"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

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mardi 27 mai 2008

Ordination épiscopale de Mgr Thierry Scherrer

Monseigneur Thierry Scherrer, nouvel évêque de Laval, recevra l'ordination épiscopale le dimanche 6 juillet prochain à 15h30 en la Basilique de Pontmain.

L'évêque consécrateur principal sera Mgr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes.
Les deux évêques co-consécrateurs principaux seront le Cardinal Bernard Panafieu, archevêque émérite de Marseille, et Mgr Claude Feidt, archevêque d'Aix-en-Provence et Arles.
D'autres évêques participeront également à l'ordination.
Tous les diocésains sont invités à participer ou à s'unir par la prière à cette célébration.

Quel beau point de départ de son épiscopat que d'être ordonné à Pontmain, là même où la Vierge Marie est venue délivrer ce message en apparaissant à des enfants, le 17 janvier 1871 :
"Mes priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher."
Prions pour notre évêque et pour la fécondité de son ministère au milieu de nous.

dimanche 25 mai 2008

Homélie du 25 mai - Solennité du Très Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Cathédrale de la Trinité – Laval
Dimanche 25 mai 2008 – 10h30
Le Très Saint-Sacrement
du Corps et du Sang du Christ A
Premières Communions

(Textes : Dt 8,2-16 – Ps 147 – 1Co 10,16-17 – Jn 6,51-58)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Ce dimanche est un jour de fête et de joie, et pour plusieurs raisons : aujourd’hui nous célébrons la fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, et 35 enfants de la paroisse vont communier pour la première fois. Et nous sommes aussi dans la joie et l’action de grâce, parce que depuis mercredi, notre diocèse n’est plus orphelin : le pape Benoît XVI a nommé comme 15e évêque de Laval le P. Thierry Scherrer, qui était jusque là Curé de la paroisse cathédrale d’Aix-en-Provence. Les enfants ont d’ailleurs eu ce privilège d’être le premier groupe de chrétiens que notre évêque a rencontré, puisqu’il est venu visiter sa cathédrale alors que nous répétions notre cérémonie d’aujourd’hui.

En cette eucharistie, prions le Seigneur dans la joie. Disons-lui merci pour son amour et pour tout ce qu’il nous donne.

Homélie :

Comme je l’ai dit tout à l’heure, Mgr Scherrer est venu visiter sa cathédrale et il a adressé quelques mots aux enfants. Est-ce que vous vous souvenez de ce qu’il vous a dit ?

Eh bien il a dit d’abord qu’il était heureux de vous rencontrer. Puis il vous a dit que vous étiez dans la joie parce que vous vous prépariez à communier, à recevoir le corps du Christ pour la première fois, mais qu’il y avait aussi quelqu’un de plus heureux que vous : Jésus lui-même, car Jésus attend et il a une grande joie que vous lui fassiez une place dans votre cœur. Vous vous rappelez de ça ?

Nous avons vu ensembles que communier, recevoir l’eucharistie, cela avait une grande signification. Oui, comme l’a dit notre évêque, communier cela veut dire ouvrir notre cœur à Jésus. Quand, quelques heures avant sa mort sur la croix, le Christ nous a donné ce signe et nous a demandé : « Faites cela en mémoire de moi. », il nous a fait un cadeau immense. Par ce geste, par la célébration de l’eucharistie, Jésus vient se donner à nous à chaque fois que nous communions. Chaque fois que nous communions, nous permettons à Dieu de venir en nous et de nous donner sa force pour avancer dans la vie en enfants de lumière, et pour rester fidèles à notre baptême.

Dans l’Église, on dit que l’eucharistie c’est à la fois la source et le sommet de la vie chrétienne. Qu’est-ce que ça veut dire ? Une source, on voit bien ce que c’est : un endroit où de l’eau jaillit et où on peut venir boire quand on a fait une longue marche ou une promenade, par exemple. C’est là qu’on peut venir se reposer, reprendre des forces, pour ensuite repartir sur notre chemin. Et le sommet ? Eh bien, si vous avez déjà fait des marches en montagne, le sommet c’est là encore un lieu où on s’arrête, puisqu’on ne peut pas monter plus haut. On fait une pause, on s’arrête, on admire le paysage… et on repart, tout joyeux d’avoir passé ce moment.

Eh bien, l’eucharistie, venir communier, c’est pour notre vie une source, un sommet. Quand on aime quelqu’un, on aime passer du temps avec lui. Venir à la messe, c’est venir passer une heure avec celui qui nous aime et que nous aimons, c’est venir passer une heure avec Dieu. Et quand nous communions, nous recevons en nous le Christ : Jésus nous donne de façon toute particulière son amour et sa force. Et comme la source et le sommet, on ne reste pas sur place après avoir communié : cet amour et cette force que Jésus nous donne, c’est pour nous aider à aimer les autres et à faire ce qui est bien.

Pour tout le monde, petits et grands, vivre pleinement sa vie avec Dieu, c’est quelque chose de parfois difficile. Et comme Dieu le sait et qu’il nous aime, il nous a donné les sacrements, et en premier [q° aux enfants] le baptême et l’eucharistie, pour nous aider à vivre pleinement en communion avec Lui. Ne nous privons pas de ce don que Dieu veut nous faire. Ne privons pas ceux qui dépendent de nous de ce don que Dieu veut leur faire. La première communion, c’est un moment fort et essentiel. Mais ce n’est que la première des communions. A partir de maintenant, les enfants, chaque fois que vous viendrez à la messe, vous pourrez recevoir ce cadeau que Dieu veut vous faire.

Frères et sœurs, enfants, jeunes, adultes et aînés : le Seigneur nous aime et il a soif de notre amour. A chaque eucharistie le Seigneur veut se donner à nous pour nous aider dans notre vie. Alors ne fermons pas notre cœur au Seigneur et venons souvent communier à Lui.

Amen.

mercredi 21 mai 2008

Mgr Thierry SCHERRER nommé évêque de Laval


Le pape Benoît XVI a nommé évêque de Laval – siège vacant à la suite du transfert de Mgr Armand MAILLARD à l’archevêché de Bourges -, Mgr Thierry SCHERRER, jusqu’à présent doyen du doyenné Aix-Sainte Victoire et curé de la paroisse de la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix en Provence (archidiocèse d’Aix et d’Arles), ce mercredi 21 mai 2008, à 12h.

Biographie de Mgr Thierry SCHERRER
Fils de Bertrand SCHERRER, aviateur, et de Madame, née Sabine MAGNIEN, Mgr Thierry SCHERRER est né le 22 janvier 1959 à Versailles (Yvelines). Après des études à la Faculté de Lettres de Montpellier et à la Faculté de Médecine de Marseille, Mgr Thierry SCHERRER a été au Séminaire de Paray-le-Monial (1981-1984) et au Séminaire Saint-Luc à Aix-en-Provence (1984-1987). Il a fait ensuite une licence en théologie à l’Institut d’Études théologiques de Bruxelles (1987-1989) puis un doctorat en théologie à l’Université grégorienne de Rome. Il est licencié et docteur en théologie.

Ministères
1989-1991 : Chapelain à l’église Saint-Louis-des-Français à Rome, en mission d’études ;
1991-1996 : Vicaire à la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence et aumônier des étudiants, chargé de la coordination des aumôneries d’étudiants d’Aix-en-Provence ;
1996-2004 : Membre de l’équipe des formateurs du Séminaire Saint-Luc, Supérieur de la communauté Saint-Jean-Baptiste (année propédeutique du Séminaire diocésain) et délégué épiscopal au Service diocésain des vocations ;
1999-2004 : Prêtre accompagnateur du Service diocésain de la Pastorale de la Santé ;
2002-2004 : Prêtre auxiliaire au service des paroisses de Bouc-Bel-Air et Cabriès-Calas ;
2004-2007 : Curé de la paroisse de Puyricard et doyen d’Aix-Sainte Victoire ;
2006-2007 : Administrateur paroissial des paroisses de Peyrolles, Jouques, Meyrargues, Le-Puy-Sainte-Réparade, Saint-Canadet et Saint-Paul-lès-Durance, de l’unité pastorale Aix-Val de Durance ;
Sept. 2007 : Curé de la paroisse de la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence et doyen d’Aix-Sainte Victoire.


Message de Mgr SCHERRER aux Mayennais

Chers amis,

Ces quelques mots voudraient vous rejoindre au moment où vient de paraître la nouvelle officielle de ma nomination comme évêque de Laval.
Comment sonder les intentions de Dieu qui, à travers son Église, ont présidé à ce choix ? Je succède ainsi à Mgr Armand Maillard, nommé archevêque de Bourges en septembre 2007, et lui-même successeur du Cardinal Louis-Marie Billé, notre archevêque à Aix-en-Provence et Arles de 1995 à 1998, pasteur admirable d’inoubliable mémoire. J’exprime ma plus vive gratitude au Père Bernard Courteille, administrateur diocésain, ainsi qu’aux membres du Conseil épiscopal qui ont conduit les affaires du diocèse avec compétence et dévouement durant les mois de vacance de siège.
Autant dire que je reçois cette nouvelle mission avec crainte et tremblement, conscient à la fois de mes propres faiblesses et des exigences redoutables que comporte cette charge dans la société sécularisée qui est la nôtre. Mais je vis en même temps cet appel dans la confiance, sûr que l’amour miséricordieux de Jésus et la force de son Esprit ne me feront jamais défaut tout au long de la route qui s’ouvre devant moi.
Je vous remercie de m’accueillir. Je ne viens pas vers vous avec des idées toutes faites ou des projets préfabriqués, mais avec l’unique désir d’aimer et de servir l’Église de Mayenne vers laquelle le Seigneur m’envoie.
En ces heures chargées d’une intense émotion, croyez que je vous porte, chacune et chacun, dans ma prière et dans mon cœur.
Dans la joie de vous rencontrer bientôt, je vous assure de mon cordial et entier dévouement.

P. Thierry SCHERRER
Évêque nommé de Laval

Ecouter sa première interview sur Fidélité avec Antony TORZEC

[Cet article est la reprise de celui publié sur le site du diocèse de Laval : http://diocese-laval.cef.fr/actu.php?id_actu=2156]

Homélie du 18 mai - Solennité de la Sainte Trinité


Basilique ND d’Avesnières – Laval – 10h00
Église ND des Cordeliers – Laval – 18h00
Dimanche 18 mai 2008
Solennité de la Très Sainte Trinité A
(Texte : Ex 34,4-9 – Dn 3,52-56 – 2Co 13,11-13 – Jn 3,16-18)

Mot d’accueil Avesnières :
Frères et sœurs,

Aujourd’hui est un jour de fête : tout d’abord parce que l’Église fête la Sainte Trinité. Mais aussi parce que l’école ND d’Avesnières fait sa kermesse : des élèves, parents et enseignants sont présents avec nous… C’est l’occasion pour nous de remettre entre les mains de Dieu, Père, Fils et Saint Esprit, cette belle œuvre d’enseignement que sont les écoles catholiques, au service de la croissance humaine et spirituelle des enfants et des jeunes, et au service de notre société.

Mot d’accueil Cordeliers :
Frères et sœurs,

Aujourd’hui est un jour de fête : l’Église fête la Sainte Trinité. Dieu se révèle à nous non pas comme une divinité hautaine, solitaire et froide, mais comme un Dieu qui est Père, qui se fait proche et se révèle comme Fils, et qui nous donne son Esprit pour nous permettre de vivre en communion avec Lui.

Homélie :

Comment appeler Dieu ? Comment dire Dieu ? Comment parler de Dieu ? Ces questions que nous nous posons, Moïse aussi se les posait en montant sur la montagne du Sinaï. Et dans la première lecture nous trouvons plusieurs réponses : Dieu se présente « Yahvé, le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité. »

Pour connaître Dieu, il faut donc regarder ce qu’il fait : on le reconnaît à ses actions de bonté, d’amour et de tendresse. C’est sans doute pourquoi Moïse demande à Dieu de marcher au milieu de son peuple, c’est-à-dire d’être toujours avec eux. Car même si on ne peut pas voir Dieu, on peut voir les effets de sa présence au milieu de nous : la paix, la fraternité, le respect, l’amitié, l’amour…

Et Dieu a vraiment répondu à la prière de Moïse… car il est vraiment venu « marcher au milieu de nous » : c’est Jésus, le Fils de Dieu, qui est venu sur notre terre, c’est fait homme comme nous et est venu marcher sur les chemins de la Palestine. Comme il est écrit dans l’évangile que nous venons d’entendre : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. » Avec Jésus, Dieu a voulu se faire connaître encore mieux de nous : Jésus est venu nous expliquer qui est Dieu et comment nous pouvons vivre véritablement comme ses amis, ses fidèles. Jésus est allé jusqu’au bout de l’amour et du don de soi pour les autres et, par sa mort et sa résurrection, c’est vraiment l’identité de Dieu qui nous est révélée. Dieu aime chacun jusqu’à se donner à nous.

Bien sûr, cela ne nous empêche pas de nous poser des questions, car Dieu échappe à la façon dont habituellement nous connaissons les personnes et les choses. Quand je veux connaître quelqu’un ou quelque chose, j’utilise mes sens et ma réflexion : je regarde, j’écoute, je touche, je sent, je goûte, je lit un livre, je discute avec quelqu’un… Pour Dieu, je ne peux pas avoir une connaissance vraiment directe : il faut que je passe par la lecture de la Bible et il faut que je me fasse aider par les autres chrétiens (parents, catéchistes, prêtres, en lisant des livres,…).

Mais pour avancer dans cette découverte de Dieu, qui est un chemin pour toute la vie, je ne suis pas seul. Car Dieu ne nous laisse pas sans aide. Après la venue de Jésus dans le monde, Dieu nous a envoyé l’Esprit Saint. L’Esprit Saint, c’est l’Esprit même du Père et du Fils, c’est l’Esprit de Dieu, et nous le recevons à notre baptême et à notre confirmation. Et si nous ouvrons notre cœur et notre intelligence à Lui, l’Esprit Saint nous aide à vivre en chrétien.

Dès l’origine du monde, Dieu nous aime et il est notre Père. Il y a plus de 2000 ans, Dieu est venu en ce monde et il s’est fait connaître en Jésus, le Fils, vrai homme et vrai Dieu. Et pour soutenir notre vie avec lui, il nous a envoyé l’Esprit Saint pour nous accompagner sur nos chemins.

Vivons les uns et les autres, enfants, jeunes et adultes, en ouvrant nos cœurs à l’amour du Père, en suivant le Fils, dans l’Esprit.

Amen.

jeudi 15 mai 2008

Prière : Pour demander la vertu de charité - Norbert Segard

Seigneur,
donne-moi de voir les choses à faire
sans oublier les personnes à aimer,
et de voir les personnes à aimer
sans oublier les choses à faire.

Donne-moi de voir les vrais besoins des autres.
C’est si difficile
de ne pas vouloir à la place des autres,
de ne pas répondre à la place des autres,
de ne pas décider à la place des autres.
C’est si difficile, Seigneur,
de ne pas prendre ses désirs
pour les désirs des autres,
et de comprendre les désirs des autres
quand ils sont si différents des nôtres !

Seigneur, donne-moi de voir
ce que Tu attends de moi parmi les autres.
Enracine au plus profond de moi cette certitude :
on ne fait pas le bonheur des autres sans eux...

Seigneur, apprends-moi à faire les choses en aimant les personnes.
Apprends-moi à aimer les personnes pour ne trouver ma joie
qu’en faisant quelque chose pour elles,
et pour qu’un jour elles sachent
que Toi seul, Seigneur, es l’Amour.

mardi 13 mai 2008

Homélie du 11 mai - Dimanche de la Pentecôte A


Basilique ND d’Avesnières – Laval
Dimanche 11 mai 2008 – 10h00
Solennité de la Pentecôte A
(Texte : Ac 2,1-11 – Ps 103 – 1Co 12,3-13 – Jn 20,19-23)

Mot d’accueil :

La Pentecôte : l’Esprit Saint descend sur les disciples rassemblés autour de Marie, au Cénacle. Et c’est la naissance de l’Église universelle : la Bonne Nouvelle est annoncée à toutes les personnes présentent ce jour-là à Jérusalem, et chacune entend cette annonce dans sa langue maternelle.

Que l’Esprit d’unité inspire à tous les chrétiens le sens de la compréhension et du pardon, pour que l’unité du Corps du Christ soit manifestée.

Homélie :

Frères et sœurs,

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais quand je pense à la Pentecôte, je vois immédiatement un tableau qui représente les Douze Apôtres réunis autour de la Vierge Marie dans une attitude de prière, avec chacun une petite flamme sur de la tête. Au-dessus d’eux plane la colombe qui représente l’Esprit Saint, d’où sorte des rayons qui vont vers chacun d’eux.

L’auteur du livre des Actes des Apôtres nous donnent effectivement une description de cet événement. Nous sommes le jour de la Pentecôte, fête juive qui commémore la remise des Tables de la Loi à Moïse, au Mont Sinaï. Les Apôtres sont réunis et arrive un événement : « un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent », « une sorte de feu »… On sent bien que les mots sont maladroits pour traduire l’intensité des phénomènes.

Mais plus que l’événement en lui-même, ce sont ses conséquences qu’il faut considérer. Le groupe des Douze, qui se tenait dans une grande discrétion depuis la mort et la résurrection de Jésus, devient missionnaire. Ils sortent et prennent la parole en public, ils témoignent du Christ et racontent tout ce qu’ils ont découvert. Et dès le départ, ce témoignage dépasse le cercle d’une seule culture ou d’une seule langue. Dès l’origine, l’évangélisation s’adresse à tous les hommes de toutes cultures, langues, peuples et nations.

Oui, la Bonne Nouvelle est pour tous, et chaque baptisé est appelé à prendre sa part dans cette annonce, avec les dons particuliers qu’il a reçu de l’Esprit Saint. Traditionnellement, la théologie parle des sept dons de l’Esprit Saint : Sagesse, Intelligence, Conseil, Force, Science, Piété, Crainte de Dieu. Mais dans son épître aux Corinthiens, saint Paul montre bien aussi qu’il y a une grande variété des dons de l’Esprit, qui sont toujours donnés aux personnes en vu du bien commun du Corps du Christ. Si j’ai un don particulier, c’est au service des autres, de l’Évangile et de l’Église que je dois l’exercer. Avoir un don, un talent particulier, ne me donne pas des droits : il me donne des devoirs, une mission à accomplir. Comme le dite saint Paul : « Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous. »

Tout comme les différents membres de notre corps humain, les différents membres du Corps du Christ qui est l’Église ont besoin les uns des autres pour vivre. Cette image est très forte car dans notre corps, nous savons bien combien nos membres, nos organes, sont interconnectés, combien une douleur quelque part peut avoir du retentissement sur tout le corps. Nous avons à être attentifs à tous les membres du Corps du Christ.

Une partie du Corps du Christ, ce sont les ministres de l’Église, évêques, prêtres et diacres. Dans l’évangile d’aujourd’hui, nous lisons une parole du Christ qui est au fondement du sacrement de la réconciliation : « Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. » Oui, à la suite des Apôtres, les évêques et les prêtres reçoivent cette mission d’accompagnement de leurs frères et sœurs pour les aider à avancer dans la vie chrétienne en venant régulièrement faire le point sur leur vie et demander à Dieu le pardon de leurs péchés. Réconciliés avec Dieu, nous pouvons être alors à même de vivre aussi en vérité la réconciliation avec ceux qui nous entoure. Le sacrement de la réconciliation participe au progrès spirituel des personnes. Il participe aussi au progrès spirituel de la communauté chrétienne.

Frères et sœurs, prions en ce jour de la Pentecôte, pour que nous sachions tous et toutes discerner en nous les dons de l’Esprit Saint et les faire fructifier pour le bien des autres, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

Amen.

jeudi 8 mai 2008

8 mai 1945 : Commémoration d'une victoire ?


Aujourd'hui en France nous ne travaillons pas. En ce jour férié, nous commémorons la victoire des Alliés sur le Nazisme en 1945.

Bien sûr, c'était une victoire, et nous sommes reconnaissant à tous ces combattants de France et d'ailleurs qui ont permis de mettre un terme aux projets fous et monstrueux du Führer. Cette guerre, ce sont des millions de victimes, c'est le projet de rayer de la face du monde tout un peuple, sur le seul critère de la race, c'est la volonté de puissance poussée à son paroxysme, la haine de la différence, le nationalisme exacerbé...

Et d'un point de vue chrétien, est-ce que nous nous rendons compte qu'à chaque conflit qui a dans le passé opposé l'Allemagne à la France, ce sont majoritairement des chrétiens qui se faisaient la guerre, ou en tout cas deux peuples à l'histoire et à la culture fortement teintées de christianisme ? Et de chaque côté de la ligne de front, dans les tranchés, les pauvres soldats faisaient monter vers Dieu leurs prières pour les aider à traverser cette épreuve...
Dans l'évangile de la messe de ce jour (Jeudi de la 7e semaine de Pâques), Jésus prie :
"Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. [...]
Que leur unité soit parfaite ; ainsi le monde saura que tu m'as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé."
Oui, les chrétiens doivent chercher à être unis, ils sont appelés par Dieu à être les artisans de l'unité du genre humain. Cette recherche d'unité n'est pas une recherche de puissance ou de renforcement du "parti chrétien". L'action des chrétiens en faveur de leur unité interne est une action au service de l'unité de tout le genre humain. En restant divisés, nous, les chrétiens, nous faisons obstacle au jaillissement du message du Christ dans le monde. Car en étant divisés, nous pouvons toujours témoigner et annoncer l'Evangile, mais notre situation concrète de division et de tentions entre chrétiens est un contre-témoignage flagrant.

Tant que nous en resterons à l'esprit de chapelle (ma messe est mieux que la tienne, ma paroisse est mieux que la tienne, le Père machin est quand même un meilleur prêtre que le Père truc, les Protestants c'est pas des gens comme nous,...) en mettant en avant tout ce qui peut nous séparer, nous ne pourrons pas contribuer à l'unité. Il ne s'agit pas de faire comme si il n'y avait pas de différence, mais, pour reprendre le titre d'un livre de frère Roger, il nous faut rechercher "L'unanimité dans le pluralisme".

Que ce 8 mai nous permette de prendre conscience que nous avons tous une responsabilité et une action possible, là où nous sommes, pour faire que notre monde soit plus évangélique. Cherchons d'abord l'unité, cherchons d'abord ce qui est beau et ce qui nous rassemble. Cherchons d'abord l'amour et la fraternité. Alors nous pourrons sereinement aborder les questions qui nous séparent encore. Mais elles ne seront plus des obstacles à l'unité.


dimanche 4 mai 2008

Homélie du 4 mai - 7ème dimanche de Pâques A

Église ND des Cordeliers – Laval
Dimanche 4 mai 2008 – 18h00

7ème Dimanche de Pâques A
(Textes : Ac 1,12-14 – Ps 26 – 1P 4,13-16 – Jn 17,1b-11a)

Mot d’accueil :
La prière, l’union au Christ, l’union à nos frères dans la charité, voilà quelles sont les grandes forces auxquelles nous devons avoir recourt pour changer le monde et lui révéler le salut apporter par Jésus-Christ. Comme les Apôtres réunis au Cénacles dans l’attente de la venue de l’Esprit Saint, soyons toujours unis dans la contemplation et dans l’action.
La messe de ce soir est animée par des jeunes du MEJ (Mouvement Eucharistique des Jeunes). Je leur laisse la parole maintenant.

Homélie :

La gloire de Dieu… voilà un thème qui revient dans le passage d’évangile que nous venons d’entendre… Qu’est-ce donc que cette gloire de Dieu ? Nous avons du mal à connaître Dieu, et souvent nous risquons de nous en faire une idée fausse. Quand Jésus, dans sa prière vers son Père, dit « Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais confiée. », nous avons peut-être là une piste pour comprendre ce thème de la gloire et de la glorification. Car finalement, en quoi consistait la mission du Christ sur notre terre, si ce n’est à nous révéler l’identité profonde de son Père ?

Ce que Jésus s’est employé à faire, c’est témoigner dans le monde pour permettre à l’humanité toute entière de comprendre qui est ce Dieu d’amour qui est son créateur. Jésus est venu accomplir, c’est-à-dire réaliser parfaitement, cette révélation de Dieu à l’humanité qui avait commencé depuis la première fois où Dieu s’est adressé à un homme. Petit à petit, Dieu s’est révélé aux hommes pour leur faire comprendre à la fois qui il est et quel est le sens de leur vie, puisque les deux sont intimement liés. Et Jésus est venu parachever cette révélation. C’est pourquoi nous disons qu’avec Jésus la Révélation est close. Personne ne pourra jamais mieux dire que Jésus qui est Dieu, puisque Jésus est Dieu lui-même, le parfait envoyé de la Trinité sur notre terre.

Être Dieu, c’est donner la vie, c’est donner sa vie. Ce qui veut dire pour nous que reconnaitre Dieu et l’accueillir, cela revient à entrer dans le même mouvement de vie que le sien. Être chrétien, c’est vouloir être le plus proche possible de Dieu, de ce Dieu d’amour que Jésus le Christ nous a révélé.

Jésus est venu nous révéler que le sens de notre vie, c’est de vivre comme Dieu, c’est-à-dire de vivre non pas pour nous-mêmes, mais pour les autres. C’est parce que j’aime Dieu et mon prochain que je vais pouvoir me dévouer pour les autres et ainsi contribuer à construire dans l’humanité la civilisation de l’amour que Dieu attend.

Le Seigneur ne nous demande pas à tous de vivre de la même façon, il ne nous confie pas à tous la même mission, mais il appelle personnellement chacun de nous à mettre nos talents au service de l’établissement de son règne. Trouver la place que Dieu nous invite à prendre, cela demande de s’y intéresser sérieusement. Dans le MEJ, on parle de relecture, de discernement et de choix de vie… S’arrêter régulièrement pour poser un regard de vérité sur nos vies, pour pouvoir y discerner les signes que Dieu me fait, à travers les autres… Cela m’a permis, l’âge venu, de prendre conscience que le Seigneur m’appelait à être prêtre, que c’était de cette façon-là que personnellement je pouvais contribuer à faire que l’Évangile rayonne dans notre monde.

Frères et sœurs, je vous invite à vous poser cette simple question : comment est-ce que personnellement dans la vie qui est la mienne, je glorifie le nom du Seigneur, par ma prière, par ma fréquentation de la Parole de Dieu, par mes actions charitable ?

Amen.

"Credo" des jeunes du MEJ RN2007


Bonjour,
J'ai trouvé ces textes sur le site du Rassemblement National TA/ES 2007... de très belles expressions de foi... des jeunes d'un mouvement qui m'a aidé à me former et à qui je dois beaucoup.

Proclamation des T.A.

Nous, les Témoins Aujourd’hui, engagés dans le M.E.J.
Nous croyons que « Dieu fait toutes choses bonnes en son temps » (Ec. 3,11)
Notre joie, c’est de ne pas nous lasser de contempler ce monde dans ses différences,
de prendre le temps de la vraie rencontre
avec nos proches, nos amis,
et de la découverte de l’étranger.
Nous sommes conscients que notre chemin de demain s’écrit par nos choix d’aujourd’hui.
Nous sommes des chrétiens
témoins de l’espérance qui fonde l’Eglise. Notre responsabilité pour vivre debout,
c’est de bâtir avec l’Esprit de Dieu
un avenir authentique où chacun se sente concerné pour faire grandir tous les hommes dans la fraternité et la solidarité
au cœur de la création
qui nous est confiée.


Le Credo des Equipes eSpérances

Je crois en Dieu, le Père qui appelle à la vie, qui désire et inspire chaque vie. Je crois en Dieu, le Père, qui croit en moi, qui habite en moi, qui a besoin de tous les hommes pour répandre sa Paix. Je crois en Dieu, le Père, confident, artisan de communion, qui nous laisse libre de le choisir et de l’aimer. Je crois au Père tout puissant d’Amour.

Je crois en Jésus-Christ, son fils, notre frère, qui a pris corps d’homme, pour nous parler droit au cœur, nous permettre de vivre pleinement et dans la confiance de la Foi. Je crois en Jésus-Christ, son fils, lumière et joie du Père, venu ouvrir les yeux du monde par sa Parole d’Amour vivifiante. Je crois en Jésus-Christ, son fils, ressuscité au cœur de nos réconciliations et de nos rassemblements.

Je crois en l’Esprit-Saint, vraie présence du Père et du Fils en nos vies, regard nouveau, brise revigorante qui fait de l’Amour un monde sans frontière. Je crois en l’Esprit-Saint, force apaisante et consolatrice dans nos tempêtes, guide au cœur de notre quotidien. Je crois en Toi, Esprit-Saint, lien entre Dieu et l’homme, tu chuchotes à notre oreille et nos promesses prennent un sens.

jeudi 1 mai 2008

Homélie du 1er mai - Solennité de l'Ascension du Seigneur A

Cathédrale de la Trinité – Laval
Jeudi 1er mai 2008 – 10h30
Ascension du Seigneur A

(Textes : Ac 1,1-11 – Ps 46 – Ep 1,17-23 – Mt 28,16-20)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Pendant 40 jours après sa résurrection, le Christ est apparu à ses disciples, puis est venu le jour où il est retourné vers le Père. Ce n’est pas un jour d’abandon dont nous faisons mémoire : c’est le jour où le Seigneur nous a donné la plus grande preuve de sa confiance en nous et en l’humanité.

L’Ascension, c’est le jour où le Christ nous a passé le relais, le jour où il nous a donné sa mission : « Allez donc ! De toutes les nations, faites des disciples […] Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Homélie :

« Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? »

Sans doute qu’à la place des disciples, nous aurions nous aussi eu besoin d’un peu de temps pour réaliser que Jésus, le Maître, avait définitivement disparu aux yeux du monde… Mais les deux messagers en vêtement blanc dont nous parle les Actes des Apôtres sont là pour aider les disciples à remettre les pieds sur terre.

Après sa mort sur la croix et sa résurrection, le Christ est apparu régulièrement aux disciples pendant 40 jours. Puis le moment est venu de son retour vers le Père. On se rend bien compte, que ce soit en lisant les Actes des Apôtres ou l’évangile selon saint Matthieu, que les disciples sont loin d’être complètement près à cet événement. Dans les Actes, un disciple croit encore que Jésus est venu pour rétablir une royauté visible et matérielle en Israël, et Matthieu quand à lui précise que « certains eurent des doutes ». Les successeurs que s’est choisi le Christ, ils sont loin d’être parfaits… ils ne semblent vraiment pas à la hauteur de la tâche que Dieu veut leur confier. Mais il ne les laissera pas seuls : à la Pentecôte, il leur enverra l’Esprit-Saint, et c’est pour cela que Jésus leur demande d’attendre à Jérusalem jusqu’à ce moment là.

Dans la force de l’Esprit, les disciples pourront devenir véritablement témoins et annoncer au monde la Bonne Nouvelle. D’ailleurs, c’est en Galilée que Jésus les convoque une dernière fois : la Galilée, cette région de frontières, cette région où la population juive est très brassée avec toutes les populations païennes environnantes. Jésus a convoqué les disciples sur la montagne, tout comme au début il les avait emmenés sur la montagne pour leur enseigner les Béatitudes, tout comme c’est sur la montagne du Sinaï que Dieu avait fait alliance avec son peuple, tout comme c’est sur la montagne que Jésus avait été transfiguré. La montagne est le lieu symbolique de la rencontre entre le ciel et la terre, et à l’Ascension, Jésus s’affirme lui-même comme celui qui a reçu tout pouvoir dans le ciel et sur la terre.

De la montagne, il envoie ses disciples, et nous aussi à travers eux. Il nous envoie porter son message et inviter tous les hommes à entrer dans son alliance, dans son Église, dans la force de l’amour de la Trinité. Personne n’est exclu, et ce que Dieu nous propose, ce n’est rien moins que la communion intime avec lui dans le baptême, communion avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Jésus nous envoie en mission, et en même temps, il ne nous abandonne pas : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » La mission d’évangélisation ne dépend pas que de nous : nous avons à nous y dépenser, mais c’est toujours le Christ qui est le Maître de la mission. L’évangélisation est notre mission, notre travail, mais nous avons à la vivre dans la confiance, et non dans l’angoisse.

J’ai lu quelque part une anecdote sur le Bienheureux pape Jean XXIII. Un ami lui disait après son élection : « Comme la charge doit être lourde ! » Et Jean XXIII répond : « C’est vrai, le soir quand je me couche, je pense, Angelo, tu es le Pape, et j’ai bien du mal à m’endormir ; mais au bout de quelques minutes je me dis, Angelo, que tu es bête, le responsable de l’Église, ce n’est pas toi, c’est le Saint-Esprit… Alors je me tourne de l’autre côté et je m’endors ! »

Tout à l’heure, après cette eucharistie, je vais avoir une fois de plus la joie de célébrer des baptêmes. Trois petits enfants vont devenir membres du Corps du Christ en recevant le baptême « Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » Dans ces moments-là, j’ai vraiment conscience d’être l’un des petits maillons de cette longue chaîne ininterrompue qui, depuis l’Ascension du Seigneur il y a plus de 2000 ans, obéit au commandement du Christ en annonçant sa Bonne Nouvelle. Tous ensemble, soyons des témoins joyeux, sachons être missionnaires pour relayer dans le monde cet appel de Dieu à vivre dans son amour, maintenant et à jamais.

Amen.

Un peu de musique ?

Musiques chrétiennes diverses : "CREDO Fraternel" (PUSH), "Amis dans le Seigneur" (MEJ), "Angélus", "Jésus, toi qui as promis", "Approchons-nous de la table"

Chants des JMJ Sydney : "Amazing Grace", "Receive The Power" (Version internationale), "You Raise Me Up", "Behold The Cross", "Ave Maria", "Ameno"

Chants de Taizé : "Venite Exultemus Domino", "El Alma Que Anda en Amor", "In Manus Tuas, Pater", "Wyslawiajcie Pana"

Mes voyages, passés et à venir...