"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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vendredi 10 janvier 2014

Homélie du 5 janvier 2014 - Solennité de l'Épiphanie du Seigneur

Église St Siméon – L’Huisserie – 04/01/14 – 18h30
Église de l’Assomption – Ahuillé – 05/01/14 – 10h30
Solennité de l’Épiphanie du Seigneur

(Textes : Is 60,1-6 – Ps 71 – Ep 3,2-3a.5-6 – Mt 2,1-12)

Mot d’accueil :
"Adoration des Mages", de Giotto

Épiphanie… des mages venus d’Orient viennent se prosterner devant Jésus enfant… le monde païen rencontre le Messie annoncé par les Écritures du peuple juif… Dieu se révèle déjà à toutes les nations… En cette fête de l’Épiphanie, prions tout spécialement pour ceux et celles qui travaillent aujourd’hui à l’annonce de l’Évangile dans le monde, spécialement là où le Christ est encore peu ou pas du tout connu.

Homélie :

Frères et sœurs,

Quand nous relisons ce passage de l’évangile selon St Matthieu, nous réalisons que les mages ne sont pas des rois, que nous ne savons pas s’ils étaient trois, et qu’il n’est nulle part question de la couleur de leur peau ! 

Ce que nous savons, c’est qu’il s’agit de savants étrangers qui ont découvert une nouvelle étoile… signe de la naissance d’un grand personnage, le roi des juifs, le Messie d’Israël. Et ce qui est étrange c’est que eux, qui ne sont pas des Juifs, ils veulent venir se prosterner devant lui et lui rendre hommage.

Face à ces mages, nous avons la personne d’Hérode : il est le roi des Juifs à ce moment là, reconnu par le pouvoir de l’occupant romain, avec lequel il collabore. Il est fier de son titre et férocement jaloux de tout ce qui peut lui faire de l’ombre : il ne faut pas oublier qu’il a fait assassiner sa femme, ses beaux-frères et la famille de sa femme. Il a même fait massacrer ses propres fils et, dès que quelqu’un devient un petit peu populaire, Hérode le fait tuer par jalousie. Et quand les mages viennent se renseigner auprès de lui, il a immédiatement une idée derrière la tête pour supprimer cette menace, comme il a fait pour toutes les autres !

Mais le véritable roi des Juifs n’est pas celui qui habite dans un palais à Jérusalem : c’est un petit enfant dans les bras de sa mère, dans le village de Bethléem. Reconnu et adoré par les bergers dès sa naissance, ce sont maintenant des mages venus d’Orient qui se prosternent, et à travers eux l’Église a toujours vu les prémices de l’annonce de la Bonne Nouvelle à toutes les nations. C’est pour cela que l’Épiphanie est aussi fête de la mission. Cette venue des mages nous dit que la révélation que Dieu a voulu faire de son amour par la naissance au monde de son Fils, elle n’est pas réservée à un peuple ou à un groupe de personnes. Avant la plupart des Juifs, ce sont des païens qui ont su en premier reconnaître la venue du Messie et qui ont su se mettre en route vers Lui. Et par leurs cadeaux, les mages révèlent le mystère de la personne du Messie.

En effet, l’or nous dit qu’il est roi. L’or est le métal précieux qu’on offre aux rois. L’encens nous dit qu’il est Dieu. On brûlait de l’encens devant les autels. La myrrhe enfin, avec laquelle on embaumait les morts, nous dit qu’il est homme, destiné à mourir.

On peut aussi considérer les mages comme les premiers pèlerins chrétiens. Irrésistiblement attirés par cette étoile qu’ils ont découvert, ils ont pris la route, ils ont quitté leur lieu de vie habituel, leurs habitudes de vie, leur quotidien, pour vivre un temps à part, un temps de déplacement extérieur mais aussi intérieur. Ils ne viennent pas s’établir en Israël, mais ils sont venu pour se prosterner un temps devant le Messie, avant de rentrer chez eux, transformés par ce qu’ils auront vécu, vu et entendu. Cette démarche de pèlerinage, elle est aussi ancienne que l’Église, et elle est présente dans toutes les traditions religieuses.

Nous allons célébrer l’eucharistie, le Christ va se rendre présent au milieu de nous dans le pain et le vin qui vont devenir substantiellement son Corps et son Sang. Je termine cette homélie en vous lisant la fin de l’allocution de Benoît XVI adressés aux jeunes à Marienfeld, aux JMJ de Cologne en 2005, pendant la veillée d’adoration : 

« “En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui” (Mt 2, 11). Chers amis, il ne s’agit pas d’une histoire lointaine, survenue il y a très longtemps. Il s’agit d’une présence. Ici, dans la sainte hostie, Il est devant nous et au milieu de nous. Comme en ce temps-là, il se voile mystérieusement dans un silence sacré et, comme en ce temps-là, se dévoile précisément le vrai visage de Dieu. Il s’est fait pour nous le grain de blé tombé en terre, qui meurt et qui porte du fruit jusqu’à la fin du monde (cf. Jn 12, 24). Il est présent comme en ce temps-là à Bethléem. Il nous invite au pèlerinage intérieur qui s’appelle adoration. Mettons-nous maintenant en route pour ce pèlerinage de l’esprit et demandons-lui de nous guider. Amen. »
David Journault †

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