"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

Musique et autres nouveautés...

Vous pouvez aussi retrouver en bas de page les horaires des messes de ma paroisse...

jeudi 24 décembre 2009

Mgr Olivier Schmitthaeusler, évêque coadjuteur de Phnom Penh


Alors que je suis en train de rédiger mes homélies de Noël, j'apprends une nouvelle nomination d'évêque : le P. Olivier Schmitthaeusler, des Missions Etrangères de Paris, est nommé par le Saint Père évêque coadjuteur de Mgr Emile Destombes, Vicaire apostolique de Phnom Penh (Cambodge).
Olivier est né en 1970, prêtre depuis 1998 (incardiné au diocèse de Strasbourg) et maintenant évêque. Cette nomination fait de lui le plus jeune évêque français !
Je l'ai rencontré à son arrivé à Phnom Penh en 1998 alors qu'il débarquait, tout jeune missionnaire. Quel chemin parcouru en 11 années ! Olivier avait été coopérant au Japon, et nous avions fait ensemble un voyage inoubliable avec Hervé (un autre coopérant) au Japon, autour d'Osaka, Kobé et Kyoto.
Au Carême dernier, la paroisse "La Trinité - Avesnières - Cordeliers" avait récolté des dons pour soutenir son action au Cambodge.
En juin dernier, je mettais en ligne sur ce blog trois vidéos des Missions Etrangères de Paris sur le Cambodge, dont une sur le P. Olivier. Vous pouvez les retrouver ici.
Mes prières accompagnent Olivier dans sa nouvelle mission, au service de Dieu, de l'Eglise et du peuple du Cambodge.

mercredi 23 décembre 2009

Burqua, minarets... drôle de débat, non ?

Burqua, minarets,... nos politiques ont une bien étrange façon de célébrer Noël !

Je sais que je n'ai pas l'habitude de m'aventurer sur le terrain de la réflexion politique, mais en ce moment j'ai du mal à comprendre où nos politiques veulent aller... Et j'ai malheureusement l'impression qu'on utilise la réflexion sur ces questions importantes pour de basses questions politiciennes.

J'ai aussi eu l'occasion de discuter assez longuement avec une élève musulmane (non voilée) du lycée catholique dont je suis le prêtre référent, et j'ai senti chez elle une inquiétude sincère : peut-on encore être musulman en France ?

Ne comptez pas sur moi pour vous dire ce que vous devez penser, mais je voudrais seulement vous faire par de ma modeste réflexion, là où elle en est... Et vous inviter à y réfléchir sérieusement.



Sur les minarets, à partir du moment où les constructions respectent les lois existantes sur l'urbanisme, je ne vois pas où est le problème : s'il y a dans une ville un nombre significatif de musulmans, il me semble essentiel qu'ils aient un lieu de prière digne et beau. Comment vouloir un islam de France apaisé si nous leur imposons des conditions d'exercice de la liberté religieuse qui soient indignes ? Et puis, il me semble qu'il peut y avoir trois degrés : une mosquée, une mosquée avec minaret, une mosquée avec minaret et appel à la prière. J'ai l'impression que tout dépend du nombre de musulmans dans un quartier. En tant que catholique, comment est-ce que je pourrais souhaiter que les catholiques dans le monde puissent construire des églises (avec clocher et cloches), y compris dans les pays où ils sont minoritaires (comme au Cambodge, au Vietnam,...), et dans le même temps refuser que des fidèles d'une autre religion ne bénéficient pas du même droit en France ?
Une question qui n'est pas réglée, c'est d'ailleurs celle de la réciprocité : d'après ce que j'ai vu dans La Croix, la plus grande mosquée d'Europe serait la mosquée de Rome, et j'y vois un beau signe. Par contre, la construction d'une église et même la simple pratique religieuse non musulmane est toujours interdite en Arabie Saoudite. J'aimerai tellement que les Musulmans d'Arabie Saoudite posent ce beau geste d'autoriser la construction d'une église et de mettre en place la liberté religieuse dans leur pays.


Sur la burqa, ou le voile intégral, la question est autrement plus complexe. Voilà quelques éléments de ma réflexion :
  • Sans doute que le port du voile intégral est pour nous, occidentaux, assez choquant, car nous n'en avons pas l'habitude. De plus, la rencontre avec l'autre passe de façon déterminante par le contact avec le visage (cf. la pensée d'Emmanuel Levinas sur le visage). Masquer son visage au regard de l'autre est perçu spontanément, en France, comme un acte de méfiance et de rejet de l'autre : je me cache car je ne veux pas qu'il me regarde, je ne veux pas qu'un homme puisse poser sur moi un regard incorrect, un regard impur, un regard de désir. Ceci dans le cas où la femme porte librement ce voile. Si on l'oblige à le faire, c'est inacceptable et c'est une atteinte injustifiable à sa liberté. La question fondamentale me semble être là : comment s'assurer que les femmes qui portent ce type de voile le font librement et sans contrainte.
  • L'été dernier, j'ai fait plusieurs fois escale à Doha, au Qatar, et dans l'aéroport j'ai pu découvrir toute sorte de voiles, du simple foulard au voile intégral, en passant par le voile qui masque le bas du visage, en tissu ou même en cuir ! C'est vrai que cela m'a fait un peu bizarre... Mais je me pose une question : si nous faisons une loi sur ce voile intégral, qu'est-ce qu'on fera des touristes qui arriveront en France avec le voile intégral ? Est-ce que les service de l'immigration seront chargés de leur faire quitter leur voile, ou bien seront-elles refoulées à la frontière ?
  • Aujourd'hui, la loi prévoit déjà que toute personne puisse justifier de son identité à tout moment : ainsi, une personne qui porte un voile intégral, ou tout autre dispositif vestimentaire qui masque son visage, est déjà obligée par la loi de découvrir son visage en cas de contrôle de police.
  • Si une femme est obligée par son époux ou par un autre homme de sa famille à porter un voile intégral, ou même un autre type de voile, il y a atteinte à sa liberté individuelle, ce qui est inadmissible. Est-ce qu'interdire le voile intégral règlera le problème ? J'en doute. Ces femmes resteront sous la domination d'un homme. Il faudrait donc, logiquement, protéger ces femmes, comme les femmes battues, à la limite. Ce que je veux dire, c'est que si on considère que le voile intégral est une violence faite aux femmes, en interdire le port sur la voie publique ne changera rien : ces femmes seront toujours soumises à une violence, et cela ne fera que leur compliquer la vie. La solution du problème est sans doute ailleurs.
  • Si une femme veut, librement, masquer une partie de son corps au regard des autres, sur quel fondement légal pourrait-on lui interdire ? Si l'État commence à légiférer en matière vestimentaire, jusqu'où va-t-on aller ? On a commencé par interdire les signes religieux ostentatoires dans les collèges et les lycées publics, ainsi qu'à tout le personnel de l'administration, maintenant on veut légiférer sur le port du voile intégral sur la voie publique... jusqu'où va-t-on aller ?  Va-t-on bientôt interdire les signes religieux ostentatoires sur la voie publique ? J'aime me rappeler que si la République française est laïque, c'est pour permettre à tous ses citoyens d'avoir la liberté d'avoir une religion ou de ne pas en avoir, et d'avoir la liberté de la pratiquer, y compris dans ses manifestations publiques. Si l'État n'a pas de religion, c'est pour permettre à chacun de choisir d'en avoir une ou de ne pas en avoir. La liberté religieuse, composante essentielle des droits de l'homme, elle n'est pas une simple liberté de conviction, mais elle est également une liberté de culte et une liberté de manifester publiquement son appartenance religieuse.
Voilà ce que je peux dire ce matin sur ce sujet. Je n'ai pas de décision arrêtée, juste des questions et des réflexions. Ce qui est sûr, c'est que s'il y a un projet de loi qui est présenté à l'Assemblée Nationale et au Sénat, il nous faudra y être particulièrement attentifs.

Bonne journée.

P. David Journault

lundi 21 décembre 2009

"Joie de croire Joie de vivre" de François Varillon

Encore un petit conseil de lecture. Le 22 octobre dernier je publiais sur ce blog un billet reproduisant une partie de ce livre.
Il ne s'agit pas d'une nouveauté, mais je trouve cet ouvrage essentiel et facile d'accès pour revisiter le cœur de la foi chrétienne. Je l'ai lu pour la première fois en première année de séminaire, et depuis je le reprends régulièrement. Peut-être que tout chrétien devrait lire ce livre, surtout celles et ceux qui sont amenés à faire la catéchèse ou à accompagner des jeunes.
La première édition date de 1981 (c'est celle que j'ai, achetée d'occasion), mais il est régulièrement réédité, (l'image ci-contre reproduit la couverture d'une des dernières rééditions) car il reste encore et toujours d'actualité. Il s'agit de la mise en forme dans un livre d'un certain nombre de conférence que le P. Varillon a prononcé au cours de sa carrière. D'ailleurs, dans ses conférences, le P. Varillon s'inspire régulièrement des livres d'un théologien aujourd'hui bien connu du grand public : le P. Joseph Ratzinger !

Présentation du P. François Varillon par René Rémond :
Le Père Varillon est de ceux qui ont le mieux exprimé ce que l'Évangile peut apporter de vie et de dynamisme aux femmes et aux hommes d'aujourd'hui. Pendant les dix dernières années de sa vie, il a donné, en de nombreuses villes de France, de remarquables cycles de conférences, afin d'approfondir et renouveler la foi au coeur des débats qui font la culture présente. Persuadé "qu'il est indispensable pour un chrétien d'être intelligent", il n'a pas ménagé ses efforts pour élargir la vision chrétienne, en montrer la cohérence et l'actualité. Avec la même chaleureuse humanité, il s'est adapté à chaque auditoire, qu'il s'agisse des ouvriers de Belleville ou des bourgeois genevois.
Ce "maître spirituel", traditionnel et audacieux, possède mieux que quiconque l'art de dépoussiérer le christianisme, de lui redonner vigueur et authenticité essentielle, de l'expliquer dans ce qui lui est vital : indissociablement comme le don de Dieu qui aime et l'accomplissement le plus authentique de l'homme.
En toute circonstance, il déployait une pédagogie merveilleusement efficace parce que disponible à l'écoute des autres. Il a créé un genre nouveau qui associait la réflexion, la référence étroite à l'Écriture, l'énoncé des réalités essentielles, le dialogue avec la pennée contemporaine. Ses conférences dévoraient son temps car il les renouvelait d'une année à l'autre. J'ai rarement vu quelqu'un qui ait à ce point le souci d'enrichir sa réflexion et qui incorpore dans son enseignement, année après année, le dernier état de ses lectures et de ses réflexions.
Présentation de l'ouvrage :
Disparu le 17 juillet 1978, François Varillon a laissé un lot de manuscrits qui jalonnent le travail du conférencier en même temps que son propre itinéraire de recherche et de découverte. Bernard Housset, un prêtre de Pau, qui a eu maintes occasions de rencontrer le Père Varillon, a recueilli ses textes ainsi que les nombreuses notes polycopiées diffusées par les auditeurs. Au terme d'un travail passionné et persévérant, il a recomposé les principales conférences pour en faire un livre dense et clair.
On retrouve dans cet ouvrage la parole prenante et fraternelle du Père Varillon, son don d'"explicateur" et d'éveilleur, son cheminement avec l'auditeur. Et cet ensemble constitue un grand livre, une initiation à l'essentiel de la foi chrétienne.
Informations :
Editeur : Bayard
ISBN : 978-2-227-31033-9 (édition de 1996)

samedi 12 décembre 2009

Frère Aloïs, de Taizé : Lettre de Chine


Aujourd'hui le site internet de Taizé met en ligne la nouvelle lettre de frère Aloïs.
Poursuivant la tradition initiée par frère Roger, frère Aloïs publie chaque année à la même période une lettre depuis un lieu de pauvreté.

Cette lettre va guider la réflexion de tous les jeunes qui viendront à Taizé en 2010, ainsi que de ceux qui participeront aux différentes rencontres internationales, à commencer par la rencontre de Poznan (Pologne), qui se tiendra du 29 décembre 2009 au 2 janvier 2010, et la rencontre de Manille (Philippines), qui se tiendra du 3 au 7 février 2010.

Vous pouvez télécharger cette "Lettre de Chine" au format PDF en cliquant ICI.

Bonne lecture.

Un dessin de Deligne


vendredi 11 décembre 2009

"Le rêve de Jérusalem" de Carlo Maria Martini

Je suis en train de terminer la lecture de ce livre d'entretiens entre Georg Sporschill et le Cardinal Carlo Maria Martini, tous les deux Jésuites. Voilà la présentation de la quatrième de couverture :

"Après avoir été archevêque de Milan de 1979 à 2002, le cardinal Carlo Maria Martini a choisi de vivre à Jérusalem, au cœur de cette Terre sainte qui a vu vivre Jésus. C'est là qu'il a rencontré Georg Sporschill, jésuite et aumônier de jeunes, pour lui confier ce qui lui tient le plus à cœur, ses convictions sur l'avenir de l'Église et de la foi. 
Car, dans nos sociétés en crise, marquées à la fois par l'abondance et la pauvreté, que peut signifier aujourd'hui le christianisme ? Quel avenir pour les jeunes ? Peut-on trouver des signes d'espérance et des raisons de vivre ? Que dirait Jésus face à notre monde ? Comment parler de morale, de justice ou de paix ? L'Église peut-elle changer pour mieux annoncer l'Évangile ? 
Plaidoyer pour une Église ouverte, ce livre résonne comme le véritable testament spirituel d'un homme qui a profondément marqué le catholicisme de ces dernières décennies."

J'ai toujours apprécié la vision du monde et de l'Église qu'a le Cardinal Martini. Maintenant retiré de la vie active, après avoir été à la tête du plus grand diocèse du monde pendant 23 ans, ce sont les réflexions d'un sage que nous donne de découvrir ce livre. La lecture de ce livre d'entretiens est très accessible, et je la conseille à tous, chrétiens ou non.


Informations :
Éditeur : Desclée de Brouwer (5 février 2009)
ISBN : 978-2-220-06051-4

mardi 17 novembre 2009

Euthanasie ? Faut pas pousser...




Débat le 19 novembre : plus que quelques jours pour signer et faire signer.

Il est urgent de tous se mobiliser contre la proposition de loi sur l’euthanasie déposée par 120 députés socialistes à l’Assemblée nationale qui sera discutée le 19 novembre prochain.

Nous apprenons que le groupe UMP, tout en étant opposé à la loi, donne la liberté de vote à ses membres. Nous avons déjà alerté l’ensemble des députés. Mais il faut réunir le plus de signatures possible pour peser au maximum dans ce débat.

Manifestons une forte opposition contre toute tentative de légalisation de l’euthanasie.

Signez l’appel contre l’euthanasie et pour la charte des droits des personnes en fin de vie

Cette pétition sera adressée dès le 17 novembre à tous les partis politiques et responsables des groupes parlementaires.

Mobilisez autour de vous : découvrez les 10 clés du débat.

Merci de faire largement tourner notre Appel autour de vous.


POUR TÉLÉCHARGER LE DÉPLIANT DES 10 POINTS CLÉS DU DÉBAT : CLIQUER ICI 


 

jeudi 29 octobre 2009

Une prière pour les curés et les prêtres

Voilà une prière qui m'a été donnée lors de notre dernière session de formation des jeunes prêtres de la Province de Rennes. Dans son vocabulaire, elle date peut-être un peu, mais je la trouve intéressante. Au passage, j'en profite pour rappeler que "curé" et "prêtre" ne sont pas équivalent : tous les curés sont prêtres, mais tous les prêtres ne sont pas curés. Un curé est un prêtre qui est responsable d'une paroisse.

Je vous livre cette prière... à vous d'en faire bon usage !

PRIÈRE POUR LES PRÊTRES

Tout d’abord, Seigneur, nous te remercions de ce que des hommes aient accepté de devenir nos curés et nos vicaires.
Merci, Seigneur, pour les défauts de nos curés. Des gens parfaits supportent mal la faiblesse.
Des gens toujours en bonne santé méprisent les petites natures.

Et maintenant; Seigneur, nous te prions pour le ministère de nos curés.
Fais que, s’ils réussissent, ils ne triomphent pas, et que, s’ils échouent, ils ne se découragent pas.
Ton règne n’est ni dans le succès ni dans l’échec, il est dans l’amour.
Garde nos curés dans l’amour.

Nos curés sont des phénomènes.
Ils doivent être des pédagogues pour les enfants,
des spécialistes des questions du foyer pour les jeunes ménages,
des spécialistes psychologues pour la jeunesse.
Ils doivent, aux réunions d’hommes, traiter du problème de l’Eglise en professeurs ;
aux réunions de dames, ils doivent discuter du dernier roman à la mode,
sous peine de passer pour de gros lourds ;
et avec les ouvriers, traiter du conflit « capital-travail » dans ses moindres détails.
Avec les non-catholiques, ils doivent être théologiens à la fois fermes et larges, et des historiens avisés. Avec la J.O.C..... Mais je n’en finirais pas !

J’oubliais qu’ils doivent répondre dans la rue à tous les saluts,
sans avoir cependant des yeux à facettes comme tout insecte qui se respecte.
J’oubliais que, s’ils nous reçoivent, ils doivent être souriants, même s’ils sont à moitié morts de fatigue.
J’oubliais aussi qu’ils doivent être, chaque dimanche, orateurs, chanteurs et parfois organistes, et qu’en semaine, il leur faut être électriciens, menuisiers, peintres, serruriers...

Seigneur, fais que ces « spécialistes universels », nous les jugions avec l’indulgence que requiert ce programme incohérent et inhumain.
Fais que nous comprenions que si, sur quatorze spécialités, notre prêtre en réussit la moitié ou le quart, nous en soyons satisfaits.

Seigneur, je veux aussi te demander la charité envers nos prêtres, en pensées et surtout en paroles.
Si mon curé fait des réunions féminines,
fais que je n’aille pas dire que la paroisse est gouvernée par le sexe qui passe pour faible.
Si mon curé réussit auprès des enfants, que je ne conclue pas qu’il a une religion de gosse.
Si mon curé est gros, que je ne pense pas qu’il ne se prive de rien ;
et s’il est maigre, qu’il se conduit mal, qu’il est rongé de remords ou se bat avec ses vicaires.

Donne-moi, Seigneur, de lui pardonner ses impatiences ou ses erreurs.
Que je comprenne bien que je n’ai qu’un curé à supporter, et que lui a tous ses paroissiens sur le dos.
Donne-moi enfin, Seigneur, de lui fournir de temps en temps, par ma délicatesse,
la consolation de sentir qu’il n’est pas entouré que de consommation, d’indifférence ou d’hostilité.
Enfin, Seigneur, donne-moi la persévérance dans ma prière pour les prêtres.
Ce sera, sans doute, le meilleur de tout.

Amen.

jeudi 22 octobre 2009

Bulletin paroissial n°34 - Toussaint 2009

Le nouveau numéro du bulletin paroissial de la paroisse "La Trinité - Avesnières - Cordeliers" est maintenant disponible. Tiré à 7500 exemplaires, il est distribué par des bénévoles de la paroisse dans toutes les boites aux lettres du territoire paroissial.
Vous pouvez le télécharger au format PDF en cliquant ICI.
Bonne lecture !

A propos de la mort et de la résurrection...

Bonjour,
Je suis en train de relire le magnifique livre du Père François Varillon intitulé "Joie de croire, joie de vivre". Il se trouve que cette lecture entre en dialogue avec des discussions que j'ai pu avoir avec les uns ou les autres. Je me permets donc de reproduire ici quelques pages du P. Varillon que je trouve éclairantes... Bonne lecture.


Le Christ est ressuscité des morts et monté aux cieux

François Varillon, Joie de Croire, Joie de Vivre, Le Centurion, Paris, 1981, pp. 94-99.

La résurrection


Nous allons étudier le sens, la signification du Mystère. Une phrase suffit, je pense, à dire l’essentiel : « L’amour est plus fort que la mort, à condition qu’il soit d’abord plus fort que la vie. » L’amour plus fort que la vie, c’est le sacrifice et c’est la mort ; l’amour plus fort que la mort, c’est la résurrection. En d’autres termes, le sacrifice, qui est une mort partielle, et la mort qui est le sacrifice total transforment la vie selon la chair et le sang en vie selon l’esprit. Le mystère pascal – mort et résurrection ensemble – est un mystère de transformation, la transformation de l’homme charnel en homme spirituel et même proprement divin par participation.

L’amour est un désir d’immortalité

Pour comprendre cela, il faut, comme toujours, partir de l’expérience et réfléchir sur l’expérience éclairée par la foi. C’est bien l’expérience que nous avons de l’amour qui nous persuade qu’il y a dans l’homme un incoercible désir d’immortalité.
Je ne sais pas si l’immortalité de l’âme peut être établie par un argument philosophique. On peut en douter. Naguère les philosophes chrétiens, disons plutôt les chrétiens professeurs de philosophie (au moins dans l’enseignement secondaire) n’en doutaient pas. Ils enseignaient ceci : ce qui est spirituel est incorruptible ; or l’âme est spirituelle ; donc l’âme est incorruptible, c’est-à-dire immortelle. C’était tout simple. Aujourd’hui nous allons moins vite en besogne, et nous récusons la trop commode dualité de l’âme et du corps. Nous pensons que Gabriel Marcel a raison de nous mettre en garde contre la formule : « J’ai un corps » à laquelle il faut préférer, dit-il, la formule : « Je suis mon corps. » Ce qui veut dire que le corps et l’âme ne sont pas deux réalités dissociables  : l’âme n’est rien sans le corps. C’est pourquoi l’athéisme nie toute immortalité.
Mais le même Gabriel Marcel, qui est chrétien et qui a écrit des pages admirables sur l’espérance, pose autrement la question de l’immortalité. Comme le faisait déjà saint Augustin dans ses Confessions, il affirme l’immortalité à partir de l’expérience de la mort d’un être aimé. Il faut bien accepter, dit-il, la mort de l’être qui nous est cher, époux ou épouse, enfant ou frère ou ami, mais en son fond cette mort est inacceptable.
Il précise : non pas inacceptable par revendication du cœur, non pas à cause de la souffrance, mais par protestation de l’esprit. Le cœur souffre, mais il dit oui. Ou s’il dit non, c’est qu’il se révolte ; mais il se révolte en vain. Tandis que l’esprit ne peut pas ne pas dire non. Pourquoi? Parce que dire à quelqu’un : « Je t’aime », c’est équivalemment lui dire : « Tu ne mourras pas. » Dans le « Je t’aime » authentique (et certes il faut souligner « authentique », car nous savons assez que « je t’aime » est bien souvent prononcé à la légère, au niveau des fibres les plus superficielles de l’être), est inscrit d’une écriture énigmatique un « Tu ne mourras pas » qui résiste mystérieusement au désespoir de la perte et à l’évidence sensible de la mort.
Comme le dit Étienne Borne, Gabriel Marcel donne ses lettres de noblesse philosophique au fameux « Salut en l’immortalité » que Baudelaire, dans Les Fleurs du mal, adresse « à la très chère, à la très belle ». On connaît l’admirable poème intitulé Hymne :

A la très chère, à la très belle,
Qui remplit mon cœur de clarté,
A l’ange, à l’idole immortelle,
Salut en l’immortalité!

Elle se répand dans ma vie
Comme un air imprégné de sel,
Et dans mon âme inassouvie
Verse le goût de l’éternel.

Comment, amour incorruptible,
T’exprimer avec vérité ?
Grain de musc qui gis, invisible,
Au fond de mon éternité!

A la très bonne, à la très belle,
Qui fait ma joie et ma santé,
A l’ange, à l’idole immortelle,
Salut en l’immortalité!

Les jeunes gens, qui aiment Baudelaire et qui souvent sont amoureux très tôt, devraient bien recueillir la leçon que leur donne le poète, leçon d’authenticité dans l’amour : l’amour authentique est incorruptible, indestructible ; il exige de l’être ; il est comme un appel d’infini (au sens où l’on parle d’un appel d’air). Mais si l’amour exige l’infini, il ne peut le donner. Il dit à l’être aimé : « Tu ne mourras pas », mais l’être aimé meurt. Il prétend à l’éternité (comme dit Baudelaire, il verse en nous le goût de l’éternel), mais, en réalité, il fait partie du monde de la mort, il est enfermé comme nous dans le cercle de la mortalité, avec sa solitude et sa puissance de destruction[1]. Le paradoxe est violent.

Survivre par soi ou en un autre?

C’est à partir de ce paradoxe que nous vivons tous plus ou moins, que nous pouvons comprendre ce que signifie le mystère chrétien de la résurrection. C’est le triomphe de l’amour sur la mort : c’est l’amour plus fort que la mort. Mais comment l’amour peut-il être plus fort que la mort ? Qu’est-ce qui peut me rendre immortel ? Car enfin il est certain que je tomberai en poussière ; rien ne peut faire que je ne sois voué à la mort. Je ne peux survivre qu’en un autre, un autre qui subsiste encore quand moi je ne subsiste plus.
Il faut bien comprendre pourquoi la Bible lie étroitement le péché et la mort, pourquoi saint Paul par exemple affirme que « la mort est le salaire du péché ». Le péché, en son essence, est une affirmation d’autarcie ; le pécheur est celui qui veut être « comme Dieu », c’est-à-dire subsister éternellement en lui-même et par lui-même. Or l’homme ne peut pas subsister en soi et par soi : vouloir cela, aspirer à cela, c’est en réalité se livrer à la mort.
Mais comment subsister en un autre, ou en d’autres ? Il y a plusieurs voies possibles. L’homme les a toutes essayées. Il y en a surtout deux.
D’abord on veut survivre en ses enfants, se prolonger, comme on dit, dans ses enfants et petits-enfants. C’est bien pourquoi les peuples primitifs ont toujours considéré le célibat et la stérilité comme une malédiction : n’avoir pas d’enfant, c’est l’impossibilité de survivre ; et avoir beaucoup d’enfants, c’est avoir plus de chance de survivre, c’est une bénédiction.
Ensuite on cherche à survivre dans la mémoire des hommes, on aspire à la gloire. Et l’on dit bien, en effet, quand on entend Mozart ou quand on contemple Rembrandt, qu’ils sont toujours vivants parmi nous. Manière de parler, certes ! Nul ne s’y trompe : ni Rembrandt ni Mozart ne sont eux-mêmes vivants ; et moi, qui les écoute ou les contemple, je ne les écouterai ni ne les contemplerai toujours ; je les rejoindrai dans une des innombrables nécropoles qui couvrent la terre.
Au vrai, je ne puis survivre en un autre que s’il existe un Autre qui soit lui-même éternel, et qui m’aime assez pour m’accueillir en Lui. On ne peut être immortel qu’en Dieu, si Dieu est Amour. Seul un Dieu qui m’aime a la puissance, non pas de m’empêcher de mourir, mais de me ressusciter. Seul l’amour est plus fort que la mort.
Encore faut-il qu’en moi l’amour ait été plus fort que la vie. Le mot est dans l’Évangile sous la forme suivante : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13). C’est la définition même de la liberté. Être libre, c’est n’être pas esclave (c’est une vérité de La Palice !). Mais de quoi l’homme fait de chair et de sang est-il le plus esclave, sinon d’un vouloir-vivre selon la chair et le sang ? Nous savons bien qu’être lâche, c’est toujours, d’une manière ou d’une autre, dans les petites comme dans les grandes circonstances, avoir le souci prédominant de préserver son bien-être, sa fortune, ses privilèges, sa position en ce monde, sa santé, en un mot ce qu’on appelle la vie. On est esclave quand on se cramponne à ce qu’on est et à ce qu’on a.

En Jésus seul, l’amour est plus fort que la vie

Platon disait : « Seul est digne d’exister celui qui est digne d’être aimé. » Ce que Platon ne savait pas, et que nous, chrétiens, nous croyons de toute notre âme, c’est que seul est digne d’être aimé celui qui aime. Donc seul est digne d’exister celui qui aime. Car celui-là seul est libre, celui-là seul est un homme.
Mais, dans l’histoire de l’humanité, un seul fut absolument libre parce qu’un seul a parfaitement aimé. Un seul est homme en plénitude. Nous, nous nous efforçons d’aimer ; nous construisons péniblement, à longueur de jours et d’années, notre liberté ; nous demeurons esclaves de beaucoup de choses et en bien des manières ; nous nous accrochons à notre avoir et à tout ce que nous savons bien qui doit mourir ; nous collons à la vie en forme d’esclavage et donc de mortalité. Nous sommes attachés plus que détachés. En nous la vie, la vie présente, la vie biologique, la vie mortelle est plus forte que l’amour.
En Jésus seul (je laisse de côté le cas de Marie sa mère), l’amour a été plus fort que la vie. Sa mort est la mort d’un homme absolument libre, absolument détaché de soi et de tout, totalement aimant. Comment Dieu ne l’accueillerait-il pas en Lui, afin qu’il vive éternellement en Lui ? Le Christ n’a vécu que par le Père et pour le Père, donc en un Autre plus qu’en soi. C’est cela, l’amour : vivre en un autre. Mais vivre en un autre, c’est bien mourir à soi. Dire que Jésus est ressuscité, ou que le Père a ressuscité Jésus, c’est donc dire que, pour cet homme pleinement homme en qui l’amour a été plus fort que la vie, l’amour est pour toujours plus fort que la mort. Il est ressuscité, il est Vivant.
Nous sommes donc en mesure de comprendre cette proposition qui tout à l’heure nous a peut-être semblé quelque peu sibylline : l’amour est plus fort que la mort, à condition qu’il soit d’abord plus fort que la vie.

Le Christ ressuscité fonde notre immortalité

Pour nous qui sommes pécheurs, qui aimons peu et mal parce que nous tenons très fort à la chair et au sang, pour nous qui ne préférons les autres à nous-mêmes que très partiellement, et en nous faisant beaucoup d’illusions, il est clair que, si nous étions laissés à nous-mêmes, nous ne pourrions pas ressusciter. Et finalement l’existence humaine serait absurde, car le « Tu ne mourras pas » que nous disons implicitement à ceux que nous aimons serait un vœu à jamais inexaucé. Mais le Christ ressuscité nous dit, Lui : « Tu ne mourras pas. » Il nous le dit, puisqu’il nous dit : « Je t’aime. »
Pourvu que nous ne soyons pas totalement enfermés dans notre égoïsme – ce qui est éventuellement le cas des damnés –, il y a en nous, enfoui peut-être au plus profond de notre être, et caché à tous les yeux sauf aux siens, quelque chose qui est digne d’être aimé, donc d’exister éternellement. C’est ce point mystérieux de nous-mêmes, dont nous pouvons espérer qu’il existait en Judas, en Hitler, en Staline, que le Christ rejoint dans sa Toute-Puissance de pardon. Pardonner, ce n’est pas passer l’éponge. Pardonner, c’est recréer, refaire, ressusciter. En nous pardonnant le Christ nous ressuscite, nous rend, en dépit de notre monstrueuse médiocrité, capables de vie divine éternelle. Il faut s’efforcer d’entendre, dans le recueillement priant, dans le silence attentif de la foi, le Christ qui nous dit : « Tu ne mourras pas. » C’est lui, et lui seul, qui fonde notre immortalité.
La vie ressuscitée est une vie transformée, ou, si l’on préfère, transfigurée. « La figure de ce monde passe », dit saint Paul (1 Co 7,31). La figure seulement. « Il est surprenant, écrivait le Père Teilhard de Chardin, que si peu d’esprits parviennent... à saisir la notion de transformation. Tantôt la chose transformée leur paraît être la chose ancienne inchangée, tantôt ils n’y perçoivent que de l’entièrement nouveau. »
Au ciel, nous demeurerons nous-mêmes ; c’est bien moi, et non un autre que moi, qui verrai Dieu dans sa gloire et qui vivrai de sa vie, aimant comme Il aime. Nous ne serons pas absorbés, annihilés, mais portés à un état tout autre, refondus, métamorphosés, transfigurés. Je ne serai pas un autre, je serai bien moi, mais devenu tout autre. « Notre corps, dit le Père de Lubac, n’est pas destiné, par l’effet de la résurrection qui nous est promise, à un recommencement sans fin de son existence terrestre et charnelle, plus ou moins sublimée seulement par des propriétés miraculeuses ; notre corps est promis, non à une quelconque réanimation, mais à une totale métamorphose, qui doit faire de lui, comme dit saint Paul, un « corps spirituel ». Or ce qui est vrai de notre corps individuel n’est pas moins vrai de ce vaste corps collectif que l’humanité se construit à travers les générations. Sa forme actuelle (sa« figure» actuelle) est provisoire... L’Univers est promis, lui aussi, dans l’Esprit Saint, à la grande Métamorphose» (le Père Teilhard écrivait « Métamorphose » avec une majuscule, tant le mot avait pour lui d’importance).


[1] J. Ratzinger, Foi chrétienne hier et aujourd’hui, p. 213-216.

dimanche 18 octobre 2009

18 octobre... pas d'homélie !

Bonjour,
Pas d'homélie pour ce dimanche 18 octobre, puisque je suis absent de ma paroisse : ma nièce, qui est aussi ma filleule, reçoit aujourd'hui le sacrement de la Confirmation.

dimanche 11 octobre 2009

Canonisations de Jeanne Jugan et Damien de Veuster

Aujourd'hui à Rome le Pape Benoît XVI présidera la célébration de la canonisation de cinq nouveaux saints :
  • Zygmunt Szczesny Felinski (1822-1895), Polonais, évêque, fondateur de la Congrégation des Sœurs franciscaines de la famille de Marie.
  • Francisco Coll y Guitart (1812-1875), Espagnol, prêtre de l'ordre des Frères Prêcheurs (dominicains), fondateur de la Congrégation des Sœurs dominicaines de l'Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie.
  • Jozef Damiann de Veuster (1840-1889), dit "Père Damien", Belge, prêtre de la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie et de l'Adoration Perpétuelle du Saint-Sacrement (Picpus)
  • Rafael Arnaiz Baron (1911-1983), religieux de l'Ordre Cistercien de la Stricte Observance
  • Marie de la Croix (Jeanne) Jugan (1792-1879), vierge, fondatrice de la Congrégation des Petites Soeurs des Pauvres
Je vous propose ci-dessous les biographies du Père Damien et de Jeanne Jugan. Pourquoi eux ? Parce que le Père Damien faisait partie de la même famille religieuse que les sœurs qui fondèrent à Laval l'établissement scolaire qui est maintenant le Lycée Haute-Follis, sur ma paroisse, et Jeanne Jugan, car ses sœurs ont été présentes pendant 120 ans à Laval, jusqu'en 1971. Ces biographies sont tirées des documents officiels des canonisations.





JOSEPH DE VEUSTER, le futur Père Damien ss.cc., est né à Tremelo, en Belgique, le 3 janvier 1840, dans une famille nombreuse d’agriculteurs-commerçants. Quand son frère aîné entra dans la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, alors que son père le destinait à prendre la tête de l’exploitation familiale, il décide pourtant lui aussi d’entrer en religion et commence, début 1859, son noviciat à Louvain dans le couvent de son frère. Il y prend le nom de Damien.

En1863, son frère, qui devait partir pour la mission des îles Hawaï, tombe malade. Les préparatifs du voyage ayant déjà été faits, Damien obtient du Supérieur général la permission de prendre la place de son frère. Il débarque à Honolulu le 19 mars 1864 où il est ordonné prêtre le 21 mai suivant. Corps et âme, il se jette sans tarder dans la rude vie de «missionnaire de campagne» à Hawaï, la plus grande des îles de l’archipel.

En ce temps-là, pour freiner la propagation de la lèpre, le gouvernement avait décidé la déportation à Molokaï, une île voisine, de tous ceux et celles qui étaient atteints de ce mal alors incurable. Leur sort préoccupe toute la mission. L’évêque, Mgr Louis Maigret ss.cc., en parle à ses prêtres. Il ne veut y envoyer personne au nom de l’obéissance, sachant qu’un tel ordre signifierait une mort certaine. Quatre confrères se présentent : ils iront à tour de rôle visiter et assister les malheureux lépreux dans leur détresse. Damien est le premier à partir ; c’est le 10 mai 1873. A sa demande et selon le désir des lépreux, il reste définitivement à Molokaï. Atteint lui aussi de la lèpre, il meurt le 15 avril 1889. Ses restes sont rapatriés en 1936 et déposés dans la crypte de l’église de la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie à Louvain.

Damien est universellement connu pour être allé partager librement la vie des lépreux séquestrés sur la péninsule de Kalaupapa à Molokaï. Son départ pour « l’île maudite », l’annonce de sa maladie en 1885, et celle de sa mort, ont profondément impressionné ses contemporains de toute confession. Depuis sa disparition, le monde entier n’a cessé de voir en lui un modèle et un héros de la charité. Celui qui s’identifiait aux lépreux au point de dire « nous autres lépreux », continue à inspirer des milliers de croyants et de non-croyants, désireux de l’imiter et cherchant à découvrir la source de son héroïsme.

Témoin et serviteur... sans retour !

La vie du P. Damien nous révèle que sa générosité l’a constamment porté à adhérer à une initiative reconnue comme étant celle de la Providence. Les multiples circonstances de sa vie sont autant de signes et d’appels qu’il a su voir et comprendre. En les suivant avec toute la force de son énergie, il a conscience d’accomplir la volonté de Dieu. « Persuadé que le bon Dieu ne me demande pas l’impossible, je vais tout rondement en tout sans me troubler.... » (Lettre au Père Général,21.XII.1866). C’est ainsi qu’au cours d’une retraite à Braine-le-Comte, il décide de suivre l’appel de Dieu pour la vie religieuse. Il entre dans la Congrégation où l’a précédé son frère. La maladie de ce dernier lui offre l’occasion de se présenter pour partir à sa place. Sa demande est acceptée et il s’embarque pour Hawaï. Là-bas l’évêque évoque le sort des lépreux de Molokaï. Damien se porte volontaire pour les servir.

Damien conçoit sa présence au milieu des lépreux comme celle d’un père au milieu de ses enfants. Il connaît les risques d’une fréquentation quotidienne avec ses malades. Prenant toutes les précautions raisonnables, il peut, pendant plus d’une dizaine d’années, échapper à la contagion. Elle finit pourtant par l’atteindre. Se ressaisissant dans sa confiance en Dieu, il déclare alors : « Je suis heureux et content, et si l’on me laissait le choix de m’en aller d’ici pour guérir, je répondrais sans hésitation : je reste avec mes lépreux toute ma vie ».
Médecin des corps et des âmes

Poussé par son désir de soulager la souffrance des lépreux, Damien s’intéresse aux progrès de la science. Il expérimente sur lui-même des nouveaux traitements. Jour après jour, il soigne les malades, panse leurs plaies hideuses. Il réconforte les mourants, enterre dans le cimetière, qu’il appelle « le jardin des morts », ceux qui ont achevé leur calvaire.

Connaissant l’impact de la presse, il n’hésite pas à encourager deux de ses correspondants qui publient livres et articles sur les lépreux de Molokaï. De là naît un grand mouvement de solidarité qui permet d’améliorer encore leur sort.

Sa familiarité avec la souffrance et la mort a affiné en lui le sens de la vie. La paix et l’harmonie profonde qui l’habitent se communiquent alentour. Sa bonté est rayonnante. « Je fais l’impossible, dit-il, pour me montrer toujours gai, pour animer l’âme de mes malades ». Sa foi, son optimisme, sa disponibilité touchent les cœurs. Tous se sentent invités à partager sa joie de vivre, à dépasser, dans la foi, les limites de leur misère en même temps que celles du bout de terre où ils vivent. Appelés à rencontrer un Dieu qui les aime, ils en découvrent, en leur cher Kamiano, l’affectueuse proximité.

Bâtisseur de communautés

« L’enfer de Molokaï », fait d’égoïsme, de désespoir et d’immoralité, se transforme, grâce à Damien, en une communauté qui étonne même le gouvernement. Équipements collectifs, maisons, orphelinats, églises : tout est fait avec l’aide des plus valides. L’hôpital est agrandi, le débarcadère et ses voies d’accès sont aménagés. Une conduite d’eau est posée. Damien ouvre un magasin où les malades peuvent s’approvisionner gratuitement. Il amène son monde à cultiver la terre, à faire pousser des fleurs. Pour les loisirs de ses lépreux, il crée même une fanfare....

Ainsi grâce à sa présence et à son action, ces laissés-pour-compte redécouvrent la joie d’être ensemble. Le don de soi, la fidélité, les valeurs familiales reprennent un sens. L’acceptation de l’autre par nécessité ou par contrainte fait place au respect dû à tout être humain, même horriblement défiguré par la lèpre. Damien leur fait découvrir qu’aux yeux de Dieu tout être humain est infiniment précieux, puisqu’il l’aime comme un Père et qu’en lui tous se découvrent sœurs et frères.

Il est aisé de comprendre que cet homme de communion a dû souffrir de l’absence à ses côtés d’un confrère dont il n’a cessé de réclamer la présence.

Apôtre des « lépreux »

C’est à son cœur de prêtre et de missionnaire qu’a retenti l’appel à servir les lépreux. « Ils sont très hideux à voir, mais ils ont une âme rachetée au prix du sang adorable de notre divin Sauveur. » Damien les fera bénéficier de toutes les richesses de son ministère sacerdotal, les réconciliant avec Dieu et avec eux-mêmes, leur assurant le moyen d’unir leurs souffrances à celles du Christ par la communion à son Corps et à son Sang. Baptêmes, mariages et enterrements sont célébrés avec le souci, d’ouvrir les esprits et les cœurs aux dimensions universelles de l’Église du Christ. Rejetés par la société, les lépreux de Molokaï découvrent que leur maladie leur vaut la sollicitude d’un cœur de prêtre qui leur est totalement dévoué. « Mon plus grand bonheur est de servir le Seigneur dans ses pauvres enfants malades, repoussés par les autres hommes ».

Semeur d’œcuménisme

Damien est avant tout un missionnaire catholique, tout en étant homme de son temps. Convaincu de sa foi, il respecte cependant les convictions religieuses des autres, il les accepte en tant que personnes et reçoit avec joie leur collaboration et leur aide. Le cœur largement ouvert à la plus abjecte misère humaine, il ne fait nulle différence dans son approche et ses soins aux lépreux. Dans ses activités paroissiales ou caritatives, il y a place pour tout le monde. Il compte parmi ses amis — et des meilleurs — le luthérien Meyer, surintendant de la léproserie, l’anglican Clifford, peintre, le libre-penseur Mouritz, médecin à Molokaï, le bouddhiste Goto, léprologue japonais.

Damien est bien plus qu’un philanthrope ou le héros d’un jour ! Les uns et les autres, reconnaissent en lui le serviteur de Dieu, comme il s’est toujours manifesté et respectent sa passion pour le salut des âmes.

L’homme de l’eucharistie

« Le monde de la politique et de la presse ne connaît que peu de héros comparables au Père Damien de Molokaï. Il vaudrait la peine de chercher la source d’inspiration de tant d’héroïsme ! ».Voilà comment le Mahatma Gandhi résume les questions que suscite sa vie !

La réponse nous la trouvons dans sa foi qu’il a vécue comme religieux des Sacrés-Cœurs. Damien a reçu la grâce de contempler, de vivre et d’annoncer l’amour miséricordieux de Dieu révélé en Jésus et auquel nous conduit la Vierge Marie. Pour accomplir cette mission, son expérience personnelle, renforcée par la tradition de sa Congrégation, lui fait trouver cette force à la source même de l’amour et de la vie, l’Eucharistie : Jésus, devenu pain de vie, présence vivante et réconfortante de l’amour de Dieu.

Son imitation de Jésus le pousse à s’identifier à ses ouailles. Grâce à l’amour de celui qui ne nous abandonne jamais, il reste fidèle jusqu’au bout, au-delà de la maladie cruelle, de la solitude pénible, des critiques injustes, et de l’incompréhension des siens...

Son témoignage est incontestable : « Sans la présence de notre divin Maître dans ma petite chapelle, je n’aurais jamais pu maintenir mon sort uni à celui des lépreux de Molokaï ».

La voix des sans-voix

Une telle présence au sein des exclus de ce monde, ne pouvait qu’interpeller les consciences. Moins de deux mois après la mort de Damien, se fonde à Londres le « Leprosy Fund », première organisation de lutte contre la lèpre. Rien ne peut justifier l’isolement et l’abandon d’un être humain. « Nous autres lépreux » n’est pas une figure de style,mais la vérité d’une identification avec ceux qui, malgré leur maladie, ne cessent pas d’avoir droit au respect, à la dignité, à l’amour. En partageant la vie des lépreux, en devenant finalement lépreux lui-même, Damien lance un vibrant appel à la solidarité vis-à-vis de tous ceux qu’une maladie, un handicap ou un échec risquent de marginaliser.

Héraut de l’espérance

La vie et la mort de Damien sont des faits prophétiques. S’ils dénoncent des attitudes contraires au respect des droits de l’homme, ils sont aussi un appel à l’espérance.

Aujourd’hui comme alors, le monde connaît des exclus de tous genres : malades incurables — sidéens ou autres —, enfants abandonnés, jeunes désorientés, femmes exploitées, vieillards délaissés, minorités opprimées... pour tous Damien reste la voix qui rappelle que l’amour infini de Dieu est tout à la fois compassion, confiance et espérance et qui dénonce les injustices. En Damien tous peuvent retrouver le héraut de la bonne Nouvelle. Bon Samaritain, il s’est penché sur ceux que la maladie avait rejetés au bord du chemin. C’est à ce titre que Damien est un exemple pour tout homme et toute femme qui désire s’engager dans la lutte pour un monde plus juste, plus humain, plus conforme au cœur de Dieu.

Serviteur de Dieu, Damien est et restera pour tous le serviteur de l’homme qui plus encore que de vivre a besoin de raison de vivre. Voilà le Damien qui aujourd’hui encore nous défie.



JEANNE JUGAN naît en Bretagne, à Cancale (France), le 25 octobre 1792, en pleine tourmente révolutionnaire, sixième enfant d'une famille de huit dont quatre mourront en bas âge. Son père, marin pêcheur, disparaît en mer alors qu'elle n'a que quatre ans. Sa mère, désormais, élèvera seule ses quatre enfants.
 

De sa mère, de son terroir natal, Jeanne héritera une foi vive et profonde, un caractère affirmé, une force d'âme qu'aucune difficulté ne parviendra à ébranler. Voici ce qu'on a pu écrire de la foi des Cancalais : « Malgré la persécution, le peuple cancalais avait gardé sa foi. Par une nuit profonde, dans un grenier ou une grange, ou même au milieu de la campagne, les fidèles se réunissaient, et là, dans le silence de la nuit, le recteur réfractaire offrait le saint-sacrifice et baptisait les enfants. Mais ce bonheur était rare, il y avait tant de dangers » .
A cause du climat politique et des difficultés économiques, Jeanne ne peut aller à l'école. Elle apprendra à lire et à écrire tout en apprenant son catéchisme, grâce aux tertiaires eudistes très répandues dans la région. Jeanne appartient à ce monde des pauvres et des petits où, tôt, on connaît la loi du travail. Encore enfant, tout en priant son chapelet, elle garde les troupeaux sur la hauteur qui domine la baie de Cancale, dans un site de beauté qui élève et agrandit son âme. De retour à la maison, elle aide sa mère dans les tâches domestiques. A 15 ans, elle part travailler à 5 km de Cancale dans une maison bourgeoise où, avec la propriétaire, elle ira à la rencontre des nécessiteux. Pauvre elle-même, elle dut deviner quelque chose de l'humiliation que l'on éprouve à être assisté. Elle est aussi mise en contact avec un milieu social différent du sien.
 

1801 marque une étape importante pour l'Église de France. En signant le Concordat, le 16 juillet, Bonaparte autorise de nouveau la liberté de culte. C'est un véritable réveil spirituel. En 1803, à St Servan (commune de St Malo), l'évêque de Rennes donne la confirmation à plus de 1500 personnes. Beaucoup de missions ont lieu, du type de celles données dans les siècles précédents par St Vincent de Paul, St Jean Eudes ou St Louis-Marie Grignion de Montfort, pour aider à la renaissance religieuse. Une mission a lieu à Cancale en 1816, une autre à St Servan en 1817. L'éloquence des prêtres était « si forte, si pressante, si persuasive que dès 5h du matin jusqu'à19h, nos églises étaient beaucoup trop petites ».
 

C'est dans ce climat de ferveur que Jeanne entend l'appel du Seigneur. Au jeune homme qui la demande en mariage, elle répond : « Dieu me veut pour lui. Il me garde pour une œuvre qui n'est pas connue, pour une œuvre qui n'est pas encore fondée ». Et comme réponse immédiate, elle fait deux parts de ses vêtements, laisse les plus beaux à ses sœurs et part pour St Servan où, durant 6 ans, son travail d'aide-infirmière la mettra au contact de la misère physique et morale. Elle demande aussi à appartenir au Tiers-Ordre eudiste. Elle y découvrira un christianisme du cœur : « N'avoir qu'une vie, qu'un cœur, qu'une âme, qu'une volonté avec Jésus ». Elle y fera l'expérience d'une vie à la fois active et contemplative centrée sur Jésus. Dès lors, elle n'aura plus qu'un désir : « être humble comme Jésus l'a été ». C'est sa grâce personnelle, la touche qui la caractérise et à laquelle elle répondra de tout son cœur.
 

Après une épreuve de santé, Jeanne doit quitter l'hôpital et est accueillie par une amie tertiaire, Mlle Lecoq, qu'elle servira pendant 12 années, jusqu'à sa mort en 1835.
 

En 1839, elle a 47 ans et partage un petit deux-pièces avec deux amies : Françoise Aubert, dite Fanchon, 71 ans, et Virginie Trédaniel, jeune orpheline de 17 ans. La situation économique est des plus mauvaises à St Servan. Sur 10.000 habitants, 4.000 vivent de mendicité. Un bureau de bienfaisance est fondé par l'administration locale. Ne pourront y avoir recours que les pauvres de la commune, à condition de porter au cou un écriteau mentionnant « Pauvre de St Servan ». C'est au plus creux de cette misère que Jeanne va se situer. Dieu l'a attendue dans le pauvre, elle va le rencontrer dans le pauvre. Un soir d'hiver 1839, Jeanne, émue, rencontre une pauvre femme, âgée, aveugle et infirme, qui vient de perdre son unique appui. Jeanne n'hésite pas une seconde. Elle la prend dans ses bras, lui donne son lit et s'en va dormir au grenier. C'est l'étincelle initiale d'un grand feu de charité. Désormais, plus rien ne l'arrêtera. En 1841, elle loue une grande pièce où elle accueille 12 personnes âgées. Des jeunes filles se joignent à elle. En 1842, elle achète — sans argent — un vieux couvent en ruines où bientôt 40 personnes âgées seront hébergées. Pour faire face au problème financier et encouragée par un Frère de St-Jean-de-Dieu, Jeanne se lance sur les routes, panier au bras. Elle se fait mendiante pour les pauvres et fonde son œuvre sur l'abandon à la Providence. En 1845, elle se voit décerner par l'Académie française le Prix Montyon qui récompensait chaque année « un français pauvre ayant fait dans l'année l'action la plus vertueuse ». Puis ce sont les fondations de Rennes et de Dinan en 1846, celle de Tours en 1847, d'Angers en 1850. Nous ne mentionnons ici que les fondations auxquelles Jeanne a participé, car très vite la Congrégation va se répandre en Europe, en Amérique, en Afrique, puis peu de temps après sa mort en Asie et en Océanie.
 

Mais cette fécondité est le fruit d'un dépouillement total, radical. En 1843, alors que Jeanne venait d'être réélue supérieure, contre toute attente et par sa seule autorité, l'abbé Le Pailleur, conseiller de la première heure, casse l'élection et nomme Marie Jamet (21 ans) à sa place. Jeanne y voit la volonté de Dieu et se soumet. Désormais et jusqu'en 1852, c'est par la quête qu'elle soutiendra son œuvre, allant d'une maison à l'autre, encourageant par son exemple les jeunes sœurs encore inexpérimentées, obtenant les autorisations officielles nécessaires à la survie de l'Institut.
 

En 1852, l'évêque de Rennes reconnaît officiellement la Congrégation et nomme l'abbé Le Pailleur supérieur général de l'Institut. Son premier geste sera de rappeler définitivement Jeanne Jugan à la maison mère pour une retraite qui durera 27 longues années. Mystère d'enfouissement. A la fin de sa vie, les jeunes sœurs ne sauront même plus qu'elle est la fondatrice. Mais Jeanne, vivant au milieu des novices et postulantes de plus en plus nombreuses en raison de l'extension de la Congrégation, transmettra par sa sérénité, sa sagesse et ses conseils le charisme qui l'habite et qu'elle a reçu du Seigneur. Et cela, dans un constant esprit de louange. Elle pouvait dire en vérité : « Petites, soyez bien petites » ; « C'est si beau d'être pauvre, de ne rien avoir, de tout attendre du bon Dieu » ; « Aimez bien le bon Dieu, il est si bon. Confions-nous en lui » ; « N'oubliez jamais que le Pauvre, c'est notre Seigneur » ; « Ne refusez rien au bon Dieu » ; « Regardez le Pauvre avec compassion et Jésus vous regardera avec bonté ».
 

Le 29 août 1879, elle s'endort paisiblement dans le Seigneur après avoir prononcé ces dernières paroles : « Père éternel, ouvrez vos portes, aujourd'hui, à la plus misérable de vos petites filles, mais qui a si grande en vie de vous voir !... O Marie, ma bonne Mère, venez à moi. Vous savez que je vous aime et que j'ai bien envie de vous voir».
 

La Congrégation comptait alors 2400 Petites Sœurs répandues en 177 maisons sur trois continents. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul, mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit».
 

Le 13 juillet 1979, Jean-Paul II reconnaît l'héroïcité de ses vertus et la béatifiera, à St Pierre de Rome, le 3 octobre 1982.
 

Homélie du 11 octobre - 28e dimanche du temps ordinaire B

Basilique Notre-Dame d’Avesnières – Laval – 9h30
Dimanche 11 octobre 2009
28e dimanche du temps ordinaire B


(Textes : Sg 7,7-11 – Ps 89 – He 4,12-13 – Mc 10,17-30)

(Illustration : Jésus et le jeune homme riche, vitrail de Otto Linnemann (1932), Église du Sacré-Cœur, Luxembourg.)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,
Comme le jeune homme de l’Évangile, nous sommes tous à la recherche de la voie qui mène à la vie éternelle… Le Christ lui donne la réponse, mais le jeune homme reste prisonnier de ses biens matériels et il refuse de répondre à l’appel du Christ, à sa vocation. Comment nous laissons-nous interpellés par le Christ ?

Homélie :

Frères et sœurs,

Le passage de l’Évangile selon St Marc que nous venons d’entendre nous rapporte une des belles rencontres du Christ au cours de sa vie publique.

Ce jeune homme qui s’approche commence par se mettre à genoux devant Jésus, signe fort de respect et de vénération. Comme chacun de nous, il se demande se qu’il doit faire pour accéder à la vie éternelle… et la réponse de Jésus est claire : il cite l’Écriture, les commandements du Premier Testament. Ainsi, Jésus redit que la pratique fidèle de ces commandements peut ouvrir l’accès à la vie éternelle… Et face à la bonne volonté manifeste de ce jeune homme, Jésus lui propose de faire un pas de plus : va, vends, donne, viens, suis-moi…

Ainsi, à ce jeune homme qui a déjà une belle vie au regard de Dieu, fidèle non seulement à la lettre mais à l’esprit des commandements, Jésus ouvre l’accès à une vie encore plus proche de sa propre vie : une vie dans la simplicité, dans le dépouillement, une vie à sa suite sur les routes… Cet appel que Jésus adresse à ce jeune homme, cette “vocation”, car c’est bien là le sens du mot vocation, il vient résonner dans sa vie comme un appel à franchir une étape supplémentaire.

Ce qui est très fort, et d’ailleurs St Marc insiste sur ce point, c’est le regard de Jésus : « Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer. » Ce jeune homme qui vient de lui dire qu’il respecte les commandements depuis sa jeunesse n’est pas un vantard ! Il dit vrai. Jésus réalise qu’il a devant lui quelqu’un qui pourrait se donner totalement dans un état de vie proche du sien et de celui de ses disciples. Et comme pour Pierre, André, Jacques, Jean, Matthieu… et les autres, Jésus lui adresse un appel radical à tout quitter pour le suivre. Et là où les pêcheurs ont abandonné barque et filet, là où le collecteur d’impôts à abandonné son comptoir… notre jeune homme riche repart tout triste vers ses richesses, ses grands biens qui ne lui servent à rien, sauf à le retenir à l’écart de l’appel du Christ…

Alors que Jésus a discerné dans le cœur de ce jeune homme la foi et les bonnes dispositions pour faire de lui l’un de ses disciples, ce sont ses biens, ses propriétés, son argent… qui le retiennent loin de Jésus. Ses biens ne lui appartiennent pas, d’une certaine façon : il est devenu l’esclave de ses biens.

« Comme il sera difficile à ceux qui possède des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Ce n’est pas une condamnation : c’est une mise en garde que nous adresse Jésus. Ne soyons pas comme le jeune homme riche, qui a laissé ses biens l’empêcher d’accomplir sa vocation ; ses biens matériels l’ont retenu à l’écart du Bien le plus grand : répondre à l’appel du Christ à le suivre.

La fin du passage de l’Évangile de ce jour nous invite à nous rappeler à qui s’adresse l’évangile selon St Marc. Marc fût probablement le secrétaire de Pierre : son évangile est en quelques sortes la mise par écrit de l’enseignement de Pierre et s’adresse aux chrétiens de Rome. Quand il écrit, ces chrétiens sont confrontés à de grandes difficultés : ils sont rejetés, parfois même exclus de leurs familles, menacés dans leur vie, ils doivent renoncer à leur héritage, ils perdent le soutien de leur réseau amical et familial… à cause de leur fidélité au Christ… Se souvenir de cet enseignement de Jésus leur apporte force et réconfort face aux épreuves et aux persécutions, eux qui sont amenés à vivre des ruptures radicales avec leur entourage et leur héritage pour suivre le Christ.

En ce jour le Pape Benoît XVI va nous donner cinq nouveaux saints comme modèles, dont Jeanne Jugan, fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres, qui furent présentent pendant 120 ans à Laval, et Damien de Veuster, prêtre de la Congrégation des Sacrés Cœur de Jésus et Marie, dite de Picpus, dont des Sœurs fondèrent ce qui est aujourd’hui le lycée Haute-Follis. Prions le Seigneur, par l’intercession de ses serviteurs Jeanne Jugan et Damien de Veuster, pour que les biens matériels ne soient jamais un obstacle entre Lui et nous.

Amen.

David Journault †

mercredi 30 septembre 2009

Homélie du 27 septembre - 26e dimanche du temps ordinaire B

Basilique Notre-Dame d’Avesnières – Laval – 9h30
Église Notre-Dame des Cordeliers – Laval – 18h00
Dimanche 27 septembre 2009
26e dimanche du temps ordinaire B


(Textes : Nb 11,25-29 – Ps 18 – Jc 5,1-6 – Mc 9,38-43.45.47-48)


Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

L’évangile de ce dimanche nous appelle à conduire nos vies avec une grande rigueur et une grande droiture morale, pour conformer nos vies le plus étroitement possible à l’amour de Dieu.

Homélie :

Se couper une main, se couper un pied, s’arracher un œil… Voilà bien des images pour le moins marquantes… et qui nous semblent peut-être un peu extrêmes et radicales. Bien sûr, l’Église n’a jamais considéré qu’il faille prendre ces paroles du Christ au pied de la lettre. Mais en s’exprimant ainsi, Jésus veut sans doute nous dire quelque chose de la profonde radicalité que nous devons mettre dans notre lutte contre le péché.

La main, le pied, l’œil : ce sont des organes de la communication et de l’action, de la relation avec le monde extérieur. Et nous le savons bien : notre corps peut à la fois être un outils d’aide et de miséricorde, comme être utilisé pour le péché. Que faisons-nous avec nos mains : aide, soutien, expression de l’affection, de l’amitié… ou bien violence, replis, refus de l’autre ? Dans quelle direction nous emportent nos pieds : vers des lieux de paix, d’amour, de rencontre… ou bien nous permettent-ils de fuirent nos responsabilités ? Et nos yeux : nous permettent-ils de porter un regard de bienveillance, d’amitié, de douceur, de soutien… ou bien de porter un regard d’envie, de jalousie, de concupiscence, de haine ?

Nous le voyons bien, l’appel du Christ est un appel à une grande rigueur dans notre vie morale, dans la façon dont sa Parole prend corps dans nos vies. Et cela est essentiel pour nous, mais aussi pour les autres, pour ceux que le Christ appelle les “petits” : « Celui qui entraînera la chute d’un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer. »

Encore une parole radicale : Jésus nous rend attentif aux effets que nos attitudes peuvent avoir sur autrui. Nous qui sommes chrétiens, nous qui essayons d’être fidèles au Christ, nous sommes appelés à avoir une vie digne du Christ. Car plus que nos paroles, c’est la façon dont nous vivons qui dit aux autres ce que c’est qu’être chrétien. Et si nous avons une vie et des attitudes trop éloignés de l’Évangile, alors nous risquons de provoquer la chute des autres, c’est-à-dire de les amener à douter de la foi chrétienne et même de Dieu. Combien de personnes s’écartent de l’Église parce qu’elles ont été choquées ou blessées par telle ou telle parole, tel ou tel acte, d’un chrétien ou d’un prêtre ? C’est aussi ce que dénonce Saint Jacques dans sa lettre : quand l’argent devient le maître, avec son cortège d’injustices, au point de tout soumettre, y compris les autres, à sa soif de jouissance et de possession, alors on prend le chemin qui éloigne de Dieu.

Soyons attentifs à ce que le Seigneur veut nous dire, soyons attentifs à l’action de l’Esprit Saint. Il peut s’adresser à nous et Il peut agir parfois par des moyens détournés. C’est ce qui étonne Jean au début de l’évangile de ce jour : il y a quelqu’un qui agit au nom de Jésus et qui n’est pas du groupe des Douze… La réponse de Jésus est simple : « Ne l’empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ; celui qui n’est pas contre nous est pour nous. » C’est une leçon pour les disciples et pour nous : nous n’avons pas à mettre de frontière à l’action de l’Esprit Saint. Et cette parole de Jésus est également un bon critère de discernement. Si quelqu’un se réclame du Christ ou de l’Esprit Saint, il ne peut dans le même temps mal parler du Christ. Par exemple, il ne peut vouloir ajouter quoi que ce soit aux Écritures…

Demandons au Seigneur la force de son Esprit pour que nous puissions avancer dans nos vies avec ouverture et rigueur.

Amen.

David Journault †

jeudi 17 septembre 2009

Le Parcours Alpha à Laval


Peut-être avez-vous eu l'occasion de voir le petit clip ci-dessous au cinéma...



A Laval aussi, le parcours Alpha est proposé à toute personne qui veut, dans un contexte convivial, aborder les questions autour de Dieu et de la vie chrétienne. Le principe est de se retrouver pendant 11 semaines consécutives, plus un week-end. On peut bien sûr quitter le parcours en cours de route, mais c'est intéressant de tenter l'expérience de manière complète.

Voici les dates du 1er parcours à Laval :
  • 24 septembre 2009 : "Le Christianisme : une religion fausse, ennuyeuse...?"
  • 1er octobre 2009 : "Qui est Jésus ?"
  • 8 octobre 2009 : "Pourquoi Jésus est-il mort ?"
  • 15 octobre 2009 : "Comment être certain de sa foi ?"
  • 22 octobre 2009 : "Lire la Bible : pourquoi et comment ?"
  • 5 novembre 2009 : "Prier : pourquoi et comment ?"
  • 12 novembre 2009 : "Comment Dieu nous guide-t-Il ?"
  • Week-end 21 et 22 novembre 2009 : "L'œuvre du Saint-Esprit. Comment être rempli du Saint-Esprit ? Comment tirer parti du reste de sa vie ?"
  • 26 novembre 2009 : "Comment résister au mal ?"
  • 3 décembre 2009 : "En parler aux autres : pourquoi et comment ?"
  • 10 décembre 2009 : "Dieu guérit-il encore aujourd'hui ?"
  • 17 décembre 2009 : "Qu'en est-il de l'Église ?"
Contacter Marc et Emilie Unrung au 02.43.53.84.10 ou à alpha.laval@gmail.com

Les rencontres du parcours ont toutes lieu de 19h30 à 22h dans les salles de l'église St Pierre à Laval, 36 rue Magenta.

Un second parcours débutera le 4 mars 2010.

lundi 14 septembre 2009

Voeux de Bénédicte et Nina

Le 30 août dernier une amie, Bénédicte, faisait ses premiers vœux dans la congrégation des Soeurs de la Providence de la Pommeraye, avec une autre jeune, Nina.
Quelques images de la célébration...

samedi 5 septembre 2009

19-20 septembre : Journées du Patrimoine

Le week-end du 19-20 septembre prochain sera celui des Journées du Patrimoine, occasion pour tout un chacun d'aller visiter tel ou tel lieu, notamment cultuel.
Vous serez évidemment les bienvenus dans nos églises.
Je signale également que de façon exceptionnelle cette année le Séminaire St Jean, à Nantes, ouvre ses portes. Vous trouverez les détails en téléchargeant le dépliant qui présente l'opération.
Une bonne occasion pour celles et ceux qui le souhaitent de découvrir le lieu de formation des prêtres des diocèses des Pays de la Loire, de la Réunion, de l'île Maurice, de l'île Rodrigues et des Seychelles.
Vous pouvez aussi aller faire un tour sur le site internet du séminaire.

mercredi 2 septembre 2009

2 septembre : Les Bienheureux Thomas Dubuisson et Louis Lanier

(illustration : escalier où furent massacrés une partie des Bienheureux Martyrs des Carmes)

Aujourd'hui, 2 septembre, l'Eglise catholique de France fait mémoire des Bienheureux Martyrs des Carmes, ou plus largement, Martyrs de septembre. Ils sont 191 (3 évêques, 127 prêtres séculiers, 56 religieux et 5 laïcs) dont on a pu établir qu'ils sont morts certainement à cause de leur foi, et c'est à ce titre qu'ils ont été béatifiés.

Parmi ces martyrs, les chrétiens de la Mayenne célèbrent particulièrement les Bienheureux Thomas Dubuisson et Louis Lanier.

Thomas Dubuisson, né à Laval (paroisse de La Trinité) le 6 juillet 1737, était curé de Barville, dans le diocèse de Sens, au moment de la Révolution. Il vint se cacher à Paris. Arrêté le 10 août 1792, il fut l'une des premières victimes du massacre du couvent des Carmes, le 2 septembre.
Louis Lanier, naquit à Château-Gontier (paroisse Saint Jean) le 24 septembre 1753. Après ses études littéraires et philosophiques dans sa ville natale, il vint à Paris. En 1774, il est membre de la Société du Coeur de Jésus, fondée par le Père de Clorivière. Il fut professeur au séminaire de Laon, puis préfet du séminaire Saint Nicolas du Chardonnet, à Paris. Avec tous ses collègues, il refusa le serment. Arrêté le 13 août 1792, il sera massacré au séminaire saint Firmin, le 3 septembre.

Les "Martyrs de septembre" furent béatifiés par Pie XI en 1926.


Relation de l'abbé Berthelet de Bardot sur le massacre des Carmes.

Plusieurs d'entre nous se firent un refuge d'un petit oratoire placé dans un angle du jardin; ils s'y étaient mis à dire leurs prières de vêpres, lorsque tout à coup, la porte du jardin fut ouverte avec fracas. Nous vîmes alors entrer furieux sept ou huit jeunes dont chacun avait une ceinture garnie de pistolets, indépendamment de celui qu'il tenait de la main gauche, en même temps que de la droite il brandissait un sabre. Ils tuèrent ou blessèrent mortellement tous ceux qu'ils abordaient, sans se donner le temps de leur ôter entièrement la vie, tant ils étaient pressés d'arriver au groupe d'ecclésiastiques réfugiés au fond du jardin.

Nous nous rendîmes dans le sanctuaire et, auprès de l'autel où nous nous donnâmes l'absolution les uns aux autres, nous récitâmes les prières des mourants et nous nous recommandâmes à la bonté infinie de Dieu. Peu d'instants après arrivèrent les assassins pour nous saisir et nous entraîner (...)

Un commissaire de la section, envoyé avec la mission apparente d'empêcher le massacre des prisonniers, vint s'établir avec une table et le registre d'écrou de la prison des Carmes, auprès de la porte par laquelle on descendait dans le jardin.

Là, il appelle et fait venir les prêtres devant lui, deux par deux, pour constater l'identité de leurs personnes et s'assurer qu'ils persévèrent dans le refus du serment; il les fait passer ensuite dans le corridor qui aboutit à l'escalier par lequel on descend au jardin, ils y sont attendus par les assassins qui les égorgent aussitôt qu'ils paraissent et leur font entendre à chaque fois des hurlements affreux entremêlés du cri : «Vive la nation! » (...)

Les prêtres qui sont encore dans l'église ne peuvent plus douter du sort qui les attend, et néanmoins, toujours en prière au pied de l'autel, ils n'en paraissent point troublés. Ceux qui sont appelés à leur tour par le commissaire se lèvent aussitôt, les uns avec la sérénité d'une âme pure et pleine de confiance en Dieu, les autres avec un empressement très marqué d'aller donner leur vie pour Jésus Christ. L'un vient les yeux baissés, continuant sa prière qu'il n'interrompt que pour répondre au commissaire, et il la reprend tranquillement ensuite, en se rendant à l'escalier de la mort (...) Un autre, son bréviaire ou l'Écriture Sainte à la main, marche avec ces livres des divines promesses et montre par son visage et sa démarche qu'il s'attend à les voir se réaliser quand il recevra le coup fatal.

Quelques-uns, présentant aux assassins un front angélique, les regardent avec une douce charité dans laquelle on ne peut méconnaître une touchante compassion pour leur frénésie (...) Plusieurs enfin, jettent des regards de prédestinés sur la croix de l'autel et répètent ces paroles de Jésus Christ: « Mon Dieu, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font ».

Ainsi périrent en vrais martyrs dans cet endroit trois illustres prélats, un très grand nombre de prêtres et un pieux laïc. Le commissaire lui-même fut touché de leur saint héroïsme. Deux jours après, il ne pouvait s'empêcher de dire à ceux des prêtres qu'il avait fait soustraire au massacre et étaient encore détenus au comité de section : « Je m'y perds, je n'y connais plus rien, vos prêtres allaient à la mort avec la même joie que s'ils fussent allés à des noces».


Source : Liturgie des Heures du diocèse de Laval

La page sur les Martyrs sur le site du Séminaire des Carmes, c'est ICI.

dimanche 30 août 2009

Site internet à visiter


Les moines bénédictins de l'Abbaye Sainte Anne de Kergonan (Morbihan) lancent leur nouveau site internet à l'adresse suivante : www.kergonan.org

Je vous invite à aller y faire un petit tour, d'autant qu'un de mes amis d'enfance y est moine, frère Jimmy.

A bientôt.

David

jeudi 20 août 2009

Depuis Doha, Qatar

Et oui, alors que normalement je devrais deja etre aux Seychelles, je suis encore a Doha, au Qatar.
Hier soir, apres avoir attendu bien sagement l'heure de l'enregistrement, j'ai eu la surprise (tres mauvaise) de m'entendre repondre que l'avion Doha-Seychelles que je devais prendre etait complet. Alors que je m'etonnais, ayant quand meme achete mon billet pour cet avion en fevrier dernier, l'hotesse au comptoire m'a explique que j'etais victime de l'over-booking. Cette pratique tres desagreable, et a la limite de l'honnetete, consiste a vendre plus de place qu'il n'y en a en realite dans l'avion... ou plutot, a vendre plusieurs fois la meme place ! Ce qui va forcement poser des problemes !!! Je ne comprends vraiment pas que les compagnies aeriennes jouent a ce petit jeu !
Bilan : je reste une journee de plus au Qatar, la compagnie aerienne me paye l'hotel et je voyagerai sur le prochain vol, en business class... Sympa, mais bon, ce n'ai pas l'hotel ou la taille du siege qui m'importe, mais le fait que je perds une journee sur mon sejour aux Seychelles. Toujours est-il que je fais une nouvelle experience : je me retrouve pour une journee au "Grand Regency Hotel" de Doha... La moins chere des chambre de cette hotel est a 300 euros la nuit... C'est le grand luxe ! Peut-etre que cet apres-midi je vais aller piquer une tete dans la piscine !

samedi 15 août 2009

En direct de Long Xuyen

Bonjour,

Apres Saigon, My Tho et Can Tho, me voici donc a Long Xuyen.
Pour vous planter le decors je suis dans un cyber cafe de cette ville du delta du Mekong, pas tres loin de la frontiere sud du Cambodge. A cote de moi, il y a un collegien qui s'eclate sur un jeu de guerre en ligne ! Il y a a peu pres une quarantaine d'ordinateurs et a peu pres autant d'utilisateurs.

Cette "petite" ville a l'echelle vietnamienne (240 000 habitants qund meme !) a comme caracteristique principale d'avoir une immense cathedrale comme point central de la ville. Il s'agit d'une construction des annees 60, en beton, mais qui ne manque pas d'elegance avec sa fleche qui represente en son sommet deux mains ouvertes qui portent une croix. Autre particularite, pour un mayennais : la facade de la cathedrale est ornee d'une monumentale statue de la Vierge Marie, tres fortement inspiree de la Vierge de Pontmain, en Mayenne !
Elle se tient debout, tres droite, avec une couronne a la forme reconnaissable entre toute, et elle tient avec ses deux mains devant elle un crucifix. La statue est en pierre blanche.
J'ai ete tres touche de decouvrir dans cette ville du bout du monde une representation de la Vierge Marie si chere a mon coeur.
Renseignements pris, c'est le premier eveque de Long Xuyen, qui avait visite l'ouest de la France a l'occasion du Concile Vatican II, qui a rapporte la representation de Notre-Dame de Pontmain et a fait realiser une statue pour sa cathedrale qui s'en inspire tres fortement.

Le Vietnam est un pays tres peuple, plus de 80 millions d'habitants, et la densite de population est tres forte. Parfois, pris dans la circulation des voitures, motos, velos, camions, bus et mini-bus, je me suis demande comment cela allait pouvoir continuer ! A l'heure ou en France on parle de developpement durable, d'ecologie, d'energie propre... ici, je n'ai pas l'impression que cela soit du tout a l'ordre du jour. On sent une frenesie de developpement, on veut tout, comme l'occident... Ce pays est en plein boum economique. Il y a des chantiers de construction partout : hotels, magasins, et aussi des chantiers d'infrastructure : on construit de grands ponts pour traverser les bras du Mekong, par exemple.

Autre particularite : ici on vit sur un autre rythme horaire qu'en France. On se leve generalement vers 5h ou 5h30 du matin, on dejeune a 11h00~11h30, puis on fait la sieste pendant une heure. Ensuite on reprend les activites jusqu'au repas du soir, entre 17h30 et 18h30... et apres, la soiree et on se couche tres tot... C'est pas vraiment mon rythme habituel !

Je vais vous laisser pour aujourd'hui.
Demain je rentre sur Saigon jusqu'a mardi, date de mon depart du Vietnam. La suite au prochain episode !

David

mercredi 12 août 2009

Bonjour du Vietnam

Bonjour a tous,
J'ecris ce message a partir d'un ordinateur vietnamien, avec donc un clavier ou il n'y a pas les accents francais... Je suis actuellement a My Tho, dans le delta du Mekong, a environ 70 km a l'est de Saigon, apres avoir passe quelques jours dans la metropole sud vietnamienne (officiellement Ho Chi Minh Ville, mais ici tout le monde dit Saigon).
Ce voyage me permet d'aller a la rencontre d'un peuple que je ne connaissais pas et d'une Eglise catholique tres active. Le Vietnam compte un peu plus de 6 % de catholiques, et c'est une Eglise tres dynamique. Lundi soir et mardi matin j'etais dans une paroisse rurale qui compte environ 5000 paroissiens... et il y a actuellement 4 ou 5 seminaristes en formation issus de cette paroisse ! Il y avait une petite fete pour les 5 ans de sacerdoce du vicaire de la paroisse. Mardi matin, nous avons celebre la messe a 5h00 du matin, comme chaque jour, avec environ 250 personnes, la chorale,... Et c'est comme ca tous les jours !
A Saigon, je suis alle dans une paroisse ou oeuvrent des peres redemptoristes : il y a 7 messes chaque dimanche, et elles sont toutes bondees : il y a du monde dehors a chaque fois, et la sono arrose tout le quartier ! J'ai aussi rencontre plusieurs religieuses de differentes congregations qui sont toutes florissantes.
Il ne s'agit pas d'idealiser, mais encore une fois, dans un pays asiatique, je retrouve cette caracteristique essentielle : la spiritualite fait partie de la vie de la plupart des gens. Ils ne concoivent pas la vie sans y faire une place importante a la transcendance... meme si le materialisme gagne du terrain, aide en cela a la fois par la politique et par la course a l'argent.
Ce voyage est vraiment tres interessant. Personnellement, la sante va bien, meme s'il faut laisse au corps le temps de s'habituer au decalage horaire et a la chaleur. En ce moment il fait assez chaud et tres humide. Je retrouve le climat cambodgien. Il faut aussi se rehabituer a une nourriture differente... l'autre soir je crois que j'ai mange du chien... je ne suis pas sur !
Ce matin je vais poursuivre mon periple dans le delta du Mekong. Au programme : Can Tho et Long Xuyen, avant de revenir a Saigon.
A plus tard.
David

samedi 1 août 2009

Homélie du 2 août - 18e dimanche du temps ordinaire B

Église Saint Pierre – Laval – 18h30 (messe anticipée)
Basilique Notre-Dame d’Avesnières – Laval – 9h30
Église Notre-Dame des Cordeliers – Laval – 18h00
Dimanche 2 août 2009
18e dimanche du temps ordinaire B

(Textes : Ex 16,2-4.12-15 – Ps 77 – Ep 4,17.20-24 – Jn 6,24-35)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,
Comme les foules, nous cherchons le Christ. Notre désir d’aller à lui nous conduit à l’Eucharistie. L’Eucharistie est bien le pain du ciel, mais donné aux pèlerins que nous sommes.

Homélie :

Frères et sœurs,

Après avoir été nourrie par le Christ grâce à la multiplication de cinq pains et de deux poissons, la foule cherche à rester auprès de Jésus. On ne sait pas bien ce qu’ils ont en tête, car Jésus a même été obligé de se retirer car pris dans l’euphorie, ils voulaient faire de lui leur roi. Le dialogue reprend avec une question anodine : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »

Mais la réponse de Jésus est d’une toute autre portée… c’est un des exposés essentiel de sa prédication qu’il va faire maintenant. D’ailleurs, pour bien leur faire comprendre que ce qu’il a à leur dire ce jour-là est très important, il commence en disant : « Amen, amen, je vous le dis », façon de dire, faites bien attention à ce que je vais dire maintenant, un peu comme les prophètes pouvaient dire : « Oracle du Seigneur ».

Le discours sur le pain de vie est quelque chose de très difficile à comprendre, car il met en relation, il articule ensemble tous les éléments de la Révélation du mystère du Christ : Fils de Dieu ayant pris chair pour venir dans le monde en homme véritable pour lui annoncer la vérité, et donnant sa vie pour sceller ce témoignage.

La multiplication des pains n’était qu’un symbole et le vrai pain, la vraie nourriture que Dieu souhaite donner à l’humanité, ce n’est rien moins que lui-même… Dieu est venu dans le monde en Jésus Christ pour se donner à l’humanité, pour ouvrir à l’humanité la porte royale de l’union intime avec lui, de la pleine et parfaire communion.

Les différentes questions posées par les interlocuteurs de Jésus montrent bien à quel point ils ont du mal à comprendre ce qu’il leur dit. Jésus, avec patience, poursuit son explication. Il part de l’image de la manne, connue de tous, et montre que jamais le Seigneur n’a cessé d’être fidèle à son alliance, et que cette alliance entre maintenant dans une nouvelle ère. La manne, pain matériel, nourriture du corps, venue du ciel, est remplacée par une nourriture spirituelle, celle du Christ se donnant à nous, lui qui est « celui qui descend du ciel et donne la vie au monde ».

Communier au Corps du Christ, c’est en même temps, dans le même mouvement, chercher à communier par toute notre vie à la vie même du Christ. Si je reçois le Christ-eucharistie et que cela n’a pas de retentissement sur ma façon de vivre et de me comporter avec les autres, alors je ne suis pas dans la vérité. Comme le dit St Paul aux Ephésiens : « Laissez-vous guider intérieurement par un esprit renouvelé. Adoptez le comportement de l’homme nouveau, créé saint et juste dans la vérité, à l’image de Dieu. »

En quelque sorte, nous qui sommes devenus enfants de Dieu et membres du Corps du Christ par le sacrement du baptême, le sacrement de l’eucharistie, pain de la route, nous permet de nous replonger dans l’amour de Dieu, il nous donne de réactualiser l’image de Dieu en nous. Oui, nous sommes le Corps du Christ, et dans la communion eucharistique, nous pouvons puiser la force d’être toujours et partout de vrais témoins de l’amour de Dieu.

Que nos communions eucharistiques rejaillissent dans toute notre vie, et qu’ainsi, nous soyons pleinement membres du Corps du Christ.

Amen.

David Journault †

Les messes dans ma paroisse

Retrouvez tous les horaires des célébrations sur egliseinfo.catholique.fr