"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

Musique et autres nouveautés...

Vous pouvez aussi retrouver en bas de page les horaires des messes de ma paroisse...

mardi 25 décembre 2012

Noël

Le Fils de Dieu est né dans le monde... Joie au ciel, exulte la terre !

samedi 22 décembre 2012

Le ménage à St Pierre de Rome...

C'est sûr que c'est un peu plus acrobatique que dans nos églises paroissiales !
Au passage, merci à celles et ceux qui rendent ce beau service dans toutes nos églises...

jeudi 20 décembre 2012

Informations et bulletin paroissial

Vous pouvez trouver ci-dessous les liens pour consulter et/ou télécharger la feuille d'information mensuelle et le bulletin paroissial de Noël de ma paroisse :
- Feuille "Tissons des liens" de décembre
- Bulletin paroissial de Noël

Message de Noël de sa Béatitude Mgr Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem

JÉRUSALEM - Sa Béatitude Mgr Fouad Twal, en présence de ses vicaires patriarcaux, a donné son message de Noël lors de la conférence de presse qui s’est tenu le jeudi 20 décembre 2012 au Patriarcat latin de Jérusalem. Il a ensuite répondu aux questions des journalistes. Retrouver l'original du message ici.


Message de Noël aux journalistes – 20 décembre 2012



Chers amis, chers habitants de la Terre Sainte, chers migrants, je vous souhaite un bon Noël avec les personnes que vous aimez.
Chers amis journalistes, en vous accueillant ce matin je veux vous remercier pour votre travail. Je vous souhaite de toujours l’accomplir avec intelligence et vérité. Les derniers évènements qui nous ont secoués – je pense à Gaza – ont montré le courage de certains d’entre vous. Recevez notre respect.
En cette fin d’année, je dois reconnaître avec vous que le bilan 2012 est mitigé. Il y a eu de bonnes nouvelles et d’autres moins bonnes.

Dialogues interreligieux 

1. Les 50 ans de Vatican II sont une occasion de faire un examen de conscience dans notre dialogue avec le Judaïsme et l’Islam. Le séminaire qui a réuni en avril le conseil Pontifical des Communications Sociales et le Conseil des Patriarches Catholiques d’Orient a rappelé que les médias qui ont joué un si grand rôle dans les révolutions arabes, doivent être pour les citoyens chrétiens un moyen d’assumer leur rôle historique dans leurs pays respectifs avec leurs valeurs de non-violence, et appeler au dialogue avec les autres croyants des autres religions. Nous sommes minoritaires mais nous ne nous résumons pas à un chiffre. 
2. Les initiatives interreligieuses ont été nombreuses et je remercie tous ceux qui en ont été les protagonistes. Mais ces rencontres n’ont pas empêché la montée d’un certain radicalisme religieux. Mi-novembre, le Conseil des chefs religieux d’Israël s’est réuni à Haïfa en présence du Président de l’Etat d’Israël qui a rappelé que les chefs religieux peuvent aider à la paix s’ils travaillent ensemble. Un communiqué final insiste sur l’importance du respect des Lieux Saints et des cimetières de chaque religion. 
3. Le dialogue interreligieux ne peut porter ses fruits que dans des actes de respect réciproques. Je redis ma profonde consternation face à toutes les profanations de nos couvents et églises, synagogues et mosquées qui offensent chacun. Il faut prendre le mal à sa racine : l’éducation des jeunes dans toutes les écoles. 

Œcuménisme

En cette fin d’année, pensons à ce qui nous unit entre chrétiens : 
1. La visite du Patriarche orthodoxe russe, Kirill de Moscou, en Terre Sainte début novembre reste un très bon souvenir. Sa venue a été l’occasion d’encourager un meilleur rapprochement des chrétiens, et de mettre en valeur la présence chrétienne à Jérusalem et en Terre Sainte. 
2. Un autre motif de joie concerne la date de Pâques. Cette année l’Assemblée des Ordinaires a décidé que la Pâques des catholiques serait fêtée selon le calendrier julien : le 5 mai (sauf à Jérusalem et dans la région de Bethléem en raison du Statu Quo et de l’afflux des pèlerins). Un décret doit être approuvé par le Saint-Siège pour établir définitivement cette mesure dès 2014. 
3. Pour l’intronisation du Pape copte Tawadros II, au Caire, plusieurs délégations chrétiennes, orthodoxes, catholiques et protestantes étaient présentes avec un sentiment œcuménique et pour exprimer notre soutien au nouvel élu qui arrive à un moment historique très critique. 

Conjoncture historique et politique locale 

1. La situation au Moyen-Orient nous laisse perplexes. Tant de préoccupations et de questions se posent. Nous souhaitons plus de stabilité et de démocratie. La joie de Noël est ternie devant la violence ahurissante en Syrie. Nous sommes pleins de compassion pour les victimes et notre Eglise participe activement à l’accueil des 250 000 réfugiés syriens en Jordanie. Nous prions d’ailleurs pour que la Jordanie garde son équilibre et le bons sens qu’elle a toujours eus. 
2. La décision de l’Assemblée générale de l’ONU par laquelle la Palestine est devenue un Etat observateur est un pas vers la paix et la stabilisation de la région. Israël pourra traiter d’égal à égal avec un autre Etat pour le bien de tous. Il est urgent de trouver une « solution juste et pacifique à la question palestinienne » jugée comme à l’origine de tous les conflits de la Région par les Patriarches et les évêques catholiques au Moyen-Orient réunis au Liban, début décembre. Le second et dernier mandat de Barak Obama doit le conduire dès maintenant à agir pour la solution de deux Etats. 
3. Le 16 décembre je me suis rendu à Gaza, et je dénonce cet embargo qui rend inhumaine la vie quotidienne d’1,6 million de personnes, en fomentant des sentiments d’hostilité permanente envers Israël. 

Notre Eglise et les flux migratoires 

1. Globalement, l’émigration chrétienne semble ralentir. L’Eglise essaie de mettre à disposition des logements, elle aide les jeunes à se former pour mieux trouver un travail et, surtout, elle répand une culture et une pastorale de l’enracinement : être citoyen de Terre Sainte est une vocation qui comporte des sacrifices et des défis. 
2. Sur le plan de l’immigration, notre diocèse accueille de nombreux immigrants. La majorité de ces immigrés sont chrétiens. L’Eglise se sent très proche de ces fidèles et n’hésite pas à s’insurger quand cette communauté se sent agressée comme ce fut le cas au Sinaï et à Tel Aviv cette année. Il y a un besoin urgent de coordination entre l’Eglise, l’Etat et les ONG. 

Avenir et projets 

L’Eglise joue un rôle clef dans le dialogue interreligieux et l’éducation. C’est pourquoi nous donnons tant d’efforts pour notre université à Madaba. L’inauguration de la nouvelle école à Rameh avec le cardinal Edwin O’Brien, grand maître de l’Ordre du Saint-Sépulcre, et celle de l’église Stella Maris à Aqaba ont montré de belles réalisations. 

Conclusion 

J’encourage notre peuple de fidèles à vivre sérieusement l’Année de la foi en mettant en pratique les enseignements de l’Exhortation apostolique post-synodale « Ecclesia in Medio Oriente », et le programme lancé par le Patriarcat. La première communauté de Jérusalem peut servir de modèle pour renouveler l’actuelle communauté chrétienne : il faut revenir aux sources, revenir à Jérusalem. 
Quelques rendez-vous pour l’année 2013 : 
- Fin avril, une conférence internationale sur le Pape Jean XXIII qui est à l’origine du document Nostra Aetate, aura lieu ici à Jerusalem. Vont participer à cette conférence des rabbins amis et des professeurs éminents ; 
- A Rio, cet été, pour les JMJ où nos jeunes se rendront avec joie. 
Noël est une belle occasion de réjouissances à partager et de reconnaissance à manifester. Je pense notamment à tous nos frères et sœurs religieux et religieuses qui, dans leurs charismes, leurs vocations, leurs prières, nous aident dans la mission qui nous incombe.
Je vous remercie. Joyeux Noël à tous. 
+ Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem

vendredi 7 décembre 2012

dimanche 2 décembre 2012

Homélie du 2 décembre 2012 - 1er dimanche de l'Avent C


Église St Siméon – L’Huisserie – 1/12/12 – 18h30
Messe des collégiens
Église St Georges – Montigné – 2/12/12 – 10h30
Messe des familles
1er dimanche de l’Avent C

(Textes : Jr 33,14-16 – Ps 24 – 1Th 3,12-4,2 – Lc 21,25-28.34-36)


Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Pour cette entrée dans le temps de l’Avent et dans la nouvelle année liturgique, les textes de l’Écriture que nous allons entendre nous appelle à nous préparer et à tenir bon dans la foi, quelles que soient les épreuves et les difficultés. En s’incarnant et en venant au milieu de nous, le Christ a fait la plus grande part du chemin vers nous. Marchons résolument vers Lui.

[Messe des familles]
Les enfants qui sont ensemble depuis une heure déjà ont pris le temps de réfléchir autour de la belle prière du “Gloire à Dieu”, cette prière que nous ne chanterons pas pendant le temps de l’Avent, pour mieux y exprimer notre joie dans la nuit de Noël !

Homélie :

Frères et sœurs,

Je ne sais pas pour vous, mais les paroles de Jésus dans l’évangile de ce jour ne sont pas celles que j’entends avec le plus de joie ! Elles peuvent même faire froid dans le dos… Il semble bien que la venue du Seigneur aux derniers jours sera précédée de toutes sortes de signes.

Mais que pouvons nous bien faire, nous ? La réponse est dans les lectures de ce jour : il faut nous préparer à cette rencontre avec le Christ. Nous n’en connaissons ni le jour ni l’heure, contrairement à ce qu’on nous annonce, et nous ne savons pas comment se passera cette rencontre, mais ce que nous savons, c’est que dans notre existence présente, nous sommes appelés à la sainteté, c’est-à-dire à une vie de proximité, d’intimité, de communion avec Dieu, par la prière, par l’attention que nous portons aux autres, par la façon dont nous nous comportons les uns avec les autres, et par notre attention à la Parole de Dieu.

Chaque fois que nous célébrons l’eucharistie, au moment de l’anamnèse, juste après que le prêtre ait élevé le calice, la coupe de vin, nous proclamons notre foi et notre attente : « Il est grand le mystère de la foi. Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. »  
En tant que chrétiens, nous croyons que le Christ, le Fils de Dieu qui est venu vivre au milieu des hommes il y a 2000 ans, reviendra à la fin des temps, au terme de l’existence du monde tel que nous le connaissons. Ainsi, nous sommes appelés par le Christ à vivre cette attente de façon active : « Tenez-vous sur vos gardes, de peur que votre cœur ne s’alourdisse […] Restez éveillés et priez en tout temps… » 

Pour prendre une image, vous savez que j’aime bien ça, parlons de peinture. Est-ce que certains parmi nous font de la peinture sur toile ? Eh bien, la préparation de notre rencontre définitive avec le Seigneur doit être comme la sous-couche du tableau de notre vie : avant de peindre un tableau, il faut préparer le support pour que la création tienne bien, soit belle et puisse durer. Sur la toile de notre existence, nous sommes appelés à faire de nos vies une œuvre d’art qui soit une louange à l’amour de Dieu. Et ce qui soutient tout cela, ce qui est le support de nos vies, c’est l’attente active, l’espérance de rencontrer le Seigneur face à face.

Cette attente active, elle peut se vivre de façon toute simple, au jour le jour, par des petits gestes, des attentions, des services, des visites… et c’est cela que nous voudrions rassembler dans le « Livre des Merveilles » de la paroisse que nous souhaitons réaliser pendant ce temps de l’Avent.

A la fin de cette messe, vous repartirez avec une feuille qui vous sera distribuée. Sur cette feuille, vous êtes invités à raconter vos coups d’cœur, vos coups d’pouce, vos coups d’main… racontez un service que vous rendez, dont vous êtes témoin ou dont vous êtes bénéficiaire. Nous voulons offrir tout cela au Seigneur comme un bouquet de belles fleurs.

Ces feuilles complétées, signées ou anonymes, seront à rapporter aux messes de l’Avent ou, en dehors des messes, à déposer près des crèches de nos églises dans une boîte disposée à cet effet. Nous offrirons symboliquement au Seigneur le livre réalisé avec tous ces témoignages au cours de la messe de l’Épiphanie.
Racontons-nous les uns aux autres comment nous vivons l’attente active de la venue du Seigneur.

Amen.

David Journault †

vendredi 30 novembre 2012

Debout ! Le Seigneur vient !

Christ de la Chapelle Saint-Crépin, Basilique d'Évron
(mon image d'ordination)


Debout ! Le Seigneur vient !
Une voix prophétique
A surgi du désert.
Un désir, une attente
Ont mûri nos esprits.
Préparons-nous !

Debout ! Le Seigneur vient !
La Parole s'infiltre,
Elle ébranle nos coeurs.
Et voici le Royaume,
Il approche, il est là.
Réveillons-nous !

Debout ! Le Seigneur vient !
L'espérance nouvelle
Entre à flots dans nos vies.
Son mystère féconde
Un silence de foi.
Purifions-nous !

Debout ! Le Seigneur vient !
Bienheureux les convives
Au festin de l'amour.
Dieu lui-même s'invite
Et nous verse la joie.
Rassemblons-nous !

Le Seigneur vient!

Hymne pour le temps de l'Avent, Sr Marie-Claire (CFC-CNPL)

jeudi 15 novembre 2012

Mariage homosexuel : "Le courage d'une pensée alternative"

Je reproduit ici un éditorial de "L'Osservatore Romano" publié par Lucetta Scaraffia le 10 novembre 2012.



En Espagne a été confirmée la loi qui autorise le mariage entre homosexuels; en France, le Conseil des ministres a approuvé le mariage homosexuel et l’adoption d’enfants pour les couples homosexuels. La même possibilité a été accordée dans le Maryland et dans le Maine. On dirait en somme que l’Eglise, au moins sur ce plan, est vouée à l’échec.
Mais il n’en est rien. Tandis qu’en Espagne, au moment de la décision, l’Eglise s’est fortement opposée, mais sans résultats, aujourd’hui, la situation est très différente dans les pays où le mariage homosexuel est en voie d’obtenir, ou vient d’obtenir, une reconnaissance juridique. En effet, dans l’opinion publique, se font jour des opinions contraires, même de la part de journalistes et d’intellectuels qui ne sont pas proches de l’Eglise. Et, pour susciter cette opposition n’a sans doute pas été inutile l’effort des catholiques, qui ont réfléchi sur la situation et affiné leurs raisons.
Le cas de la Grande-Bretagne est exemplaire, où les agences catholiques pour les adoptions ont affronté une dure et longue bataille légale afin que soit reconnu leur droit de ne pas accorder l’adoption à des couples homosexuels. Après avoir perdu, elles ont préféré fermer plutôt que se soumettre à cette obligation, suscitant des polémiques mais gagnant également l’admiration, comme cela arrive toujours à ceux qui se battent pour la liberté. Et leur combat a rendu évident à tous qu’il ne s’agit pas de progrès, mais plutôt d’un conflit qui, dans ces cas, voit l’échec de l’une des libertés constitutives de l’Etat moderne, celle religieuse.
Une situation qui a été soulignée également par l’Eglise aux Etats-Unis, lorsque la réforme médicale de Barack Obama a obligé les institutions catholiques à fournir une couverture d’assurance pour la contraception et l’avortement. Limiter la liberté religieuse dans un pays fondé précisément par des colons s’y étant réfugiés pour pratiquer librement leur foi est véritablement une dangereuse contradiction.
Les catholiques jouent donc un rôle fondamental de sentinelles de la liberté religieuse et de pensée. En effet, ce sont les seuls à avoir le courage et la force de s’opposer à une idéologie, fondée sur le politiquement correct, qui envahit toutes les cultures du monde, grâce notamment à l’appui qu’elle obtient des Nations unies. A la fin du mois d’octobre, dans une réunion de consultation de l’Onu Mujeres, on a attribué à l’Eglise catholique le ralentissement de la libération de la femme qui, pour de nombreux responsables des Nations unies, s’identifie avec les «droits de reproduction» ou, pour le dire de façon plus claire, avec l’avortement. Un dangereux aplanissement du féminisme, une réduction de la femme à son corps, à son destin biologique, ainsi qu’un péché contre la vie.
L’Eglise est l’unique institution qui souligne que, s’il est indubitablement injuste de persécuter les homosexuels, s’opposer au mariage entre personnes du même sexe ne constitue pas un acte offensif, mais un point de vue qui doit être respecté. Il en va de même pour l’opposition à l’avortement. Il ne s’agit pas d’une atteinte aux droits de l’homme, mais de la défense d’une structure sociale — la famille hétérosexuelle — qui a constitué le fondement, jusqu’à aujourd’hui, de toutes les sociétés humaines.
L’Eglise se présente ainsi comme l’unique regard critique sur la modernité, l’unique frein (le katèchon de la deuxième lettre aux Thessaloniciens) à la désintégration de la structure anthropologique sur laquelle s’est fondée la société humaine. L’unique institution, donc, qui a le courage de demeurer fidèle à la vérité, de se refuser de recouvrir du voile de l’idéologie une réalité naturelle évidente, parce que sa grandeur consiste dans le refus de tromper les êtres humains.
En France, le débat est ouvert, et l’Eglise n’est pas la seule à avancer des doutes et des contrariétés face à cette loi approuvée par le Conseil des ministres. Cela a été fait ouvertement par des philosophes, des psychanalystes et des juristes, ainsi que par des hommes politiques de tous les partis: avant de réaliser cette révolution anthropologique, dont les conséquences ne sont pas mesurables, réfléchissons encore, discutons.
Et voici alors que l’Eglise n’apparaît plus dans le rôle — auquel de nombreuses personnes veulent la réduire — de l’ennemi de la modernité, mais dans celui de défenseur de l’humain, capable de mettre en garde les personnes contre des choix erronés. Parce que la foi chrétienne est incarnée dans l’histoire, et participe à l’histoire sous forme de jugement perpétuel du monde.

samedi 3 novembre 2012

Homélie du 2 novembre 2012 - Commémoration des Fidèles Défunts


Église St Siméon – L’Huisserie – 2/11/2012 – 19h
Commémoration des fidèles défunts


(Textes : Is 25,6a.7-9 – Ps 24(25)  – 1Th 4,13-14.17d-18 – Lc 24,13-35)

Cimetière marin de Sète (Hérault)
Homélie :

Frères et sœurs,

En ce jour où nous faisons mémoire de nos défunts, nous avons vu dans l’Évangile comment le Christ chemine à nos côtés, aux côtés de toute personne.

Ces deux disciples du Christ viennent de quitter Jérusalem après y avoir vécu sans doute la semaine la plus éprouvante de leur vie, celle qui a vu à la fois l’exaltation et la mise à mort de leur maître, Jésus. Ils cheminent vers le village d’Emmaüs, tout absorbés dans leur tristesse, et ils ne réalisent pas que l’homme qui les rejoint sur la route est leur maître, Jésus. Sur la route, ils vont parler ensemble, et Jésus va être patiemment à leurs côtés, mais sans qu’ils le reconnaissent. Il faudra un déclic, le partage du repas où Jésus refait les gestes de son dernier repas, pour qu’ils le reconnaissent.

Contemplons l’attitude du Christ vis-à-vis des ces deux hommes. Tout d’abord, il les rejoint sur la route, là où ils en sont, et il se met à marcher au même pas qu’eux : il s’adapte à eux. Ensuite, il va les faire parler, les amener à exprimer ce qu’ils ont sur le cœur et qu’ils ressassent. Puis il va venir à leur secours en donnant sens à ce qu’ils vivent. Car à la douleur de la perte de celui qu’ils aiment, s’ajoute pour Cléophas et son compagnon l’incompréhension. Ils ont d’autant plus de mal à accepter la mort du Christ qu’ils ne comprennent pas le sens que cette mort peut avoir… et nous sommes comme eux !

Et le Christ ne va pas d’abord se faire reconnaître et leur dire : « Ne soyez plus dans la peine, c’est moi, je suis ressuscité ! » Non, il va prendre le temps de leur permettre de faire leur cheminement à travers l’Écriture pour qu’ils comprennent où sa vie vient prendre place dans le projet de Dieu. Ce n’est qu’une fois qu’ils auront suivi cette “catéchèse accélérée” qu’ils pourront vivre le partage du pain et qu’ils reconnaîtront en leur compagnon de route leur Seigneur et maître.

Suite à cette reconnaissance, ils ne restent pas sur place, et tout habités de la joie de cette rencontre, ils deviennent à leur tour messagers.

Dans nos vies aussi, nous avons parfois du mal à reconnaître que le Christ est là et qu’Il marche à nos côtés, patiemment, discrètement. Il se manifeste à nous par des événements, des rencontres, des appels, des propositions. Il nous invite à toujours mieux le découvrir et le connaître, car dans cette connaissance du Christ réside la compréhension du sens de nos existences. Connaître et aimer le Christ, vivre dans sa compagnie, écouter son enseignement et partager son pain, voilà le chemin qu’il nous propose, chemin de paix et de joie.

Oui, c’est en Christ que se trouve le repos, dans cette vie comme dans la vie éternelle. Jésus, crucifié, mort sur la croix, est ressuscité et nous ouvre ainsi l’accès à la vie nouvelle auprès de Dieu. Les portes de la mort ne pouvaient retenir Celui qui est l’auteur de la Vie. Ainsi, non seulement Dieu est l’auteur de notre vie ici-bas, mais Il nous rend possible le passage à la vie nouvelle, à la vie éternelle dans le bonheur.
Frères et sœurs, demandons au Seigneur d’accueillir nos défunts auprès de Lui, et prions pour que nous ouvrions toujours plus nos vies à l’action de l’Esprit Saint en nous.

Amen.

David Journault †

mercredi 17 octobre 2012

jeudi 13 septembre 2012

Une prière du bienheureux pape Jean XXIII


Esprit Saint, notre conseiller,
achève en nous l'oeuvre commencée par Jésus.
Rends intense et continuelle la prière que nous faisons
au nom du monde entier.

Accélère en chacun de nous l'avènement
d'une profonde vie intérieure.
Donne l'élan à notre effort pour atteindre
tous les hommes et tous les peuples,
tous rachetés par le sang du Christ,
tous associés à son héritage.

Étouffe en nous la suffisance naturelle
et élève-nous jusqu'au niveau de l'humilité,
de la vraie crainte de Dieu,
du courage généreux.

Que nulle attache terrestre ne nous empêche 
de faire honneur à notre vocation,
Que nul intérêt ne puisse, par lâcheté de notre part,
étouffer les exigences de la justice.
Que les calculs ne réduisent pas aux étroitesses de nos égoïsmes 
les espaces immenses de la charité.
Que tout soit grand en nous :
la recherche et le culte de la vérité,
la promptitude au sacrifice,
jusqu'à la croix et jusqu'à la mort.

Que ton Esprit d'amour se répande sur l'Église,
sur les institutions,
sur chacun de nous et sur tous les peuples.

Bienheureux pape Jean XXIII (1881-1963),
initiateur du concile Vatican II.

dimanche 26 août 2012

Homélie du 26 août 2012 - 21e dimanche du temps ordinaire B


Église St Siméon – L’Huisserie – 25/08/12 – 18h30
Église Ste Marie-Madeleine – Forcé – 26/08/12 – 10h30
21e dimanche du temps ordinaire B

(Textes : Jos 24,1-2a.15-17.18b – Ps 33 – Ep 5,21-32 – Jn 6,60-69)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

L’évangile de ce jour nous redit quel respect total le Christ a pour la liberté de ses disciples : quand certains choisissent de le quitter, il ne les retient pas, même si son cœur saigne. À nous aussi il nous est demandé de choisir, librement, de suivre le Christ, lui qui a « les paroles de la vie éternelle ».

Homélie :

Frères et sœurs,

En ce dimanche nous poursuivons la lecture de l’évangile du pain de vie dans l’évangile selon saint Jean. 

Après s’être adressé aux foules, puis aux Juifs, nous voyons ici Jésus échanger avec ses disciples. Et le moins qu’on puisse dire c’est que cela ne se passe pas bien ! Alors que des foules se sont mises à suivre Jésus, son discours en fait fuir une partie importante. Quel échec, serions-nous tentés de penser… Mais ces gens qui tournent le dos à Jésus, à qui tournent-ils le dos ? 

C’est la logique du discours de Jésus dans laquelle ils ne parviennent pas à entrer. Ce que dit Jésus les choque car cela ne correspond sans doute pas à ce qu’ils pensaient du Christ. Et oui, le Christ ne se laisse pas enfermer dans les images que l’on a de lui, son message est toujours dérangeant. En l’occurrence, c’est à un attachement total à lui et à une fidélité à son enseignement que le Christ nous appelle. Il est le chemin vers le Père et c’est en nous attachant à sa Parole et à son exemple que nous pouvons aller vers le Royaume. 
Alors, le Christ ne retient pas ceux qui partent : il les laisse libres et peut-être reviendront-ils, après avoir méditée et comprise la parole de Jésus. Car nous ne sommes pas dispensés de penser et de réfléchir. L’adhésion au Christ n’est pas la suppression de la réflexion. Au contraire, il nous faut chercher à comprendre ce que le Christ a voulu nous dire, et comment ces enseignements peuvent être mis en œuvre aujourd’hui. Et face à ces départs, Jésus se tourne vers les Douze, le groupe des fidèles parmi les fidèles, en leur signifiant à eux aussi leur liberté. Mais tout comme le peuple d’Israël dans la première lecture, les Douze réaffirme leur foi : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. »

Un choix et une libre adhésion… c’est ce qui est à l’origine de toute relation d’amour, que ce soit avec Dieu ou dans un couple… Le passage de la lettre de Saint Paul aux Éphésiens que nous avons entendu tout à l’heure fait bien se parallèle entre la relation à Dieu et les relations humaines, et spécialement la relation conjugale. 

C’est un passage sans doute difficile car il utilise un mot que nous n’aimons pas et qui a une forte connotation négative dans notre langue : se soumettre. En invitant les chrétiens à être soumis les uns aux autres par respect pour le Christ, Paul ne réclame pas une attitude passive mais demande qu’à l’intérieur de la communauté chrétienne chacun tienne sa place en se référant à Jésus Christ. 

Mari et femme sont tous les deux soumis au Christ, comme chaque chrétien, et aussi l’un à l’autre. Ce n’est pas d’abord leur intérêt qu’ils cherchent, mais celui de leur conjoint. Paul rappelle le projet du Créateur : par amour, l’homme et la femme ne feront plus qu’un dans le mariage. Ne faire plus qu’un, par amour, en se donnant librement l’un à l’autre… C’est finalement dans l’amour du Christ pour son Église que ce projet de Dieu s’est le mieux réalisé. L’étroite union entre le Christ et l’Église devient comme la référence du mystère de l’amour, la référence du couple chrétien. Et le couple chrétien marié est aussi lui-même appelé à devenir dans le monde signe de l’amour du Christ pour son Église.

Pour terminer je vais vous relire une des prières du rituel du mariage qui nous redit bien cela :

Seigneur notre Dieu,
puisqu’en créant l’homme et la femme
tu as voulu qu’ils ne fassent plus qu’un,
attache l’un à l’autre par un amour sans partage
ceux qui vont maintenant se marier :
Donne-leur de s’aimer sans aucun égoïsme,
pour qu’ils soient au milieu de nous
un signe de ton amour.

Le Christ est pour nous le chemin de la vie et c’est en étant ses témoins nos attitudes de tous les jours, dans nos relations avec les autres, que nous rendrons grâce à Dieu.

Amen.

P. David Journault †

dimanche 19 août 2012

Homélie du 19 août 2012 - 20e dimanche du temps ordinaire B


Église St Siméon – L’Huisserie – 18/08/12 – 18h30
Église St Étienne – Origné – 19/08/12 – 10h30
20e dimanche du temps ordinaire B

(Textes : Pr 9,1-6 – Ps 33 – Ep 5,15-20 – Jn 6,51-58)


Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Aujourd’hui nous venons à la rencontre du Christ, vraie nourriture de nos vies. Que nous ayons toujours faim et soif de sa Parole et de son Eucharistie, et que jamais nous ne nous détournions de ses sacrements.

Homélie :

Frères et sœurs,

Une fois encore, les lectures que la liturgie nous donne d’entendre aujourd’hui viennent nous éclairer sur notre vie chrétienne dans la société actuelle.

La première et la deuxième lecture nous parlent de la sagesse, de la façon de bien se conduire, en homme qui plaît à Dieu. L’image du festin utilisée dans le livre des Proverbes nous montre que notre Dieu n’est pas un Dieu perfide qui voudrait nous cacher les chemins de la vie : au contraire, la Sagesse de Dieu nous invite à sa table, et pour qui accepte cette invitation, elle est une voie de salut.

Le passage de la lettre de St Paul aux Éphésiens que nous venons d’entendre convient lui aussi tout à fait au temps que nous vivons : les jours que nous vivons aujourd’hui, s’ils ne sont pas mauvais, sont pour le moins des temps troublés, des temps de questionnement, des temps de transition, que ce soit pour notre Église ou pour notre société. Nous sentons bien dans notre société des mouvements de fond qui la rendent instable et qui peuvent inquiéter. Les points de repères traditionnels ne trouvent plus vraiment d’écho dans la société, et elle semble peiner à se donner les repères indispensables à une vie commune. Dans une période troublée, St Paul nous invite à chercher, seul et en communauté, la volonté de Dieu, et à ne jamais cesser de prier et de louer le Seigneur. Chercher comment annoncer aujourd’hui, ici et maintenant, la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, telle est finalement la question que nous devons tous nous poser. 

Alors, si nous nous sentons un peu perdus, déstabilisés par cette société que nous ne comprenons plus, inquiets face à l’avenir, parce que nous ne voyons pas comment prendre notre place dans cette société, n’hésitons pas à nous tourner vers le seul point de repère qui ne peut disparaître : le Christ.

Oui, le Christ nous le redit dans l’évangile, « je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »

Quel discours étonnant ! Comment est-ce que les auditeurs de Jésus ne seraient-ils pas étonnés ? Immédiatement, comme tout chrétien un peu catéchisé, nous pensons à l’eucharistie quand nous entendons ce passage de l’Écriture. Mais est-ce que nous mesurons bien la portée de cette parole ?

Car celui qui parle est le Christ, le Fils de Dieu. Et il nous dit que manger sa chair et boire son sang sont absolument nécessaire à l’homme pour avoir la vie, la vraie vie. Nous savons bien que pour entretenir notre vie terrestre, nous devons manger et boire. Et finalement, nous passons une grande partie de notre vie à faire la cuisine, à manger, à boire, à travailler pour gagner de quoi manger, pour nous et ceux qui dépendent de nous. Les repas sont un moment essentiel pour la vie familiale et amicale. Nous consacrons donc beaucoup de temps, et c’est bien, pour nourrir notre corps. Mais le Christ nous dit que la véritable nourriture pour obtenir la vraie vie, c’est sa chair et son sang. Manger la chair et boire le sang du Christ, c’est bien sûr communier, participer à l’eucharistie. Et comme le disait St Jean-Marie Vianney : « Ne pas communier : c’est comme mourir de soif près d’une source. » 

Et la communion, elle est toujours précédée par l’écoute de la Parole : oui, être en communion avec le Christ, c’est aussi se mettre à son écoute en nous nourrissant de sa Parole. C’est aussi prier, penser à Dieu, lui parler.

L’enjeu est de taille : il s’agit de faire une place à Dieu dans notre vie pour lui permettre de demeurer en nous. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. »

Avons-nous bien conscience qu’il s’agit là d’un enjeu vital ? Nos anciens priaient systématiquement avant chaque repas, et peut-être certains d’entre nous ici ont toujours cette habitude. Cela a le mérite de permettre de ne jamais passer une journée sans s’adresser à Dieu pour le louer, le remercier, et nous remettre entre ses mains.

Alors, quand nous voyons le temps et le soin que nous prenons à nourrir notre corps mortel, prions le Seigneur qu’il nous aide à consacrer aussi du temps à nourrir notre vie spirituelle, à nourrir cette vie qui ne mourra pas.

Amen.

P. David Journault †

vendredi 17 août 2012

"La confusion des genres" de Xavier Lacroix... à lire d'urgence

Puisque j'en suis à conseiller des livres, en voilà un qui mérite le détour et d'investir quelques heures dans sa lecture.
Son auteur est philosophe, théologien, professeur d'éthique à l'Institut des sciences de la famille et à la Faculté de théologie de Lyon. Il est marié, père de trois enfants.

Dernière de couverture

"LA CONFUSION DES GENRES - Réponses à certaines demandes homosexuelles sur le mariage et l'adoption"

Sur un sujet aussi sensible que les relations familiales s'expriment aujourd'hui des revendications inédites. Le droit envisage un statut pour la vie commune entre partenaires de même sexe sur le modèle de la fondation d'une famille par un homme et une femme. " Epoux " pourrait bientôt ne plus renvoyer à " épouse ". Avec les avancées des techniques de procréation, " parents " ne signifierait plus " père et mère ", et l'on se demande s'il est nécessaire que le " père " soit de sexe masculin. Que des situations complexes existent est une chose, qu'à cause d'elles la définition de la famille doive être modifiée en est une autre. Toute différence est souvent dénoncée comme " discrimination " et la confusion s'installe entre les places, les genres et les mots. Sur des questions passionnelles, souvent idéologiques, ces pages offrent des outils d'analyse, pour favoriser un débat raisonné et serein

Informations
Éditeur : Bayard - Etudes
Année : 2005
ISBN : 9782227474895
Prix : 9,80 €

Ouvrages de référence

Bonjour,
Si vous cherchez à mieux connaître la pensée de l'Eglise sur tel ou tel sujet, à approfondir votre connaissance de la foi chrétienne, voilà quelques ouvrages qu'il est bon d'avoir dans votre bibliothèque personnelle :

Catéchisme de l'Eglise Catholique

C'est LE document de référence qui sert de base à tous les autres. Le texte n'est pas toujours très facile à comprendre, mais il est incontournable.

Plan :
Ière partie : La profession de foi = en quoi nous croyons
IIème partie : La célébration du mystère chrétien = la liturgie, les sacrements,...
IIIème partie : La vie dans le Christ = comment vivre en fidélité au Christ, éléments de morale...
IVème partie : La prière chrétienne

Informations

Éditeurs : Centurion/Cerf/Fleurus-Mame
Année : 1998
ISBN : 9782728908912
Prix : 29,50 €

Youcat

Le Youcat est le premier catéchisme conçu pour les jeunes à leur demande. Il a pour but de leur permettre de connaître et de vivre leur foi dans un langage et un style adaptés pour eux. C'est une réalisation unique en son genre publiée en quinze langues. Le Saint-Père a pris ce projet à coeur et lui a dédié une préface pleine d'encouragements.
Le Youcat expose l'ensemble de la foi catholique, conformément à sa présentation dans " Le Catéchisme de l'Eglise catholique ", sans pour autant reprendre l'intégralité de son contenu. L'ouvrage se présente sous forme de questions et de réponses, suivies de l'indication de l'article du CEC auxquelles elles renvoient. Un commentaire explicatif vise à aider les jeunes à mieux comprendre les sujets abordés et la signification qu'ils auront dans leur vie. En marge, le Youcat propose des éléments complémentaires : une iconographie, des définitions de termes, des citations de l'Ecriture sainte, de saints et de divers auteurs. A la fin de l'ouvrage, on trouvera un index permettant de se repérer.
Le pape Benoît XVI apprécie tellement ce livre qu'il a fait en sorte que chaque jeune qui a vécu les JMJ de Madrid cet été puisse en recevoir gratuitement un exemplaire.

Informations

Éditeurs : Cerf
Année : 2011
ISBN : 9782204095600
Prix : 14,00 €

Théo, l'encyclopédie catholique pour tous

Comment sont choisis les saints du calendrier ? Pourquoi y a-t-il quatre Evangiles ? Qui est Jésus pour les chrétiens ? Peut-on se dire croyant quand on doute ? Combien y a-t-il de chrétiens dans le monde ? Comment est organisé le Vatican ?... Le nouveau théo donne des réponses fiables à toutes les questions, de la plus simple à la plus profonde, sur la Bible, l'histoire religieuse, l'Eglise d'aujourd'hui et ce en quoi croient les catholiques... Avec plus de 200 000 exemplaires vendus, théo s'impose comme l'encyclopédie catholique de référence, en mettant la culture chrétienne à la portée de tous.

Informations

Éditeurs : Mame
Année : 2009
ISBN : 9782728912643
Prix : 59,00 €

Homélie du 15 août 2012 - Solennité de l'Assomption de la Vierge Marie


Église de la Trinité  – Nuillé – 14/08/12 – 20h30
Église ND de l’Assomption – 15/08/12 – 10h30
Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie B

(Textes : Ap 11,19 ; 12,1-10 – Ps 44 – 1Co 15,20-27 – Lc 1,39-56)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs, soyons dans la joie en ce jour où nous célébrons l’Assomption de la Vierge Marie : le ciel s’est ouvert pour accueillir celle par qui le Fils de Dieu est entré dans le monde. Avançons dans nos vies avec la Vierge Marie comme guide et comme modèle. Par elle, allons à Dieu.

Homélie :

Frères et sœurs,

Années après années, nous nous rassemblons pour célébrer l’Assomption de la Vierge Marie, comme l’une des grandes solennités de l’année chrétienne. Marie tient une place toute particulière dans la vie de l’Église et dans nos vies, elle que le Christ nous a donnée comme notre mère, elle que le Concile Vatican II a nommée “Mère de l’Église”.

Mais revenons un peu sur ce que nous célébrons aujourd’hui. En 1950, le pape Pie XII a déclaré comme vérité de foi que, je cite : « Au terme de sa vie terrestre, l’Immaculée Mère de Dieu a été élevée en son corps et en son âme à la gloire du ciel ». Depuis bien longtemps, c’était une conviction largement répandue dans l’Église que le Seigneur n’avait pu laisser le corps qui avait porté son Fils connaître la nuit du tombeau. Cette grâce unique accordée par Dieu à Marie, elle est liée au « oui » que Marie a prononcé au jour de l’Annonciation. Et cette grâce est une anticipation de ce que vivrons tous les sauvés au jour de la résurrection.

Marie est donc cette femme exceptionnelle, unique, la Mère du Christ, et notre Mère. Marie est cette jeune femme courageuse et déterminée qui, à l’invitation de Dieu transmise par l’ange, accepte la mission que Dieu lui confie, même si cela vient bouleverser toute son existence et même mettre sa vie en danger. Marie est celle qui prend la route pour aller à la rencontre de sa cousine Élisabeth, elle aussi miraculeusement enceinte. Et le chant de louange du Magnificat jailli de la rencontre de ces deux femmes, de la rencontre aussi de Jean-Baptiste et du Christ, encore tous les deux dans le sein de leurs mères. 

Les Écritures ne nous disent finalement pas beaucoup de choses à propos de Marie, et la tradition, notamment dans les évangiles apocryphes, a été tentée de « combler » les manques. De ces éléments de la Tradition, l’Église retient précieusement par exemple les noms des parents de Marie, Anne et Joachim, ou encore la fête de la Présentation de Marie au Temple. Nous retenons aussi cette foi en l’Assomption, ou comme l’appelle nos frères orthodoxes : la Dormition de la Vierge. Cette foi de l’Église est attestée depuis au moins le VIIIe siècle, et elle est tout à fait en harmonie avec le parcours unique de Marie, cette jeune femme de Nazareth, comblée de grâce, choisie par Dieu, préparée dès sa conception pour accomplir dans le monde la mission de nous donner le Fils de Dieu.

Lorsque le Christ meure sur la croix, bien peut nombreux sont ceux qui ne l’ont pas abandonnés. Au pied de la croix, voyant Marie et le disciple qu’il aimait, Jésus les confie l’un à l’autre. Ce don que le Christ fait de sa mère à son disciple est comme l’origine de la maternité de Marie envers chacune et chacun d’entre nous. Héritiers du Disciple bien-aimé, héritiers du Christ lui-même, nous avons reçue Marie comme notre Mère du Ciel.

N’hésitons pas à nous confier à elle pour qu’elle porte nos prières devant le Seigneur, mais soyons bien justes dans nos prières. C’est bien Dieu seul que nous prions, car c’est bien Dieu seul qui donne la grâce et qui peut exaucer nos prières. Marie n’exauce rien par elle-même, et il nous faut être prudents dans la façon de nous adresser à Marie. Même si nous parlons de “prière à Marie” ou que nous disons dans tel ou tel chant “nous te prions”, n’oublions jamais que nous prions Dieu seul, par l’intercession de la Vierge Marie, c’est-à-dire en demandant à Marie de prier pour nous son Fils qui a le pouvoir de nous exaucer. Marie n’est pas la 4e de la Trinité ! Elle est bien, et elle demeure, l’une d’entre nous, avec cela de particulier que, comme la plus parfaite d’entre nous, elle n’a jamais été atteinte par le péché.

Oui, frères et sœurs, donnons à Marie toute sa place dans nos prières, donnons-lui la place d’honneur qui lui revient dans nos vies et dans nos maisons, mais ne la mettons pas au-dessus de Dieu ou du Christ ! Ce serait lui faire injure et lui faire beaucoup de peine, elle si discrète et si humble.

L’authentique vocation de Marie est de nous mener vers son Fils. Comme elle fût le chemin d’accès du Christ à l’humanité, elle peut être pour nous le chemin d’accès à son Fils, Unique médiateur. Regardons Notre-Dame à Pontmain : « Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher. » Marie ne vient pas pour elle, elle vient pour nous mener à Dieu le Père, par son Fils et dans l’Esprit. Comme au jour de sa rencontre avec sa cousine Élisabeth, elle s’efface devant celui qu’elle porte en elle et elle fait de sa vie une humble louange au Seigneur.

Frères et sœurs, prions le Seigneur pour que nous sachions toujours regarder vers Marie comme notre guide et demandons que Marie rassemble tous les chrétiens dans une même louange à Dieu.

Amen.

David Journault †

vendredi 10 août 2012

NOMINATION

De retour en France après mes trois semaines de vacances au Cambodge, je découvre le nouveau numéro de "Paroles & Gestes" qui rend officielle les nominations décidées par Mgr SCHERRER, Évêque de Laval, à compter du 1er septembre 2012.

Il en est une qui me concerne, puisque Mgr Scherrer me nomme pour une durée de six ans Curé de la paroisse "Saint Benoît les Rivières", où je suis prêtre coopérateur depuis deux ans.

Me voilà avec "charge d'âmes" comme on dit ! Priez pour moi, afin que je sois à la hauteur !

Pour prendre connaissance de toutes les nominations, c'est ICI !

dimanche 22 juillet 2012

"En direct" du Cambodge

Me voici au Cambodge depuis une semaine déjà, et je prends le temps de donner quelques nouvelles...

Cette semaine s'est principalement passée à Phnom Penh avec quelques sorties aux alentours. Il se trouve que mon arrivée au Cambodge a coincidée avec celle de Mgr Jean-Pierre Ricard, Cardinal-archevêque de Bordeaux. J'ai bénéficié ainsi de quelques visites et concélébrations en sa compagnie, notamment a Tangkok, lieu du souvenir des Martyrs cambodgiens (dont Mgr Joseph Chhmar Salas).

Ma maîtrise de la langue khmere est loin d'être parfaite, mais visiblement, même si j'ai oublié pas mal de vocabulaire, l'accent et la prononciation sont toujours bons. Ce matin (il est 10h00 du matin au moment où j'écris ces lignes), j'ai pu concélébrer la messe en khmer, et pour la première fois, lire une partie de la prière eucharistique au micro. J'avais révisé avec le P. Bruno Cosme, missionnaire ici depuis 1995. Mais pour plus de sûreté, j'avais réécris tout le passage, ainsi que les paroles de la consécration, en alphabet francais. C'est très fort pour moi de pouvoir ainsi célébrer l'eucharistie avec cette Eglise qui a une place essentielle dans l'éveil de ma vocation.

J'ai retrouvé de nombreuses personnes connues qui ont, pour certaines, eu un peu de mal à me reconnaître. Certaines ne m'avaient pas vu depuis 1999, et à l'époque, j'avais moins de barbe, et surtout moins de kilos (je pesai 57 kg en quittant le Cambodge à la fin de ma cooperation !).

Demain, je parts pour 2 jours à Takeo, dans le sud-ouest du pays, avant de rejoindre le nord : Siem Reap (et les temples d'Angkor), puis Battambang.

Ma dernière semaine se passera à Kompong Som (ses plages de sable fin, ses cocotiers,...) et de nouveau à Phnom Penh, notamment pour y rencontrer Mgr Olivier Schmitthaeusler, préfet apostolique de Phnom Penh, que j'avais accueilli comme jeune missionnaire au Cambodge en 1999.

Pour finir, une petite video prise avec mon téléphone pour vous faire un peu sentir "l'atmosphère cambodgienne".



samedi 7 juillet 2012

Bulletin paroissial de l'été 2012

Bonjour à tous,
Le nouveau numéro du bulletin de ma paroisse est paru, et c'est ICI.
Bonne lecture !

dimanche 13 mai 2012

Homélie du 13 mai 2012 - 6e dimanche de Pâques B

Église Saint-Étienne – Entrammes – 10h30
Dimanche 13 mai 2012
6e Dimanche de Pâques

(Textes : Ac 10,25-26.34-35.44-48 – Ps 97 – 1Jn 4,7-10 – Jn 15,9-17)

Mot d’accueil :

« Avec des cris de joie, répandez la nouvelle, portez-la jusqu’au bout du monde : le Seigneur a libéré son peuple ! »


Oui la Bonne Nouvelle est pour toute l’humanité : Dieu ne fait aucune différence de race, de pays, de classes sociales. Chacune et chacun, Il nous appelle par notre nom et en nous donnant son Fils, Dieu nous a montré jusqu’où va le véritable amour.

Homélie :

Frères et sœurs,

Nous poursuivons la lecture du chapitre 15 de l’évangile selon St Jean. Avec vous ce matin je voudrais m’arrêter sur quelques mots de ce passage de l’évangile : fidélité, demeurer, joie, serviteurs, amis, amour.

Fidélité : « Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour ; comme moi, j’ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. » Voilà l’attitude qui nous est demandée, celle de la fidélité. Être fidèle envers Dieu, c’est en quelques sortes n’avoir que Lui dans notre vie. Nous sommes infidèles au Seigneur quand nous nous faisons un autre dieu que lui, un dieu argent, un dieu consommation, un dieu réussite, un dieu travail… Garder fidèlement les commandements, c’est aussi chercher, encore et toujours à mieux les comprendre pour mieux les vivre. Être fidèle aux commandements, ce n’est pas les graver dans le marbre : c’est les graver dans nos cœurs, et en faire non pas une réalité figée, mais une réalité vivante et sans cesse renouvelée, en fonction des réalités de nos vies.

Demeurer : ce mot revient plusieurs fois, et il qualifie l’attitude du disciple et le fruit de son action et de sa vie. Demeurer, c’est en quelques sortes s’installer dans l’amour de Dieu, en faire sa demeure, son habitation ! Le Christ utilise ce terme pour montrer à quel point il nous appelle à une relation de proximité : Dieu veut venir habiter chez nous, en nous, pour que nous puissions demeurer, habiter en Lui.

Joie : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie » Voilà bien une parole qui fait plaisir à entendre, et qui en même temps peut nous interroger. Nous expérimentons qu’être chrétien, c’est parfois difficile, et qu’il serait peut-être plus simple de vivre en se laissant porter par le sens du courant, par la pensée unique, le consensus mou, de calquer ses convictions sur les sondages et de se dire, si tout le monde le pense, c’est que c’est bien, si c’est légal alors c’est que c’est bien… Mais être chrétien, ce n’est pas cela : c’est vouloir vivre en communion d’amour avec Dieu et les hommes, et c’est toujours évaluer la réalité au regard de cet amour et du respect dû à Dieu et à toute personne humaine. La joie dont nous parle Jésus, ce n’est pas le petit bonheur qu’on nous vend au détour d’une publicité pour une voiture ou pour un nouvel antiride ! La joie du Christ, c’est la seule joie qui vaille : c’est la joie profonde et sincère du disciple fidèle qui réalise pleinement ses potentialités, qui a découvert le trésor de l’amour de Dieu et qui veut mettre ses pas dans les pas du Christ.

Serviteur / ami : « je vous appelle mes amis, car ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître. » Être serviteur, c’est très beau : ce mettre au service des autres, c’est un appel que Jésus nous adresse, notamment par le geste du lavement des pieds. Nous mettre au service les uns des autres, nous faire les serviteurs de la Parole de Dieu, nous faire les serviteurs de l’accès de nos contemporains à la Bonne Nouvelle… Ici, Jésus parle de sa relation entre les disciples : la séparation s’efface… nous ne sommes pas les serviteurs du Christ… nous sommes ses amis… et ensemble nous sommes au service des autres, pourrait-on dire. C’est cela que Jésus veut nous dire : nous ne sommes pas appelés à être des exécutants serviles. Nous sommes des amis du Seigneur, qui nous a tout révélé des intentions du Père. Le Christ nous a donné son Esprit Saint pour que nous puissions, par delà le temps et l’espace, intégrer le groupe des Apôtres et prendre notre part de la mission que le Seigneur nous confie, ici et maintenant.

Aimer : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé. » Gardons-nous bien d’oublier la deuxième partie de cette phrase, le « comme je vous ai aimé », car c’est lui qui apporte toute la signification originale de cette parole de Jésus. Car le commandement de l’amour, ce n’est pas le Christ qui la révélé aux hommes : il était déjà présent dans la Premier Testament. Ce qui est nouveau, c’est ce « comme je vous ai aimé »… Est-ce que nous réalisons bien ce que cela a de fou ?! Le Christ, le Fils de Dieu venu en notre chair, mort en croix et ressuscité, nous appelle à aimer nos frères et sœurs en humanité de ce même amour qui l’a poussé, lui, à donner sa vie pour l’humanité. Oui, « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis »… Dieu nous a créés pour aimer, il est dans notre nature d’aimer… Aimer, c’est être en quelque sorte pleinement humain. Et en aimant comme Il l’a fait, le Christ s’est montré le plus parfait des êtres humains ! Comment est-ce que nous donnons nos vies ? Comment vivons-nous en demeurant dans l’amour de Dieu ? C’est questions devraient ouvrir un abîme en nos cœurs, et surtout, ne nous disons pas que nous avons une fois pour toute trouvé la bonne façon d’aimer et la bonne façon de servir le Seigneur. Ne tombons pas non plus dans l’angoisse ou la culpabilité. Simplement, jour après jour, cherchons toujours à témoigner de notre amour pour Dieu dans la prière, la méditation de la Parole de Dieu, et le service de nos frères. Comme les époux qui chaque jour se donnent des signes d’amour, que chaque jour nous cherchions à témoigner de l’amour de Dieu qui a été répandu en nos cœurs.

Amen.

David Journault †

vendredi 6 avril 2012

Message de Pâques 2012 de Mgr Thierry SCHERRER

Pâques ! Le Christ ressuscité sort vivant du tombeau ! Il fait entrer l’humanité dans un monde nouveau. Un monde où la mort et les larmes n’existent plus. Un monde où la justice et l’amour règnent en maîtres absolus. Un monde où tous les hommes vivent ensemble dans une communion pacifique et lumineuse. Un monde où les petits et les délaissés ont la première place. Un monde où la création reconnue comme une œuvre de Dieu est sauvegardée.

Ce monde-là n’est pas fictif, il est on ne peut plus réel. Il n’est pas pour demain seulement, il est à construire maintenant, aujourd’hui même. C’est là que la Bonne Nouvelle de la Résurrection nous rejoint concrètement. Ressusciter en effet veut dire à la fois « se lever » et « se réveiller ».

- Se lever pour défendre les pauvres qu’on exploite ; se lever pour protéger l’embryon dans le sein de sa mère ; se lever pour soutenir la famille que l’on s’escrime à démolir ; se lever pour promouvoir l’éducation des enfants et des jeunes ; se lever pour fournir du travail à ceux qui n’en ont pas ; se lever pour garantir quoi qu’il en coûte le droit des plus faibles.

- Mais aussi se réveiller, car nous vivons le nez dans notre assiette, dans la torpeur et l’engourdissement d’une société qui idolâtre les biens de consommation. Or le cœur de l’homme ne se satisfait pas de plaisirs matériels. Il aspire à l’infini, il a soif d’absolu. Lorsque la liberté religieuse n’est plus respectée et que Dieu est congédié de la scène du monde, c’est la désespérance qui finit par l’emporter. En témoigne le scepticisme qui ne cesse aujourd’hui de gagner du terrain. En témoignent aussi les nombreuses addictions auxquelles se raccrochent nos contemporains (les jeux, le sexe, l’alcool, la drogue…). En témoignent encore les suicides si nombreux dans notre pays.

Pâques n’est pas une fuite en avant, une évasion hors de notre condition humaine ; c’est ici et maintenant, au cœur des souffrances des hommes, l’irruption d’un monde nouveau, un monde de fraternité et d’amour. Ce monde, nous pouvons le construire tous ensemble. Il suffit que nous le voulions. C’est tout l’enjeu des prochaines élections dont l’échéance approche.

Levons-nous ! Réveillons-nous ! Soyons les bâtisseurs d’un monde vraiment nouveau.

À tous, je souhaite de belles et heureuses fêtes de Pâques.

Mgr Thierry Scherrer
Évêque de Laval

jeudi 29 mars 2012

"Faut-il souffrir comme Jésus sur la croix ?" par Bernard Sesboüé, s.j.

Belle réflexions trouvée sur le site www.croire.com (à utiliser sans modération !)

La croix peut provoquer un réel malaise. Comment comprendre de façon juste la souffrance ? La réponse de Bernard Sesboüé, jésuite et théologien.
La souffrance est toujours un mal qu'il faut combattre
Trop insister sur les souffrances du Christ donne en effet à entendre que tout cela était nécessaire au regard de Dieu pour nous sauver.
Cette souffrance serait comme un prix à payer à la justice divine pour obtenir en échange notre salut. Comment le Christ ne se serait-il pas rebellé devant une telle exigence ? On se trouve dans une sorte de pacte.
Il faut donc dire et redire : la souffrance est toujours un mal qu’il faut combattre. En elle-même elle n’a aucune valeur.
Ce n’est pas la quantité des souffrances subies par le Christ qui nous sauve : ce serait à la fois du sadisme et du masochisme.
Ce qui nous sauve, c’est la force d’un amour qui est allé affronter la violence des hommes jusqu’à subir la mort, pour vaincre cette violence même. Ces souffrances ne sont pas le fait d’une exigence de Dieu : il s’agirait alors d’un Dieu vengeur et malfaisant.
Ces souffrances sont la conséquence de la violence humaine, celle dont tous les siècles de notre histoire ont fait l’expérience, celle que le XX° siècle a tristement illustrée par deux guerres mondiales, la Shoah, et les camps de concentration nazis et soviétiques, celle dont nous faisons la malheureuse expérience tous les jours en ce début de XXI° siècle.
Nous devons aussi reconnaître la complicité secrète qui sommeille en nous, avec la violence. Nous devons reconnaître la solidarité qui nous est commune à tous avec le péché du monde, un péché paradoxal parce que nous en sommes tous victimes avant d’en devenir à notre tour complices et acteurs.
Car le drame de la passion comporte trois grands acteurs : le Fils qui donne sa vie, le Père qui nous envoie son Fils pour qu’il vive avec nous et qui, par voie de conséquence, l’abandonne à notre violence, et enfin les hommes pécheurs et violents qui refusent d’entrer spontanément dans la voie de la justice. Le Père est du côté du Fils et, comme n’importe quel père, il souffre à sa manière des souffrances de son Fils. Il n’y a en tout cela que la gratuité de l’amour. Aucun calcul, si ce n’est la volonté que la violence cède devant l’amour. Devant la personne de Jésus, le juste, le saint, celui que l’on ne peut convaincre de péché, la violence de l’humanité s’est comme concentrée. La passion récapitule le drame de toute l’humanité. Ceux qui ont voulu ou permis sa mort, ce sont les juifs d’une part, les païens d’autre part, et aussi ses disciples, dont l’un a trahi, un autre l’a renié et la plupart se sont enfuis.
Cela veut dire symboliquement que tous les groupes humains en sont responsables. Il est mort par nous et mourant par nous il a voulu mourir pour nous. Voilà la mystérieuse alchimie de la passion : dans un déchaînement de violence, la victime vaincue est devenue le grand vainqueur.
L’amour est plus fort que la mort. C’est ce que signifie sa résurrection. Et le sacrifice dans tout cela ? Le sacrifice n’est rien d’autre que le don de soi, c’est-à-dire la préférence donnée à Dieu et aux autres sur l’amour de soi. Jésus a aimé son Père à en mourir ; il nous a aimés à en mourir.
Mais l’amour est fécond, c’est lui qui donne la vie.
Bernard Sesboüé s.j.

Elections 2012 : Un vote pour quelle société ?

dimanche 18 mars 2012

Homélie du 18 mars - 4e dimanche de Carême B

Église St Siméon – L’Huisserie – 17/03/2012 – 18h30
4ème dimanche de Carême B

(Textes : 2Ch 36,14-16.19-23 – Ps 136(137) – Eph 2,4-10 – Jn 3,14-21)
N.B. : L'homélie de la messe de dimanche à Nuillé (sacrement des malades) n'est pas en ligne car elle n'a pas été rédigée.

Mot d’accueil :

Le temps du Carême est un temps où nous sommes invités à nous détacher de nos “idoles”, de tout ce qui dans notre vie fait obstacle à notre amour pour Dieu. Parfois, notre idole, c’est nous-mêmes et notre orgueil ! Mais Dieu ne se lasse jamais de nous attendre, Il est miséricordieux et plein d’amour. Alors, ne faisons pas attendre notre Dieu : tournons-nous résolument vers Lui, et rejetons loin derrière nous nos idoles et nos comportements mauvais.

Homélie :

Frères et sœurs,

Saint Paul nous le redit avec insistance dans le passage de l’épître aux Éphésiens que nous venons d’entendre : « C’est bien par grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. » 

Qu’est-ce que cela veut dire ? Eh bien, que l’humanité n’a rien fait pour mériter d’être sauvée ! Au contraire, Dieu a fait le choix de faire alliance avec un peuple en lui proposant la chose suivante : je t’offre un chemin de vie et de paix, si tu restes fidèle à mon alliance. Si tu te détournes de mon alliance, alors tu iras à ta perte, puisque tu prendras un chemin qui t’éloigneras de moi. L’Ancien Testament nous rapporte d’ailleurs à de nombreuses reprises les infidélités du peuple hébreu, en même temps que la grande patience de Dieu. Dans la première lecture, nous avons peut-être été dérangés par l’expression : « la colère de Dieu » ? Cela marque une étape de l’évolution de la théologie d’Israël : à cette époque, on pense que puisque Dieu est le seul Dieu, il est forcément actif derrière tous les événements qui arrivent. Plus tard, on découvrira que tous nos sentiments humains de colère et de vengeance sont totalement étrangers à Dieu, car en Lui il n’y a qu’une seule réalité : l’Amour.

Mais Dieu n’abandonne pas son peuple, et il le sauve par le biais d’un roi païen, le roi Cyrus, roi de Perse (l’Iran d’aujourd’hui) qui renvoie les déportés chez eux pour qu’ils reconstruisent le Temple de Jérusalem.

Ce qu’explique saint Paul, c’est que la venue du Christ dans notre monde, dans notre humanité, elle est le fruit d’une décision de Dieu, une décision toute d’amour et de pardon. L’humanité qui a accueillit le Seigneur n’était pas meilleure qu’une autre. Non, mais Dieu a choisi dans sa grande bonté de venir définitivement libérer l’humanité du péché. Ainsi, par son seul amour, Il nous a envoyé son Fils pour nous ouvrir ce chemin de foi et d’amour.

La mort du Christ sur la croix et sa résurrection sont la cause de la victoire définitive de la vie sur la mort : par le Christ, la mort et le péché sont définitivement vaincus. En Jésus Christ nous sommes recréés, créés à nouveau : c’est une humanité nouvelle qui apparaît, une humanité sauvée !

Alors qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui encore le péché soit présent dans notre monde, et y compris au milieu des chrétiens ? C’est que le salut apporté en Jésus-Christ ne s’impose pas à nous : c’est librement que nous sommes appelés à prendre le chemin du Christ. Si nous n’avons pas le désir d’entrer dans la communion avec Lui, alors nous resterons sur le bord du chemin. Car le Christ est le Chemin, la Vérité et la Vie, telle est notre foi. 

« C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. » : la grâce de Dieu est là, devant nous, à porté de main. Dieu a fait tout ce qu’Il pouvait pour nous sauver ; son amour pour nous et son respect de notre liberté font qu’Il nous laisse faire le dernier pas sur le chemin vers Lui. Ce ne sont pas nos actes, nos prières ou nos sacrifices qui nous donnent la grâce de Dieu ou qui pourraient rapprocher Dieu de nous. Nos actes, nos prières ou nos sacrifices ne nous sauvent pas. Ce qu’ils peuvent faire, c’est orienter notre personne vers l’Amour, vers Dieu.

Alors, nous qui par le Christ sommes devenus des enfants de lumière, sortons des ténèbres, abandonnons ce qui dans nos vies nous tient éloignés du Seigneur. Demandons au Seigneur le pardon de nos fautes, attelons nous au chantier de notre conversion et devenons un peuple de saints en marche vers Dieu.

Amen.

David Journault †

samedi 17 mars 2012

Homélie du 11 mars - 3e dimanche de Carême B

Église St Siméon – L’Huisserie – 10/03/2012 – 18h30
3ème dimanche de Carême B
Messe des Collégiens

(Textes : Ex 20,1-17 – Ps 18 – 1Co 1,22-25 – Jn 2,13-25)

Mot d’accueil :

La première lecture d’aujourd’hui nous fait réentendre les Dix Commandements que Dieu donne à son peuple au Sinaï, pour faire alliance avec Lui. 
Cette Loi, elle est aussi pour nous, et nous l’entendons en ayant en même temps au cœur l’enseignement du Christ. Acceptons de nous laisser bousculés par Jésus et mettons-nous à son école.

Homélie :

Frères et sœurs,

Dans notre chemin de Carême, l’Église nous invite à entendre les “Dix Paroles”  données par Dieu aux Hébreux sur le Sinaï. Ces paroles sont liées à l’événement de la sortie d’Égypte : Dieu vient de libérer son peuple et Il lui donne maintenant une sorte de “code de la route” pour qu’il reste fidèle à son alliance. C’est le nouveau cadre dans lequel Dieu veut poursuivre l’éducation de son peuple afin de le préparer à accueillir la venue du Messie. Et c’est le Christ qui viendra porter cette loi à sa perfection, en révélant à tous qu’au dessus des “Dix Paroles”, il en est une autre : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

De cette révélation de Jésus, les disciples essaieront de s’en faire les témoins. Dans sa première lettre aux Corinthiens, saint Paul pose bien le problème rencontré par ceux qui veulent expliquer leur foi à leurs contemporains : que ce soit avec les Juifs ou les Grecs, la vie, l’enseignement, la mort et la résurrection de Jésus provoquent difficilement à la foi.

Pour les Juifs comme pour les Grecs, le Christ ne correspond pas exactement à ce qu’ils attendaient… Il vient bousculer leurs réflexions et leurs croyances, et Il ne rentre pas tout à fait dans les “cases” prédéfinies !

Alors nous qui parfois avons du mal à expliquer notre foi, il nous faut nous rendre à cette évidence : la foi ne peut se démontrer. Être témoins, c’est provoquer à la foi, c’est avoir une vie qui invite les autres à se poser des questions. Si notre façon de vivre est “appelante”, “interpellante”, alors la foi pourra naître et nous pourrons accompagner ces démarches de foi.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’évangile nous donne à voir une attitude très “interpellante” de Jésus ! Il arrive dans le Temple, peut de temps après le miracle des noces de Cana, et il ne peut supporter ce qu’il voit. Je vais me permettre un rapprochement : vous qui connaissez peut-être Lourdes, vous n’avez pas pu passer à côté de tous les magasins de souvenirs… imaginez que tous ces magasins soient installés à l’intérieur même des sanctuaires, près de la grotte ou des piscines… ! Au Temple, ce doit être ça le problème ! 

Car enfin, la Loi prescrit des sacrifices, il faut donc bien trouver les animaux pour les sacrifices. L’argent romain ou étranger que les pèlerins ont dans les poches est interdit dans le Temple : il faut bien le changer, pour ensuite pouvoir faire son offrande au Temple. Ce qui met Jésus en colère, c’est le mélange des genres : « Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » La destination première du Temple est presque dévoyée et de maison de prière elle est devenue maison de trafic.

Puis Jésus fait le lien entre le Temple et son Corps. Avec Lui, il ne sera plus besoin de Temple : en Lui-même sera célébré sur la Croix une fois pour toutes le sacrifice parfait qui sauvera le monde, sacrifice rendu à nouveau présent dans chacune de nos eucharisties, et qui fait de nous le Corps mystique du Christ. Ainsi, il y a une sorte de glissement : on passe du Temple de Jérusalem, au Corps mort et ressuscité du Christ, pour aboutir au Corps du Christ ici et maintenant qui est l’Église. Nous sommes le Corps du Christ, et alors cette interpellation de Jésus dans le Temple s’adresse aussi à nous : ne faisons pas de nos personnes des maisons de trafic ! Que nos vies, dans toutes leurs dimensions, soient à la hauteur de notre immense dignité : celle de Corps du Christ et de Temple de l’Esprit.

Amen.

David Journault †

Homélie du 5 février - 5e dimanche du temps ordinaire B

Église St Siméon – L’Huisserie – 4/02/12 – 18h30
Église St Georges – Montigné – 5/02/12 – 10h30
5ème dimanche du temps ordinaire B

(Textes : Jb 7,1-4.6-7 – Ps 146(147A) – 1Co 9,16-19.22-23 – Mc 1,29-39)

Mot d’accueil :

Dans l’évangile de ce dimanche nous assistons à la guérison de la belle-mère de Pierre par Jésus : une guérison qui relève, qui remet debout, et qui permet de se remettre au service. Oui, le Seigneur nous accompagne pour que nous soyons au service de nos frères.

Homélie :

Frères et sœurs,

Jésus entre dans la maison de Simon-Pierre et d’André… là, la belle-mère de Simon-Pierre est alitée, malade avec de la fièvre. Jésus lui prend la main, la relève… elle est guérit, et elle se met au service de Jésus. Petit passage de la vie du Christ, qui pourrait passer inaperçu au regard de tout ce qu’il a pu dire et faire… mais j’aimerais que nous nous arrêtions ensemble quelques instants pour contempler le visage du Christ qui nous est présenté ici.

D’abord le lieu : la maison de Simon-Pierre et d’André. C’est la maison d’une famille de pêcheurs de Capharnaüm, pêcheurs de pères en fils, sans doute depuis plusieurs générations. Une maison où il y a du monde : c’est la maison de famille où vivent les parents de Simon et d’André, mais au moins en sommes-nous sûrs, la belle-mère de Simon. Probablement une maison toute simple : c’est une maison de pêcheurs, pas de notables. Il n’y a sûrement pas de belles tentures, de beaux meubles, de la belle vaisselle : non, une maison toute simple habitée par des hommes et des femmes simples, qui savent ce que le travail et sa pénibilité veulent dire.

Regardons maintenant les protagonistes de ce passage de l’évangile : Simon et André, les deux frères qui ont abandonné leur métier de pêcheurs et leur avenir tout tracé pour partir sur les routes à la suite d’un rabbi, d’un maître itinérant. Ils sont quitté leur situation sociale sûre et stable pour s’aventurer sur les routes. Je ne suis pas sûr que leur famille ait été ravie de cette décision. En tout cas, au moment où nous sommes, il semble qu’il n’y ait pas de tentions. 

L’autre personnage important, c’est bien sûr la belle-mère de Pierre. C’est sur elle que le Christ pose son regard en entrant dans la maison. Il s’intéresse tout de suite à cette femme qui souffre et qui est alitée. Pour nous aujourd’hui, la fièvre, c’est généralement quelque chose de pas trop grave : on prend de l’aspirine, et on va chez le médecin. Mais n’oublions pas ce que pouvait être une fièvre au temps du Christ : elle pouvait être le signe d’une mort prochaine, si le corps n’arrivait pas à résister à l’infection. Oui, le Christ se penche sur cette femme qui est gravement malade, et il lui apporte la guérison et la vie ; rien de spectaculaire dans cette guérison… il lui prend la main, et la fièvre la quitte. Comme pour les esprits mauvais dont il est question plus loin, la seule présence du Christ, Fils de Dieu, apporte la guérison. Comme le disait St Pierre Chrysologue au Ve siècle : « Vous voyez comme la fièvre quitte celui dont le Christ a pris la main : la maladie ne subsiste pas en présence de l’auteur du salut ; la mort n’a pas d’accès là où est entré celui qui donne la vie. »

Car si St Marc nous rapporte tous ces récits de guérison ou ces récits d’exorcisme, c’est bien parce qu’ils sont des signes : ces actions que fait Jésus, elles sont là pour permettre à ses contemporains de saisir petit à petit, dans la foi, qui il est. S’il fait ces guérisons, ou s’il multiplie les pains, ce n’est pas pour se faire remarquer ! 

Ces signes viennent appuyer son enseignement, ils viennent provoquer, chez ceux qui en sont les témoins, un cheminement, une réflexion. L’expérience de guérison physique qui est vécue provoque la personne à un cheminement qui peut l’amener à une guérison spirituelle et à la conversion.

Qu’est devenue la belle-mère de Pierre ? Nous n’en savons rien. Tout ce que nous savons, c’est qu’en remerciement de cette guérison, elle se met au service de Jésus de la façon qu’elle connaît, avec ce qu’elle est : elle les sert à table. Ainsi le Christ est entré dans la maison, non pas d’abord pour y manger et s’y reposer, mais pour y apporter la vie… le repos et la nourriture viennent après.

Oui, le Christ est venu dans le monde pour nous apporter la vie, et il nous a montré la voie : nous dépenser pour les autres, donner de notre personne pour témoigner, aider et prier. Comme la belle-mère de Pierre, prenons conscience que le Christ nous a sauvés, et mettons-nous résolument à son service.

Amen.

David Journault †

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