"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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mercredi 19 mars 2014

Homélie du 5 mars 2014 - Mercredi des Cendres

Église St Siméon – L’Huisserie – 05/03/2014 – 20h30
Mercredi des Cendres A

(Textes : Jl 2,12-18 – Ps 50 – 2Co 5,20-6,2 – Mt 6,1-6.16-18)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Rassemblés ce soir en cette église, nous sommes venus à la rencontre du Seigneur pour commencer ensemble notre chemin de Carême, notre chemin de conversion. Se convertir, c’est tourner son cœur vers Dieu, et pour cela il nous faut rejeter tout ce qui nous retient loin du Seigneur.

Homélie :

Frères et sœurs,

Nous entrons aujourd’hui en Carême, temps de préparation à Pâques, et le Carême est souvent associé pour nous à quelque chose qu’il faut laisser, dont il faut se priver (chocolat, cigarette…), alors forcément, cela ne nous attire pas trop. Bien sûr, nous qui cherchons à être de bons chrétiens nous voulons faire quelque chose de vrai, d’authentique, quelque chose qui ait du sens et qui nous aide à bien nous préparer à Pâques.

« Revenez à Moi, de tout votre cœur », dit le Seigneur par la bouche du prophète Joël. C’est là que commence le vrai problème : retourner à Dieu, de tout cœur. Retourner à Dieu, ça veut dire que nous reconnaissons que nous avons perdu le vrai chemin, qu’il faut prendre un autre chemin.

Retourner à Dieu, ça veut dire que nous reconnaissons qu’il est une Personne qui nous appelle, une Personne, autre que nous. Dieu nous appelle à vivre en relation avec lui. Retourner, c’est quelque chose de très concret. 

Le Carême est un temps qui nous est donné, et saint Paul nous le dit : « C’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du salut. » Le Carême est une invitation à vivre dans le temps et dans l’espace, dans l’aujourd’hui de Dieu, donc de faire des choses concrètes, sans nous tromper nous-mêmes.
Jésus nous invite à vivre la conversion à travers trois actions : l’aumône, la prière et le jeûne… trois attitudes très concrètes qui disent qui nous sommes en vérité.

Jésus nous parle d’aumônes. Il nous invite à les faire dans la discrétion, parce que celui qui le fait pour obtenir la gloire qui vient des hommes, celui-là touche sa récompense en ce monde. C’est très peu ; Dieu veut nous donner bien plus, et la récompense qu’il veut nous donner, c’est lui-même ! Donner à celui qui a besoin, c’est me mettre à l’école de Dieu, c’est entrer de ce mouvement du don qui est le mouvement même du cœur de la Trinité.

Jésus nous exhorte à la prière en secret. Sans doute qu’à son époque, c’était une tentation que de « faire le beau » en priant en public… Se montrer ainsi en prière, uniquement pour faire impression sur les autres, c’est bien sûr de l’hypocrisie, mais on peut se demander si aujourd’hui le danger n’est pas ailleurs… En effet, la prière ne fait plus vraiment partie de l’espace public, et si nous croisions quelqu’un en train de prier ostensiblement dans la rue, nous serions sans doute gênés. Alors, qu’est-ce que cette parole de Jésus peut bien nous dire aujourd’hui ? Sans doute qu’il nous faut retenir l’invitation pressante de Jésus à prier, à prendre le temps de la prière personnelle, du dialogue de foi avec Dieu. Nous savons tous, intellectuellement, qu’il faut prier, mais est-ce que nous le faisons vraiment ? En ce temps de Carême, regardons nos vies en vérité : quel temps concret je donne à Dieu par la prière dans ma journée, dans ma semaine, dans mon mois ?

Si la prière n’a pas de temps concret dans notre vie, en fait nous finirons par ne plus prier. La prière se meurt toujours très silencieusement. 

Si nous considérons la prière comme un devoir, une obligation qui est purement extérieure, voire même une corvée, nous chercherons à l’éviter avec beaucoup de créativité et toujours d’excellentes excuses.

Si nous considérons Dieu comme un moyen (je prie pour obtenir quelque chose) et pas comme un but en lui-même (je prie pour me rapprocher de Dieu), nous n’apprendrons jamais à prier vraiment. Le plus grand défi de la prière est là : dans l’ouverture de notre cœur, dans le temps que nous donnons à Dieu et qui Lui permet de nous former, à faire de nous des hommes nouveaux. La prière est une cure d’oxygène qui est nécessaire pour notre âme. Et pour que notre prière soit vraiment quelque chose de relationnel, la prière a besoin de temps et d’espace, d’intériorité et de repos, de solitude et de partage fraternel.

Et le jeûne ? Ne cherchons pas trop vite à spiritualiser le jeûne, mais soyons très concrets. Quelles sont nos petites drogues, les choses dont nous ne pouvons pas nous passer et qui ont l’air d’être indispensables ? Où sont nos petites dépendances ?

Il ne s’agit pas de nous culpabiliser, car cela ne nous libérera pas, tout au contraire. Mais il faut, encore et toujours, nous regarder en vérité. En un sens, nos petites dépendances, mêmes les plus innocentes, sont intéressantes : elles nous confrontent avec nos limites. Nos dépendances nous confrontent avec nos vrais désirs, nos vrais penchants. Ce n’est pas avec la seule force de notre volonté que nous pourrons nous en libérer : c’est à la mesure où nous nous ouvrirons à l’Esprit de Dieu qu’Il pourra nous rendre libre.

Le temps de Carême est un temps de guérison et de libération, un temps positif. Que décidons-nous aujourd’hui pour le vivre concrètement ?

Le temps de Carême est un cadeau, un temps favorable, une école de vie, un temps d’exercice communautaire à la vie chrétienne. Profitons-en. A Pâques, nous aurons alors fait un grand pas en avant ! 

Bon Carême !

Amen.

David Journault †

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