"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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mercredi 19 mars 2014

Homélie du 16 mars 2014 - 2ème dimanche de Carême A

Église de la Trinité – Nuillé – 16/03/2014 – 10h30
2ème dimanche de Carême A
Messe des familles

(Textes : Gn 12,1-4 – Ps 32 – 2Tim 1,8-10 – Mt 17,1-9)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Les lectures de ce dimanche nous parlent d’appel : comme Abraham, comme Pierre, Jacques et Jean, nous sommes appelés par Dieu à la vie et à la lumière qui resplendissent dans le Christ transfiguré.

Homélie :

Frères et sœurs,

Souvent, nous comprenons le temps du Carême comme quelque chose de triste ou de pénible, et c’est vrai que la couleur violette des ornements, qui sont les mêmes pour les sépultures, ne nous aide peut-être pas. Alors il est bon qu’en ce 2e dimanche du Carême, l’Église nous fasse entendre le récit d’un événement joyeux : la Transfiguration.

Ainsi, nous pouvons mieux comprendre le sens profond du Carême : c’est entrer dans le mouvement même de la vie de Jésus, en le suivant sur le chemin qu’il a parcouru sur notre terre, qui passe bien sûr par la croix, mais qui a été précédé de plein de beaux moments, comme la Transfiguration ou la Cène, et qui va être suivie par la Résurrection, l’Ascension, la Pentecôte.

Dans la Transfiguration, les Apôtres choisis par Jésus ont comme un avant-goût de la gloire du ciel : pendant un bref instant, ils ont la chance de voir Jésus dans toute sa gloire de Fils de Dieu. En effet, Jésus est comme transformé : son apparence extérieure change, et il rayonne de lumière. Je ne sais pas si vous vous l’êtes parfois demandé, mais je me suis un jour posé la question : pourquoi est-ce que Jésus n’a pas été transfiguré devant une grande foule ? et même, pourquoi est-ce qu’il ne marchait pas tout le temps sur les routes avec un « visage brillant comme le soleil et des vêtements blancs comme la lumière » ? Cela aurait été le succès assuré ! Au moins, pourquoi n’a-t-il appelé avec lui ce jour là que Pierre, Jacques et Jean ?

Parce que c’est comme cela que Dieu veut fonctionner avec nous : Il veut se faire connaître des hommes par le témoignage entendu de la bouche de nos frères et sœurs aînés dans la foi. La Transfiguration offerte en quelques sorte à Pierre, Jacques et Jean est comme un cadeau pour renforcer leur foi et leur permettre d’affronter la Passion, la mort de Jésus, et ensuite de témoigner.

Arrêtons-nous un peu sur Pierre : il est heureux tout simplement de ce qu’il est en train de vivre, et comme nous quand nous vivons un moment heureux, nous avons envie que cela dure toujours. Alors Pierre propose de monter trois tentes ! Tout simplement ! Mais ce que Pierre doit comprendre, c’est que notre vie ne se passe pas toujours dans la lumière, sur le sommet d’une montagne… notre vie connaît aussi parfois des vallées profondes, des chemins sinueux, des fausses routes…

Et nous en arrivons ainsi à ce sacrement sur lequel les enfants ont réfléchi tout à l’heure avant la messe : le sacrement de la réconciliation. Nous sommes un peu comme Pierre : il nous arrive de vivre des moments de paix et de joie, où tout nous semble lumineux. Dans notre relation avec Dieu, dans nos relations avec les autres, tout va bien, et nous aimerions que cela dure toujours. Dans la vie avec Dieu, la vie de prière, on aimerait tellement que notre progression soit toujours positive… mais ce n’est pas comme cela la vie ! Dans nos vies, il y a des hauts et des bas !

Et parfois, les « bas », nous en sommes responsables, car ils sont dus à nos péchés : nous avons exprès fait quelque chose de mal… Pour retrouver la lumière, il ne suffit pas d’essayer de nous améliorer nous même, car nous ne sommes pas notre propre source de lumière : comme la terre a besoin de la lumière du soleil pour qu’il y ait la vie, nous avons besoin de la lumière de Dieu pour nous épanouir.

Aller rencontrer le prêtre pour parler avec lui de notre vie, faire le point sur ce que nous faisons de mal, sur nos péchés, mais aussi sur ce qui va bien, cela nous permet en recevant l’absolution de nos péchés de nous replonger dans la lumière de Dieu : alors, c’est à notre tour d’être transfigurés !

Finalement, il y a le même malentendu vis-à-vis de la Réconciliation qu’il y a vis-à-vis du Carême : nous la vivons comme quelque chose de pénible et de triste, alors que c’est une chance que Dieu nous donne. Bien sûr, ce n’est pas simple, mais c’est beau ! Il est sûrement plus facile de rester dans le confort médiocre de mes péchés ordinaires que de me remettre en question et de demander honnêtement le pardon de mes péchés : c’est sûrement plus facile, mais c’est aussi sûrement un chemin qui ne conduit pas à la vie auprès de Dieu. Pierre, Jacques et Jean auraient pu refuser de gravir la montagne, en disant à Jésus : « Tu comprends, c’est dur de monter, et puis, je vois très bien d’ici, c’est joli, je n’ai pas besoin de monter avec toi, merci bien, mais non, je vais rester en bas. » Et qu’est-ce qu’ils auraient manqué !

Oui, frères et sœurs, n’ayons pas peur de gravir la montagne du sacrement de la Réconciliation avec le Christ : alors nos vies pourraient bien en être transfigurées !

Amen.

David Journault †

Homélie du 9 mars 2014 - 1er dimanche de Carême A

Église St Siméon – L’Huisserie – 08/03/2014 – 18h30
1er dimanche de Carême A

(Textes : Gn 2,7-9 ; 3,1-7a – Ps 50 – Rm 5,12-19 – Mt 4,1-11)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

En ce premier dimanche de Carême, prenons ensemble, résolument, le chemin de la conversion de nos vies : laissons nos cœurs s’ouvrir à l’action de Dieu, laissons-nous aimés et transformés par Dieu, notre Père.

Homélie :

Frères et sœurs,

Depuis mercredi dernier, Mercredi des Cendres, nous sommes entrés avec toute l’Église dans la grande marche vers Pâque, les quarante jours du Carême. Comment vivre ce temps de conversion ?

Nous avons peut-être en tête une image du Carême : faire des efforts pour nous préparer à Pâque. Il y a quelque chose de cela, mais attention à l’esprit dans lequel nous faisons ces efforts. Il ne s’agit pas de faire des sacrifices pour faire plaisir à Dieu et nous concilier ses bonnes grâces. Dieu nous aime tous de façon absolue, et rien de ce que nous faisons ne peut changer cela. Dieu n’aime pas plus le chrétien que l’incroyant…

Il nous faut renverser cette perspective que nous avons peut-être : le Carême est un cadeau que nous fait le Seigneur. L’Église nous invite pendant ces jours à pratiquer avec plus d’insistance la prière, le jeûne et la charité… pour que nous prenions personnellement et communautairement un chemin qui nous rapproche de Dieu.

Le Carême est un temps de conversion, et c’est à une triple conversion que nous sommes appelés : une conversion intérieure, une conversion en actes, et une conversion dans ma relation à mes frères et sœurs. 

1. La conversion intérieure : par la prière, par le jeûne et l’abstinence, je me tourne vers Dieu et je refais de Lui le centre de ma vie. C’est là le sens profond du jeûne et de l’abstinence : ne pas manger, m’abstenir de fumer, de boire de l’alcool ou de regarder la télévision, cela me libère et m’aide à prendre conscience que je ne doit pas être attaché à toutes ses choses, mais à Dieu seul. Cela m’apprend également à combattre toutes ces dépendances qui entravent ma liberté.

2. La conversion en actes : car se retourner vers Dieu, prendre plus profondément conscience de l’importance de la place de Dieu dans notre vie, cela ne peut pas ne pas changer notre façon de vivre. C’est pourquoi aussi le Carême est un temps de partage et de charité, d’aumône, comme on disait avant. Car se rapprocher de Dieu, cela veut aussi dire regarder les autres avec les yeux de Dieu et voir toutes leurs détresses. Bien sûr, nos vies ne sont pas exempt de difficultés… mais cela ne doit pas nous empêcher d’ouvrir les yeux avec compassion sur nos frères et sœurs en humanité qui vivent dans la souffrance. Le C.C.F.D. , par exemple, nous invite ainsi comme chaque année à faire pendant ce temps du Carême un don pour agir ensemble contre la faim, la misère et l’injustice… Saurons-nous ouvrir nos cœurs et concrètement nos portefeuilles, pour aider, via le C.C.F.D. ou par un autre moyen, nos frères dans la difficulté ?

3. La conversion dans ma relation à mes frères et sœurs : car si notre Carême nous amène à un plus grand amour de Dieu, comment ne pourrait-il pas nous amener à un plus grand amour de nos frères. En nous rapprochant de Dieu, nous apprenons à aimer nos frères et sœurs de l’amour même de Dieu. Cela est vrai pour l’action caritative dont je viens de parler, mais cela est aussi vrai dans notre vie avec nos proches, notre famille, nos amis, nos voisins, nos collègues de travail. Que ce serait beau si votre entourage pouvait sentir à votre façon de vivre avec eux que vous êtes en train de vivre un temps fort de votre vie et de votre foi…

Si ce temps de Carême est un temps où nous essayons de vivre cette triple conversion, alors nous serons pleinement prêts à vivre la grande Semaine Sainte et la fête de Pâques. 

Ce Carême sera peut-être aussi un temps de lutte et de combat spirituel… mais alors regardons le Christ dans l’évangile d’aujourd’hui : il n’y a pas de croissance spirituelle qui aille sans tentations. Et si même le Christ a été tenté, pourquoi ne le serions-nous pas ? Alors comme le Christ, restons tournés vers le Père et nous trouverons dans l’Écriture l’appui et le soutien de notre marche.

Frères et sœurs, prions les uns pour les autres afin que nous vivions ce Carême comme un temps de conversion personnelle et communautaire. Bon Carême.

Amen.

David Journault †

Homélie du 5 mars 2014 - Mercredi des Cendres

Église St Siméon – L’Huisserie – 05/03/2014 – 20h30
Mercredi des Cendres A

(Textes : Jl 2,12-18 – Ps 50 – 2Co 5,20-6,2 – Mt 6,1-6.16-18)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Rassemblés ce soir en cette église, nous sommes venus à la rencontre du Seigneur pour commencer ensemble notre chemin de Carême, notre chemin de conversion. Se convertir, c’est tourner son cœur vers Dieu, et pour cela il nous faut rejeter tout ce qui nous retient loin du Seigneur.

Homélie :

Frères et sœurs,

Nous entrons aujourd’hui en Carême, temps de préparation à Pâques, et le Carême est souvent associé pour nous à quelque chose qu’il faut laisser, dont il faut se priver (chocolat, cigarette…), alors forcément, cela ne nous attire pas trop. Bien sûr, nous qui cherchons à être de bons chrétiens nous voulons faire quelque chose de vrai, d’authentique, quelque chose qui ait du sens et qui nous aide à bien nous préparer à Pâques.

« Revenez à Moi, de tout votre cœur », dit le Seigneur par la bouche du prophète Joël. C’est là que commence le vrai problème : retourner à Dieu, de tout cœur. Retourner à Dieu, ça veut dire que nous reconnaissons que nous avons perdu le vrai chemin, qu’il faut prendre un autre chemin.

Retourner à Dieu, ça veut dire que nous reconnaissons qu’il est une Personne qui nous appelle, une Personne, autre que nous. Dieu nous appelle à vivre en relation avec lui. Retourner, c’est quelque chose de très concret. 

Le Carême est un temps qui nous est donné, et saint Paul nous le dit : « C’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du salut. » Le Carême est une invitation à vivre dans le temps et dans l’espace, dans l’aujourd’hui de Dieu, donc de faire des choses concrètes, sans nous tromper nous-mêmes.
Jésus nous invite à vivre la conversion à travers trois actions : l’aumône, la prière et le jeûne… trois attitudes très concrètes qui disent qui nous sommes en vérité.

Jésus nous parle d’aumônes. Il nous invite à les faire dans la discrétion, parce que celui qui le fait pour obtenir la gloire qui vient des hommes, celui-là touche sa récompense en ce monde. C’est très peu ; Dieu veut nous donner bien plus, et la récompense qu’il veut nous donner, c’est lui-même ! Donner à celui qui a besoin, c’est me mettre à l’école de Dieu, c’est entrer de ce mouvement du don qui est le mouvement même du cœur de la Trinité.

Jésus nous exhorte à la prière en secret. Sans doute qu’à son époque, c’était une tentation que de « faire le beau » en priant en public… Se montrer ainsi en prière, uniquement pour faire impression sur les autres, c’est bien sûr de l’hypocrisie, mais on peut se demander si aujourd’hui le danger n’est pas ailleurs… En effet, la prière ne fait plus vraiment partie de l’espace public, et si nous croisions quelqu’un en train de prier ostensiblement dans la rue, nous serions sans doute gênés. Alors, qu’est-ce que cette parole de Jésus peut bien nous dire aujourd’hui ? Sans doute qu’il nous faut retenir l’invitation pressante de Jésus à prier, à prendre le temps de la prière personnelle, du dialogue de foi avec Dieu. Nous savons tous, intellectuellement, qu’il faut prier, mais est-ce que nous le faisons vraiment ? En ce temps de Carême, regardons nos vies en vérité : quel temps concret je donne à Dieu par la prière dans ma journée, dans ma semaine, dans mon mois ?

Si la prière n’a pas de temps concret dans notre vie, en fait nous finirons par ne plus prier. La prière se meurt toujours très silencieusement. 

Si nous considérons la prière comme un devoir, une obligation qui est purement extérieure, voire même une corvée, nous chercherons à l’éviter avec beaucoup de créativité et toujours d’excellentes excuses.

Si nous considérons Dieu comme un moyen (je prie pour obtenir quelque chose) et pas comme un but en lui-même (je prie pour me rapprocher de Dieu), nous n’apprendrons jamais à prier vraiment. Le plus grand défi de la prière est là : dans l’ouverture de notre cœur, dans le temps que nous donnons à Dieu et qui Lui permet de nous former, à faire de nous des hommes nouveaux. La prière est une cure d’oxygène qui est nécessaire pour notre âme. Et pour que notre prière soit vraiment quelque chose de relationnel, la prière a besoin de temps et d’espace, d’intériorité et de repos, de solitude et de partage fraternel.

Et le jeûne ? Ne cherchons pas trop vite à spiritualiser le jeûne, mais soyons très concrets. Quelles sont nos petites drogues, les choses dont nous ne pouvons pas nous passer et qui ont l’air d’être indispensables ? Où sont nos petites dépendances ?

Il ne s’agit pas de nous culpabiliser, car cela ne nous libérera pas, tout au contraire. Mais il faut, encore et toujours, nous regarder en vérité. En un sens, nos petites dépendances, mêmes les plus innocentes, sont intéressantes : elles nous confrontent avec nos limites. Nos dépendances nous confrontent avec nos vrais désirs, nos vrais penchants. Ce n’est pas avec la seule force de notre volonté que nous pourrons nous en libérer : c’est à la mesure où nous nous ouvrirons à l’Esprit de Dieu qu’Il pourra nous rendre libre.

Le temps de Carême est un temps de guérison et de libération, un temps positif. Que décidons-nous aujourd’hui pour le vivre concrètement ?

Le temps de Carême est un cadeau, un temps favorable, une école de vie, un temps d’exercice communautaire à la vie chrétienne. Profitons-en. A Pâques, nous aurons alors fait un grand pas en avant ! 

Bon Carême !

Amen.

David Journault †

Homélie du 2 mars 2014 - 8e dimanche du temps ordinaire A

Église St Siméon – L’Huisserie – 01/03/14 – 18h30
Église de l’Assomption – Ahuillé – 02/03/14 – 10h30
8e dimanche du Temps ordinaire A

(Textes : Is 49,14-15 – Ps 61 – 1 Co 4,1-5 – Mt 6,24-34)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Dieu ne nous abandonnera jamais, c’est ce que nous dira la 1ère lecture que nous entendrons tout à l’heure. Dieu ne nous abandonnera jamais, encore faut-il que nous n’abandonnions pas Dieu ! Car l’évangile nous met en garde : on ne peut servir deux maîtres en même temps, et si nous dédions notre vie à la recherche de l’argent et de la consommation, alors, c’est nous qui abandonnons Dieu.

Homélie :

Frères et sœurs,

Ces paroles du Christ sont encore et toujours à réentendre, car toute notre vie nous sommes en situation d’équilibre, ou bien plutôt de recherche d’équilibre. Équilibre entre notre vie spirituelle, qui demande qu’on lui consacre du temps, si on veut grandir en amitié avec Dieu, et notre vie matérielle, qui nous prend elle aussi beaucoup de temps. Il est très facile de se laisser constamment absorber par les soucis matériels : travail, entretien de la maison,… car ils sont toujours présents à nos yeux.

Que ce soit par nos projets, nos préoccupations, ou bien par la publicité omniprésente, il nous est très naturel de consacrer du temps à tout ce qui est matériel. Nous extraire de la vie matérielle pour prendre le temps de nous tourner vers Dieu, voilà ce qui nous demande un effort.

Manger, boire, se vêtir, avec tous les soucis que cela entraîne, est-ce là l’essentiel dans la vie de l’homme ? Est-ce là ce qui lui donne sens ? Pourquoi est-ce que je me lève le matin ? Pour aller travailler, pour gagner de l’argent, ce qui va me permettre de me nourrir, moi et ceux qui dépendent de moi, et ce qui va me permettre également de consommer tous ces biens que la société de consommation veut me faire considérer comme nécessaires… ?

Quel est le sens de mon existence ? Être juste un pion sur le grand échiquier de l’économie ? Être un “agent” producteur et en même temps un “agent” consommateur, qui permet au système de tourner ? Dans ce cas, ce n’est plus moi qui suis maître de l’argent et de l’économie ; j’en deviens alors moi-même l’esclave !

Alors, quel est le sens profond, fondamental, de l’existence humaine ? Pourquoi suis-je sur cette terre ? L’homme est fait pour aimer, pour chercher et trouver Dieu, Dieu qui est amour. L’homme est fait pour vivre en communion avec Dieu et avec ses frères et sœurs, pour construire un monde de justice et de paix, avec la grâce de Dieu. Dieu seul peut combler nos désirs les plus profonds. Car si nous nous perdons dans la course à la consommation et aux plaisirs artificiels, c’est peut-être parce que nous perdons de vie notre aspiration fondamentale : vivre dans un monde de justice, d’amour et de paix.

Bien sûr, l’homme aura toujours à s’enquérir de sa nourriture et de son vêtement, à aménager le monde en conséquence… mais en tout cela, c’est à chercher le Royaume de Dieu qu’il devra s’appliquer. Ainsi, le Christ ne nous appelle pas à vivre dans l’oisiveté en attendant la fin du monde et son retour dans la gloire !
Le Christ nous appelle à bien garder les choses dans l’ordre : Dieu premier servi, et tout le reste ensuite. 
« Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché. »

Il est normal que nous nous inquiétions pour l’avenir, que nous cherchions à prévoir le lendemain, à anticiper pour que notre situation matérielle reste correcte et pour que l’avenir de ceux qui dépendent de nous soit assuré. Cependant, le Christ nous invite à ne pas négliger ce qui est le plus important : mettons autant de soin et d’ingéniosité à chercher le Royaume de Dieu et sa justice.

Amen.

David Journault †

Homélie du 23 février 2014 - 7e dimanche du temps ordinaire A

Église St Siméon – L’Huisserie – 22/02/14 – 18h30
Église Ste M.-Madeleine – Forcé – 23/02/14 – 10h30
7e dimanche du Temps ordinaire A

(Textes : Lv 19,1-2.17-18 – Ps 102 – 1 Co 3,16-23 – Mt 5,38-48)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Ne pas riposter à l’offense, chercher à apaiser les discordes, prier pour ses ennemis… autant d’attitudes qui sont profondément celles du Christ, autant d’attitudes qu’Il nous appelle à cultiver dans nos vies, pour être ses disciples, en acte et en vérité.

Homélie :

Frères et sœurs,

Nous poursuivons ce dimanche notre lecture du discours sur la montagne en saint Matthieu. Nous entendons aujourd’hui les deux derniers des cinq exemples choisis par Jésus pour expliquer comment lui-même est venu “accomplir” la loi : Il nous invite à faire comme lui, en surpassant la conduite habituelle des gens “raisonnables”.

Tout d’abord, le Christ nous invite au refus de la violence : 
« Vous avez appris qu’il a été dit : “Œil pour œil, dent pour dent”.
Eh bien, moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ;
- mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre.
- si quelqu’un veut te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.
- Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui.
- Donne à qui te demande ;
- ne te détourne pas de celui qui veut t’emprunter. »

Entendons-nous bien : la loi du Talion, dans l’histoire de l’humanité et de l’Alliance, a été un progrès. Pour sortir de la tendance naturelle de l’homme a vouloir se venger en faisant beaucoup plus mal à celui qui l’avait offensé ou blessé, la loi du Talion prévoit une punition qui soit exactement proportionnelle au crime. Proportionner la sanction à l’offense, c’est toujours, d’une certaine façon, le principe de notre justice humaine.

Mais Jésus nous appelle à surpasser ce besoin de punition : pour sortir du cercle de la riposte, il invite, en donnant des exemples concrets, à vivre une grande maîtrise de soi. Le choix radical de la non-violence est tout à fait en harmonie avec l’appel à se faire serviteurs des autres, à être sel de la terre et lumière du monde.
Ainsi, à l’image du Christ, le disciple peut devenir “agneau de Dieu” qui préfère subir des blessures plutôt que de les donner. On peut cependant remarquer que ce que dit Jésus vaut pour soi-même : cette maîtrise de soi devant l’offense n’est pas à invoquer quand nous sommes témoin du mal fait à quelqu’un d’autre. Dans ce cas, l’amour du prochain nous impose de nous porter au secours de la victime.

Enfin, Jésus nous enseigne l’amour des ennemis :

« Vous avez appris qu’il a été dit : “Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi”. Eh bien moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux. Car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? »

On pourrait se dire deux choses : d’une part qu’il vaut mieux ne pas avoir d’ennemis, et d’autre part que l’enseignement de Jésus est inapplicable ! Jésus nous invite à vivre l’extraordinaire ! Si nous n’allons pas jusque là, sommes-nous bien différent des autres ?

Déjà, l’enseignement sur le fait de ne pas répondre à l’offense n’est pas évident, mais là il nous demande d’aimer ceux qui nous haïssent ! On ne peut bien sûr pas aimer tout le monde de la même façon, et l’amour que le Christ nous invite à avoir pour nos ennemis n’est pas celui que nous portons à nos proches.  Il s’agit de ne pas chercher à nuire à l’ennemi, de ne pas chercher à se venger, et à avoir une place pour lui dans notre prière.

Étonnant ? Et pourquoi pas ? Si on considère que toute personne qui se laisse aller à faire le mal s’est égarée et à besoin de la lumière de Dieu pour retrouver le chemin de la paix et de l’amour, pourquoi ne pas invoquer la grâce de Dieu pour nos ennemis ? Il n’est pas toujours nécessaire de savoir qui a tord ou qui a raison : ce qui est important, c’est de découvrir le chemin qui permettra de sortir de l’opposition.

Quand nous prions, nous ne pouvons pas nous contenter de prier pour le bonheur de ceux que nous aimons, de ceux qui nous ressemble, de ceux qui pensent comme nous. Notre prière, si elle est véritablement chrétienne, est forcément universelle : que chaque homme et chaque femme dans notre monde se découvre en profondeur aimé de Dieu.

Oui, le Christ nous invite à l’extraordinaire, à dépasser la simple justice humaine. Et la référence qu’Il nous donne pour cela est la meilleure :
« Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

Ainsi, il n’y a pas 36 questions à se poser : la référence de nos actes, de nos paroles, de nos décisions, c’est Dieu lui-même. Si seulement nous pouvions avoir cette sorte de réflexe en toute circonstance, d’essayer de regarder la situation avec les yeux de notre Père du ciel ! Alors nous serions en plénitude ce que nous sommes devenus par le baptême : enfants de Dieu, membres du Corps du Christ.

Amen.

David Journault †

Homélie du 2 février 2014 - Fête de la Présentation du Seigneur au Temple

Église St Siméon – L’Huisserie – 01/02/14 – 18h30
Église St Georges – Montigné – 02/02/14 – 10h30
Fête de la Présentation du Seigneur

(Textes : Ml 3,1-4 – Ps 23 –  He 2,14-18 –  Lc 2,22-40)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Cette année, le 2 février tombe un dimanche, ce qui nous permet de célébrer tous ensemble la fête de la Présentation du Seigneur. Quarante jours après Noël, l’Église fait mémoire de la 1ère entrée de Jésus dans le temple, où Syméon et Anne vont chanter la louange du Seigneur.

Syméon et Anne sont également la figure de la vie consacrée, et c’est pour cela également que ce jour est la fête de tous les consacrés : religieux, religieuses, moines, moniales, vierges consacrées.

Prions en particulier dans cette eucharistie en communion avec nos frères du Port-du-Salut et nos sœurs de St Joseph-des-Champs [dont certaines nous ont rejoint ce soir].

Homélie :

Frères et sœurs,

La Présentation du Seigneur est comme la dernière étape de la fête de la Nativité du Seigneur. Quarante jours après la naissance, Marie et Joseph se rendent au Temple pour accomplir les rites prescrits par la loi de Moïse. Tout enfant premier né est considéré comme étant consacré à Dieu, et pour le « racheter », il faut offrir un sacrifice : un agneau, ou si on n’est a pas les moyens, une tourterelle ou une colombe. C’est aussi à ce moment que s’accomplit selon la loi de Moïse le rite de la purification de la mère de l’enfant, pour lequel on sacrifie également une tourterelle ou une colombe.

Marie et Joseph accomplissent fidèlement les prescriptions de la loi de Moïse, et cette première entrée de Jésus, bébé, dans le Temple, devient l’annonce déjà de son ministère et de qui il est.

Saint Luc nous présente deux personnes : le vieillard Syméon, et la prophétesse Anne. Ces deux personnes, avancées en âge, et qui consacre leur vie à la prière et au service du Seigneur dans le Temple, vont révéler à Marie, Joseph, et les témoins de la scène, qui est Jésus : le Messie d’Israël.

Que nous révèle Syméon ?

Que cet enfant est le salut de Dieu, le Messie attendu par tout le peuple (Syméon attend la “Consolation d’Israël”, Anne attend “la délivrance de Jérusalem”), et que le salut de Dieu est certes pour Israël (« gloire d’Israël »), mais aussi pour toute l’humanité (« lumière pour éclairer les nations païennes »).

Syméon annonce également que la prédication et la personne de Jésus vont créer du trouble, qu’il ne sera pas accueillit par tout le monde (« Il sera un signe de division »). Enfin, par l’image de l’épée qui transpercera le cœur de Marie, Syméon annonce déjà la mort de Jésus sur la croix.

Anne, quand à elle, proclame les louanges de Dieu pour le don de cet enfant.

Anne et Syméon sont donc prophètes : ils annoncent au monde quelque chose de caché, ils participent à la révélation que Dieu fait de lui-même. En vivant constamment dans le Temple, caché du reste du monde, ils sont entrés dans une intimité tout à fait particulière avec Dieu. Vivant un peu différemment des autres hommes, ils sont en quelque sorte en position d’éclaireurs pour les autres, quelques pas en avant sur le chemin de la vie avec Dieu. N’est-ce pas cela le propre de la vie consacrée ? En choisissant de répondre à l’appel du Seigneur par un don de toute leur personne, les consacrés choisissent un chemin d’intimité avec Dieu, dans la prière et le service des autres, suivant le charisme propre de leur communauté.

En ce 2 février, Mgr Scherrer, évêque de Laval, nous adresse ces quelques mots. [lire lettre de Mgr Scherrer]

Amen.

David Journault †

Homélie du 19 janvier 2014 - 2e dimanche du temps ordinaire A

Église St Siméon – L’Huisserie – 18/01/14 – 18h30
Église Ste Trinité – Nuillé – 19/01/14 – 10h30
2e dimanche du Temps ordinaire A

(Textes : Is 49,3.5-6 – Ps 39 – 1 Co 1,1-3 – Jn 1,29-34)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Ce deuxième dimanche du temps ordinaire fait en quelque sorte la transition entre le temps de Noël et le temps ordinaire, en revenant sur l’événement fondateur qu’est le baptême de Jésus.

Homélie :

« Oui, j’ai vu et je rends ce témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. » Tel est le témoignage de Jean-Baptiste. Lui qui, poussé par Dieu, baptisait les foules pour préparer la venue du Messie, voilà qu’il lui est donné de désigner clairement Jésus comme ce Messie attendu par Israël. Sa véritable identité lui est révélée. Celui que jusqu’à présent il connaissait comme le fils de Marie, la cousine de sa mère Élisabeth, Dieu le Père lui révèle qu’il est plus que cela : il est son Fils, le Fils de Dieu sur lequel l’Esprit descend et demeure. 

On peut dire que c’est la deuxième fois que Jean-Baptiste annonce cela, puisque dès le sein de sa mère, il avait tressaillit de joie lors de la rencontre entre Marie et Élisabeth, la Visitation. Ainsi dans ce passage nous est révélé quelque chose de fondamental sur l’identité de Dieu : Dieu est unique et Dieu est Trinité. Jean-Baptiste entend la voix du Père, et il contemple l’Esprit descendant sur le Fils. Sans doute que sur le coup, il ne comprend pas tout ce que cela implique, mais il témoigne de ce qu’il a vu.

Quand il parle de Jésus, la première expression qu’il utilise nous est devenue familière, mais peut-être faut-il y revenir : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. » Cette phrase, nous la redisons au cœur de chaque eucharistie, avant la communion. L’agneau, c’est dans le monde biblique le symbole de la pureté et de l’innocence. C’est pour cela que lors de la fête de la Pâque, on immole un agneau sans tâche. C’est le signe du salut apporté par Dieu à Israël en même temps que le sacrifice qui scelle l’alliance entre Dieu et son peuple. 

Jésus vient renouveler cette alliance. Après lui, il n’y aura plus de sacrifices, car une fois pour toutes, en donnant sa vie par amour sur la croix, il est définitivement vainqueur du péché. Par le don de sa vie, par sa mort et sa résurrection, le Christ permet à l’humanité de sortir victorieuse de son combat contre la mort et le péché.

Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a plus de péché dans le monde… Si nous regardons nos vies avec un tant soit peu d’honnêteté, nous voyons bien qu’il nous arrive de pécher “en pensée, en parole, par action et par omission”. Si nous vivons unis au Christ, alors nous pouvons être, avec Lui, vainqueur du péché et de la mort. Par notre baptême, nous sommes incorporés au Corps du Christ. Nous pouvons donc vivre de ce baptême, vivre de l’amour  de  Dieu, pour  ne  plus  tomber  entre  les  mains  du Diviseur, celui qui inspire en nos cœurs de nous éloigner de Dieu.

Un des grands péchés qui blesse le Corps du Christ, c’est la division qui règne entre ses membres. Avons-nous bien conscience que dès que nous disons du mal d’un frère ou d’une sœur, que dès que nous cherchons à imposer “notre” vérité plutôt qu’à chercher ensembles la vérité de Dieu, nous blessons le Corps du Christ et nous travaillons pour satan ? Il ne s’agit pas de nous taire quand nous pensons avoir raison ni de dire oui à tout. Mais quand nous ouvrons la bouche, quand nous prenons une décision, quand nous agissons dans l’Église, que ce soit toujours d’abord dans un souci d’unité et de communion. C’est comme cela que nous construirons l’Église et que nous témoignerons de l’Évangile. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaîtrons comme mes disciples. »

Du 18 au 25 janvier nous vivons avec tous les chrétiens du monde entier la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Faisons une place dans notre prière à cette intention, car les divisions entre les chrétiens sont un scandale qui fait obstacle à l’avènement du Royaume de Dieu. Travaillons ensemble à l’unité et prions pour que cette unité visible puisse progresser entre les Églises et, au sein même de notre Église, entre les groupes de différentes sensibilités.

Amen.

David Journault †

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