration de l’Eucharistie, nous arrivons au moment culminant de ces Journées Mondiales de la Jeunesse. En vous voyant ici, venus en grand nombre de tous les horizons, mon cœur est plein de joie, pensant à l’affection spéciale avec laquelle Jésus vous regarde. Oui, le Seigneur vous aime et il vous appelle ses amis (cf. Jn 15, 15). Il vient à votre rencontre et il désire vous accompagner dans votre cheminement pour vous ouvrir les portes d’une vie pleine et vous faire participants de sa relation intime avec le Père. Pour notre part, conscients de la grandeur de son amour, nous désirons répondre avec grande générosité à cette marque de prédilection par la résolution de partager aussi avec les autres la joie que nous avons reçue. Certes ! Ils sont nombreux de nos jours, ceux qui se sentent attirés par la figure du Christ et désirent mieux le connaître. Ils perçoivent qu’Il est la réponse à leurs multiples inquiétudes personnelles. Cependant, qui est-Il réellement ? Comment est-il possible que quelqu’un qui a vécu sur la terre il y a tant d’années, ait quelque chose à voir avec moi aujourd’hui ?

Dans l’Évangile que nous avons écouté (cf. Mt16, 13-20), il y a comme deux manières distinctes de connaître le Christ qui nous sont présentées. La première consiste dans une connaissance externe caractérisée par l’opinion commune. À la demande de Jésus : « Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? », les disciples répondent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste, pour d’autres, Elie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes ». C'est-à-dire qu’on considère le Christ comme un personnage religieux supplémentaire qui s’ajoute à ceux connus. S’adressant ensuite personnellement aux disciples, Jésus leur demande : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre répond avec des paroles qui sont la première profession de foi : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » La foi va au-delà des simples données empiriques ou historiques ; elle est la capacité de saisir le mystère de la personne du Christ dans sa profondeur.

Mais, la foi n’est pas le fruit de l’effort de l’homme, de sa raison, mais elle est un don de Dieu : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux ». Elle a son origine dans l’initiative de Dieu, qui nous dévoile son intimité et nous invite à participer à sa vie divine même. La foi ne fournit pas seulement des informations sur l’identité du Christ, mais elle suppose une relation personnelle avec Lui, l’adhésion de toute la personne, avec son intelligence, sa volonté et ses sentiments, à la manifestation que Dieu fait de lui-même. Ainsi, la demande de Jésus : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? », pousse en fin de compte les disciples à prendre une décision personnelle par rapport à Lui. La foi et la suite (sequala) du Christ sont étroitement liées.

Et, comme elle suppose suivre le Maître, la foi doit se consolider et croître, devenir profonde et mûre, à mesure qu’elle s’intensifie et que se fortifie la relation avec Jésus, l’intimité avec Lui. Même Pierre et les autres apôtres ont eu à avancer sur cette voie, jusqu’à ce que leur rencontre avec le Seigneur ressuscité leur ouvre les yeux sur une foi plénière.
Chers jeunes, aujourd’hui, le Christ vous pose également la même demande qu’il a faite aux apôtres : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Répondez-lui avec générosité et courage comme il convient à un cœur jeune tel que le vôtre. Dites-lui : Jésus, je sais que tu es le Fils de Dieu, que tu as donné ta vie pour moi. Je veux te suivre avec fidélité et me laisser guider par ta parole. Tu me connais et tu m’aimes. J’ai confiance en toi et je remets ma vie entre tes mains. Je veux que tu sois la force qui me soutienne, la joie qui ne me quitte jamais.

Dans sa réponse à la confession de Pierre, Jésus parle de l’Église : « Et moi, je te déclare : ‘Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église’ ». Que signifie cela ? Jésus bâtit l’Église sur le rocher de la foi de Pierre qui confesse la divinité du Christ.

Oui ! L’Église n’est pas une simple institution humaine, comme n’importe quelle autre, bien plus elle est étroitement unie à Dieu. Le Christ lui-même se réfère à elle comme « son » Église. On ne peut pas séparer le Christ de l’Église, comme on ne peut pas séparer la tête du corps (cf. 1Co 12, 12). L’Église ne vit pas par elle-même, mais elle vit par le Seigneur. Il est présent au milieu d’elle, et lui donne vie, aliment et force.

Chers jeunes, permettez-moi, en tant Successeur de Pierre, de vous inviter à renforcer cette foi qui nous a été transmise depuis les Apôtres, à mettre le Christ, le Fils de Dieu, au centre de votre vie. Mais permettez-moi aussi de vous rappeler que suivre Jésus dans la foi c’est marcher avec Lui dans la communion de l’Église. On ne peut pas suivre Jésus en solitaire. Celui qui cède à la tentation de marcher « à son propre compte » ou de vivre la foi selon la mentalité individualiste qui prédomine dans la société, court le risque de ne jamais rencontrer Jésus Christ, ou de finir par suivre une image fausse de Lui.

Avoir la foi, c’est s’appuyer sur la foi de tes frères, et que ta foi serve également d’appui pour celle des autres. Je vous exhorte, chers jeunes : aimez l’Église qui vous a engendrés dans la foi, vous a aidés à mieux connaître le Christ et vous a fait découvrir la beauté de son amour. Pour la croissance de votre amitié avec le Christ, il est fondamental de reconnaître l’importance de votre belle insertion dans les paroisses, les communautés et les mouvements, ainsi que l’importance de la participation à l’Eucharistie dominicale, de la réception fréquente du sacrement du pardon, et de la fidélité à la prière et à la méditation de la Parole de Dieu.

De cette amitié avec Jésus naîtra aussi l’élan qui porte à témoigner la foi dans les milieux les plus divers, y compris ceux dans lesquels il y a refus ou indifférence. On ne peut pas rencontrer le Christ et ne pas le faire connaître aux autres. Ne gardez donc pas le Christ pour vous-mêmes. Transmettez aux autres la joie de votre foi. Le monde a besoin du témoignage de votre foi, il a certainement besoin de Dieu. Je pense que votre présence ici, jeunes venus des cinq continents, est une merveilleuse preuve de la fécondité du mandat de Jésus donné à l’Église : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création » (Mc 16, 15). À vous aussi incombe le devoir extraordinaire d’être des disciples et des missionnaires du Christ dans d’autres terres et pays où se trouve une multitude de jeunes qui aspirent à de très grandes choses et qui, découvrant dans leurs cœurs la possibilité de valeurs plus authentiques, ne se laissent pas séduire par les fausses promesses d’un style de vie sans Dieu.

Chers jeunes, je prie pour vous avec toute l’affection de mon cœur. Je vous confie à la Vierge Marie, pour qu’elle vous accompagne toujours de son intercession maternelle et vous enseigne la fidélité à la Parole de Dieu. Je vous demande également de prier pour le Pape afin que, comme Successeur de Pierre, il puisse continuer à affermir ses frères dans la foi. Puissions-nous tous dans l’Église, pasteurs et fidèles, nous rapprocher davantage chaque jour du Seigneur, afin de croître en sainteté de vie et nous donnerons ainsi un témoignage efficace que Jésus est vraiment le Fils de Dieu, le Sauveur de tous les hommes et la source vive de leur espérance. Amen.


ANGÉLUS
Aérodrome de Cuatro Vientos – Dimanche 21 août 2011
Chers amis,

Vous allez rejoindre maintenant vos lieux de résidence habituelle. Vos amis chercheront à savoir ce qui est changé en vous après avoir été dans cette noble ville avec le Pape et des centaines de milliers de jeunes du monde entier : Que leur répondrez-vous ? Je vous invite à leur donner un témoignage audacieux de la vie chrétienne. Vous serez alors le ferment de nouveaux chrétiens afin que l’Église naisse avec vigueur dans le cœur de beaucoup.

Combien j’ai pensé ces jours-ci à ces jeunes qui attendent votre retour ! Transmettez-leur mon affection, en particulier aux plus défavorisés, et aussi à vos familles et aux communautés de vie chrétienne auxquelles vous appartenez.

Je ne peux m’empêcher de vous dire que je suis vraiment impressionné par le nombre significatif d’évêques et de prêtres présents à ces Journées. Je les remercie tous du fond de mon cœur, les encourageant en même temps à continuer à développer la pastorale des jeunes avec enthousiasme et engagement.

Je salue avec affection l’Archevêque aux Armées et je remercie vivement l’Armée de l’air qui précisément durant cette année du centenaire de la création de l’aviation militaire espagnole, a mis à disposition avec générosité la Base aérienne de Cuatro Vientos. Je confie tous ceux en font partie ainsi que leurs familles à la protection maternelle de la Sainte Vierge Marie, sous son vocable de Notre-Dame de Lorette.

De même, commémorant aujourd’hui le troisième anniversaire du grave accident d’avion survenu sur l’aéroport de Barajas, qui a causé de nombreuses victimes et des blessés, je désire faire connaître ma proximité spirituelle et ma profonde affection à tous ceux qui sont touchés par ce triste événement, comme aussi aux familles des défunts, dont nous confions les âmes à la miséricorde de Dieu.

Je voudrais annoncer maintenant que la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse aura lieu en 2013 à Rio de Janeiro. Demandons au Seigneur d’assister dès maintenant de sa force tous ceux qui auront la tâche de la préparer et faciliter le chemin des jeunes du monde entier pour qu’ils puissent rencontrer de nouveau le Pape dans cette belle ville brésilienne.
Chers amis, avant de nous dire au revoir, et pendant que les jeunes d’Espagne remettent à ceux du Brésil la croix des Journées Mondiales de la Jeunesse, en tant que Successeur de Pierre, je confie à tous ceux qui sont présents ici cette grande tâche : apportez la connaissance et l’amour du Christ au monde entier. Il demande que vous soyez ses apôtres en ce vingt-et-unième siècle et les messagers de sa joie. Puissiez-vous ne pas le décevoir ! Merci beaucoup !

Salutation en français
Chers jeunes de langue française, le Christ vous demande aujourd’hui d’être enracinés en Lui et de bâtir avec Lui votre vie sur le roc qu’il est Lui-même. Il vous envoie pour être des témoins courageux et sans complexes, authentiques et crédibles ! N’ayez pas peur d’être catholiques, d’en témoigner toujours autour de vous avec simplicité et sincérité ! Que l’Église trouve en vous et en votre jeunesse les missionnaires joyeux de la Bonne Nouvelle !

Salut en anglais
Je salue tous les jeunes de langue anglaise présents ici aujourd’hui. Alors que vous repartez chez vous, emportez avec vous la bonne nouvelle de l’Amour du Christ que vous avez expérimentée en ces jours inoubliables. Fixez vos yeux sur lui, approfondissez votre connaissance de l’Évangile et portez ensuite des fruits abondants. Que Dieu vous bénisse jusqu’au moment de nous revoir à nouveau !

Salutation en allemand
Mes chers amis ! La foi n’est pas une théorie. La foi signifie aller à Jésus dans une relation personnelle et vivre de l’amitié avec lui en communauté avec les autres, dans la communauté ecclésiale. Confiez au Christ votre vie entière et aidez vos amis afin qu’eux aussi arrivent à Dieu, source de la vie. Puisse le Seigneur faire de vous des témoins joyeux de son amour !

Salutation en italien
Je vous salue tous, chers jeunes de langue italienne ! L’Eucharistie que nous avons célébrée est le Christ ressuscité présent et vivant au milieu de nous : grâce à Lui, votre vie est enracinée et fondée en Dieu, ferme dans la foi. Avec cette certitude, repartez de Madrid et annoncez à tous ce que vous avez vu et entendu. Répondez avec joie à l’appel du Seigneur, suivez-Le et restez toujours unis à Lui : vous porterez beaucoup de fruits !

Salutation en portugais
Chers jeunes et amis de langue portugaise, vous avez rencontré Jésus Christ ! Vous vous sentirez à contre-courant au milieu d’une société où règne une culture relativiste qui renonce à chercher et à posséder la vérité. C’est pourtant en ce moment de l’histoire, plein de grands défis et d’opportunités, que le Seigneur vous envoie pour faire retentir, grâce à votre foi, la Bonne Nouvelle du Christ pour la terre entière. J’espère pouvoir vous rencontrer dans deux ans lors des prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse à Rio de Janeiro, au Brésil. Jusque là prions les uns pour les autres en donnant un témoignage de la joie qui surgit de l’enracinement et de l’édification dans le Christ. À bientôt, chers jeunes ! et que Dieu vous bénisse !

Salutation en polonais
Chers jeunes polonais, fermes dans la foi, enracinés dans le Christ ! Puissent les talents reçus de Dieu ces jours-ci porter en vous des fruits abondants. Soyez ses témoins. Portez aux autres le message de l’Évangile. Par votre prière et par votre exemple de vie, aidez l’Europe à retrouver ses racines chrétiennes.

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