"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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dimanche 12 janvier 2014

Homélie du 12 janvier 2014 - Fête du Baptême du Seigneur A

Église St Étienne – Entrammes – 12/01/14 – 10h30
Fête du Baptême du Seigneur A

(Textes : Is 42,1-4.6-7 – Ps 28 – Ac 10,34-38 – Mt 3,13-17)

Mot d’accueil :
"Le Baptême du Christ", du Pérugin
(Fresque dans la Chapelle Sixtine, au Vatican)

Frères et sœurs,

Le baptême du Fils bien-aimé nous invite à réapprendre le nom que nous portons dans le cœur de Dieu : nous sommes ses enfants en Jésus-Christ et nous avons la charge de proclamer son amour au milieu des hommes.

Homélie :

Frères et sœurs,

Quand on y pense, c’est une scène bien étonnante à laquelle nous assistons aujourd’hui dans l’évangile. Jean-Baptiste annonce un baptême de conversion, et il dit aussi aux foules qu’après lui vient celui qui est plus grand que lui et dont il n’est même pas digne de dénouer les lanières de ses sandales… Et quand Jésus se présente devant lui, ce n’est pas pour prendre sa place… mais Jésus descend dans le Jourdain comme tous les autres pour recevoir le baptême des mains de Jean…

D’ailleurs, Jean lui-même a du mal à comprendre ce geste que veut poser Jésus, et il l’interroge : « C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui vient à moi ! » La réponse de Jésus n’est pas tellement claire non plus : « Pour le moment, laisse-moi faire ; c’est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste. »… Mais alors, de quoi s’agit-il ?

Dans l’évangile de Matthieu, c’est la première apparition publique de Jésus adulte. Il inaugure ici son ministère et l’annonce de la Bonne Nouvelle. Sa rencontre avec Jean-Baptiste, au bord du Jourdain, là où se presse une grande foule, est l’occasion d’une double manifestation : manifestation de la mission du Christ et manifestation de la Sainte Trinité.

D’abord, manifestation de la mission du Christ. En venant à Jean-Baptiste pour recevoir le baptême, le Christ prend place dans la file de celles et ceux qui venaient au “baptiseurs” pour changer de vie et reprendre une vie juste sous le regard de Dieu. Non seulement le Christ vient aider et enseigner les pécheurs, mais il se fait l’un d’eux. Lui, le Fils de Dieu en qui le péché n’a aucune place, sur qui le péché n’a aucune prise, il se fait solidaire de l’humanité marquée par le péché et il lie son propre sort à celui des hommes et des femmes de tous les temps qui se débattent au milieu des tentations et des difficultés. D’ailleurs, juste après le passage que nous venons de lire, le récit de Matthieu se poursuit par l’épisode des tentations au désert : Jésus part s’isoler dans le désert et là il mettra en échec toutes les tentatives du diable, le diviseur. C’est en devenant l’un de nous, en étant solidaire de nous, que le Christ pourra définitivement vaincre l’emprise du péché et de la mort sur l’humanité. C’est cela, dans la bouche de Jésus, « accomplir ce qui est juste ». Au IVe siècle, St Jean Chrysostome méditera sur le baptême du Seigneur et dira : 
« Mais que comprendre par “accomplir ce qui est juste ?” Justice s’entend comme l’exécution de tous les ordres de Dieu. Et puisqu’il fallait que tous les hommes accomplissent cette justice et que personne n’y satisfaisait ni ne l’accomplissait, le Christ est venu et a accompli cette justice. »
L’autre manifestation importante dans ce passage, ce n’est rien moins que la manifestation de la Ste Trinité. Alors que Jésus, le Fils, remonte de l’eau, les cieux s’ouvrent et l’Esprit vient planer au-dessus des eaux, comme à la création du monde, et la voix du Père se fait entendre. Le Père, le Fils et le Saint Esprit se manifestent ici dans un même lieu et dans un même temps.

Pour terminer, je voudrais m’arrêter quelques instants sur la deuxième lecture de ce jour. Dans le livre des Actes des Apôtres, nous voyons Pierre faire une grande découverte : l’Esprit Saint, l’Esprit du Christ Jésus agit même en-dehors de la sphère juive. 

Cela semble être une révélation pour lui : alors qu’il pensait sans doute que la Bonne Nouvelle était destinée aux seuls Juifs, il a sous les yeux la manifestation claire que, effectivement, Dieu ne fait pas de différence entre les hommes. Et là, devant les proches du centurion romain, Pierre fait une mini catéchèse, il prononce un mini évangile : 
« Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu l’a consacré par l’Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui. »

Nous aussi, disciples du Christ, ne faisons pas de différences entre les hommes, et soyons les témoins devant tous de ce que nous avons vu et entendu, de ce que nous croyons et vivons.

Amen.

David Journault †

vendredi 10 janvier 2014

Homélie du 5 janvier 2014 - Solennité de l'Épiphanie du Seigneur

Église St Siméon – L’Huisserie – 04/01/14 – 18h30
Église de l’Assomption – Ahuillé – 05/01/14 – 10h30
Solennité de l’Épiphanie du Seigneur

(Textes : Is 60,1-6 – Ps 71 – Ep 3,2-3a.5-6 – Mt 2,1-12)

Mot d’accueil :
"Adoration des Mages", de Giotto

Épiphanie… des mages venus d’Orient viennent se prosterner devant Jésus enfant… le monde païen rencontre le Messie annoncé par les Écritures du peuple juif… Dieu se révèle déjà à toutes les nations… En cette fête de l’Épiphanie, prions tout spécialement pour ceux et celles qui travaillent aujourd’hui à l’annonce de l’Évangile dans le monde, spécialement là où le Christ est encore peu ou pas du tout connu.

Homélie :

Frères et sœurs,

Quand nous relisons ce passage de l’évangile selon St Matthieu, nous réalisons que les mages ne sont pas des rois, que nous ne savons pas s’ils étaient trois, et qu’il n’est nulle part question de la couleur de leur peau ! 

Ce que nous savons, c’est qu’il s’agit de savants étrangers qui ont découvert une nouvelle étoile… signe de la naissance d’un grand personnage, le roi des juifs, le Messie d’Israël. Et ce qui est étrange c’est que eux, qui ne sont pas des Juifs, ils veulent venir se prosterner devant lui et lui rendre hommage.

Face à ces mages, nous avons la personne d’Hérode : il est le roi des Juifs à ce moment là, reconnu par le pouvoir de l’occupant romain, avec lequel il collabore. Il est fier de son titre et férocement jaloux de tout ce qui peut lui faire de l’ombre : il ne faut pas oublier qu’il a fait assassiner sa femme, ses beaux-frères et la famille de sa femme. Il a même fait massacrer ses propres fils et, dès que quelqu’un devient un petit peu populaire, Hérode le fait tuer par jalousie. Et quand les mages viennent se renseigner auprès de lui, il a immédiatement une idée derrière la tête pour supprimer cette menace, comme il a fait pour toutes les autres !

Mais le véritable roi des Juifs n’est pas celui qui habite dans un palais à Jérusalem : c’est un petit enfant dans les bras de sa mère, dans le village de Bethléem. Reconnu et adoré par les bergers dès sa naissance, ce sont maintenant des mages venus d’Orient qui se prosternent, et à travers eux l’Église a toujours vu les prémices de l’annonce de la Bonne Nouvelle à toutes les nations. C’est pour cela que l’Épiphanie est aussi fête de la mission. Cette venue des mages nous dit que la révélation que Dieu a voulu faire de son amour par la naissance au monde de son Fils, elle n’est pas réservée à un peuple ou à un groupe de personnes. Avant la plupart des Juifs, ce sont des païens qui ont su en premier reconnaître la venue du Messie et qui ont su se mettre en route vers Lui. Et par leurs cadeaux, les mages révèlent le mystère de la personne du Messie.

En effet, l’or nous dit qu’il est roi. L’or est le métal précieux qu’on offre aux rois. L’encens nous dit qu’il est Dieu. On brûlait de l’encens devant les autels. La myrrhe enfin, avec laquelle on embaumait les morts, nous dit qu’il est homme, destiné à mourir.

On peut aussi considérer les mages comme les premiers pèlerins chrétiens. Irrésistiblement attirés par cette étoile qu’ils ont découvert, ils ont pris la route, ils ont quitté leur lieu de vie habituel, leurs habitudes de vie, leur quotidien, pour vivre un temps à part, un temps de déplacement extérieur mais aussi intérieur. Ils ne viennent pas s’établir en Israël, mais ils sont venu pour se prosterner un temps devant le Messie, avant de rentrer chez eux, transformés par ce qu’ils auront vécu, vu et entendu. Cette démarche de pèlerinage, elle est aussi ancienne que l’Église, et elle est présente dans toutes les traditions religieuses.

Nous allons célébrer l’eucharistie, le Christ va se rendre présent au milieu de nous dans le pain et le vin qui vont devenir substantiellement son Corps et son Sang. Je termine cette homélie en vous lisant la fin de l’allocution de Benoît XVI adressés aux jeunes à Marienfeld, aux JMJ de Cologne en 2005, pendant la veillée d’adoration : 

« “En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui” (Mt 2, 11). Chers amis, il ne s’agit pas d’une histoire lointaine, survenue il y a très longtemps. Il s’agit d’une présence. Ici, dans la sainte hostie, Il est devant nous et au milieu de nous. Comme en ce temps-là, il se voile mystérieusement dans un silence sacré et, comme en ce temps-là, se dévoile précisément le vrai visage de Dieu. Il s’est fait pour nous le grain de blé tombé en terre, qui meurt et qui porte du fruit jusqu’à la fin du monde (cf. Jn 12, 24). Il est présent comme en ce temps-là à Bethléem. Il nous invite au pèlerinage intérieur qui s’appelle adoration. Mettons-nous maintenant en route pour ce pèlerinage de l’esprit et demandons-lui de nous guider. Amen. »
David Journault †

samedi 4 janvier 2014

Homélie du 24 décembre 2013 - Solennité de la Nativité du Seigneur (messe de la nuit)

Salle polyvalente – L’Huisserie – 24/12/13 – 18h00
Église St Georges – Montigné – 24/12/13 – 22h30
Solennité de la Nativité du Seigneur
Messe de la nuit

(Textes : Is 9,1-6 – Ps 95 – Tt 2,11-14 – Lc 2,1-14)

Mot d’accueil :

Joie au ciel, exulte la terre ! Aujourd’hui un Fils nous es né, en enfant nous a été donné ! Oui, réjouissons-nous, soyons dans l’allégresse : notre Dieu est venu jusqu’à nous, il s’est fait petit enfant pour devenir l’un de nous. Aujourd’hui, la Lumière de Dieu est venue dans le monde !

Homélie :

« Aujourd’hui vous es né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » (Lc 2,11-12)
Une fois de plus, nous l’avons entendu ce récit merveilleux de la Nativité de Jésus et nous n’avons aucune peine à visualiser ce tableau émouvant et beau : le bébé couché dans la crèche avec, près de lui, Marie, la maman attendrie, Joseph, tout saisi de respect, et quelques bergers, des pauvres, appelés les premiers à contempler en cet enfant le « Verbe fait chair » (Jn 1,14).

La prophétie d’Isaïe s’est donc accomplie :

« Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l’insigne du pouvoir est sur son épole ; on proclame son nom : “Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix” ».

Devant l’enfant de la crèche, nous sommes appelés à contempler, à méditer sur cet acte fou de Dieu : se faire homme, se faire l’un de nous pour nous témoigner son amour. Nous sommes tous venus, ce soir, ici, avec une grande variété de sentiments dans nos cœurs : que nous nous soyons avancés vers la crèche avec joie, sur la pointe des pieds ou à contrecœur, que nous soyons portés par notre foi, par notre attachement à une tradition, par l’affection pour nos proche, ou pour faire plaisir à mamie, que nous soyons heureux de ce temps passé à la messe, ou que nous attendions avec impatience les réjouissances qui vont suivre, peu importe ! En ce Noël, ici et maintenant, Dieu nous fait signe, Dieu fait signe à chacune et à chacun d’entre nous :

« Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

Dieu nous fait signe, Dieu nous parle, et sa Parole est étrange : c’est un enfant, un nouveau-né, son Fils Jésus ! Un peu comme nous allons à la maternité visiter une amie ou une parente qui vient d’accoucher, nous venons visiter Marie, Jésus et Joseph à la crèche : la mère et l’enfant se portent bien, et le père est là pour les protéger. Nous venons les visiter... mais quelle va être la qualité de notre visite ? 

Après avoir contemplé cet enfant, allons-nous repartir chez nous comme avant, ou bien cela va-t-il changer quelque chose dans notre vie ? Noël est la bonne occasion pour m’interroger sur les rapports que j’entretiens avec Dieu.

Oui, qui est Jésus pour moi ? Est-ce un ami proche, un parent, que j’ai plaisir à côtoyer, que je visite et à qui je parle régulièrement ? Ou bien ressemble-t-il plus pour moi à cet ami qui habite un peu loin de chez moi, avec qui je corresponds une fois ou deux par an, à qui je ne rends plus visite ? Quelle relation puis-je entretenir avec Dieu si je ne viens plus le voir qu’à Noël et de temps en temps, à un mariage et à une sépulture ? Il en est avec Dieu comme avec nos amis : si je n’y prends pas garde, si je ne le fréquente plus, alors le courant ne passera bientôt plus, et nous deviendrons comme des étrangers l’un pour l’autre.

En cette fête de Noël, Dieu vient à nous sous les traits fragiles de l’enfant. Il n’a rien qui puisse nous faire peur, nous le contemplons avec joie mais, pour grandir en nous et autour de nous, il a besoin de nous !

Cette fête de Noël peut être pour chacune et chacun d’entre nous, quelque soit là où nous en sommes de notre foi, une occasion d’approfondissement et de croissance. 
Qu’est-ce que je peux changer dans ma façon de vivre, dans ma façon de prier, de vivre les sacrements ? 
Que puis-je faire pour approfondir ma foi, mes connaissances, pour me mettre plus au service des autres ? 
Que puis-je faire pour garder le contact, au-delà de Noël, avec Dieu, cet enfant que je viens contempler dans la crèche ?

Ces questions, je vous les pose, je nous les pose, et elles sont sérieuses : car si nous voulons célébrer Noël en vérité, c’est chaque jour de l’année que nous devons chercher à aimer Dieu et nos frères, par des actes, et en vérité.

Amen.

David Journault †

Les messes dans ma paroisse

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