"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

Musique et autres nouveautés...

Vous pouvez aussi retrouver en bas de page les horaires des messes de ma paroisse...

lundi 11 novembre 2013

Prière pour les soldats tombés au champ d'honneur

Cette prière, témoin d'une époque douloureuse, est tirée du petit livret "Mes Prières et mes Chants de soldat" que mon grand-père paternel portait sur lui pendant les combats de la guerre 1914-1918.

Prière pour les soldats
tombés au champ d'honneur
Air : Stabat Mater dolorosa

Marie, ô Mère des Douleurs,
Le cœur meurtri, les yeux en pleurs
Nous tombons à vos genoux.

Ayez pitié de nos soldats,
Fauchés dans les derniers combats ;
Au ciel recevez-les tous !

Pour leurs foyers, pour leurs autels,
S'arrachant des bras maternels,
Ils sont partis en chantant.

Mères et sœurs pleuraient tout bas.
Ils ne se retournèrent pas
Vers tous ceux qu'ils aimaient tant.

Ils étaient forts, jeunes et beaux,
Pleins de vie et d'espoirs nouveaux,
Riant à leur avenir.

La patrie était en danger ;
Sans un regret, le cœur léger,
Pour elle ils ont su mourir.

Ne regardez point leurs péchés,
Car dans la gloire ils sont couchés,
Et vous aimez les héros.

A ces sublimes combattants,
A nos grands hommes de vingt ans
Donnez l'éternel repos.

Jean VÉZÈRE.

samedi 2 novembre 2013

Homélie du 2 novembre 2013 - Commémoration des fidèles défunts

Église St Siméon – L’Huisserie – 10h30
Commémoration des fidèles défunts
2 novembre 2013

(Textes : Jb 19,1.23-27a – Ps 85(86) – 1Jn 4,7-10 – Jn 3,16-17)


Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Après avoir hier célébré tous les saints du ciel, nous faisons aujourd’hui mémoire de tous les défunts. Nos parents, nos amis, tous nos frères de la terre, ne sont pas morts pour tomber dans le néant, mais pour entendre la voix de Dieu qui nous appelle à la Vie éternelle.

Homélie :

Frères et sœurs,

En ce jour où nous faisons mémoire de nos défunts, qu’il est bon d’accueillir les paroles de l’évangile que nous venons de lire : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Nous sommes là au centre du message chrétien révélé par Jésus-Christ...

Dieu n’est pas seulement le créateur du monde, il n’est pas un froid calculateur qui aurait créé l’humanité pour l’abandonner ensuite. « Dieu est amour ! » Il a créé le monde par amour et il y est une présence infiniment aimante. Parlant au peuple d’Israël par les prophètes, il ne cessera de lui répéter : « Je t’ai aimé d’un amour éternel » Nous savons que cette déclaration d’amour n’est pas réservée à un peuple, mais qu’elle s’adresse à tous les peuples, et à chaque être humain sur cette terre.

Oui, « Dieu a tant aimé le monde... » : nous avons besoin de cette certitude pour affronter l’épreuve du deuil. Se sentir aimé est le plus grand réconfort qui soit lorsque l’on souffre.

Et croire que notre monde est aimé de Dieu lui donne un sens alors qu’il est traversé par la violence, l’injustice, les difficultés en tout genre. Notre monde ne paraît pas “aimable” et pourtant il est aimé de Dieu et c’est ce qui le maintient dans l’espérance de sa survie, puisque Dieu ne peut renier ce qu’il a créé par amour.
Croire que nous sommes aimés de Dieu donne un sens à notre vie, marquée par la maladie et la mort, car nous savons que l’amour de Dieu ne nous abandonnera jamais aux forces du mal.

« L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs » affirme saint Paul. Et saint Jean surenchérit en proclamant : « Voyez de quel grand amour le Père nous a fait don : nous sommes appelés enfants de Dieu, et nous le sommes réellement ! »

Déjà, le livre de Job porte la marque de cette confiance en Dieu : « Je sais, moi, que mon libérateur est vivant, et qu’à la fin il se dressera sur la poussière des morts ; avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu. » 

La Parole de Dieu nous invite alors à nous mettre en route, à nous mettre en mouvement, car avoir la certitude dans la foi que Dieu nous aime, si nous la prenons au sérieux, ne peux que nous pousser à changer : c’est cela qu’on appelle la conversion. Car la conversion, c’est le chemin ordinaire de la vie chrétienne, de la vie dans l’amour de Dieu, d’une vie d’amour en réponse à l’amour que Dieu a pour nous, pour chacun, pour vous et moi. Oui, « Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. » Si je prends Dieu au sérieux, je ne peux pas laisser sans réponse le trésor d’amour qu’il m’offre depuis toujours.

Si quelqu’un m’aime et que je l’aime, alors je lui montre ! Et la plus belle façon de dire à Dieu notre amour pour Lui, c’est la façon dont nous menons chaque jour nos vies, en harmonie avec sa Parole révélée par Jésus-Christ.

La vie chrétienne, qui est donc une vie de réponse à l’amour de Dieu, s’appuie sur trois piliers : la Parole de Dieu, la prière, la vie avec les autres.

La Parole de Dieu : je ne suis pas vraiment chrétien si je ne lis pas ou si je n’écoute pas la proclamation de la Parole de Dieu, si je ne cherche pas à fréquenter régulièrement la Bible. En effet, c’est dans la Bible que je trouve la connaissance de Dieu et de ses conseils de vie.

La prière : je ne suis pas vraiment chrétien si je ne prie pas, car prier, c’est s’adresser à Dieu. Comment aimer quelqu’un si je ne lui parle jamais ? Et pas seulement pour lui demander quelque chose ! Si votre conjoint ne venait vous parler que pour vous demander quelque chose, est-ce que cela serait bon pour votre amour ?! Et la prière chrétienne authentique, elle est à la fois personnelle (je prie seul), communautaire (je retrouve d’autres chrétiens pour prier ensemble), et liée aux sacrements (je vis régulièrement l’eucharistie et la réconciliation).

La vie avec les autres : aimer Dieu et aimer mes frères et sœurs en humanité, c’est un seul et même mouvement du cœur. Si je délaisse mes frères, alors c’est que je n’aime pas vraiment Dieu, c’est que je ne suis pas encore vraiment dans son amour…

Chacune et chacun d’entre nous peut être plutôt porté sur l’un ou l’autre de ces aspects de la vie chrétienne, c’est normal. Mais si l’une ou l’autre de ces trois dimensions est totalement absente de ma vie, alors il y a danger pour ma vie chrétienne.

Faire mémoire de nos défunts et de leurs vies, c’est donc regarder le passé, notre histoire commune, en cherchant à en retenir ce qu’il y a de plus beau, et c’est aussi un appel pour nous à avoir des vies toujours plus proches de Dieu et de nos frères, pour dès maintenant préparer nos retrouvailles dans la vie éternelles, quand le jour sera venu.

Amen.

David Journault †

jeudi 5 septembre 2013

Lettre du pape François au président Poutine

Cité du Vatican, 5 septembre 2013 (VIS). A l'occasion du G20 de St.Petersbourg (Russie) qu'il préside ces jours-ci, le Saint-Père a écrit au Président russe M.Vladimir Poutine. En voici le texte: "Dans l'actuel contexte de forte interdépendance un cadre financier mondial doit disposer de règles claires et appropriées en vue d'un monde plus juste et solidaire où la faim sera éradiquée, où il sera possible de donner à tous un emploi digne, un logement correct et une assistance sanitaire de qualité. Votre présidence du G20 s'est engagée à renforcer la réforme des organismes financiers internationaux et à parvenir à un consensus sur des normes financières adaptées à la situation mondiale. L'économie mondiale ne pourra se développer que dans la mesure où elle permettra à chaque être humain d'avoir une vie digne, de l'enfant à naître à la personne âgée, et au-delà des pays du G20 à tous les habitants de la terre, jusqu'à qui se trouve dans la pire situation sociale".

"Il est clair dans cette perspective que les conflits armés sont dans l'existence des peuples une totale négation de leur concorde. Ils créent de profondes divisions et lacérations, nécessitant des années et des années pour le rétablissement de leurs effets. La guerre est le refus d'oeuvrer aux grands projets socio-économiques que la communauté internationale s'est donnée, tels l'Objectif Millenium. Malheureusement, nombre de conflits affligent actuellement le monde, avec leurs images de misère, de famine, de maladie et de mort. Sans la paix, aucun développement n'est possible. La violence interdit la paix qui est la première condition de tout développement économique. Si la rencontre des chefs d'état et de gouvernement des vingt plus importantes économies, représentant les deux tiers de la population mondiale et 90% du PIL mondial, n'a pas pour but la sécurité internationale, elle ne pourra éviter d'aborder la situation proche-orientale et le cas syrien en particulier. Je déplore que trop d'intérêts partisans aient prévalu depuis le début de cette crise, qui ont empêché une solution capable d'éviter l'inutile massacre auquel nous assistons. Que les leaders du G20 ne restent pas passifs face au drame infini de la population syrienne et au risque de voir toute une région déjà affligée et besogneuse de paix subir de nouvelles souffrances. J'adresse un vibrant appel à chacun d'eux afin qu'ils favorisent le dépassement des diverses oppositions et renoncent les vaines prétentions à une intervention militaire. Il est besoin au contraire d'un nouvel engagement, courageux et déterminé, en faveur d'une solution pacifique passant par le dialogue et la négociation entre les parties en cause et le soutien de la communauté internationale. Il est du devoir moral de tous les gouvernements de favoriser toute initiative capable de renforcer l'assistance humanitaire envers tous ceux qui souffrent de ce conflit, en Syrie comme hors de ce pays". Le Pape François conclut en assurant prier pour le succès du G20 de St.Petersbourg.

dimanche 18 août 2013

Homélie du 15 août 2013 - Solennité de l'Assomption de la Vierge Marie

Église de la Trinité  – Nuillé – 14/08/13 – 20h30
Église ND de l’Assomption – 15/08/13 – 10h30
Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie C

(Textes : Ap 11,19 ; 12,1-10 – Ps 44 – 1Co 15,20-27 – Lc 1,39-56)

Mot d’accueil :
Vierge de la Semondière
(Montigné-le-Brillant)

Frères et sœurs, soyons dans la joie en ce jour où nous célébrons l’Assomption de la Vierge Marie : le ciel s’est ouvert pour accueillir celle par qui le Fils de Dieu est entré dans le monde. Avançons dans nos vies avec la Vierge Marie comme guide et comme modèle. Par elle, allons à Dieu.

Homélie :

Frères et sœurs,

En cette fête du 15 août, l’Église nous invite à célébrer la Vierge Marie en son mystère de l’Assomption. 

Marie de Nazareth a une place tellement particulière dans le projet de Dieu, dans la vie du Christ et dans nos vies que les chrétiens eux-mêmes ont parfois un peu de difficulté à lui trouver sa juste place. A cela vient aussi s’ajouter toute une piété qui n’a pas toujours été très ajustée, plongeant parfois dans une trop grande sentimentalité ou mettant la Vierge Marie pour ainsi dire à la place du Christ comme médiatrice entre Dieu et les hommes.

Quelle est la place qui doit revenir à Marie dans nos existences et dans notre vie chrétienne ? Pour répondre à cette question, il nous faut peut-être nous attarder à contempler Marie.

Non pas à contempler une statue de bois, de plâtre, de marbre ou d’or, une icône ou une médaille, mais bien à contempler une femme de chair et de sang. Car Marie fut comme nous un être de chair et de sang, en même temps que d’esprit et de grâce. Marie fut une fiancée, une épouse, une villageoise, une voisine. Elle connut une vie quotidienne presque banale, qui ressemblait en tous points à celle des familles de Nazareth. Oui, pour l’associer à son mystère de l’Incarnation, à son mystère de la Rédemption du monde, Dieu a choisi une femme toute simple, toute humaine, toute proche de nous.

Dans sa vie de tous les jours, Marie de Nazareth ne devait pas paraître bien différente des autres femmes du village…

Cependant, elle était déjà cette femme merveilleuse auprès de qui toutes les créatures humaines pâlissent ; elle était « pleine de grâces », « l'Immaculée-Conception », la Mère de Dieu.

« Marie a été — dès sa conception — préservée et exemptée de toute souillure du péché originel, au nom des mérites du Christ. » Tels sont les termes par lesquels le Concile Vatican II rappelait non seulement le Dogme de l'Immaculée Conception proclamé par Pie IX, le 8 décembre 1854, mais surtout la Foi, l'intime et très ancienne conviction de l'Église, dans la lumière de l'Esprit-Saint.

Oui, Marie est totalement pure. Jamais le Mal n'a eu prise sur elle. Rien jamais ne l'a séparée de Dieu. Elle est, au sens le plus fort, « pleine de grâces ».

Peut-être d'ailleurs que nous ne sommes pas très à l’aise avec ces privilèges de Marie ? Cela pourrait peut-être nous la rendre plus distante, moins proche ? Elle qui n’a jamais fait le mal, elle qui n’a jamais péché, qu’est-ce qu’elle peut bien comprendre à ma vie, à mes problèmes ? C’est comme si elle était d’une autre planète !

Ne nous méprenons pas : Marie, l'Immaculée, est bien l’une d’entre nous, solidaire de notre condition. Comme nous tous, elle avait besoin d'un Sauveur, comme nous, elle fut sauvée par le Sang du Christ, elle est même la première des « Sauvés » !

Et ce n'est pas la plénitude de sainteté et de grâce, la perfection de Marie, son intimité avec Dieu qui peuvent la rendre étrangère à nos problèmes. La sainteté, au contraire, unit, rapproche, rend proche, ouvre tout grand l’esprit et le cœur, permet de comprendre tout, d’aimer envers et contre tout !

Ainsi, Marie peut encore et toujours être proche de nous, si nous le désirons.

Proche de nous qui nous posons des questions sur la Foi. Elle aussi les a connus. Ouvrez l'Évangile. Rappelez-vous depuis l'Annonciation jusqu'au Calvaire, les chemins de Dieu n'ont pas été faciles... Que de mystères pour elle ! Bien souvent, c'est dans la nuit qu'elle s'est avancée, portée par la confiance en Dieu.

Proche de nous qui sommes parfois découragés, désespérés, qui ne comprenons plus rien dans ce monde où tout change, tout nous déconcerte. Marie, elle aussi, était sans doute souvent désorientée par les attitudes de « son » peuple juif, par les comportements des docteurs de la loi, des pharisiens.., et pourtant c'est en solidarité avec son peuple, de l'intérieur, qu'elle attendait le Messie, qu'elle a vécu son Avent et que, plus tard, elle s'est associée au mystère de la Rédemption.

Proche de nous qui sommes inquiets, marqués par la souffrance, un problème dans notre foyer, une maladie, un deuil, un échec dans nos projets, des injustices que nous subissons, l'incertitude angoissante pour demain. Marie a connu tout cela : pensez à la fuite en Égypte, la mort de Joseph, l'arrestation et la mort de son Fils Jésus...

Oui, Marie est proche de nous. Elle ne peut rester étrangère à nos problèmes d'aujourd'hui. En elle, le Christ a refait l'humanité telle que Dieu l'avait voulue, pure et sainte. En elle, le Christ préfigure ce qu'il veut accomplir en nous.

Elle est pour nous la cause de notre joie, un des fondements de notre espérance. Elle reste un modèle pour aujourd'hui !

Marie ne peut nous parler que de Dieu, du Christ, du Royaume. Si par la foi, nous entrons dans le plan de Dieu, nous ne pouvons pas ne pas la rencontrer et sa rencontre ne peut que nous aider à prendre l'Évangile au sérieux et à en être les témoins.

Oui, n’hésitons pas à invitez la Vierge Marie à cheminer avec vous car, en cheminant avec elle, nous cheminons à la suite de son Fils avec une mère qui nous accompagne et veille sur nous.

Amen.

David Journault †

jeudi 11 juillet 2013

Homélie du 7 juillet 2013 - 14e dimanche du temps ordinaire C

Église St Siméon – L’Huisserie – 6/07/2013 – 18h30
Église de l'Assomption – Ahuillé – 7/07/2013 – 10h30
14e dimanche du temps ordinaire C

(Textes : Is 66,10-14c – Ps 65 (66) – Ga 6,14-18 – 10,1-12.17-20)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Ensemble aujourd’hui nous nous mettons comme chaque dimanche à l’écoute de notre Seigneur. Aujourd’hui, dans l’Évangile, nous entendrons le récit de l’envoi en mission des 72 disciples. Prions pour être nous aussi des messagers de paix, et demandons pardon au Seigneur pour notre manque de dévouement à l’annonce de l’Évangile.

Homélie :

Frères et sœurs,

Je ne sais pas si vous vous souvenez de l’évangile de dimanche dernier, mais on y voyait Jésus se préparer à monter à Jérusalem et envoyer des messagers en avant de Lui. Aujourd’hui encore, nous voyons dans le passage de l’évangile de Luc l’envoie en mission de 72 disciples, que Jésus envoie 2 par 2. Pourquoi 72, et pourquoi 2 par 2 ? 

Le chiffre de 72 fait sans doute référence à un autre passage de la Bible, le chapitre 10 du livre de la Genèse. 72, c’est le nombre de tous les peuples de la terre issus de Noé. C’est un chiffre symbolique qui veut nous dire que la Bonne Nouvelle est pour tous les peuples de la terre, sans aucunes limites.

Et si Jésus envoie ses disciples 2 par 2, c’est sans doute parce que dans la société de l’époque, il fallait toujours au moins 2 témoins pour qu’un témoignage soit reconnu comme valide.

Quelle est la mission des 72 ? Jésus les envoie d’abord porter la paix dans toutes les maisons. Et si on accueille cette paix, alors ils pourront rester sur place, guérir les malades et annoncer que le règne de Dieu est tout proche. Et s’ils ne sont pas accueillis, Jésus les invite à poursuivre, à aller de l’avant. La Bonne Nouvelle ne s’impose pas, elle se propose.

Cette Bonne Nouvelle, nous le savons, nous en sommes les dépositaires. Si nous sommes réunis en ce moment dans cette église, c’est bien parce que nous avons accueilli l’annonce du salut apporté par Jésus-Christ, et que nous souhaitons être de bons disciples du Christ. En être les dépositaires, cela nous invite à nous en faire les témoins, nous aussi. Que pouvons-nous retenir de l’envoie en mission que Jésus adressait à ses disciples il y a 2000 ans ?

Sans doute d’abord que l’important, ce n’est pas la quantité de moyens que nous mettrons en œuvre (« n’emportez ni argent, ni sac, ni sandales »), mais l’authenticité de notre témoignage. Il y a aussi une sorte d’urgence (« ne vous attardez pas en salutations sur la route »). Le monde a besoin de nous et du message que nous pouvons lui transmettre. Et puis, ne soyons pas surpris si tous n’accueillent pas avec joie le message que nous voulons leur transmettre. Dès l’origine, il y a eu des oppositions. Mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras.

Dans sa sagesse infinie, le Seigneur aurait pu utiliser d’autres moyens, mais il a préféré offrir le don du salut à chaque homme en engageant l’homme lui-même dans ce mouvement de diffusion et d’expansion de l’Évangile. Aujourd’hui nous sommes dans notre Église à l’heure de la “Nouvelle Évangélisation” ou de “l’Évangélisation renouvelée”… En effet, nous le constatons, de plus en plus de nos contemporains ne sont pas évangélisés, c’est-à-dire que la personne et le message du Christ leur sont à peu près totalement inconnus.

Mais ce n’est pas à un regard pessimiste que nous sommes invités : nous devons regarder le monde tel qu’il est et à l’aimer, car c’est dans ce monde aujourd’hui que nous avons à annoncer l’Évangile. Il est essentiel que l’annonce du Règne de Dieu soit crédible et que le témoignage soit convainquant parce qu’il ne se bornera pas à des mots, mais parce qu’il sera soutenu par des actions. Et pour être crédible, il faut soit même être croyant ! Cela veut dire qu’il n’y aura pas de nouvelle évangélisation sans un approfondissement de la foi des chrétiens : aujourd’hui peut-être encore plus qu’hier, pour être témoins, pour vivre en chrétiens dans ce monde qui ne l’est plus, il nous faut connaître notre foi et la vivre à 100 %.

Ainsi, le mouvement de nouvelle évangélisation passe par une plus grande sainteté des chrétiens eux-mêmes. C’est un engagement qui demande du courage parce que nous devons être libres, libres afin d’affronter les difficultés que comporte le fait d’aller parfois à contre-courant. Il faut le courage de ceux qui comptent sur Jésus comme ces premiers envoyés qui, malgré leur inexpérience et leur manque de préparation, ont cru et sont partis.

Leur seule pensée, c’était leur attachement au Christ Jésus, et c’est avec cette seule arme qu’ils avancèrent en terre inconnue et que leur mission porta du fruit. Ainsi, le disciple du Seigneur peut annoncer l’Évangile à condition de posséder une foi solide en Celui qui l’a envoyé. Seule une foi authentique conduit l’œuvre des missions à la victoire.

C’est ce qu’affirme Saint Paul dans la seconde lecture en remettant dans la croix du Christ toute sa confiance. Le monde a été vaincu par la Croix du Christ et la mort et la résurrection de Jésus prouvent que la logique que suit le monde et sur laquelle il fonde son espoir de succès est désormais dépassée. Ce qui compte c’est d’être rejoint et renouvelé par le Christ pour devenir une créature nouvelle.
En effet, ce n’est qu’en nous liant étroitement au Christ que nous trouverons la paix de Dieu et sa miséricorde.

Dans la première lecture, Isaïe se fait promoteur de cette annonce joyeuse en décrivant la liesse qui inondera la nouvelle Jérusalem lorsque Dieu, comme une tendre mère, prendra soin de ses habitants après les dures expériences de l’exil. Dans le passage d’Isaïe, il est évident que la paix, aspiration suprême de l’humanité, est un don de Dieu avant d’être une conquête difficile de l’homme. On ne peut y arriver de façon stable si Dieu même n’en constitue pas le fondement. Celui qui annonce l’Évangile est certainement un messager de cette paix.

Amen.

P. David Journault †

jeudi 20 juin 2013

Modifications liturgique : St Joseph dans les prières eucharistiques

MODIFICATIONS LITURGIQUES
Cité du Vatican, 19 juin 2013 (VIS). La Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements a émis le 1 mai dernier un décret disposant que dans les prières eucharistiques II, III et IV du Missel romain, sera désormais mentionné Joseph à la suite de Marie : "Depuis toujours les fidèles manifestent une dévotion constante et ininterrompue envers saint Joseph, l'époux chaste de la Mère de Dieu et patron de l'Eglise entière, au point que Jean XXIII demanda au cours du concile que son nom soit ajouté au Canon romain. Benoît XVI a reçut bien volontiers les nombreuses requêtes écrites que le Pape François vient satisfaire "considérant la plénitude de la communion des saints... qui nous conduisent au Christ et nous unissent à lui... " Sur le texte typique latin, la Congrégation préparera les diverses versions des principales langues modernes. Et pour les autres, elle collaborera avec les différentes conférences épiscopales.
Prière eucharistique II: "Avec la Vierge Marie, la bienheureuse Mère de Dieu, avec saint Joseph, son époux, les Apôtres".
Prière eucharistique III: "Auprès de la Vierge Marie, la bienheureuse Mère de Dieu, avec saint Joseph, son époux, les Apôtres".
Prière eucharistique IV: "Auprès de la Vierge Marie, la bienheureuse Mère de Dieu, auprès de saint Joseph, son époux, les Apôtres".

lundi 27 mai 2013

Prêtre et franc-maçon...!!!

On apprend dans les médias que le Curé de Megève a été démis de ses fonctions parce qu'il appartient au Grand Orient de France depuis plus de 10 ans, et que cela a été révélé par lettre anonyme à son évêque.

J'avoue que le procédé de la lettre anonyme est détestable, mais ce cher confrère a été entendu par son évêque, à qui il a affirmé, dans un premier temps, ne pas être franc-maçon. Puis il a finalement avoué. Et quand on lui a demandé de choisir entre l'Eglise et la franc-maçonnerie, il a préféré choisir la franc-maçonnerie ! Dont acte : il n'a plus qu'à quitter l'Eglise. Rien de plus normal ! Pourquoi s'en étonner ?

Je résume donc :

1. Ce prêtre, qui le jour de son ordination a promis respect et obéissance à son évêque, s'est rendu coupable de mensonge envers son évêque en affirmant en 2010 ne pas être franc-maçon alors qu'il l'était depuis 2001.

2. Comme prêtre, il ne pouvait pas ignorer l'incompatibilité entre le fait d'appartenir à la franc-maçonnerie et le fait d'être non seulement prêtre, mais tout simplement chrétien : on ne peut pas être chrétien et franc-maçon, cela a été réaffirmé très clairement par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en 1983, et le texte est en ligne sur le site du Vatican (ICI). Ce cher confrère peut ne pas être d'accord avec cette règle, mais cela ne change rien à l'affaire : en pleine connaissance de cause, il a sciemment décidé de bafouer une règle de l'Eglise qu'il avait pourtant promis de servir, et qui, accessoirement, lui fournissait son logement et sa rémunération.

3. L'autorité légitime dont il dépend lui a donné le temps de s'expliquer et de réfléchir : la sanction, qui aurait pu être immédiate, a été retardée pour lui donner le temps de se reprendre. Le choix était clair : soit vous respectez l'engagement et la promesse de votre ordination, vous quittez les franc-maçons et vous restez prêtre, soit vous choisissez la franc-maçonnerie, et donc vous cessez d'exercer votre ministère de prêtre. C'est la même situation que ce qu'on a pu connaître avec des prêtres qui entretenaient plus ou moins clandestinement une relation avec une compagne. Chacun est libre de ses choix, mais ensuite il faut les assumer : on ne peut pas vouloir le beurre et l'argent du beurre ! Si vous trahissez les promesses prisent (librement) le jour de l'ordination, si donc vous trahissez l'Eglise, il faut assumer : il faut la quitter ! Ou bien, se ressaisir, arrêter ses bêtises et reprendre le chemin de la raison.

4. Bilan : l'Eglise est bonne mère, car contrairement à la franc-maçonnerie, elle ne cache rien à ceux qui s'engagent en son sein ! Tout est clair dès le départ, et ceux qui trahissent le font forcément en connaissance de cause. Contrairement à ce que tout le monde nous explique, ce n'est pas l'Eglise ou son évêque qui le mettent dehors : cela fait une dizaine d'années qu'il avait déjà quitté l'Eglise, à partir du moment où il a fait secrètement allégeance à une organisation dont l'un des buts avoués est la suppression des religions et le combat contre les dogmes et valeurs de l'Eglise catholique... Comme le père du fils prodigue, son évêque attend maintenant qu'il se reprenne et rentre au bercail...

En complément, deux documents :
- le communiqué officiel du diocèse d'Annecy sur cette décision
- une note très intéressante réalisée par la Chancellerie du diocèse d'Annecy qui synthétise les éléments pour lesquels la double appartenance n'est pas possible.

Le Pape François en paroisse

vendredi 17 mai 2013

Prière à l'Esprit-Saint du Cardinal Verdier

Ô Esprit-Saint, amour du Père et du Fils,
inspirez-moi toujours
ce que je dois penser,
ce que je dois dire,
comment je dois le dire,
ce que je dois taire,
ce que je dois écrire,
comment je dois agir,
ce que je dois faire
pour procurer votre gloire, le bien des âmes
et ma propre sanctification.
Ô Jésus, toute ma confiance est en vous.

Cardinal Jean Verdier (1864-1929), 
archevêque de Paris

dimanche 5 mai 2013

Homélie du 5 mai 2013 - 6e dimanche de Pâques C


Église St-Siméon – L’Huisserie – 04/05/13 – 18h30
Église St-Étienne – Entrammes – 05/05/2013 – 10h30
6e dimanche de Pâques C

(Textes : Ac 15,1-2.22-29 – Ps 66 – Ap 21,10-14.22-23 – Jn 14,23-29)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Même si nous ne le voyons pas, Jésus ne nous laisse pas seuls : il nous donne encore et toujours sont Esprit Saint qui est sa force pour nous permettre d’avancer dans nos vies.

Homélie :

« Je m’en vais, et je reviens vers vous. »

Cette phrase étrange a dû bien étonner les disciples quand ils l’ont entendu. Le passage de l’évangile que nous venons d’entendre se situe pendant le dernier repas de Jésus avec ses disciples, juste avant qu’il soit arrêté et crucifié.

Jésus sait très bien ce qui va lui arriver, alors il essaie de préparer ses disciples à vivre cette épreuve : alors que c’est lui qui va vivre le chemin de croix et la mise à mort, c’est lui qui les rassure, les réconforte : « Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés. », leur dit-il.

Jésus essaye de leur faire comprendre que, même si au bout d’un certain temps ils ne le verront plus, lui, Jésus, restera pour toujours à leurs côtés. Nous sommes à quelques jours de la fête de l’Ascension et de celle de la Pentecôte, et il y a 5 semaines nous fêtions Pâques. Pendant ce temps entre Pâques et Pentecôte, nous nous souvenons que Jésus ressuscité est apparu à de nombreux disciples, et qu’ainsi ils ont compris qu’il était plus qu’un homme ordinaire, qu’il était le Fils de Dieu.

Le jour de l’Ascension, Jésus avec son corps d’homme disparaît aux yeux de ses amis. Ils ne le voient plus. On peut s’imaginer que cela a été très dur pour eux : déjà, ils avaient assisté à sa mort sur la croix, et maintenant, alors qu’ils étaient dans la joie de le revoir, ressuscité, le voilà qui disparaît définitivement à leurs yeux ! Si Jésus fait cela, c’est pour leur permettre de prendre leur place dans la mission. Et il ne les laisse pas seuls : le jour de le Pentecôte, cinquante jours après Pâques, il leur envoie sont Esprit-Saint, sa force, la force même de Dieu, pour qu’ils deviennent vraiment ses témoins, ses envoyés.

Ainsi, Jésus Christ ne cesse plus d’être présent auprès de ceux qui portent son nom, les Chrétiens : son Esprit Saint nous est donné, spécialement dans le baptême et dans la confirmation. Et grâce à cela, l’ensemble des baptisé forme le corps du Christ : quand Jésus, il y a plus de 2000 ans, est venu sur la terre, il avait un corps comme le notre. Mais maintenant, son corps est formé par tous ceux qui croient en lui, et son Esprit Saint fait l’unité de tout ce corps.

Frères et sœurs, oui, nous sommes le corps du Christ : nous qui avons reçu le Saint Esprit de Dieu, nous sommes appelés à vivre en harmonie avec tout ce que Jésus nous a dit. Vous le savez bien, dans un orchestre, tous les instruments ne jouent pas forcément la même partition. Dans une chorale, on chante parfois à l’unisson, et parfois en polyphonie… Dans le Corps du Christ, c’est la même chose : nous ne sommes pas identiques, nous ne faisons pas tous la même chose, nous n’avons pas tous la même vie. Mais que nos différences ne soient pas des oppositions, que nos différences nous enrichissent, pour que le morceau joué par notre communauté soit harmonieux à l’oreille de Dieu.

Amen.

David Journault †

dimanche 28 avril 2013

Homélie du 28 avril 2013 - 5e dimanche de Pâques C


Église St-Siméon – L’Huisserie – 27/04/13 – 18h30
Église Ste-M.-Madeleine – Forcé – 28/04/2013 – 10h30
5e dimanche de Pâques C

(Textes : Ac 15,1-2.22-29 – Ps 66 – Ap 21,10-14.22-23 – Jn 14,23-29)


Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Dans l’évangile de ce jour, nous entendons Jésus nous appeler à vivre dans son amour, à vivre de son amour : dans notre monde parfois si dur, que l’amour du Seigneur apporte la paix, en passant par nous.

Homélie :

Frères et sœurs,

« Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. » « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres. »

Ces deux paroles de Jésus qui nous sont rapportées dans le passage d’évangile que nous venons d’entendre, nous les connaissons bien. Peut-être même les connaissons-nous par cœur… Mais est-ce que pour autant nous cherchons à les vivre, à les appliquer ? Ça, c’est une autre question : nous savons ce que nous demande Jésus, mais pour mettre cela en application dans nos vies, c’est plus compliqué ! Effectivement, aimer “comme Jésus”, cela nous semble tellement impossible que nous nous décourageons, peut-être.

Et nous savons par expérience que cela ne va pas tout seul d'aimer, même notre entourage le plus proche : il y a des gens avec qui cela va tout seul, comme on dit ; il y en a d'autres avec qui c'est bien difficile... sans parler de ceux dont la tête ne nous revient pas et que nous avons même du mal à supporter, sans parfois savoir pourquoi... ou pire encore, ceux qui nous ont fait du mal et à qui il nous semble impossible de donner notre pardon.

Jésus sait bien tout cela quand il donne ce commandement à ses disciples ; mais alors, de quoi s’agit-il en profondeur ? Comment vivre ce commandement ? Peut-être qu’il faut commencer par croire en Dieu et en son Esprit Saint qui vient en nous : croire que son Esprit d'amour nous habite et que grâce à Lui nous avons désormais des capacités d'amour insoupçonnées, parce que ce sont les siennes... et alors il nous devient possible d'aimer “comme” lui parce que c'est son Esprit qui agit en nous.

D'autre part, il ne faut pas confondre amour et sensibilité, amour et sentiment amoureux : Jésus vient de montrer en actes de quel amour nous devons nous aimer. Car quand il prononce ces paroles, Jésus vient tout juste de laver les pieds de ses disciples, à leur grand étonnement : lui, le Seigneur et le Maître, s'est fait leur serviteur. Et il a terminé en disant : « C'est un exemple que je vous ai donné ; ce que j'ai fait pour vous, faites-le vous aussi ». C'est donc cela aimer “comme” il nous a aimés... Aimer, c’est faire attention aux autres, ne pas être égoïste en ne voyant que mon intérêt, c’est se mettre au service les uns des autres. Si on comprend l’amour comme cela, alors il devient possible de le vivre, même avec ceux pour qui nous n'éprouvons pas d'attirance particulière.

Et ce que nous redit Jésus, c’est que notre fidélité à ce commandement est essentielle, puisque c'est à cela que nos communautés seront jugées. Nous le savons bien : nous sommes toujours choqués quand quelqu’un tient des beaux discours et quand nous voyons qu’en réalité, il ne vit pas en accord avec ce qu’il dit. C’est vrai pour tout le monde, et c’est vrai aussi pour la communauté chrétienne. Nous parlons beaucoup d’amour, de pardon, de paix, de solidarité : est-ce que nous ne faisons que parler, ou bien est-ce que nous essayons aussi de mettre tout cela en actes ?

Jusqu’où va mon amour chrétien ? Seulement jusqu’à ceux qui m’aime, ceux qui me ressemble, ceux qui pense comme moi ? Alors je ne fais rien de mieux que les autres : aimer ceux qui nous aiment, c’est le réflexe naturel de l’homme, rien de chrétien là dedans ! Ce qui est chrétien, c’est essayer d’aimer au-delà de mon groupe d’ami ou de ma famille.

Demandons au Seigneur de nous y aider, et prenons chacun dans notre cœur la décision d’avancer sur ce chemin.

Amen.

David Journault †

vendredi 15 mars 2013

Homélie du 24 février 2013 - 2e dimanche de Carême C


Église St Siméon – L’Huisserie – 23/02/13 – 18h30
Église Ste Marie-Madeleine – Forcé – 24/02/13 – 10h30
2ème dimanche de Carême C

(Textes :Gn 15,5-12.17-18 – Ps 26(27) – Ph 3,17-21 – 4,1 – Lc 9,28b-36)


Mot d’accueil :

Frères et sœurs,
Comme Pierre, Jacques et Jean sur le mont de la Transfiguration, nous sommes venus ce matin, appelés, invités, par le Christ. Pendant ce Carême, accueillons avec un cœur ouvert et disponible à l’inattendu le Christ qui veut se révéler à nous.

Homélie :

Frères et sœurs,

Je ne sais pas à quoi pensaient Pierre, Jacques et Jean en se réveillant ce matin là… voilà plusieurs mois qu’ils suivent Jésus, qu’ils écoutent son enseignement, sans toujours tout comprendre, c’est le moins qu’on puisse dire. Ce qui est sûr, c’est que ce Jésus n’est pas un homme comme les autres : il fait de grands miracles, des guérisons,… et puis, sa parole, ses paroles… ce n’est pas juste du commentaire des Écritures, comme les autres rabbis… non, sa parole, c’est du feu ! 

Au point que, quand Jésus leur a demandé : « Pour vous, qui suis-je ? », Pierre s’est laissé aller à dire quelque chose d’extraordinaire, d’inouï : « Tu es le Messie de Dieu ! » 

Jamais il n’aurait dû dire cela : Jésus ne ressemble vraiment pas au Messie d’Israël tel que les Juifs de ce temps là l’attendait. Il n’est pas descendu du ciel avec puissance et majesté, dans les flammes et les éclaires… non, il est venu dans le monde comme un homme, ordinaire en apparence… il n’y a pas si longtemps de cela nous avons célébré la fête de Noël, où nous faisons mémoire de cette humble venue de Dieu en l’Enfant-Jésus, dans la crèche.

Mais aujourd’hui, huit jours après cette profession de foi, alors que Jésus estime probablement que Pierre, Jacques et Jean sont suffisamment avancés sur leur chemin de foi, Il se révèle à eux dans toute sa splendeur de Fils de Dieu, Lumière, née de la Lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu. Son visage apparaît tout autre, ses vêtements revêtent une blancheur éclatante, et Moïse et Élie apparaissent à ses côtés. La Loi, représentée par Moïse, et les Prophètes, représentés par Élie, se trouvent réunis, ils trouvent leur aboutissement, leur accomplissement, en Jésus, le Christ. La Nouvelle Alliance en Jésus vient porter à sa perfection la Première Alliance. C’est comme une confirmation éclatante pour la foi des trois disciples.

Pierre, Jacques et Jean ont d’ailleurs été les témoins privilégiés de plusieurs moments clés de la vie de Jésus : appelés ensembles, avec André, le frère de Pierre, ils seront là lors de la résurrection de la fille de Jaïre, ils seront là à la Transfiguration, et ils seront là, à Gethsémani, alors que Jésus vit l’épreuve de l’angoisse et de la peur… Toujours est-il que ces moments clés dessinent comme un portrait de Jésus sur lequel ils pourront appuyer leur foi : Jésus, c’est celui qui redonne vie, qui ressuscité la fille de Jaïre, Jésus, c’est celui qui est apparut dans l’éclatante blancheur de se divinité, entouré de la Loi et des Prophètes, Jésus, c’est celui qui a peur devant l’épreuve mais qui finalement accepte de se donner totalement pour racheter l’humanité.

Rien de bien nouveau peut-être pour nous, qui sommes convaincus et sûrs de notre foi… Mais notre foi, qu’en faisons-nous ? Saint Paul, dans ce passage très “énergique” de la lettre aux Philippiens nous donne à la fois un conseil et un avertissement : « beaucoup de gens vivent en ennemis de la croix du Christ. » A première vue, si nous sommes là ce soir/matin, rassemblés pour l’eucharistie, c’est que nous ne devons pas être des ennemis de la croix du Christ… Que dit saint Paul ? « Leur dieu, c’est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne tendent que vers les choses de la terre. » Aïe ! Il y aurait donc un lien, selon saint Paul, entre le fait d’être fortement attachés aux choses de la terre et le fait de vivre en ennemis de la croix du Christ… ?

Vivre en ennemi de la croix du Christ, c’est faire passer les choses matérielles avant le spirituel, c’est définir son bonheur en termes de revenus ou de réussite sociale, c’est faire passer son ventre avant son âme… Le temps du Carême est là pour nous aider à remettre les choses dans l’ordre. Oui, nous sommes citoyens des cieux, de part notre baptême, et c’est bien notre attachement spirituel au Christ, notre union intime avec Lui qu’il nous faut d’abord rechercher. Pour reprendre la devise des Jésuites, toute notre vie doit être “Ad maiorem Dei gloriam”, “Pour la plus grande gloire de Dieu”.

Le chemin de la sainteté, c’est le chemin que nous sommes tous invités à suivre, avec la grâce de Dieu. Car nous ne pouvons pas, seuls, devenir des saints. Il s’agit donc pour nous de tout faire comme si tout dépendait de nous, et dans le même mouvement, de tout attendre de la grâce de Dieu…
Cherchons d’abord l’union intime avec Dieu, et tout nous sera donné en surcroît.

Amen.

David Journault †

jeudi 28 février 2013

Benoît XVI : L'oeuvre accomplie par le Concile

Extrait du discours de Benoît XVI à la Curie romaine, le 22 décembre 2005 :
"Quarante ans après le Concile, nous pouvons révéler que l'aspect positif est plus grand et plus vivant que ce qu'il pouvait apparaître dans l'agitation des années qui ont suivi 1968. Aujourd'hui, nous voyons que la bonne semence, même si elle se développe lentement, croît toutefois et que croît également notre profonde gratitude pour l'oeuvre accomplie par le Concile . [...]
Le concile Vatican II, avec la nouvelle définition de la relation entre la foi de l'Eglise et certains éléments essentiels de la pensée moderne, a revisité ou également corrigé certaines décisions historiques, mais dans cette apparente discontinuité, il a en revanche maintenu et approfondi sa nature intime et sa véritable identité. L'Eglise est, aussi bien avant qu'après le Concile, la même Eglise une, sainte, catholique et apostolique, en chemin à travers les temps."

Benoît XVI : La foi n'est pas contraire à la raison

Extrait du discours de Benoît XVI à la Commission Théologique Internationale, le 5 décembre 2008 :
"La première priorité de la théologie, comme l'indique déjà son nom, est de parler de Dieu, de penser Dieu. Et la théologie ne parle pas de Dieu comme d'une hypothèse de notre pensée. Elle parle de Dieu parce que Dieu lui-même a parlé avec nous. Le véritable travail de la théologie consiste à entrer dans la parole de Dieu, à chercher à la comprendre dans la mesure du possible et à la faire comprendre à notre monde, et à trouver ainsi les réponses à nos grandes questions. Dans ce travail, il apparaît également que la foi non seulement n'est pas contraire à la raison, mais qu'elle ouvre les yeux de la raison, élargit notre horizon et nous permet de trouver les réponses nécessaires aux défis des diverses époques."

vendredi 15 février 2013

Benoît XVI parle du Concile Vatican II (15/02/2013)

Benoît XVI, le jour de son élection.
Je recopie ici un extrait du bulletin d'information du Vatican de ce jour. Hier, le Saint Père a recontré le clergé du diocèse de Rome, et ce qu'il leur a dit est très intéressant, je trouve, en particulier le dernier paragraphe.


Cité du Vatican, 15 février 2013 (VIS). Hier, dans le cadre de sa rencontre avec les curés de Rome et le clergé résidant dans le diocèse, Benoît XVI a longuement évoqué le Concile Vatican II, confiant en particulier des souvenirs personnels d'expert. Voici de larges extraits de son intervention improvisée:

Nous jeunes experts, "nous nous sommes rendus avec joie au Concile, et même avec enthousiasme car cela ouvrait une perspective incroyable. Nous espérions que tout serait rénové, une nouvelle Pentecôte, une nouvelle ère de l'Eglise". Malgré ses apparences de santé, "on sentait que l'Eglise n'avançait pas, qu'elle se repliait, qu'elle semblait plus une chose du passé qu'un instrument d'avenir. On espérait donc que le rapport au monde se renouvelle, qu'il change, que l'Eglise soit à nouveau une force pour le monde contemporain et celui à venir. Depuis le débit de l'époque moderne le rapport au monde de l'Eglise était ambigu, à commencer par l'affaire Galilée. On espérait...trouver un nouveau lien entre l'Eglise et le mieux des forces de la société, en vue d'offrir à l'humanité un progrès authentique". On commença par faire connaissance les uns des autres, ce qui n'était pas acquis d'avance. "Ce fut déjà une expérience de l'universalité de l'Eglise et de ses réalités, d'une Eglise qui ne reçoit pas seulement des instructions d'en haut, mais avance de toute manière sous la conduite du Successeur de Pierre". Les questions avancées par les pères conciliaires étaient la liturgie, la Parole, la Révélation et l'oecuménisme. "Rétrospectivement, j'estime qu'il était très positif de commencer par la liturgie, avec le primat de Dieu et de l'adoration". Le Concile a parlé de Dieu, et ce sujet fut son premier soucis: "Ouvrir...le peuple des fidèles à l'adoration de Dieu dans la célébration communautaire de l'Eucharistie". S'est alors posé la question de l'intelligibilité de la liturgie: "Plutôt que de rester close dans une langue oubliée et non parlée, elle devait activement vécue. Malheureusement ce point a été victime de malentendus". Mais il y avait un second point relatif à l’Eglise: "On voulait dire et comprendre que l'Eglise n'est pas seulement une organisation, quelque chose de structurel, juridique, institutionnel, mais d'abord un organisme, une réalité vitale, qui entre dans mon âme, de sorte que moi-même, justement avec mon âme de croyant je suis un élément constructif de l'Eglise en tant que telle... L'Eglise n'est pas une structure; nous chrétiens, ensemble, sommes tous le Corps vivant de l'Eglise. Et, naturellement cela signifie que nous, le vrai nous des croyants, avec le moi du Christ constituons l'Eglise; chacun de nous, pas un nous, un groupe qui se déclare Eglise”.
“La première idée était de compléter l’ecclésiologie de façon théologique, mais en continuant aussi d'une façon structurelle c'est-à-dire au côté de la succession de Pierre, de sa fonction unique, mieux définir aussi la fonction des évêques, du corps épiscopal. Et pour cela, il s'est trouvé le mot collégialité, très discuté, avec d’intenses débats, je dirais, un peu exagérés aussi. Mais c'était le mot...pour exprimer que les évêques ensemble sont la continuation des Douze, du Corps des Apôtres. Nous avons dit: un seul évêque, celui de Rome, est le successeur d'un apôtre déterminé, Pierre.... Ainsi, le corps des évêques, le Collège, est la continuation du Corps des Douze, et il a ainsi sa nécessité, sa fonction, ses droits et devoirs”.
“Une autre question du domaine ecclésiologique a été de définir le concept de Peuple de Dieu qui implique la continuité des testaments, la continuité de l'histoire de Dieu avec le monde, avec les hommes, et qui implique aussi l’élément christologique. C’est seulement à travers la christologie que nous nous convertissons en Peuple de Dieu et ainsi les deux concepts se rejoignent. Et le Concile a décidé de créer une construction trinitaire de l’ecclésiologie: Peuple de Dieu le Père, Corps du Christ, Temple de l’Esprit Saint... Le lien entre le Peuple de Dieu et le Corps du Christ est effectivement la communion avec le Christ dans l'union eucharistique. Ainsi nous nous convertissons en Corps du Christ; c'est à dire que la relation entre le Peuple de Dieu et le Corps du Christ crée une nouvelle réalité: la communion... La question de la Révélation était encore plus conflictuelle. Il s’agissait de la relation entre Ecriture et Tradition... L'important consiste certainement en ce que les Ecritures sont la Parole de Dieu et que l'Eglise est sous l'Ecriture, elle obéit à la Parole de Dieu, et elle n'est pas au-dessus de l'Ecriture. Cependant, l'Ecriture n’est Ecriture que parce qu'il y a une Eglise vivante, son sujet vivant; sans le sujet vivant de l'Eglise, l'Ecriture est seulement un livre ouvert à différentes interprétations et ne donne pas de clarté. Dans ce sens l'intervention du Pape Paul VI a été décisive.. de proposer la formule ‘nos omnis certitudo de veritatibus fidei potest sumi ex Sacra Scriptura’, c'est-à-dire la certitude de l'Eglise sur la foi ne naît pas seulement d'un livre isolé, mais a besoin du sujet Eglise illuminé, qui apporte le Saint-Esprit. C’est seulement ainsi que l'Ecriture parle et tient toute son autorité... Et, enfin, l’œcuménisme. Je ne voudrais pas entrer maintenant dans ces problèmes, mais il était évident que, surtout après les passions subies à l'époque du nazisme, les chrétiens pouvaient trouver l'unité, ou au moins la chercher; mais il était aussi clair que Dieu seul peut donner l'unité. Et nous poursuivons encore sur ce chemin”.
“La deuxième partie du Concile a été beaucoup plus large. Le sujet est apparu avec une grande urgence: monde d'aujourd'hui, ère moderne, et Eglise, et avec les sujets de la responsabilité de la construction de ce monde, de la société, la responsabilité pour l'avenir de la planète et l'espérance eschatologique; la responsabilité éthique du chrétien...et aussi la liberté religieuse, le progrès, et la relation avec les autres religions. A ce moment, toutes les parties du Concile sont entré réellement en discussion, non seulement les Etats-Unis pour qui la liberté religieuse comptait beaucoup ... mais aussi l'Amérique latine est entrée en grande force, connaissant la misère du peuple sur un continent catholique, et la responsabilité de la foi pour la situation de ces hommes. Et ainsi, l'Afrique, l'Asie, ont également perçu la nécessité d'un dialogue interreligieux... Le grand document Gaudium et Spes a très bien analysé le problème entre eschatologie chrétienne et progrès mondain, en incluant la responsabilité de la société de demain et les responsabilités du chrétien face à l'éternité, et c’est là aussi qu’a été renouvelé l'éthique chrétienne depuis ses origines... Le fondement d'un dialogue, dans la différence, dans la diversité, dans la foi en l'unicité du Christ qui est un, et il n'est pas possible pour un croyant de penser que les religions sont des variations d’un même sujet. Non, il y a une réalité du Dieu vivant qui a parlé et c’est un Dieu, un Dieu incarné, par conséquent, une Parole de Dieu qui est réellement la Parole de Dieu. Mais il y a aussi une expérience religieuse, avec une lumière humaine déterminée sur la création et c'est pourquoi il est nécessaire et possible d'entrer dans un dialogue, et ainsi de s’ouvrir aux autres et ouvrir tous à la paix de Dieu, de tous ses enfants, et de toute sa famille".
"J'aimerais encore ajouter un troisième point: Le Concile des médias. C'était presque un Concile par lui-même, et le monde a perçu le Concile à travers eux. Le Concile des journalistes, ne s’est pas réalisé, naturellement, à l'intérieur de la foi, mais à l'intérieur des catégories des médias d’aujourd’hui, c'est-à-dire en dehors de la foi, avec une herméneutique différente... Une herméneutique politique. Pour les médias, le Concile était une lutte politique, une lutte de pouvoir entre les différents courants dans l'Eglise... Le problème était triple: le pouvoir du Pape, ensuite déplacé au pouvoir des évêques et au pouvoir de tous, la souveraineté populaire... Et il en fut de même avec la liturgie: la liturgie n'intéressait pas comme acte de foi, mais comme quelque chose où les choses deviennent compréhensibles, un type d'activité de la communauté.... Ces traductions, banalisations de l'idée du Concile, ont été virulentes dans la pratique de l'application de la réforme liturgique; elles étaient nées d'une vision du Concile en dehors de sa propre clé, celle de la foi... Nous savons combien ce Concile des médias a été accessible à tous. Par conséquent, il a été dominant, le plus efficient, et a créé tant de calamités, de problèmes et de misères... Et le vrai Concile a eu des difficultés à se concrétiser et se réaliser; le Concile virtuel était plus fort que le Concile réel. Mais la force du Concile était présente et, peu à peu, il se réalise de plus en plus et devient la vraie force, qui est, ensuite, la vraie réforme, le vrai renouvellement de l'Eglise. Il me semble qu'après cinquante ans, nous voyons comment ce Concile virtuel casse, perd et comment le vrai Concile apparaît, avec toute sa force spirituelle”.

lundi 11 février 2013

11 février 2013 : Annonce de la démission du pape Benoît XVI

Tout à l'heure, nous venons d'apprendre la décision du pape Benoît XVI de démissionner de la charge qui lui avait été confiée par les cardinaux en 2005. Notre Eglise catholique va donc devoir se donner un nouveau pape. Ce Carême 2013 va donc être un temps de prière plus intense pour l'Eglise et pour demander à l'Esprit Saint de nous donner le pape qu'il faut aujourd'hui à l'Eglise catholique. Personnellement, je ne m'attendais nullement à ce que Benoît XVI prenne cette décision, mais je salue le grand pape qu'il est, son courage, la profondeur de sa pensée et sa largeur de vue. Il a bien guidé l'Eglise depuis 2005 dans un contexte très difficile.

Ci-dessous, je reproduis le texte exacte de sa déclaration de ce matin :
DECLARATION


Frères très chers,
Je vous ai convoqués à ce Consistoire non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Eglise. Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière. Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Evangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié. C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Evêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire.
Frères très chers, du fond du cœur je vous remercie pour tout l’amour et le travail avec lequel vous avez porté avec moi le poids de mon ministère et je demande pardon pour tous mes défauts. Maintenant, confions la Sainte Eglise de Dieu au soin de son Souverain Pasteur, Notre Seigneur Jésus-Christ, et implorons sa sainte Mère, Marie, afin qu’elle assiste de sa bonté maternelle les Pères Cardinaux dans l’élection du Souverain Pontife. Quant à moi, puissé-je servir de tout cœur, aussi dans l’avenir, la Sainte Eglise de Dieu par une vie consacrée à la prière.
 BENEDICTUS PP XVI

© Copyright 2013 - Libreria Editrice Vaticana

jeudi 31 janvier 2013

Une prière du Cardinal Newman

Seigneur, tant de fois, je vous ai promis de ne jamais me séparer de vous, tant de fois vous m'avez inspiré le goût de faire en perfection votre sainte volonté.

Une fois de plus j'ai été faible, je ne vous ai pas pris au sérieux, j'ai suivi les caprices de ma volonté.

Pardon, Seigneur, pour mes infidélités toujours les mêmes, et tristes et monotones, qui me mettent en danger de vous offenser plus gravement.

Tant de grâces que j'ai refusées par légèreté, pour moi et pour les autres et pour toute l'Église.

Je suis ce membre languissant qui fait souffrir tout votre corps mystique.

Seigneur, vous ne voulez pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive.

Montrez à mon égard votre patience inlassable. Raffermissez mon espérance, ma foi, mon amour.

Que chaque jour je vous témoigne plus parfaitement ma reconnaissance, par une vie en tout conforme à votre sainte volonté.

Bienheureux Cardinal John  Henri Newman (21/02/1801-11/08/1890)

samedi 19 janvier 2013

A-Dieu Père Venet !

Photo du P. Venet devant l'église de Sihanouk Ville
(source : Facebook Sovanna Ly)

J'apprends ce matin le décès du P. Robert Venet, des Missions Etrangères de Paris. 

Un grand homme qui a eu un rôle important dans ma vocation. Lors de mon 25e anniversaire, j'ai pris un temps de retraite à ces côtés, dans son presbytère de Kompong Som (Sihanouk Ville). Ce furent des jours essentiels qui me permirent d'ouvrir mon coeur à l'appel du Seigneur.

Je reste marqué par son caractère très fort (comme quoi on peut être prêtre et avoir un fort caractère...), ses emportements, sa fougue malgré son âge avancé, mais aussi sa douceur et son dévouement envers les gens, spécialement les enfants, son don total de lui-même à Dieu et au peuple cambodgien. Un grand homme qui a été fidèle, que ce soit au Cambodge, puis dans les camps de réfugiés, à nouveau au Cambodge et enfin pendant ses dernières années en France.

"Bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître" (Mt 25,23)


Les messes dans ma paroisse

Retrouvez tous les horaires des célébrations sur egliseinfo.catholique.fr