"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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vendredi 22 août 2014

Homélie du 17 août 2014 - 20e dimanche du temps ordinaire A

Église St Siméon – L’Huisserie – 16/08/14 – 18h30
Église St Etienne – Origné – 17/08/14 – 10h30
20ème dimanche du temps ordinaire A


(Textes : Is 56,1.6-7 – Ps 66 – Rm 11,13-15.29-32 – Mt 15,21-28)

Mot d’accueil :
 
Frères et sœurs,
 
Avec les lectures de ce jour, nous sommes invités à méditer sur l’accueil de l’autre différent, sur l’amour sans frontière que Dieu a pour tout homme, amour qu’il nous invite nous aussi à vivre.

Homélie :
 
Frères et sœurs,
 
Cette rencontre de Jésus avec la Cananéenne a quelque chose de dérangeant, je trouve. En effet, on aimerait tellement que la première réaction de Jésus soit une réaction d’accueil et de compréhension, face à la douleur de cette femme dont l’enfant souffre. Pourtant, Jésus ne répond rien, et face à l’insistance de ses disciples, qui veulent simplement être débarrassé de cette personne qui les importune, sa première parole tombe, cinglante : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël » !
 
Où est le Jésus doux et humble de cœur, ouvert à toute détresse ? Qu’est-ce que c’est que cette attitude de rejet, fermée à la détresse de cette femme ? Pour comprendre ce qui se passe, il y a, je crois, deux hypothèses.
 
Tout d’abord, on peut se dire que Jésus fait exprès de se comporter comme cela afin de susciter la belle expression de foi de la femme et donner une leçon à ses disciples et à ceux qui le suivent : il veut ainsi montrer que le Salut qu’il est venu annoncer est ouvert à tous, Juifs comme païens, et la Cananéenne devient comme la porte-parole des païens qui prennent la route à la suite de Jésus.
 
Une autre hypothèse, vers laquelle je penche plutôt, est que Jésus, au moment où il parle avec cette femme, crois vraiment que sa mission ne concerne que le peuple juif. On est un peu comme dans le passage des noces de Cana, dans l’évangile de saint Jean, quand Jésus répond à sa propre mère : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » (Jn 2,4).
 
Car Dieu s’est fait homme en Jésus Christ, et il n’a pas fait semblant ! Par l’éducation qu’il a reçue, par son environnement, par la culture dans laquelle il a grandit, Jésus a sans doute lui aussi connu, dans un premier temps, le poids des préjugés, des exclusions culturelles, nationales ou religieuses. A ce moment-là, le sentiment que Jésus a de sa mission l’enferme dans les limites du monde juif. C’est pour les brebis perdues d’Israël qu’il est venu, et il n’entend pas changer de cap.
 
Pourtant, Jésus connaissait sûrement ce passage du livre d’Isaïe que nous avons entendu dans la première lecture : « Les étrangers qui se sont attachés au service du Seigneur […] je les conduirai à ma montagne sainte. » Mais peut-être qu’il faut la rencontre avec une personne de chair et de sang, avec cette mère qui souffre avec sa fille, pour que la parole connue prenne sens et vienne bousculer en Jésus lui-même la conscience qu’il avait alors de sa mission.
 
Bien sûr, personne n’était dans la tête de Jésus, et la question complexe de la conscience que Jésus avait de lui-même et de sa mission ne sera sans doute jamais entièrement élucidée, mais on peut raisonnablement penser que, du fait de la réalité de l’Incarnation, Jésus a eu une prise de conscience progressive de sa mission et de sa propre identité. On voit bien, dans l’épisode du Temple, quand il a douze ans, qu’il avait alors déjà la compréhension du rapport particulier et unique qui l’unissait à Dieu, mais c’est par son baptême dans le Jourdain par Jean-Baptiste et la succession de ses rencontres que peu à peu, sans doute, il prend conscience à la fois de qui il est et de ce que son Père attend de lui.
 
« Femme, ta foi est grande, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » : Jésus reconnait alors que la foi dépasse les frontières nationales ou même religieuses, car on ne nous dit pas que la Cananéenne soit devenue juive… mais simplement qu’elle a cru que cet homme Jésus avait le pouvoir de sauver sa fille. Ainsi, avec la Vierge Marie à Cana, la Cananéenne est la seule personne qui, dans tout l’Évangile, ait réussi à faire changer Jésus d’avis !
 
Par la rencontre de cette personne tellement différente (femme, étrangère, païenne) de lui, extérieurement, Jésus est révélé à lui-même et à sa propre mission. Sans doute qu’en mettant cette femme sur la route de Jésus, son Fils, Dieu le Père voulait lui donner une petite leçon !
 
Chaque jour, nous aussi, nous sommes invités par le Père à vivre nos rencontres, prévues et surtout imprévues, comme des occasions de découverte et d’enrichissement mutuel. Et si la personne que nous rencontrons est très différente de nous, alléluia ! Elle peut nous aider à sortir de nos préjugés et de notre mauvaise habitude de mettre le gens dans des cases, dans des petites boîtes.
 
Ainsi, Jésus nous montre là encore l’exemple : même si nous ne sommes pas spontanément portés vers telle ou telle personne, accueillons-là dans sa différence, comme envoyée par Dieu pour nous faire grandir.
 
Amen.
 
David Journault †

mardi 12 août 2014

Homélie du 10 août 2014 - 19e dimanche du temps ordinaire A

Église St Siméon – L’Huisserie – 09/08/14 – 18h30
Église St Etienne – Entrammes – 10/08/14 – 10h30
19ème dimanche du temps ordinaire A


(Textes : 1R 19,9a.11-13a – Ps 84(85) – Rm 9,1-5 – Mt 14,22-33)

Mot d’accueil :
Frères et sœurs,
Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus nous demande d’avancer vers lui, en toute confiance. Malgré le vent et la tempête, malgré le doute et les contradictions, il nous appelle. Mais il ne nous laisse pas avec nos seules forces : il nous tend la main… saurons-nous la prendre ?

Homélie :
Frères et sœurs,
Après avoir multiplié les pains pour nourrir la foule, Jésus renvoie tout le monde : les disciples s’embarquent pour passer sur l’autre rive, et Jésus se charge de renvoyer les foules. Après ce temps fort de partage et de rencontre, chacun reprend sa vie, le cœur changé et avec un nouvel horizon de vie. Et Jésus prend lui-aussi le temps de faire le point : il part, seul, dans la montagne, à l’écart, pour prier et reprendre dans la prière le dialogue avec son Père.
Et quand Jésus décide de rejoindre les disciples, c’est en marchant sur la mer ! À la lecture de ce passage de l’évangile de Matthieu, on a vraiment le sentiment que les disciples et le Christ sont dans deux mondes différents : les disciples sont sur une barque ballottée par les vents et les flots, alors que le Christ s’avance tranquillement en marchant sur la mer. Jésus manifeste là encore son appartenance à une réalité qui est autre que celle que les disciples peuvent expérimenter : son Royaume n’est pas de ce monde. Jésus s’est fait homme, il est venu dans le monde, mais il n’est pas de ce monde.
Et les disciples ne comprennent pas… ils ont peur. Ce qui sauve Pierre, même s’il ne comprend sans doute pas beaucoup plus que les autres, c’est sa confiance inébranlable en son Maître : si Jésus lui dit de marcher sur les eaux, alors il marchera sur les eaux. Et c’est ce qui se passe ! Mais la confiance de Pierre vacille, alors qu’il a déjà expérimenté la puissance de Jésus, et la peur le submerge… et les eaux commencent à en faire autant…
Et Jésus ne l’abandonne pas : quand Pierre appelle à l’aide, Jésus lui tend la main et le retient… tout en lui reprochant doucement : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
Notre vie peut parfois nous faire penser à cette barque ballottée par les flots… Nous avons du mal à trouver notre route, du mal à atteindre les objectifs, les buts que nous nous sommes fixés… Et parfois nous avons peut-être aussi le sentiment que nous avançons sans but dans l’existence. Et je crois que pour dépasser ces difficultés, il ne faut pas en rester au monde présent. En effet, si nous nous limitons au monde visible, nous passons à côté de l’essentiel : la vie avec Dieu.
Comme pour les disciples embarqués dans leur bateau, nous pouvons avoir le sentiment que Jésus est hors de notre monde, hors d’atteinte, qu’il est comme un fantôme… mais si nous acceptons de nous ouvrir au monde de Dieu, il peut nous tendre la mains… Dieu en Jésus Christ est venu pour établir une nouvelle alliance avec l’humanité toute entière… c’est à nous de choisir de nous inscrire dans cette alliance.
Déjà, Dieu avait fait alliance avec le peuple juif… c’est ce dont nous parle saint Paul dans l’épître aux Romains. Oui, le peuple juif est le peuple de Dieu, le peuple que Dieu s’est choisi… et c’est du sein de ce peuple que Jésus a pris chair. Et aujourd’hui encore, l’alliance entre Dieu et le peuple juif est toujours la Première Alliance : « Dieu reste fidèle car il ne peut se renier lui-même. » (2Tm 2,13). L’Église a mis du temps à comprendre cela, mais aujourd’hui, elle regarde les Juifs comme des frères, comme des  frères  aînés : c’est  d’eux  que   nous   avons   reçu   l’Ancien Testament qui nous aide à comprendre qui est le Dieu de Jésus Christ, c’est d’eux que nous tenons beaucoup de nos prières liturgiques…

Oui, Dieu est fidèle, son alliance est inébranlable, jamais il ne trahi ceux qui mettent en lui leur foi et leur espérance. Que cette certitude habite nos cœurs maintenant et toujours.
Amen.
David Journault †

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