Un peu de musique ?

"Receive The Power" (Version internationale), "You Raise Me Up", "Amazing Grace", "Behold The Cross", "Ave Maria", "Ameno"

Chants de Taizé : "Venite Exultemus Domino", "El Alma Que Anda en Amor", "In Manus Tuas, Pater", "Wyslawiajcie Pana"

dimanche 7 septembre 2008

Homélie du 7 septembre - 23e dimanche du temps ordinaire A


Dim. 7 sept. 2008 – Avesnières – 10h00
Dim. 7 sept. 2008 – Cordeliers – 18h00
23e dimanche du Temps ordinaire A

(Textes : Ez 33,7-9 – Ps 94(95) – Rm 13,8-10 – Mt 18,15-20)

Mot d’accueil :
Comment vivre véritablement en frères et sœurs dans le Christ ? Voilà le sujet que les lectures de ce dimanche nous permettent d’aborder : l’amour mutuel, l’accompagnement, la correction fraternelle, l’intercession les uns pour les autres.

Homélie :
Frères et sœurs,

Que faire quand nous voyons près de nous un frère ou une sœur s’égarer dans le péché ? Voilà la question délicate que nous pouvons nous poser aujourd’hui à la lumière de l’Évangile. Car si Jésus s’est présenté comme le Bon Pasteur qui prend soin des brebis du troupeau, il nous faut aussi bien prendre conscience que l’amour mutuel que le Christ nous appelle à vivre implique que nous, les brebis, nous prenions soin les uns des autres.

Car quel serait la réalité et la profondeur d’un amour qui se dirait : « Je vois bien qu’il se trompe, je vois bien qu’il court à la catastrophe, mais c’est son problème, et surtout je ne vais pas m’en mêler. » En droit, il existe un concept qui s’appelle “l’assistance à personne en danger” : si vous voyez quelqu’un qui est en danger, la loi vous impose de lui venir en aide, par exemple si vous arrivez sur les lieux d’un accident de la route qui vient d’arriver… et si vous laissez quelqu’un sans rien faire, vous pouvez être condamnés en justice pour “non assistance à personne en danger”.

Eh bien, ce devoir que la loi nous impose pour la santé physique de nos semblables, le Seigneur nous demande de le remplir pour la santé morale de nos frères et sœurs : si nous devons prendre soin du corps, n’oublions pas de prendre soin de l’âme !

Comme toujours, quand nous lisons un passage d’Évangile, ne faisons pas l’impasse sur d’autres paroles que le Christ a pu dire, et ici il me semble important de nous rappeler ce que Jésus a dit dans le Sermon sur la montagne : « Ne vous posez pas en juge […] Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? » (Mt 7,1.3). Alors comment tenir à la fois l’humilité et la conscience de ses propres péchés, et l’assistance spirituelle et morale que nous devons à nos frères ?

Jésus nous indique une façon de faire qui est toute empreinte d’humilité, de douceur et de discrétion. On peut penser que si Matthieu rassemble ces paroles de Jésus dans son évangile, c’est parce qu’au moment où il vit, la communauté chrétienne se pose la question du baptisé qui pécherait gravement et publiquement. Que faire ? Peut-il rester dans la communauté ? Il y a dans cette façon de faire une grande douceur et un grand respect du pécheur. Ce n’est que s’il persiste que l’Église prendra acte de sa séparation d’avec elle. Et encore : Jésus invite à le considérer comme un païen et un publicain… Quand on sait quelle fut son attitude vis-à-vis de ces deux groupes de population, il ne peut s’agir d’un rejet définitif, mais du respect de la liberté de chacun…

Finalement, ce que nous demande Jésus, c’est bien de nous aimer les uns les autres, concrètement, en actes et en vérité. Car il y a une forme de fausse humilité et d’abandon, de capitulation devant le mal quand on dit : « Vous savez, je ne suis pas meilleur que les autres, alors surtout je ne me permets pas de donner des conseils aux autres : chacun sa vie, chacun ses problèmes… et Dieu y reconnaîtra la siens ! » C’est déjà ce que nous dit Ezékiel dans la première lecture : le rôle du prophète, et nous le devenons par le baptême, c’est d’être continuellement en éveil, toujours prêt à dénoncer et à lutter contre le mal. Lutter contre le mal, et non pas lutter contre le pécheur : ne soyons pas plus dures que Dieu ! Quoi qu’un homme puisse faire, rien ne peut lui faire perdre l’amour et la miséricorde de Dieu, alors nous aussi, soyons toujours plein d’amour et de miséricorde, y compris pour le pécheur. Mais si par lassitude ou découragement ou par peur nous cessons de lutter contre le mal, c’est comme si nous avions pactisé avec le mal, et nous en portons ainsi une part de responsabilité.

Ne pas fournir à ceux qui nous entourent le soutient et l’éclairage de notre foi, en toute humilité, douceur et simplicité de cœur, c’est leur refuser notre assistance spirituelle, et c’est alors capituler devant le péché et le mal. Et rester passif quand nous voyons des injustices se perpétrer dans notre société, se désintéresser de la chose publique, fuir la politique, s’abstenir de voter, c’est aussi une capitulation devant le mal.

Demandons au Seigneur la force d’être des chrétiens fraternels et responsables, qui vivent concrètement l’amour du prochain en ne lui refusant pas notre assistance. Amen.

dimanche 31 août 2008

Homélie du 31 août - 22e dimanche du temps ordinaire A

Dim. 31 août 2008 – Cathédrale – 10h30
Dim. 31 août 2008 – Cordeliers – 18h00
22e dimanche du Temps ordinaire A

(Textes : Jr 20,7-9 – Ps 62 – Rm 12,1-2 – Mt 16,21-27)

Mot d’accueil :

Renoncer à soi-même, porter sa croix et suivre Jésus : voilà le programme du disciple du Christ ! Il n’y a pas d’autre alternative, car c’est dans l’étroite union au Christ que se trouve la réalisation totale de notre vocation, l’épanouissement complet de notre personne ; c’est par ce chemin que s’ouvre le passage qui, par la mort, nous ouvre à la résurrection et à la vie éternelle.

Homélie :

Frères et sœurs,

Rappelons-nous l’évangile de dimanche dernier et la belle profession de foi de Pierre : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » Et Jésus de féliciter Pierre.

Aujourd’hui nous lisons le passage qui suit immédiatement, et quel contraste ! « Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route, tes pensées nous sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » On peut imaginer le désarroi de Pierre.

Reconnaissons que ce que dit Jésus n’est pas simple à comprendre. Ce que Pierre a en tête quand il confesse que Jésus est le Messie, c’est l’idée d’un Messie victorieux, puissant, qui va venir libérer Israël et chasser l’occupant romain.

Alors quand Jésus parle de souffrir et de mourir, cela ne colle pas ! Effectivement, dans sa réaction, Pierre est très humain. Alors pourquoi Jésus le qualifie-t-il de Satan ? Peut-être parce que la parole de Pierre rejoint au cœur de Jésus l’une des tentations qu’il ressent au plus intime de lui-même et contre laquelle il devra lutter dans l’angoisse au Jardin des Oliviers. On le sait, pendant son agonie le Seigneur aura peur, il souhaitera et il demandera à son Père que cette coupe passe loin de lui… Avant de se reprendre et d’accepter pleinement sa Passion. C’est un peu comme si, par la bouche de Pierre, le Tentateur tentait déjà d’insinuer le doute dans l’esprit de Jésus : pourquoi souffrir ? Pourquoi mourir ? Peut-être que les choses pourraient se passer autrement ? Car Jésus, le Fils de Dieu, est aussi pleinement humain, et comme chacune et chacun d’entre nous, il a peur de la souffrance.

La souffrance en elle-même est un mal absolu, et le pape Jean-Paul II rappelait que nous devons tout faire pour lutter contre la souffrance. Mais quand elle s’impose à nous, elle peut être vécue comme un lieu d’union particulièrement intime avec le Christ. La souffrance n’est pas à rechercher en tant que telle : en elle-même, elle n’a aucune valeur. Ce qui fait que le Christ est Sauveur, ce n’est pas le fait d’avoir été crucifié. Car il n’est pas le seul crucifié de l’histoire. Ce qui nous sauve, c’est l’esprit d’amour, de fidélité, d’obéissance, dans lequel le Christ a vécu sa Passion.

C’est aussi ce qu’exprimait à sa façon Pierre Teilhard de Chardin dans ses lignes, écrites pendant la première guerre : « La douleur, le chrétien la sent comme les autres. Comme les autres, il doit s’efforcer de la diminuer et de l’adoucir, non seulement par des prières suppliantes, mais par les efforts d’une Science industrieuse et sûre d’elle-même. Mais l’heure venue où elle s’impose, il l’utilise. Par une merveilleuse compensation, le mal physique, humblement supporté, consume le mal moral. Suivant des lois psychologiques définissables, il épure l’âme, l’aiguillonne et la détache. Enfin, à la manière d’un sacrement, il opère une mystérieuse union du fidèle au Christ souffrant. »

Voilà bien cette voie belle et exigeante de l’amour que nous ouvre Jésus : « Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera. » Se mettre à la suite du Christ, c’est prendre ce chemin du don de soi, de l’humilité, du témoignage, de la prière, à l’image aussi de grands saints comme St François d’Assise ou St Ignace de Loyola.

Peut-être avons-nous le même réflexe que Pierre : être chrétien, suivre Jésus, écouter ses paroles, essayer d’aimer, très bien… mais risquer les épreuves, l’incompréhension, ou même parfois les moqueries et les persécutions, c’est autre chose. Suivre le Christ en vérité, c’est forcément une voie qui demande une purification et des renoncements, c’est forcément aller parfois à contre-courant, mais comme me l’a dit un jour quelqu’un : « Il n’y a que les poissons morts qui suivent toujours le sens du courant ! »

Alors frères et sœurs, prenons résolument le chemin à la suite du Christ, avec détermination et en ayant toujours au cœur cette promesse qu’il nous a faite : « Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps. »

Amen.

mercredi 27 août 2008

De retour à Laval


Me voilà de retour à Laval.

Après les JMJ en Australie et en Thaïlande, après des vacances dans les Côtes-d'Armor (j'ai pris la photo ci-contre près de l'île de Bréhat), je retrouve mon "chez moi" et la paroisse de "La Trinité - Avesnières - Cordeliers".

Les activités vont reprendre peu à peu... une nouvelle année s'ouvre pour offrir aux hommes et aux femmes de ce monde la Bonne Nouvelle de Jésus Christ !

Deo gratias !

lundi 11 août 2008

Homélie du 10 août - 19e dimanche du temps ordinaire A

Sam. 9 août 2008 – L’huisserie – 18h30
Dim. 10 août 2008 – Cathédrale – 10h30
Dim. 10 août 2008 – Cordeliers – 18h00
19e dimanche du Temps ordinaire A
(Textes : 1R 19,9a.11-13a – Ps 84(85) – Rm 9,1-5 – Mt 14,22-33)

Mot d’accueil :

Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus nous demande d’avancer vers lui, en toute confiance. Malgré le vent et la tempête, malgré le doute et les contradictions, il nous appelle. Mais il ne nous laisse pas avec nos seules forces : il nous tend la main… saurons-nous la prendre ?

Homélie :

Frères et sœurs,

Après avoir multiplié les pains pour nourrir la foule, Jésus renvoie tout le monde : les disciples s’embarquent pour passer sur l’autre rive, et Jésus se charge de renvoyer les foules. Après ce temps fort de partage et de rencontre, chacun reprend sa vie, le cœur changé et avec un nouvel horizon de vie. Et Jésus prend lui-aussi le temps de faire le point : il part, seul, dans la montagne, à l’écart, pour prier et reprendre dans la prière le dialogue avec son Père.

Et quand Jésus décide de rejoindre les disciples, c’est en marchant sur la mer ! À la lecture de ce passage de l’évangile de Matthieu, on a vraiment le sentiment que les disciples et le Christ sont dans deux mondes différents : les disciples sont sur une barque ballottée par les vents et les flots, alors que le Christ s’avance tranquillement en marchant sur la mer. Jésus manifeste là encore son appartenance à une réalité qui est autre que celle que les disciples peuvent expérimenter : son Royaume n’est pas de ce monde. Jésus s’est fait homme, il est venu dans le monde, mais il n’est pas de ce monde.

Et les disciples ne comprennent pas… ils ont peur. Ce qui sauve Pierre, même s’il ne comprend sans doute pas beaucoup plus que les autres, c’est sa confiance inébranlable en son Maître : si Jésus lui dit de marcher sur les eaux, alors il marchera sur les eaux. Et c’est ce qui se passe ! Mais la confiance de Pierre vacille, alors qu’il a déjà expérimenté la puissance de Jésus, et la peur le submerge… et les eaux commencent à en faire autant…

Et Jésus ne l’abandonne pas : quand Pierre appelle à l’aide, Jésus lui tend la main et le retient… tout en lui reprochant doucement : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

Notre vie peut parfois nous faire penser à cette barque ballottée par les flots… Nous avons du mal à trouver notre route, du mal à atteindre les objectifs, les buts que nous nous sommes fixés… Et parfois nous avons peut-être aussi le sentiment que nous avançons sans but dans l’existence. Et je crois que pour dépasser ces difficultés, il ne faut pas en rester au monde présent. Non pas qu’il faille fuir les difficultés du monde en se réfugiant dans je ne sais quelles pratiques de piété. Non, mais si nous nous limitons au monde visible, nous passons à côté de l’essentiel : la vie avec Dieu.

Comme pour les disciples embarqués dans leur bateau, nous pouvons avoir le sentiment que Jésus est hors de notre monde, hors d’atteinte, qu’il est comme un fantôme… mais si nous acceptons de nous ouvrir au monde de Dieu, il peut nous tendre la mains… Dieu en Jésus Christ est venu pour établir une nouvelle alliance avec l’humanité toute entière… c’est à nous de choisir de nous inscrire dans cette alliance.

Déjà, Dieu avait fait alliance avec le peuple juif… c’est ce dont nous parle saint Paul dans l’épître aux Romains. Oui, le peuple juif est le peuple de Dieu, le peuple que Dieu s’est choisi… et c’est du sein de ce peuple que Jésus a pris chair. Et aujourd’hui encore, l’alliance entre Dieu et le peuple juif est toujours la Première Alliance : « Dieu reste fidèle car il ne peut se renier lui-même. » (2Tm 2,13). L’Église a mis du temps à comprendre cela, mais aujourd’hui, elle regarde les Juifs comme des frères, comme des frères aînés : c’est d’eux que nous avons reçu l’Ancien Testament qui nous aide à comprendre qui est le Dieu de Jésus Christ, c’est d’eux que nous tenons beaucoup de nos prières liturgiques…

Oui, Dieu est fidèle, jamais il ne trahi ceux qui mettent en lui leur foi et leur espérance. Que cette certitude habite nos cœurs maintenant et toujours.

Amen.

dimanche 10 août 2008

Un prêtre mayennais... en photo dans "The Australian" !


Dans le numéro du journal "The Australian" du 21 juillet dernier, il y avait tout un dossier sur la venue du Pape... et surprise : en page 2 du dossier, une petite photo avec des prêtres qui attendent d'aller porter la communion... et en plein milieu... moi ! Un vrai coup de chance, car nous étions quelque 5000 prêtres !

Juste devant moi se tient le P. Hervé-Marie Cotten, du diocèse du Mans... le Maine en force à Sydney !!!
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