"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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mercredi 19 mars 2014

Homélie du 23 février 2014 - 7e dimanche du temps ordinaire A

Église St Siméon – L’Huisserie – 22/02/14 – 18h30
Église Ste M.-Madeleine – Forcé – 23/02/14 – 10h30
7e dimanche du Temps ordinaire A

(Textes : Lv 19,1-2.17-18 – Ps 102 – 1 Co 3,16-23 – Mt 5,38-48)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Ne pas riposter à l’offense, chercher à apaiser les discordes, prier pour ses ennemis… autant d’attitudes qui sont profondément celles du Christ, autant d’attitudes qu’Il nous appelle à cultiver dans nos vies, pour être ses disciples, en acte et en vérité.

Homélie :

Frères et sœurs,

Nous poursuivons ce dimanche notre lecture du discours sur la montagne en saint Matthieu. Nous entendons aujourd’hui les deux derniers des cinq exemples choisis par Jésus pour expliquer comment lui-même est venu “accomplir” la loi : Il nous invite à faire comme lui, en surpassant la conduite habituelle des gens “raisonnables”.

Tout d’abord, le Christ nous invite au refus de la violence : 
« Vous avez appris qu’il a été dit : “Œil pour œil, dent pour dent”.
Eh bien, moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ;
- mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre.
- si quelqu’un veut te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.
- Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui.
- Donne à qui te demande ;
- ne te détourne pas de celui qui veut t’emprunter. »

Entendons-nous bien : la loi du Talion, dans l’histoire de l’humanité et de l’Alliance, a été un progrès. Pour sortir de la tendance naturelle de l’homme a vouloir se venger en faisant beaucoup plus mal à celui qui l’avait offensé ou blessé, la loi du Talion prévoit une punition qui soit exactement proportionnelle au crime. Proportionner la sanction à l’offense, c’est toujours, d’une certaine façon, le principe de notre justice humaine.

Mais Jésus nous appelle à surpasser ce besoin de punition : pour sortir du cercle de la riposte, il invite, en donnant des exemples concrets, à vivre une grande maîtrise de soi. Le choix radical de la non-violence est tout à fait en harmonie avec l’appel à se faire serviteurs des autres, à être sel de la terre et lumière du monde.
Ainsi, à l’image du Christ, le disciple peut devenir “agneau de Dieu” qui préfère subir des blessures plutôt que de les donner. On peut cependant remarquer que ce que dit Jésus vaut pour soi-même : cette maîtrise de soi devant l’offense n’est pas à invoquer quand nous sommes témoin du mal fait à quelqu’un d’autre. Dans ce cas, l’amour du prochain nous impose de nous porter au secours de la victime.

Enfin, Jésus nous enseigne l’amour des ennemis :

« Vous avez appris qu’il a été dit : “Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi”. Eh bien moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux. Car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? »

On pourrait se dire deux choses : d’une part qu’il vaut mieux ne pas avoir d’ennemis, et d’autre part que l’enseignement de Jésus est inapplicable ! Jésus nous invite à vivre l’extraordinaire ! Si nous n’allons pas jusque là, sommes-nous bien différent des autres ?

Déjà, l’enseignement sur le fait de ne pas répondre à l’offense n’est pas évident, mais là il nous demande d’aimer ceux qui nous haïssent ! On ne peut bien sûr pas aimer tout le monde de la même façon, et l’amour que le Christ nous invite à avoir pour nos ennemis n’est pas celui que nous portons à nos proches.  Il s’agit de ne pas chercher à nuire à l’ennemi, de ne pas chercher à se venger, et à avoir une place pour lui dans notre prière.

Étonnant ? Et pourquoi pas ? Si on considère que toute personne qui se laisse aller à faire le mal s’est égarée et à besoin de la lumière de Dieu pour retrouver le chemin de la paix et de l’amour, pourquoi ne pas invoquer la grâce de Dieu pour nos ennemis ? Il n’est pas toujours nécessaire de savoir qui a tord ou qui a raison : ce qui est important, c’est de découvrir le chemin qui permettra de sortir de l’opposition.

Quand nous prions, nous ne pouvons pas nous contenter de prier pour le bonheur de ceux que nous aimons, de ceux qui nous ressemble, de ceux qui pensent comme nous. Notre prière, si elle est véritablement chrétienne, est forcément universelle : que chaque homme et chaque femme dans notre monde se découvre en profondeur aimé de Dieu.

Oui, le Christ nous invite à l’extraordinaire, à dépasser la simple justice humaine. Et la référence qu’Il nous donne pour cela est la meilleure :
« Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

Ainsi, il n’y a pas 36 questions à se poser : la référence de nos actes, de nos paroles, de nos décisions, c’est Dieu lui-même. Si seulement nous pouvions avoir cette sorte de réflexe en toute circonstance, d’essayer de regarder la situation avec les yeux de notre Père du ciel ! Alors nous serions en plénitude ce que nous sommes devenus par le baptême : enfants de Dieu, membres du Corps du Christ.

Amen.

David Journault †

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