"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

Musique et autres nouveautés...

Vous pouvez aussi retrouver en bas de page les horaires des messes de ma paroisse...

mercredi 30 novembre 2011

Homélie du 27 novembre - 1er dimanche de l'Avent B

Église St Siméon – L’Huisserie – 26/11/11 – 18h30
1er dimanche de l’Avent B

(Textes : Is 63,16b-17.19b ; 64,2b-7 – Ps 79 – 1Co 1,3-9 – Mc 13,33-37)

Mot d’accueil :

« Veillez ! », c’est l’appel que nous adresse le Christ dans l’Évangile de ce premier dimanche de l’Avent. En ce jour s’ouvre en même temps une nouvelle année liturgique et un nouveau temps : dans ce temps de l’Avent nous préparons nos cœurs à la célébration de Noël, où nous ferons mémoire de l’Incarnation de Notre Seigneur Jésus Christ.

Ne nous laissons pas endormir ! Le Seigneur vient à notre rencontre…

Homélie :

Frères et sœurs,

« Prenez garde, veillez », « Veillez donc », « Ce que je vous dis là, je le dis à tous : veillez ! »… Je crois que l’idée maîtresse de ce passage de l’Évangile est claire ! Nous sommes là au chapitre 13 de l’Évangile selon St Marc, qui en compte 16. Juste après, nous entrons dans les récits de la Semaine Sainte. Et ce raccourci liturgique nous donne bien une indication profonde pour comprendre ce temps de l’Avent : il n’est pas un temps à part… il est entièrement lié au Mystère de la mission du Christ dans notre monde. Tout est lié : Création, Incarnation, Rédemption. Le Fils de Dieu, le Verbe de Dieu, présent dès la création du monde, c’est Lui qui a pris chair en la Vierge Marie, qui est mort et ressuscité et qui, ainsi, nous a libérés du péché et de la mort… La crèche et la croix sont intimement liées.

Le temps de l’Avent est donc le temps de l’attente. On peut attendre de différentes façons. On peut dormir, cela permet de faire passer le temps plus vite. Quand on attend le bus ou le train, ou encore chez le médecin, on peut attendre patiemment et passivement, sans rien faire…  On peut aussi chercher à se changer les idées, à se divertir, à s’évader du lieu et du temps où l’on est… c’est la lecture d’un livre, d’une revue ou du journal, c’est le baladeur MP3,…

Mais il y a une autre forme d’attente qui doit pouvoir nous servir de modèle pour vivre le temps de l’Avent. Le 25 mars, exactement 9 mois avant le 25 décembre, l’Église célèbre l’Annonciation : l’ange Gabriel vient annoncer à une jeune fille, Marie, le projet de Dieu pour elle. Dieu lui demande de porter, de mettre au monde et d’élever son propre Fils. En ce temps de l’Avent, nous pouvons attendre la venue du Christ comme une mère attend son enfant : non pas dans l’impatience et la fébrilité, mais avec ces multiples façons d’attendre activement. Elle fait attention à elle, à son alimentation, à sa santé, elle tache de supprimer les mauvaises habitudes qui pourraient faire du mal à l’enfant, elle est capable de s’imposer des restrictions, un régime, du repos, mais aussi des mouvements préparatoires à l’accouchement… Son attente est tout sauf passive… c’est tout son être qui est tendu vers cette venue prochaine, une venue qui va bouleverser sa vie et celle de sa famille… 

Oui, nos vies peuvent participer à l’avènement du royaume de Dieu, voilà bien ce qui est extraordinaire : si le moment de la venue du Christ dans sa gloire n’est pas connu, c’est que Dieu n’agit pas sans nous. Nous avons part à la construction du Royaume… à condition de ne pas l’attendre comme on attend le bus, en pensant à autre chose… pour nous réveiller en sursaut au chant du coq. Cette allusion au chant du coq nous fait penser à St Pierre, dont l’évangéliste Marc était un proche… Le reniement de Pierre, son manque de courage, sa paresse spirituelle, sa peur… tout cela lui éclate au visage au moment où le coq chante… ! « L’esprit est ardent, mais la chair est faible. » Et il est tellement facile de se laisser endormir… 

Non, il ne faut pas reporter à demain notre chemin de conversion… Parfois nous arrivons à Noël et nous nous disons : « Déjà ! Je n’ai pas vu passer le temps de l’Avent ! Je n’ai rien fait pour me préparer spirituellement à Noël… »… Eh bien, qu’il n’en soit pas ainsi cette année… et qu’il n’en soit pas ainsi dans nos vies. Quand le jour arrivera où nous devrons nous présenter devant le Seigneur, je ne voudrais pas que nous nous disions : « Déjà ! Je n’ai pas vu passer ma vie ! Je n’ai rien fait pour me préparer à la rencontre avec Dieu… » 

Le temps de l’Avent est là pour nous aider à vivre plus intensément notre relation avec Dieu. Veillons et prions : Dieu notre Père, envoie nous ton Esprit pour que nous puissions ajuster nos vies à ton Amour et que nous puissions contribuer à la construction de ton Royaume.

Amen.

David Journault †

samedi 26 novembre 2011

"Minuscule traité acide de spiritualité" de Maurice Bellet

Cela fait longtemps que je ne vous ai pas partagé un petit conseil de lecture.
Cette fois, je vous propose un tout petit livre, qui se lit très vite et qui se garde à portée de la main... La dernière partie est très drôle, car elle regroupe toute une série de petite citations et phrases diverses... exemple :

"On trouve des gens qui disent ce qu'il faut faire,
ce qu'il faudrait faire,
ce qu'il aurait fallu faire, ce qu'il ne faut pas faire.
C'est, souvent ou quelquefois, très bien vu.
Et il y a les gens qui font.
Ce n'est jamais très bien fait.
Mais du moins, c'est fait."

Présentation de l'éditeur

Voici un drôle de petit livre aussi indispensable que décapant. Quatre textes pour déplacer avec bonheur nos façons de croire et de penser. Le premier est le propos d'un homme d'Église qui, conscient de ses responsabilités, s'efforce de penser la situation présente de la foi, ce qu'elle exige, ce que les croyants peuvent y faire.
Le second envisage des situations douloureuses, critiques, désespérées, pour témoigner d'une espérance qui peut survivre ou revivre dans l'horreur. Le troisième est une parabole contemporaine autour d'un voyage qui pourrait être, dans la situation présente, la Voie où l'être humain s'initie à cet amour premier qui est le plus-que-nécessaire. Le quatrième est une suite de plaisanteries pour mettre la vraie gaieté au cœur du très essentiel.
Informations
Titre : "Minuscule traité acide de spiritualité"
Éditeur : Bayard Spiritualité
Année : 2010
ISBN : 9782227481886
Prix : 10,50 €

mardi 15 novembre 2011

Sauver une vie sans en détruire une autre

Une dépêche du Service d'Information du Vatican, qui me semble très intéressante :
CITE DU VATICAN, 12 NOV 2011 (VIS). Le Saint-Père a reçu les 250 participants au congrès international "Adult Stem Cells, Science and the future of Man and Culture", organisé par le Conseil pontifical pour la culture en collaboration avec la fondation nord-américaine Stem for life. Pendant trois jours, des experts ont discuté de l'utilisation de cellules souches adultes en médecine tant d'un point de vue scientifique, qu'au niveau des implications culturelles, éthiques et anthropologiques de cette technique. Voici quelques extraits du discours de Benoît XVI:   "Les êtres humains sont dotés d'une âme immortelle et sont créés à l'image et à la ressemblance de Dieu. C'est pourquoi, il existe des dimensions de l'existence humaine qui vont au-delà des limites des compétences des sciences naturelles. Si l'on dépasse ces limites, il existe un risque sérieux que la dignité et l'inviolabilité de la vie humaine deviennent subordonnées à des considérations purement utilitaristes. Au contraire, si l'on respecte ces limites, la science peut apporter une réelle contribution à la promotion et la sauvegarde de la dignité de l'homme. C'est pourquoi, les potentialités bénéfiques de la recherche sur les cellules souches adultes sont considérables puisqu'elle ouvre des possibilités de guérison de maladies dégénératives chroniques par la réparation des tissus atteints... L'amélioration promise par ces thérapies constitue un important pas en avant pour la science médicale, et un nouvel espoir pour les malades et leurs familles en souffrance. Pour cette raison, l'Eglise encourage naturellement ceux qui développent ou soutiennent ce type de recherche, à condition bien sûr qu'elle soit menée avec la considération due au bien intégral de la personne humaine et au bien commun de la société. Cette considération est de la plus grande importance. La mentalité pragmatique qui influence souvent la prise de décision aujourd'hui est trop incline à prendre tous les moyens disponibles pour obtenir la fin souhaitée, malgré l'évidence des conséquences désastreuses de cette façon de penser. Quand la fin est tellement désirée, comme la découverte d'un traitement pour les maladies dégénératives, il est tentant pour les hommes politiques et les médecins de laisser de côté les objections éthiques et de continuer d'aller de l'avant avec n'importe quelle recherche paraissant offrir quelques possibilités de progresser. Ceux qui défendent la recherche sur les cellules souches embryonnaires avec l'espoir d'obtenir ce résultat, commettent la grave erreur de nier le droit inaliénable à la vie de tout être humain du moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle. La destruction d'une seule vie humaine ne peut jamais se justifier en terme de bénéfice qu'elle pourrait apporter à une autre". 
"Cependant, en général, ces problèmes éthiques ne se posent pas lorsque les cellules souches sont extraites de tissus d'un organisme adulte ou du sang du cordon ombilical au moment de la naissance... Le dialogue entre science et éthique est de la plus haute importance pour s'assurer que les progrès de la médecine ne se fassent jamais à un coût humain inacceptable. L'Eglise contribue à ce dialogue en participant à la formation des consciences en accord avec la juste raison et à la lumière de la vérité révélée. Il ne s'agit pas d'empêcher le progrès scientifique mais, au contraire, de l'orienter dans une direction vraiment fructifère et bénéficiaire pour l'humanité...spécialement pour les plus faibles et vulnérables. Lorsque l'Eglise réclame de l'attention envers les besoins des sans-défense, elle ne pense pas seulement à ceux qui ne sont pas nés mais aussi à ceux qui ne peuvent pas facilement accéder à des traitements médicaux couteux... La justice exige que tous les efforts possibles soient faits pour permettre à ceux qui en ont besoin de bénéficier des fruits de la recherche scientifique indépendamment de leurs moyens économiques... L'Eglise peut offrir une assistance concrète à travers son apostolat étendu en faveur de la santé, actif dans de nombreux pays du monde et s'adressant avec une sollicitude spéciale aux besoins des plus pauvres dans le monde". Je prie, a conclu le Pape, "pour que votre travail d'investigation sur les cellules souches adultes reçoivent de grandes bénédictions pour l'avenir de l'humanité".
AC/                                                                            VIS 20111114 (680)

Homélie du 13 novembre - 33e dimanche du temps ordinaire A

Église St Siméon – L’Huisserie – 12/11/2011 – 18h30
Église St Étienne – Entrammes – 13/11/2011 – 10h30
33e dimanche du Temps ordinaire A

(Textes : Pr 31,10-13.19-20.30-31 – Ps 127 – 1Th 5,1-6 – Mt 25,14-30)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Nous entendrons dans la deuxième lecture St Paul évoquer le jour du Seigneur, c'est-à-dire le jour où le Seigneur reviendra, à la fin des temps. C’est bien l’horizon de notre monde, que nous attendons. Mais notre attente se doit d’être active : le Seigneur nous donne des talents à faire fructifier… quand le Seigneur reviendra, qu’il trouve en nous des serviteurs fidèles qui auront fait de leur mieux pour faire fructifier leurs talents, au service de Dieu et des hommes.

Homélie :

Frères et sœurs,

La parabole des talents est bien connue, mais elle n’en reste pas moins toujours difficile à interpréter… 
Le maître mot de la parabole, c’est un tout petit mot qui est au début : « Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. » Confier… c’est faire confiance. Le maître confie ses biens à ses serviteurs. Il remet sa fortune entre leurs mains, et il ne le fait pas n’importe comment. Attentif à ses serviteurs, il ne leur donne pas plus lourd qu’ils ne peuvent porter : « à chacun selon ses capacités. » S’il confie des sommes différentes à chacun, ce n’est pas par favoritisme, au contraire, c’est dans un esprit de justice…

S’il leur confie ses biens, c’est qu’il a confiance en eux, et qu’il souhaite qu’ils fassent quelque chose avec cet argent… sinon il l’aurait lui-même déposé à la banque. Ce dépôt en banque, c’est d’ailleurs le minimum qu’aurait pu faire le troisième serviteur, minimum qu’il n’a même pas fait !

Le maître ne cherche pas à exploiter ses serviteurs, seulement il leur fait confiance et leur demande d’utiliser son bien à bonne escient, comme il l’aurait fait lui-même s’il était resté là, c'est-à-dire probablement en l’investissant dans quelque affaire.

Les deux premiers serviteurs ont bien compris, et ils investissent les talents confiés. Ils prennent un risque, mais ils sont confortés par la confiance de leur maître. Et leurs investissements rapportent 100 % ! Le troisième serviteur n’est pas dans la confiance, mais il est dans la peur (« par peur ») : il n’a confiance ni en son maître (« je savais que tu es un homme dur ») ni en ses propres capacités. La peur le paralyse et il gaspille l’argent reçu. Il n’est même pas capable du minimum que son maître pouvait attendre de lui : le placement à la banque. D’ailleurs, on peut aussi se demander si les raisons avancées par le troisième serviteur ne sont pas la tentative maladroite de cacher sa paresse. Alors que la mission confiée et accueillie dans la confiance par les deux premiers serviteurs provoque l’épanouissement des hommes et la fécondité des talents confiés, la méfiance, la peur et la paresse qui emprisonnent le troisième serviteur vis-à-vis de son maître ont stérilisé le placement. Et cette méfiance est d’autant plus injuste que le maître avait veillé à confié à chacun selon ses capacités.

Les versets 28 à 30 sont les plus compliqués. Celui qui a reçoit encore plus, alors que celui qui a peu, tout lui est enlevé. N’oublions pas que nous sommes dans une parabole. Il ne faut pas prendre ce que dit Jésus au pied de la lettre, comme une règle à suivre. Nous sommes dans un récit symbolique. On peut comprendre ce passage de la façon suivante. Celui qui est entré dans une communion et une confiance avec le Seigneur, il avance sur la voie de la fécondité, et son “trésor” va croissant. Au contraire, celui qui prend le chemin de la défiance et tourne le dos au Seigneur ne peut aller que vers sa perte.

La femme vaillante dont nous parle la première lecture, tirée du livre des Proverbes, elle sait ce que c’est que de faire fructifier ses talents : comme on dit, elle ne reste pas les deux pieds dans le même sabot ! Elle est active, elle travaille, elle se donne de la peine, pour sa famille et pour les autres. Bien sûr, l’image de la femme qui nous est présentée est celle de la femme qui tient la maison, et cette image n’est pas forcément aujourd’hui l’idéal féminin généralisé. Mais ne nous trompons pas, l’essentiel n’est pas là. Si cette femme est digne d’éloges, c’est parce que sa charité n’est pas une idée en l’air : sa charité est active et efficace. Son amour de Dieu et des hommes s’incarne dans son activité. Elle a en elle des talents qu’elle fait fructifier.

Comme nous y invite St Paul, vivons chaque jour sous le regard de Dieu, dans la confiance et la générosité. Que notre foi et notre piété s’incarnent dans un agir responsable : que nous sachions faire aller ensemble prière et générosité, contemplation et action, car ce sont nos actes qui témoignent de notre amour pour Dieu. Cherchons quels sont les talents que le Seigneur nous a confiés, et tâchons de les faire fructifier.

Amen.

David Journault †

vendredi 11 novembre 2011

Homélie du 11 novembre - Messe avec les Anciens Combattants

Église St Siméon – L’Huisserie – 11/11/2011 – 10h30
Messe des Anciens Combattants
Vendredi de la 32e semaine du Temps ordinaire A

(Textes : Sg 13,1-9 – Ps 18 – Lc 17,26-37)

(Illustration : Livret de prière de mon grand-père paternel, 1914)

Mot d’accueil :

Chers amis,

Aujourd’hui notre pays se souvient de la fin de la 1ère guerre mondiale, et plus généralement de tous les conflits dans lesquels des soldats français se sont battus. Rassemblés en cette église, nous venons faire mémoire de ceux qui sont mort au combat. Que cette eucharistie soit aussi pour nous l’occasion de prier avec plus d’insistance pour que les hommes de notre monde se mettent à l’écoute les uns des autres et à l’écoute de Dieu pour que disparaisse de notre humanité les conflits armés. 

Homélie :

Chers amis,

Les lectures de ce jour, qui peuvent être difficiles à entendre, nous appellent à la prudence, à la vigilance et à l’engagement. 

Dans la première lecture, l’auteur du Livre de la Sagesse nous invite à nous laisser guider par la beauté du monde vers la beauté de Dieu : à travers la contemplation et l’étude du fonctionnement de notre univers, il nous est possible de découvrir quelque chose de la grandeur du Créateur de l’univers. Nous ne sommes plus comme nos ancêtres qui avaient divinisée la nature et adoraient le soleil, la lune, la terre, le tonnerre,... comme des divinités. Dieu s'est révélé à l'homme, à travers Abraham et jusqu'au Christ, comme le Créateur de l'univers.

Dans notre monde scientifique, certains prennent argument de leurs recherches pour exclure Dieu de leurs équations. Effectivement, Dieu ne se laisse pas toucher ni analyser par les outils de la science. Alors, avec finalement beaucoup d’orgueil, certains scientifiques en viennent à conclure que Dieu n’existe pas. Ils sont tellement aveuglés par leurs certitudes qu’ils décrètent que ce qu’ils ne voient pas ne peut pas exister ! Comme si le monde se réduisait à ce que nos instruments peuvent mesurer ! 

Est-ce qu’il existe une machine à mesurer l’amour, le dévouement, le courage, le sens du devoir, la camaraderie, le sens de l’honneur… ! Et pourtant, nous savons bien que cela existe ! Rien que si nous nous intéressons à l’homme, nous réalisons qu’il y a en l’homme bien plus que ce que nous pouvons scientifiquement mesurer. Le livre de la Sagesse ne vient pas condamner la science. Il veut inviter ceux qui contemplent la Création à rester à leur place : des créatures qui découvrent de l’intérieur la beauté de la Création, et peuvent ainsi ouvrir leur cœur à la contemplation spirituelle du Créateur. Dieu n’appartient pas au domaine de la science, Il appartient au domaine de l’esprit, et à l’amour.

Dans l’évangile, le Seigneur Jésus nous invite à une grande vigilance : sommes-nous bien conscient que cette vie se terminera un jour et que nous aurons à nous présenter devant notre Dieu ? En ce jour, nous faisons mémoire d’hommes et de femmes qui ont donné leur vie pour défendre un pays, pour défendre les valeurs de la France et pour défendre sa liberté ; volontaires ou non, morts au combat ou revenus vivants dans leurs foyers, ils ont mis en danger leur vie pour défendre ces valeurs, et nous leur sommes reconnaissants pour cela. Beaucoup ont été soutenus sur les champs de bataille par leur foi chrétienne et par la présence des aumôniers militaires à leurs côtés. Je ne peux m’empêcher de repenser à mon grand-père paternel, qui a combattu en 1914-1918 et qui a toujours porté sur lui son petit livret « Mes Prières et mes Chants de soldat ». Il avait aussi une grande dévotion à Saint Joseph qu’il invoquait souvent comme “Patron de la Bonne mort” : il demandait de ne pas mourir sans avoir pu auparavant se confesser. Je n'oublie pas non plus mon grand-père maternel qui a combattu en 1939-1945, et mon père qui a fait l'Algérie. Et je ne peux m'empêcher de penser qu'il est incroyable que ma génération soit la première qui connaisse la paix.

Aujourd’hui, notre pays n’est plus menacé en ses frontières, et la construction européenne a permis de mettre fin à ces conflits qui ensanglantaient nos pays depuis des lustres. Mais la menace qui pèse aujourd’hui sur la France n’en est pas moins inquiétante. Si j’ose une image, la France ne risque plus de perdre son corps (son territoire), mais elle risque de perdre son âme : peu à peu, toutes les valeurs de solidarité, d’engagement, de dévouement gratuit, de respect de la personne humaine (de sa conception à sa mort naturelle), toutes les valeurs chrétiennes qui ont fait la France sont en train d’être rongées par l’appât du gain, l’amour du pouvoir, l’appétit de jouissance, et cette folie d’une science qui se croit toute puissante au point de vouloir jouer avec la génétique, au point de vouloir utiliser des embryons humains comme des souris blanches de laboratoire.

Notre pays ne va pas bien, on nous le dit et on nous le répète dans les médias, en ne nous parlant quasiment que d'argent et d'économie... Notre pays ne va pas bien, mais je crois profondément que ce n’est pas d’abord un problème de crise économique : notre pays ne va pas bien parce qu’il ne sait plus qui il est, parce qu’il a oublié ses racines et qu’il est en train de perdre son âme. C’est de notre responsabilité à tous de remettre au cœur de notre société et de nos politiques les repères et les valeurs qui ont porté tant d’hommes et de femmes depuis des générations dans notre pays. Et pour les chrétiens, qui veulent pleinement prendre leur place comme citoyens de ce pays, c’est en ayant une vie profondément unie au Christ, par la prière et par l’action, que nous pourrons faire cela, en fidélité à notre baptême.

Le Christ est venu dans le monde pour nous révéler l’amour de Dieu pour chacune et chacun de ses enfants, pour nous inviter à vivre son commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. », en nous souvenant aussi que c’est de la manière dont nous traitons les plus fragiles que nous témoignons de notre amour ou au contraire, de notre rejet de Dieu.

Amen.

David Journault †

mardi 8 novembre 2011

Homélie du 6 novembre - 32e dimanche du temps ordinaire A


Église St Siméon – L’Huisserie – 5/11/2011 – 18h30
Messe CEJ
Église de l’Assomption – Ahuillé – 6/11/2011 – 10h30
32e dimanche du Temps ordinaire A

(Textes : Sg 6,12-16 – Ps 62 – 1Th 4,13-18 – Mt 25,1-13)

(Illustrations : Les jeunes filles sages et les jeunes filles insensées, "Dimanche en images")


Mot d’accueil :

Sagesse, prévoyance, fidélité, préparation… voilà quelques thèmes que les lectures de ce jour nous invitent à méditer… avons-nous le désir de maintenir la lampe de notre foi allumée et de tout faire pour cela ?

Homélie :

Dix jeunes filles qui attendent l’époux qui tarde à venir… quand sera-t-il là ? Personne ne le sait, et l’attente est une épreuve pour les jeunes filles qui forment le cortège… Dans cette situation, certaines se montrent vigilantes et prévoyantes, en ayant apporté des réserves d’huile suffisantes. Ainsi, non seulement elles ont le désir d’être fidèles, mais elles en prennent les moyens.

Ailleurs, le Seigneur Jésus a dit : « Il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur […] mais il faut faire la volonté de mon Père. » Cette parabole est un appel de Jésus pour nous faire grandir dans la communion avec Lui, comme toute parabole. Et ici nous sommes sans doute invités à réfléchir à notre attitude en ce monde sous deux angles : 1. suis-je fidèle au Christ dans ma façon de vivre, et 2. est-ce que je prends soin de fournir du “carburant” à la lampe de ma foi ?

1. Suis-je fidèle au Christ ? Importante question, qui doit être la question de fond de nos existences. Quel est l’état de notre cœur ? Si je devais rencontrer le Christ aujourd’hui, comment est-ce que je me présenterai devant Lui ? Toute notre vie est appelée à être une vie de conversion, c’est-à-dire de patiente recherche pour toujours faire le mieux possible la volonté de Dieu dans tous les espaces de ma vie. Bien entendu, il nous arrive de chuter et nous pouvons compter sur la miséricorde de Dieu pour nous pardonner (à condition que nous le demandions). 

Mais il ne faudrait pas glisser tout doucement vers la négligence et la tiédeur : l’amour de Dieu et sa miséricorde ne sont pas un appel à la mollesse et au “n’importe quoi” ! Ils sont un appel constant à la sainteté qui doit être le grand œuvre de nos vies ! Car pour les jeunes filles insensées qui se sont montrées infidèles à la mission reçues, la parole de l’époux est sévère : « Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas. » Oui, cette parole est sévère, car elle constate qu’il n’y a pas de communion entre le l’époux et les jeunes filles insensées… N’est-ce pas le simple constat du fait que les jeunes filles insensées ont déserté, et qu’elles n’étaient pas là où elles auraient due être ?

On peut être surpris que les jeunes filles sages ne veuillent pas donner de l’huile à leurs compagnes, mais cette parabole n’est pas une parabole sur le partage. Le fait est que si elles refusent de partager leur huile, ce n’est pas par égoïsme, mais par réalisme. Veiller sur la lampe de son cœur est une responsabilité personnelle : la fidélité ne se délègue pas, la vigilance ne se sous-traite pas !

Là encore, dans cette parabole, le Christ nous appelle à la vigilance et à ne pas reporter à demain ce que nous pouvons faire pour avancer sur notre chemin de sainteté, car la rencontre avec notre Seigneur peut intervenir n’importe quand. C’est dès maintenant qu’il me faut m’appliquer à aider les autres, c’est dès maintenant que je dois chasser de ma vie toutes ces petites trahisons par rapport à ce que Dieu me demande, c’est dès maintenant que je dois accorder ce pardon si difficile et me réconcilier avec un tel ou un tel, c’est dès maintenant que je dois approfondir ma connaissance et ma fréquentation de la Parole de Dieu, c’est dès maintenant que je dois vivre fidèlement les sacrements de l’Église, en particulier l’eucharistie et la réconciliation… 

Car avec tout cela, 2. j’apporte du carburant à la lampe de ma foi ! Oui, c’est ainsi que je peux montrer à Dieu ma fidélité et rester à mon poste de veilleur au milieu de l’humanité. Maintenir ma lampe allumée, c’est une responsabilité personnelle, et personne ne peut le faire à ma place ; c’est mon attitude personnelle dans cette vie qui témoigne de mon attachement au Christ et qui feront que je pourrai rentrer avec l’époux dans la salle des noces. Mais même si cela est personnel, nous pouvons nous entraider les uns les autres à tenir nos lampes allumées, ou à ranimer la flamme qui semble trembler sous le vent. Nous pouvons même nous entraider pour rallumer la flamme éteinte : la chaleur et la richesse de notre vie communautaire peuvent permettre cela.

Dans le rituel du baptême des adultes, le geste de la lumière est accompagné de cette parole :
Vous êtes devenu lumière dans le Christ : marchez toujours comme un enfant de lumière ; demeurez fidèle à la foi de votre baptême. Alors, quand le Seigneur viendra, vous pourrez aller à sa rencontre dans son Royaume avec tous les saints du ciel.

Avec la force de l’Esprit Saint, marchons sur les chemins de nos vies en cultivant cette fidélité à la foi de notre baptême et en gardant notre lampe allumée. 

Amen.

David Journault †

Homélie du 2 novembre : Commémoration des fidèles défunts

Église St Siméon – L’Huisserie – 2/11/2011 – 19h
Commémoration des fidèles défunts


(Textes : Is 25,6a.7-9 – Ps  – Rm 14,7-9.10b-12 – Mt 11,25-28)

(Illustration : Photo de Jérusalem prise depuis le Mont des Oliviers avec au premier plan le cimetière juif)

Homélie :

Frères et sœurs,

En ce jour où nous faisons mémoire de nos défunts, nous réentendons cet appel du Christ : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. »

Oui, c’est en Christ que se trouve le repos, dans cette vie comme dans la vie éternelle. Jésus, crucifié, mort sur la croix, est ressuscité et nous ouvre ainsi l’accès à la vue nouvelle auprès de Dieu. Les portes de la mort ne pouvaient retenir Celui qui est l’auteur de la Vie. Ainsi, non seulement Dieu est l’auteur de notre vie ici-bas, mais Il nous rend possible le passage à la vie nouvelle, à la vie éternelle dans le bonheur.

Cette résurrection du Christ a une première résonnance dans notre vie présente. Par sa victoire sur la mort et le péché, le Christ nous a sauvés de l’emprise du péché et du mal. Le Christ nous offre son Esprit, sa puissance, pour que nous nous abstenions de tomber dans le péché, pour que nous nous abstenions de faire ce qui est mal aux yeux de Dieu. 

Si nous décidons véritablement de suivre le chemin de l’amour, de la justice et de la paix, alors le Christ marche à nos côtés et nous assiste sur ce chemin. Si nous lui tournons le dos, Il respecte notre liberté et nous laisse aller vers notre destin, attendant patiemment que nous nous tournions à nouveau vers Lui. Notre Dieu est Tout-puissant, certes, mais Tout-puissant d’amour. Qu’est-ce que cela veut dire ? Que sa Toute-puissance ne peut que ce que peut l’Amour, et donc Il ne veut nous forcer à rien, Il ne veut aller à l’encontre de notre liberté, car sans liberté, il ne peut être question d’amour.

Comme nous le dit saint Paul dans son épître aux Romains, notre vie présente et la vie qui s’ouvre à nous après la mort corporelle sont liées entre elles et toutes les deux, elles sont liées à la vie du Christ. Par le baptême, nous devenons enfants de Dieu et membre du Corps du Christ. C’est d’ailleurs pour cela qu’au cours d’une sépulture on encense le corps du défunt, comme on encense tout ce qui est manifestation de la présence du Christ dans la liturgie : l’autel, le livre de la Parole de Dieu, le prêtre, l’assemblée, le pain et le vin consacrés. 

A ce titre, nous sommes appelés à vivre en pleine communion avec le Christ, c’est-à-dire à faire en sorte que notre façon de vivre soit digne du Corps du Christ. Et cette communion à laquelle nous sommes appelés dans cette vie terrestre, nous sommes appelés à la poursuivre pour l’éternité auprès de Dieu, une fois passées les portes de la mort. 

Pour entrer dans la vie éternelle de bonheur et de communion avec Dieu, c’est en cette vie présente que nous devons d’ors et déjà chercher à initier cette communion avec Dieu. Comment espérer entrer immédiatement en communion avec Dieu, le Bien absolu, si nous avons pendant toute notre vie tourné le dos à l’amour, au respect des autres, au bien ? Nous pouvons bien entendu compter sur l’amour et la miséricorde de Dieu, mais faisons nous-mêmes tout notre possible pour être trouvés irréprochables et saints quand le Seigneur viendra à notre rencontre. Le sacrement de la réconciliation est ainsi une aide que le Seigneur met à notre disposition pour cheminer vers une intimité plus grande avec Lui.

Frères et sœurs, demandons au Seigneur d’accueillir nos défunts auprès de Lui, et prions pour que nous ouvrions toujours plus nos vies à l’action de l’Esprit Saint en nous.

Amen.

David Journault †

jeudi 3 novembre 2011

Mais que se passe-t-il au Ministère de l'Education nationale ?

Juste un petit énervement au passage !

Après une première attaque en règle pour imposer à tous les élèves l'enseignement de la "théorie du gender", voilà maintenant que le Ministère de l'Education nationale s'attaque à la famille !
Je cite un article de La Croix :

Le Bulletin Officiel spécial n° 8 du 13 octobre 2011, concernant l’enseignement de spécialité de droit et grands enjeux du monde contemporain en classe de Terminale L a introduit un enseignement autour de « l’évolution de la famille » avec l’objectif « de faire découvrir le droit aux élèves en leur montrant comment le droit aborde les questions contemporaines ».
« Après avoir constaté l’absence de définition de la famille, on montrera, par une analyse juridique et historique, qu’elle a profondément évolué et qu’elle est devenue multiforme (famille biologique, adoptive, monoparentale, homoparentale, recomposée, nucléaire, élargie) et on proposera aux élèves d’en rechercher une définition », souligne notamment le Bulletin Officiel .
"L'absence de définition de la famille" !!! Ils n'ont pas de dictionnaire au Ministère de l'Education nationale ? Allez, je suis bon prince, je leur offre la définition de mon Petit Larousse illustré (1986, année de mon entrée en 6e) :
Famille n.f. (lat. familia). Le père, la mère et les enfants : famille nombreuse || Les enfants seulement : être chargé de famille. || Toutes les personnes d'un même sang, comme enfants, frères, neveux, etc.
Encore une idée fumeuse du Ministère... Ils n'ont pas d'autres problèmes à traiter que d'entreprendre la destruction systématique de tous les éléments structurants de la société ? Mes avis que l'équipe qui a pondu ce projet doit être la même qui nous a inscrit le "gender" au programme... Drôle de démarche de nos "élites intellectuelles" !

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