"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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dimanche 18 mars 2012

Homélie du 18 mars - 4e dimanche de Carême B

Église St Siméon – L’Huisserie – 17/03/2012 – 18h30
4ème dimanche de Carême B

(Textes : 2Ch 36,14-16.19-23 – Ps 136(137) – Eph 2,4-10 – Jn 3,14-21)
N.B. : L'homélie de la messe de dimanche à Nuillé (sacrement des malades) n'est pas en ligne car elle n'a pas été rédigée.

Mot d’accueil :

Le temps du Carême est un temps où nous sommes invités à nous détacher de nos “idoles”, de tout ce qui dans notre vie fait obstacle à notre amour pour Dieu. Parfois, notre idole, c’est nous-mêmes et notre orgueil ! Mais Dieu ne se lasse jamais de nous attendre, Il est miséricordieux et plein d’amour. Alors, ne faisons pas attendre notre Dieu : tournons-nous résolument vers Lui, et rejetons loin derrière nous nos idoles et nos comportements mauvais.

Homélie :

Frères et sœurs,

Saint Paul nous le redit avec insistance dans le passage de l’épître aux Éphésiens que nous venons d’entendre : « C’est bien par grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. » 

Qu’est-ce que cela veut dire ? Eh bien, que l’humanité n’a rien fait pour mériter d’être sauvée ! Au contraire, Dieu a fait le choix de faire alliance avec un peuple en lui proposant la chose suivante : je t’offre un chemin de vie et de paix, si tu restes fidèle à mon alliance. Si tu te détournes de mon alliance, alors tu iras à ta perte, puisque tu prendras un chemin qui t’éloigneras de moi. L’Ancien Testament nous rapporte d’ailleurs à de nombreuses reprises les infidélités du peuple hébreu, en même temps que la grande patience de Dieu. Dans la première lecture, nous avons peut-être été dérangés par l’expression : « la colère de Dieu » ? Cela marque une étape de l’évolution de la théologie d’Israël : à cette époque, on pense que puisque Dieu est le seul Dieu, il est forcément actif derrière tous les événements qui arrivent. Plus tard, on découvrira que tous nos sentiments humains de colère et de vengeance sont totalement étrangers à Dieu, car en Lui il n’y a qu’une seule réalité : l’Amour.

Mais Dieu n’abandonne pas son peuple, et il le sauve par le biais d’un roi païen, le roi Cyrus, roi de Perse (l’Iran d’aujourd’hui) qui renvoie les déportés chez eux pour qu’ils reconstruisent le Temple de Jérusalem.

Ce qu’explique saint Paul, c’est que la venue du Christ dans notre monde, dans notre humanité, elle est le fruit d’une décision de Dieu, une décision toute d’amour et de pardon. L’humanité qui a accueillit le Seigneur n’était pas meilleure qu’une autre. Non, mais Dieu a choisi dans sa grande bonté de venir définitivement libérer l’humanité du péché. Ainsi, par son seul amour, Il nous a envoyé son Fils pour nous ouvrir ce chemin de foi et d’amour.

La mort du Christ sur la croix et sa résurrection sont la cause de la victoire définitive de la vie sur la mort : par le Christ, la mort et le péché sont définitivement vaincus. En Jésus Christ nous sommes recréés, créés à nouveau : c’est une humanité nouvelle qui apparaît, une humanité sauvée !

Alors qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui encore le péché soit présent dans notre monde, et y compris au milieu des chrétiens ? C’est que le salut apporté en Jésus-Christ ne s’impose pas à nous : c’est librement que nous sommes appelés à prendre le chemin du Christ. Si nous n’avons pas le désir d’entrer dans la communion avec Lui, alors nous resterons sur le bord du chemin. Car le Christ est le Chemin, la Vérité et la Vie, telle est notre foi. 

« C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. » : la grâce de Dieu est là, devant nous, à porté de main. Dieu a fait tout ce qu’Il pouvait pour nous sauver ; son amour pour nous et son respect de notre liberté font qu’Il nous laisse faire le dernier pas sur le chemin vers Lui. Ce ne sont pas nos actes, nos prières ou nos sacrifices qui nous donnent la grâce de Dieu ou qui pourraient rapprocher Dieu de nous. Nos actes, nos prières ou nos sacrifices ne nous sauvent pas. Ce qu’ils peuvent faire, c’est orienter notre personne vers l’Amour, vers Dieu.

Alors, nous qui par le Christ sommes devenus des enfants de lumière, sortons des ténèbres, abandonnons ce qui dans nos vies nous tient éloignés du Seigneur. Demandons au Seigneur le pardon de nos fautes, attelons nous au chantier de notre conversion et devenons un peuple de saints en marche vers Dieu.

Amen.

David Journault †

samedi 17 mars 2012

Homélie du 11 mars - 3e dimanche de Carême B

Église St Siméon – L’Huisserie – 10/03/2012 – 18h30
3ème dimanche de Carême B
Messe des Collégiens

(Textes : Ex 20,1-17 – Ps 18 – 1Co 1,22-25 – Jn 2,13-25)

Mot d’accueil :

La première lecture d’aujourd’hui nous fait réentendre les Dix Commandements que Dieu donne à son peuple au Sinaï, pour faire alliance avec Lui. 
Cette Loi, elle est aussi pour nous, et nous l’entendons en ayant en même temps au cœur l’enseignement du Christ. Acceptons de nous laisser bousculés par Jésus et mettons-nous à son école.

Homélie :

Frères et sœurs,

Dans notre chemin de Carême, l’Église nous invite à entendre les “Dix Paroles”  données par Dieu aux Hébreux sur le Sinaï. Ces paroles sont liées à l’événement de la sortie d’Égypte : Dieu vient de libérer son peuple et Il lui donne maintenant une sorte de “code de la route” pour qu’il reste fidèle à son alliance. C’est le nouveau cadre dans lequel Dieu veut poursuivre l’éducation de son peuple afin de le préparer à accueillir la venue du Messie. Et c’est le Christ qui viendra porter cette loi à sa perfection, en révélant à tous qu’au dessus des “Dix Paroles”, il en est une autre : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

De cette révélation de Jésus, les disciples essaieront de s’en faire les témoins. Dans sa première lettre aux Corinthiens, saint Paul pose bien le problème rencontré par ceux qui veulent expliquer leur foi à leurs contemporains : que ce soit avec les Juifs ou les Grecs, la vie, l’enseignement, la mort et la résurrection de Jésus provoquent difficilement à la foi.

Pour les Juifs comme pour les Grecs, le Christ ne correspond pas exactement à ce qu’ils attendaient… Il vient bousculer leurs réflexions et leurs croyances, et Il ne rentre pas tout à fait dans les “cases” prédéfinies !

Alors nous qui parfois avons du mal à expliquer notre foi, il nous faut nous rendre à cette évidence : la foi ne peut se démontrer. Être témoins, c’est provoquer à la foi, c’est avoir une vie qui invite les autres à se poser des questions. Si notre façon de vivre est “appelante”, “interpellante”, alors la foi pourra naître et nous pourrons accompagner ces démarches de foi.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’évangile nous donne à voir une attitude très “interpellante” de Jésus ! Il arrive dans le Temple, peut de temps après le miracle des noces de Cana, et il ne peut supporter ce qu’il voit. Je vais me permettre un rapprochement : vous qui connaissez peut-être Lourdes, vous n’avez pas pu passer à côté de tous les magasins de souvenirs… imaginez que tous ces magasins soient installés à l’intérieur même des sanctuaires, près de la grotte ou des piscines… ! Au Temple, ce doit être ça le problème ! 

Car enfin, la Loi prescrit des sacrifices, il faut donc bien trouver les animaux pour les sacrifices. L’argent romain ou étranger que les pèlerins ont dans les poches est interdit dans le Temple : il faut bien le changer, pour ensuite pouvoir faire son offrande au Temple. Ce qui met Jésus en colère, c’est le mélange des genres : « Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » La destination première du Temple est presque dévoyée et de maison de prière elle est devenue maison de trafic.

Puis Jésus fait le lien entre le Temple et son Corps. Avec Lui, il ne sera plus besoin de Temple : en Lui-même sera célébré sur la Croix une fois pour toutes le sacrifice parfait qui sauvera le monde, sacrifice rendu à nouveau présent dans chacune de nos eucharisties, et qui fait de nous le Corps mystique du Christ. Ainsi, il y a une sorte de glissement : on passe du Temple de Jérusalem, au Corps mort et ressuscité du Christ, pour aboutir au Corps du Christ ici et maintenant qui est l’Église. Nous sommes le Corps du Christ, et alors cette interpellation de Jésus dans le Temple s’adresse aussi à nous : ne faisons pas de nos personnes des maisons de trafic ! Que nos vies, dans toutes leurs dimensions, soient à la hauteur de notre immense dignité : celle de Corps du Christ et de Temple de l’Esprit.

Amen.

David Journault †

Homélie du 26 février - 1er dimanche de Carême B

Église St Siméon – L’Huisserie – 25/02/2012 – 18h30
1er dimanche de Carême B

(Textes : Gn 9,8-15 – Ps 24 – 1P 3,18-22 – Mc 1,12-15)

Mot d’accueil :

« L’homme ne vit pas seulement de pain… mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu… » 
En ce premier dimanche de Carême nous venons nous nourrir à la table de la Parole de Dieu avant de recevoir le Pain eucharistique… prenons les forces que Dieu nous donne pour nous aider, en ce temps de Carême, à nous convertir.

Homélie :

Frères et sœurs,

Dans la deuxième lecture nous avons entendu un passage de la 1ère lettre de saint Pierre… en quelque sorte la première lettre encyclique du premier des papes !

Saint Pierre veut redonner à ses lecteurs le sens profond de ce qu’est le baptême : « être baptisé, […] c’est s’engager envers Dieu avec une conscience droite, et participer ainsi à la résurrection de Jésus Christ qui est monté au ciel »… 

Voilà ce que c’est que le baptême : c’est un engagement envers Dieu. Et le temps du Carême nous replonge dans notre baptême. C’est aussi le temps de la dernière préparation pour les catéchumènes : eux, ils vivent se Carême comme un dernier temps de purification et de conversion avant leur baptême. Nous, nous sommes invités à replonger dans les racines dans notre baptême.

Avec le temps, notre cœur peut parfois être encombré par toute sorte de sentiments, de préoccupations, de pensées, d’addictions, qui viennent comme l’ensevelir dans la poussière. Le Carême, c’est le temps du grand ménage : pour mieux aimer Dieu et mon prochain, je fais le ménage dans mon cœur ! Les outils que me donne le Seigneur pour cela sont au nombre de trois… plus un ! Le partage, la prière et la pénitence sont les trois premiers. Et ils sont à prendre ensemble : si je jeûne de quelque chose, cela va m’aider à mieux prier ou à plus partager. Prenons deux exemples : si je passe trop de temps devant mes écrans (télévision, ordinateur…) et que je décide, comme jeûne de Carême, de réduire ma “consommation” d’écrans, je libère du temps pour la prière et l’attention aux autres ; et si je fais une trop grande consommation de tabac, d’alcool ou de tout autre produit, ou si je suis parfois un peu glouton… en réduisant ou en supprimant ma consommation de tabac, d’alcool, et en me limitant dans ma nourriture à ce qui est nécessaire, je libère de l’argent qui pourra me permettre de partager avec ceux qui sont dans le besoin.

Le quatrième outil que Dieu nous donne, c’est celui du sacrement du pardon : il y a quelques années, notre évêque avait posé une question à l’assemblée de la Cathédrale, le soir du mercredi des cendres, que je vais me permettre de répéter. Il demandait : « Depuis combien de temps ne vous êtes vous pas confessés ? » Et là c’est moi qui rajoute : oui, dans ce chemin de conversion, l’outil le plus efficace, le secours que nous donne le Seigneur, c’est le sacrement de la pénitence et de la réconciliation ! Ne rejetons pas le secours que nous donnent le Seigneur et son Église ! Il y aura une journée du pardon à St Vénérand le 24 mars, chaque semaine, je suis à la disposition de celles et ceux qui voudraient recevoir ce sacrement… alors venez rencontrer le Seigneur ! Et n’attendez pas pour cela la fin du Carême ! Une Église dont les chrétiens ne se confessent plus est une Église malade, car c’est une Église de pécheurs qui refusent de se réconcilier avec Dieu et leurs frères.

À chacun de regarder sa vie en vérité : les pénitences que nous pouvons nous donner, les efforts de Carême, ils ne sont pas là uniquement pour notre sanctification individuelle. C’est toute la communauté des chrétiens qui entre en Carême, c’est toute notre paroisse qui veut se tourner plus résolument vers Dieu et qui veut avoir une vie plus belle et plus sainte… et c’est le témoignage que l’Église rend à son Maître et Seigneur qui devient plus visible !

Ne nous étonnons pas si notre désir de conversion est confronté à des tentations : Jésus lui-même a été tenté, quarante jours, au désert. Alors tournons nos cœurs vers lui, et demandons lui son aide.

Amen.

David Journault †

Homélie du 22 février - Mercredi des Cendres

Église St Siméon – L’Huisserie – 22/02/2012 – 20h30
Mercredi des Cendres B

(Textes : Jl 2,12-18 – Ps 50 – 2Co 5,20-6,2 – Mt 6,1-6.16-18)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,
Rassemblés ce soir en cette église, nous sommes venus à la rencontre du Seigneur pour commencer ensemble notre chemin de Carême, notre chemin de conversion. Se convertir, c’est tourner son cœur vers Dieu, et pour cela il nous faut rejeter tout ce qui nous retient loin du Seigneur.

Homélie :

Frères et sœurs,

Comme les disciples, nous nous rassemblons autour de Jésus, avides d’entendre ce qu’Il a à nous dire, car nous avons foi en Lui, nous savons qu’Il est le Chemin, la Vérité et la Vie.

Dans ce passage de l’Évangile, le Christ nous révèle une fois de plus que marcher à sa suite, c’est vivre quelque chose de très profond, et qui apparaît comme un signe de contradiction vis-à-vis du monde.

Dans la vie spirituelle, nulle place pour le grand spectacle et pour les apparences : ceux qui mettent en scène leur prière, leur charité ou leurs pénitences font fausse route ! Car, même si nous sommes quelque part dans une société du spectacle, il n’est pas ici question de paraître, de “faire comme ci” : nous sommes en relation avec Celui qui sonde les reins et les cœurs, avec Celui qui sait ce qu’il y a en vérité dans l’homme : notre Père du ciel. C’est bien à un retour à une vie “vraie”, à une vie “en vérité” que le Seigneur nous appelle. Car même si Dieu sait tout de nous, Il nous aime, voilà bien ce qui est extraordinaire ! Et il attend de nous que nous entrions dans sa vie : paix, joie, amour, miséricorde.

Le Carême est un temps pour sortir de l’accessoire et pour entrer dans l’essentiel. C’est un temps de désencombrement, de simplification, d’assainissement de nos vies. Ici, nulle place pour la consommation, et la seule croissance qui vaille, c’est la croissance spirituelle.

Finalement, quelle joyeuse pénitence, puisqu’elle a pour objectif de nous faire nous retrouver nous-mêmes. Pendant le Carême, nous sommes invités à laisser de côté tout ce qui encombre nos vies et fait obstacle à la relation à Dieu et au service des autres. Voilà le jeûne et les pénitences qui plaisent à Dieu : nous détourner des futilités pour nous retourner vers l’essentiel. C’est bien à une sorte de régime que nous sommes appelés : évacuer de notre “régime alimentaire” tous ces aliments trop gras, trop lourds, frelatés, à l’arrière goût amer, qui viennent encrasser nos esprits et nos âmes, pour retrouver la saine (et sainte) alimentation dont nous avons vraiment besoin : la Parole de Dieu, la prière et le service des frères.

Le Carême est comme une longue retraite de 40 jours pour nous préparer à célébrer la grande fête de Pâques. Bien sûr, nous ne pouvons pas nous retirer du monde pendant 40 jours, mais nous pouvons peut-être essayer de vivre comme une retraite à domicile, dans nos vies, en supprimant des activités qui prennent du temps, qui sont de l’ordre de la distraction (comme la télévision par exemple, ou internet,…), pour redonner plus de temps à Dieu dans la prière, dans la lecture de sa Parole, ou dans la lecture d’un bon livre de spiritualité. Aussi, le Carême ne peut pas être complet s’il ne comporte pas une dimension de partage fraternel, d’exercice véritable de l’amour du frère, et spécialement du plus fragile.

Dans ce contexte, nous vivrons un temps fort de notre Carême en paroisse le dimanche 18 mars prochain, à Nuillé. Le matin, au cours de la messe de 10h30, nous célébrerons avec ceux qui le demanderont, le sacrement des malades. Puis nous nous retrouverons ensuite autour d’un repas fraternel à la salle des fêtes, pour un après-midi de témoignages, d’échanges et de réflexion autour du thème justement du service du frère, de la “diaconie”. 

Amen.

David Journault †

Homélie du 5 février - 5e dimanche du temps ordinaire B

Église St Siméon – L’Huisserie – 4/02/12 – 18h30
Église St Georges – Montigné – 5/02/12 – 10h30
5ème dimanche du temps ordinaire B

(Textes : Jb 7,1-4.6-7 – Ps 146(147A) – 1Co 9,16-19.22-23 – Mc 1,29-39)

Mot d’accueil :

Dans l’évangile de ce dimanche nous assistons à la guérison de la belle-mère de Pierre par Jésus : une guérison qui relève, qui remet debout, et qui permet de se remettre au service. Oui, le Seigneur nous accompagne pour que nous soyons au service de nos frères.

Homélie :

Frères et sœurs,

Jésus entre dans la maison de Simon-Pierre et d’André… là, la belle-mère de Simon-Pierre est alitée, malade avec de la fièvre. Jésus lui prend la main, la relève… elle est guérit, et elle se met au service de Jésus. Petit passage de la vie du Christ, qui pourrait passer inaperçu au regard de tout ce qu’il a pu dire et faire… mais j’aimerais que nous nous arrêtions ensemble quelques instants pour contempler le visage du Christ qui nous est présenté ici.

D’abord le lieu : la maison de Simon-Pierre et d’André. C’est la maison d’une famille de pêcheurs de Capharnaüm, pêcheurs de pères en fils, sans doute depuis plusieurs générations. Une maison où il y a du monde : c’est la maison de famille où vivent les parents de Simon et d’André, mais au moins en sommes-nous sûrs, la belle-mère de Simon. Probablement une maison toute simple : c’est une maison de pêcheurs, pas de notables. Il n’y a sûrement pas de belles tentures, de beaux meubles, de la belle vaisselle : non, une maison toute simple habitée par des hommes et des femmes simples, qui savent ce que le travail et sa pénibilité veulent dire.

Regardons maintenant les protagonistes de ce passage de l’évangile : Simon et André, les deux frères qui ont abandonné leur métier de pêcheurs et leur avenir tout tracé pour partir sur les routes à la suite d’un rabbi, d’un maître itinérant. Ils sont quitté leur situation sociale sûre et stable pour s’aventurer sur les routes. Je ne suis pas sûr que leur famille ait été ravie de cette décision. En tout cas, au moment où nous sommes, il semble qu’il n’y ait pas de tentions. 

L’autre personnage important, c’est bien sûr la belle-mère de Pierre. C’est sur elle que le Christ pose son regard en entrant dans la maison. Il s’intéresse tout de suite à cette femme qui souffre et qui est alitée. Pour nous aujourd’hui, la fièvre, c’est généralement quelque chose de pas trop grave : on prend de l’aspirine, et on va chez le médecin. Mais n’oublions pas ce que pouvait être une fièvre au temps du Christ : elle pouvait être le signe d’une mort prochaine, si le corps n’arrivait pas à résister à l’infection. Oui, le Christ se penche sur cette femme qui est gravement malade, et il lui apporte la guérison et la vie ; rien de spectaculaire dans cette guérison… il lui prend la main, et la fièvre la quitte. Comme pour les esprits mauvais dont il est question plus loin, la seule présence du Christ, Fils de Dieu, apporte la guérison. Comme le disait St Pierre Chrysologue au Ve siècle : « Vous voyez comme la fièvre quitte celui dont le Christ a pris la main : la maladie ne subsiste pas en présence de l’auteur du salut ; la mort n’a pas d’accès là où est entré celui qui donne la vie. »

Car si St Marc nous rapporte tous ces récits de guérison ou ces récits d’exorcisme, c’est bien parce qu’ils sont des signes : ces actions que fait Jésus, elles sont là pour permettre à ses contemporains de saisir petit à petit, dans la foi, qui il est. S’il fait ces guérisons, ou s’il multiplie les pains, ce n’est pas pour se faire remarquer ! 

Ces signes viennent appuyer son enseignement, ils viennent provoquer, chez ceux qui en sont les témoins, un cheminement, une réflexion. L’expérience de guérison physique qui est vécue provoque la personne à un cheminement qui peut l’amener à une guérison spirituelle et à la conversion.

Qu’est devenue la belle-mère de Pierre ? Nous n’en savons rien. Tout ce que nous savons, c’est qu’en remerciement de cette guérison, elle se met au service de Jésus de la façon qu’elle connaît, avec ce qu’elle est : elle les sert à table. Ainsi le Christ est entré dans la maison, non pas d’abord pour y manger et s’y reposer, mais pour y apporter la vie… le repos et la nourriture viennent après.

Oui, le Christ est venu dans le monde pour nous apporter la vie, et il nous a montré la voie : nous dépenser pour les autres, donner de notre personne pour témoigner, aider et prier. Comme la belle-mère de Pierre, prenons conscience que le Christ nous a sauvés, et mettons-nous résolument à son service.

Amen.

David Journault †

Mes voyages, passés et à venir...