"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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vendredi 22 août 2014

Homélie du 17 août 2014 - 20e dimanche du temps ordinaire A

Église St Siméon – L’Huisserie – 16/08/14 – 18h30
Église St Etienne – Origné – 17/08/14 – 10h30
20ème dimanche du temps ordinaire A


(Textes : Is 56,1.6-7 – Ps 66 – Rm 11,13-15.29-32 – Mt 15,21-28)

Mot d’accueil :
 
Frères et sœurs,
 
Avec les lectures de ce jour, nous sommes invités à méditer sur l’accueil de l’autre différent, sur l’amour sans frontière que Dieu a pour tout homme, amour qu’il nous invite nous aussi à vivre.

Homélie :
 
Frères et sœurs,
 
Cette rencontre de Jésus avec la Cananéenne a quelque chose de dérangeant, je trouve. En effet, on aimerait tellement que la première réaction de Jésus soit une réaction d’accueil et de compréhension, face à la douleur de cette femme dont l’enfant souffre. Pourtant, Jésus ne répond rien, et face à l’insistance de ses disciples, qui veulent simplement être débarrassé de cette personne qui les importune, sa première parole tombe, cinglante : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël » !
 
Où est le Jésus doux et humble de cœur, ouvert à toute détresse ? Qu’est-ce que c’est que cette attitude de rejet, fermée à la détresse de cette femme ? Pour comprendre ce qui se passe, il y a, je crois, deux hypothèses.
 
Tout d’abord, on peut se dire que Jésus fait exprès de se comporter comme cela afin de susciter la belle expression de foi de la femme et donner une leçon à ses disciples et à ceux qui le suivent : il veut ainsi montrer que le Salut qu’il est venu annoncer est ouvert à tous, Juifs comme païens, et la Cananéenne devient comme la porte-parole des païens qui prennent la route à la suite de Jésus.
 
Une autre hypothèse, vers laquelle je penche plutôt, est que Jésus, au moment où il parle avec cette femme, crois vraiment que sa mission ne concerne que le peuple juif. On est un peu comme dans le passage des noces de Cana, dans l’évangile de saint Jean, quand Jésus répond à sa propre mère : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » (Jn 2,4).
 
Car Dieu s’est fait homme en Jésus Christ, et il n’a pas fait semblant ! Par l’éducation qu’il a reçue, par son environnement, par la culture dans laquelle il a grandit, Jésus a sans doute lui aussi connu, dans un premier temps, le poids des préjugés, des exclusions culturelles, nationales ou religieuses. A ce moment-là, le sentiment que Jésus a de sa mission l’enferme dans les limites du monde juif. C’est pour les brebis perdues d’Israël qu’il est venu, et il n’entend pas changer de cap.
 
Pourtant, Jésus connaissait sûrement ce passage du livre d’Isaïe que nous avons entendu dans la première lecture : « Les étrangers qui se sont attachés au service du Seigneur […] je les conduirai à ma montagne sainte. » Mais peut-être qu’il faut la rencontre avec une personne de chair et de sang, avec cette mère qui souffre avec sa fille, pour que la parole connue prenne sens et vienne bousculer en Jésus lui-même la conscience qu’il avait alors de sa mission.
 
Bien sûr, personne n’était dans la tête de Jésus, et la question complexe de la conscience que Jésus avait de lui-même et de sa mission ne sera sans doute jamais entièrement élucidée, mais on peut raisonnablement penser que, du fait de la réalité de l’Incarnation, Jésus a eu une prise de conscience progressive de sa mission et de sa propre identité. On voit bien, dans l’épisode du Temple, quand il a douze ans, qu’il avait alors déjà la compréhension du rapport particulier et unique qui l’unissait à Dieu, mais c’est par son baptême dans le Jourdain par Jean-Baptiste et la succession de ses rencontres que peu à peu, sans doute, il prend conscience à la fois de qui il est et de ce que son Père attend de lui.
 
« Femme, ta foi est grande, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » : Jésus reconnait alors que la foi dépasse les frontières nationales ou même religieuses, car on ne nous dit pas que la Cananéenne soit devenue juive… mais simplement qu’elle a cru que cet homme Jésus avait le pouvoir de sauver sa fille. Ainsi, avec la Vierge Marie à Cana, la Cananéenne est la seule personne qui, dans tout l’Évangile, ait réussi à faire changer Jésus d’avis !
 
Par la rencontre de cette personne tellement différente (femme, étrangère, païenne) de lui, extérieurement, Jésus est révélé à lui-même et à sa propre mission. Sans doute qu’en mettant cette femme sur la route de Jésus, son Fils, Dieu le Père voulait lui donner une petite leçon !
 
Chaque jour, nous aussi, nous sommes invités par le Père à vivre nos rencontres, prévues et surtout imprévues, comme des occasions de découverte et d’enrichissement mutuel. Et si la personne que nous rencontrons est très différente de nous, alléluia ! Elle peut nous aider à sortir de nos préjugés et de notre mauvaise habitude de mettre le gens dans des cases, dans des petites boîtes.
 
Ainsi, Jésus nous montre là encore l’exemple : même si nous ne sommes pas spontanément portés vers telle ou telle personne, accueillons-là dans sa différence, comme envoyée par Dieu pour nous faire grandir.
 
Amen.
 
David Journault †

mardi 12 août 2014

Homélie du 10 août 2014 - 19e dimanche du temps ordinaire A

Église St Siméon – L’Huisserie – 09/08/14 – 18h30
Église St Etienne – Entrammes – 10/08/14 – 10h30
19ème dimanche du temps ordinaire A


(Textes : 1R 19,9a.11-13a – Ps 84(85) – Rm 9,1-5 – Mt 14,22-33)

Mot d’accueil :
Frères et sœurs,
Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus nous demande d’avancer vers lui, en toute confiance. Malgré le vent et la tempête, malgré le doute et les contradictions, il nous appelle. Mais il ne nous laisse pas avec nos seules forces : il nous tend la main… saurons-nous la prendre ?

Homélie :
Frères et sœurs,
Après avoir multiplié les pains pour nourrir la foule, Jésus renvoie tout le monde : les disciples s’embarquent pour passer sur l’autre rive, et Jésus se charge de renvoyer les foules. Après ce temps fort de partage et de rencontre, chacun reprend sa vie, le cœur changé et avec un nouvel horizon de vie. Et Jésus prend lui-aussi le temps de faire le point : il part, seul, dans la montagne, à l’écart, pour prier et reprendre dans la prière le dialogue avec son Père.
Et quand Jésus décide de rejoindre les disciples, c’est en marchant sur la mer ! À la lecture de ce passage de l’évangile de Matthieu, on a vraiment le sentiment que les disciples et le Christ sont dans deux mondes différents : les disciples sont sur une barque ballottée par les vents et les flots, alors que le Christ s’avance tranquillement en marchant sur la mer. Jésus manifeste là encore son appartenance à une réalité qui est autre que celle que les disciples peuvent expérimenter : son Royaume n’est pas de ce monde. Jésus s’est fait homme, il est venu dans le monde, mais il n’est pas de ce monde.
Et les disciples ne comprennent pas… ils ont peur. Ce qui sauve Pierre, même s’il ne comprend sans doute pas beaucoup plus que les autres, c’est sa confiance inébranlable en son Maître : si Jésus lui dit de marcher sur les eaux, alors il marchera sur les eaux. Et c’est ce qui se passe ! Mais la confiance de Pierre vacille, alors qu’il a déjà expérimenté la puissance de Jésus, et la peur le submerge… et les eaux commencent à en faire autant…
Et Jésus ne l’abandonne pas : quand Pierre appelle à l’aide, Jésus lui tend la main et le retient… tout en lui reprochant doucement : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
Notre vie peut parfois nous faire penser à cette barque ballottée par les flots… Nous avons du mal à trouver notre route, du mal à atteindre les objectifs, les buts que nous nous sommes fixés… Et parfois nous avons peut-être aussi le sentiment que nous avançons sans but dans l’existence. Et je crois que pour dépasser ces difficultés, il ne faut pas en rester au monde présent. En effet, si nous nous limitons au monde visible, nous passons à côté de l’essentiel : la vie avec Dieu.
Comme pour les disciples embarqués dans leur bateau, nous pouvons avoir le sentiment que Jésus est hors de notre monde, hors d’atteinte, qu’il est comme un fantôme… mais si nous acceptons de nous ouvrir au monde de Dieu, il peut nous tendre la mains… Dieu en Jésus Christ est venu pour établir une nouvelle alliance avec l’humanité toute entière… c’est à nous de choisir de nous inscrire dans cette alliance.
Déjà, Dieu avait fait alliance avec le peuple juif… c’est ce dont nous parle saint Paul dans l’épître aux Romains. Oui, le peuple juif est le peuple de Dieu, le peuple que Dieu s’est choisi… et c’est du sein de ce peuple que Jésus a pris chair. Et aujourd’hui encore, l’alliance entre Dieu et le peuple juif est toujours la Première Alliance : « Dieu reste fidèle car il ne peut se renier lui-même. » (2Tm 2,13). L’Église a mis du temps à comprendre cela, mais aujourd’hui, elle regarde les Juifs comme des frères, comme des  frères  aînés : c’est  d’eux  que   nous   avons   reçu   l’Ancien Testament qui nous aide à comprendre qui est le Dieu de Jésus Christ, c’est d’eux que nous tenons beaucoup de nos prières liturgiques…

Oui, Dieu est fidèle, son alliance est inébranlable, jamais il ne trahi ceux qui mettent en lui leur foi et leur espérance. Que cette certitude habite nos cœurs maintenant et toujours.
Amen.
David Journault †

dimanche 13 juillet 2014

Homélie du 12 juillet 2014 - 15e dimanche du temps ordinaire A

Église St Siméon – L’Huisserie – 12/07/14 – 18h30
15ème dimanche du temps ordinaire A


(Textes : Is 55,10-11 – Ps 64 – Rm 8,18-23 – Mt 13,1-23)

Mot d’accueil :
 
Frères et sœurs,

Comment est-ce que nous sommes ouverts à l'action de Dieu en nous ? Comment prenons-nous nos décisions, comment conduisons-nous notre vie ? Est-ce que la Parole de Dieu porte du fruit en nous ? Autant de questions que les lectures de ce dimanche nous invitent à méditer.

Homélie :
 
Frères et sœurs,
 
Comme souvent, les lectures de ce dimanche nous invitent à faire notre examen de conscience. L’évangile que nous venons d’entendre nous parle de la façon dont nous accueillons la Parole de Dieu… sommes-nous réceptifs à cette Parole qui nous est offerte largement ? Sommes-nous ouverts à Dieu, et aux autres ? Car nous sommes des êtres de relation, et c’est à la mesure où nous sommes ouverts aux autres que nous pouvons apprendre, nous épanouir, grandir. Bien sûr, cela veut aussi dire que nous sommes dépendants des autres…
 
Ce n’est pas pour rien que l’âge le plus réceptif qui soit est aussi l’âge le plus dépendant : celui de l’enfance. En acquérant de la maturité, nous pouvons avoir tendance à vouloir devenir autosuffisants, et nous nous battons pour devenir le plus indépendants possible. Mais être disciple du Christ, cela veut forcément dire que nous gardons notre cœur ouvert, notre cœur en état de dépendre de l’amour de Dieu et de l’amour des autres. Finalement, être totalement indépendant, c’est être fermé à la relation, c’est être déjà un peu mort.
 
Dans la 1ère lecture, Isaïe nous parle en métaphore : la pluie et la neige qui tombent sur la terre et qui sont nécessaires à ce qu’elle puisse produire du fruit. Et tout comme sans eau la terre ne peut produire de fruit, sans la Parole de Dieu nous ne pouvons pas produire de fruit.
 
Et saint Paul vient lui aussi nous dire à quel point nous avons besoin de Dieu, à quel point « la création toute entière crie sa souffrance » : notre monde est comme une terre assoiffée, une terre asséchée, qui a besoin de l’eau vive de la Parole de Dieu, mais qui en même temps, refuse souvent de l’accueillir.
 
La figure d’Adam veut nous dire la situation paradoxale dans laquelle se trouve l’humanité. Oui, l’homme est le fruit d’un projet d’amour de Dieu : nous avons été créés par l’amour de Dieu, et nous sommes appelés à vivre dans cet amour de Dieu, avec Lui et les uns avec les autres. Mais comme il ne peut y avoir d’amour authentique sans liberté, Dieu nous a également fait cadeau de la liberté, tout en nous donnant le « mode d’emploi » de cette liberté… Malheureusement, nous voyons bien que chaque jour se répète le péché des origines, le péché d’Adam et Ève : l’homme se croit plus fort que Dieu, plus intelligent que Dieu et il remplace la loi d’amour donnée par Dieu par sa propre loi, qui est bien souvent la loi du plus fort.
 
En croyant devenir toujours plus libre, nous échangeons la belle liberté donnée par Dieu contre l’esclavage du péché et du mal. Oui, nous ne faisons pas le bien que nous voulons faire, et nous nous laissons aller à faire le mal que nous ne voudrions pas… voilà le drame d’une humanité blessée et qui ne sait plus s’ouvrir à la Parole d’amour, à la Bonne nouvelle de Dieu.
 
Pour nous, chrétien, profondément solidaires de toute l’humanité, c’est un appel : ouvrons toujours plus grand nos cœurs à l’action de Dieu en nous pour pouvoir porter à nos frères assoiffés l’eau vive de la Parole de Dieu. Oui, si nous sommes une bonne terre, alors nous porterons du fruit, et alors nous pourrons semer autour de nous cette Parole qui nous fait vivre. Mais il nous faut bien en vivre, pas seulement l’écouter le dimanche à la messe, mais en vivre, tous les jours, que la Parole de Dieu soit au cœur de nos réflexions, de nos choix, de nos échanges. Car plus nous sommes à Dieu, et moins le péché n’a d’emprise sur nous.
 
Ainsi, frères et sœurs, suivant les moments, les situations, les épreuves ou les joies de l’existence, il peut nous arriver d’être comme la terre du bord du chemin, ou comme le sol pierreux, ou comme le sol envahi de ronces, ou comme la bonne terre… Que l’Esprit Saint nous aide à être toujours une terre assoiffée, une terre qui désir Dieu et qui s’ouvre à la fraicheur de sa Bonne nouvelle.
 
Amen.
 
David Journault †

vendredi 11 juillet 2014

Homélie du 29 juin 2014 - Solennité des Saints Pierre et Paul

Église St Siméon – L’Huisserie – 28/06/14 – 18h30
Église St Siméon – L’Huisserie – 29/06/14 – 10h30
Solennité des saints Pierre et Paul

(Textes : Ac 12,1-11 – Ps 33 – 2Tm 4,6…18 – Mt 16-13-19)

Mot d’accueil :
 
Frères et sœurs,
 
Aujourd’hui nous fêtons les Apôtres Pierre et Paul, les deux piliers de l’Église. Le jeu du calendrier fait que, de temps en temps, cette solennité tombe un dimanche : cela nous permet de célébrer tous ensemble Pierre et Paul, et de rendre grâce au Seigneur pour ses deux magnifiques serviteurs.
En cette eucharistie, prions le Seigneur dans la joie. Disons-lui merci pour son amour et pour tout ce qu’il nous donne.

Homélie :
 
Frères et sœurs,
 
Je ne sais pas si parmi nous certains ont eu comme moi la chance d’aller à Rome, mais quand je pense à Pierre et Paul, je pense tout de suite à la Basilique St Pierre de Rome. À l’extérieur, en haut du fronton, il y a une représentation du Christ… et en contrebas sur la place, il y a deux grandes statues : St Pierre d’un côté, et St Paul de l’autre côté. Tous les deux ils sont morts à Rome, à cause de leur fidélité au Seigneur, à cause de leur énergie, de leur courage à annoncer la Bonne Nouvelle, à parler de Jésus autour d’eux et à faire connaître tout ce que Jésus avait dit et fait.
 
Dans la deuxième lecture, nous avons entendu ce que Paul écrit à son ami Timothée peut de temps avant d’être exécuté. Il n’a pas peur, il est calme, serein. Il utilise l’image de la course d’endurance : « J’ai tenu jusqu’au bout de la course, je suis resté fidèle. » et plus loin il dit encore : « Le Seigneur m’a assisté ; il m’a rempli de force pour que je puisse jusqu’au bout annoncer l’Évangile. » Car si Paul dit qu’il va recevoir la couronne du vainqueur, il ne le dit pas en étant orgueilleux : finalement, toute sa force, tout ce qui lui a permis de tenir, c’est Dieu qui lui a donné. Et d’ailleurs, ce n’est pas fini : « Le Seigneur me fera encore échapper […] Il me sauvera et me fera entrer au ciel. » Bien sûr, St Paul sait qu’il va mourir, mais sa foi lui dit que ce n’est qu’un passage vers le ciel, vers la vie éternelle bienheureuse auprès de Dieu.
 
Oui, si nous le voulons bien, le Seigneur nous accompagne tous les jours de notre vie et il nous donne la force d’être ses témoins dans le monde… et si nous sommes fidèles, nous pourrons avoir la paix et la confiance de Paul, car la couronne du vainqueur, Dieu la donne à « tous ceux qui auront désiré avec amour sa manifestation dans la gloire. »
 
Dans l’Évangile, c’est St Pierre que nous voyons… et il fait en quelque sorte sa profession de foi. A Pierre comme à chacun d’entre nous, Jésus pose cette question : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre fait cette réponse directe : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »
 
Comme nous quand nous disons le “Je crois en Dieu”, Pierre ne comprend peut-être pas tout ce que les mots qu’il prononce veulent dire, mais il y met tout son cœur. La foi, ce n’est pas connaître quelque chose totalement, c’est toujours un cheminement. La foi, c’est faire confiance à Dieu et c’est aimer Dieu, et c’est apprendre à le connaître. On n’a jamais fini d’apprendre à connaître quelqu’un… on n’a jamais fini de progresser dans l’amour… Quand on aime quelqu’un, on lui dit, et on essaie toujours mieux de lui montrer… La vie de foi, c’est pareil.
 
Depuis notre baptême, nous avons commencé notre vie de chrétien. Par l’eucharistie, depuis notre première communion, nous sommes entrés dans une communion plus grande avec Dieu, une communion que nous sommes invités à renouveler chaque dimanche. Par notre confirmation, l’Esprit Saint vient en nous pour nous inspirer ce que Dieu attend de nous et nous donner la force de l’accomplir. Par le sacrement de la réconciliation, nous renouons le lien brisé par le péché avec Dieu et avec nos frères.
 
Oui, frères et sœurs, nous avons tout à notre portée pour courir la course, pour tenir jusqu’au bout, rester fidèles pour recevoir la récompense des vainqueurs.
 
Amen.
 
David Journault †

Homélie du 22 juin 2014 - Solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ A

Église St Siméon – L’Huisserie – 21/06/14 – 18h30
Église Ste M.-Madeleine – Forcé – 22/06/14 – 10h30
Solennité du Saint-Sacrement
du Corps et du Sang du Christ A


(Textes : Dt 8,2-3.14b-16a – Ps 147 – 1Co 10,16-17 – Jn 6,51-58)

Mot d’accueil :
 
Frères et sœurs,
 
Aujourd’hui nous sommes dans la joie car nous faisons mémoire du plus beau cadeau que Dieu a fait à son Église : l’eucharistie. Jésus, avant sa Passion, a partagé un dernier repas avec ses disciples et leur a demandé de refaire ses gestes et de redire ses paroles. Depuis plus de 2000 ans, chaque jour, nous accomplissons ce qu’Il nous a demandé… chaque jour, le Christ se rend présent réellement dans le pain et le vin consacrés, et Il se donne à nous. Par la célébration de l’eucharistie, c’est comme si nous prenions place aux côtés de Jésus et des Apôtres, le jour même de la dernière Cène.

Homélie :
 
Frères et sœurs,
 
Parfois, nous avons peut-être l’impression que quand nous venons à la messe, quand nous venons communier, nous faisons plaisir à Dieu, que nous lui faisons un cadeau. Il est certain que le Seigneur est heureux de nous accueillir dans sa maison, de voir que nous répondons à son invitation. Mais dans cet échange d’amour entre Dieu et nous, il y a un immense déséquilibre, car le cadeau de notre présence que nous offrons à Dieu vient répondre à un cadeau tellement immense : Jésus lui-même, Jésus se donne à nous en cadeau à chaque eucharistie.
 
Dans l’histoire récente de l’Église, nous sommes passés d’une période au cours de laquelle presque personne ne venait communier au cours des messes, à la période actuelle où nous venons tous communier tous les dimanches quand nous venons à la messe. Comprenez-moi bien : je suis très heureux de donner la communion, mais est-ce que la communion n’est pas devenue tellement habituelle que nous avons peut-être un peu perdu de vue ce qu’elle a d’absolument extraordinaire ?
 
Communier cela veut dire ouvrir notre cœur à Jésus. Quand, quelques heures avant sa mort sur la croix, le Christ nous a donné ce signe et nous a demandé : « Faites cela en mémoire de moi. », il nous a fait un cadeau immense. Par ce geste, par la célébration de l’eucharistie, Jésus vient se donner à nous à chaque fois que nous communions. Chaque fois que nous communions, nous permettons à Dieu de venir en nous et de nous donner sa force pour avancer dans la vie en enfants de lumière, et pour rester fidèles à notre baptême.
 
Dans l’Église, on dit que l’eucharistie c’est à la fois la source et le sommet de la vie chrétienne. Qu’est-ce que ça veut dire ? Une source, on voit bien ce que c’est : un endroit où de l’eau jaillit et où on peut venir boire quand on a fait une longue marche ou une promenade, par exemple. C’est là qu’on peut venir se reposer, reprendre des forces, pour ensuite repartir sur notre chemin. Et le sommet ? Eh bien, si vous avez déjà fait des marches en montagne, le sommet c’est là encore un lieu où on s’arrête, puisqu’on ne peut pas monter plus haut. On fait une pause, on s’arrête, on admire le paysage… et on repart, tout joyeux d’avoir passé ce moment.
 
Eh bien, l’eucharistie, venir communier, c’est pour notre vie une source, un sommet. Quand on aime quelqu’un, on aime passer du temps avec lui. Venir à la messe, c’est venir passer une heure avec Celui qui nous aime et que nous aimons, c’est venir passer une heure avec Dieu. Et quand nous communions, nous recevons en nous le Christ : Jésus nous donne de façon toute particulière son amour et sa force. Et comme la source et le sommet, on ne reste pas sur place après avoir communié : cet amour et cette force que Jésus nous donne, c’est pour nous aider à aimer les autres et à faire ce qui est bien.
 
Pour tout le monde, petits et grands, vivre pleinement sa vie avec Dieu, c’est quelque chose de parfois difficile. Et comme Dieu le sait et qu’il nous aime, il nous a donné les sacrements, et en premier le baptême et l’eucharistie, pour nous aider à vivre pleinement en communion avec Lui. Ne nous privons pas de ce don que Dieu veut nous faire.
 
Pour bien accueillir ce don, soyons attentifs : quand quelqu’un nous offre un cadeau, on le prend avec précaution, avec attention. Et quand je reçois le Corps du Christ ? Est-ce que je suis attentif, ou bien est-ce que je suis en mode « automatique » ?
 
Alors frères et sœurs, en cette fête du Saint-Sacrement, je vous invite à renouveler votre façon de communier : que nos corps et nos âmes soient parfaitement unis au trésor que nous allons recevoir. Soyons particulièrement attentifs et conscients de ce que c’est vraiment le Christ que nous allons recevoir, sur notre langue ou dans nos mains. Je vous invite à retrouver dans votre cœur l’émotion et l’attention de votre 1ère communion. Que notre geste de communion soit beau, que notre « Amen » soit clair, que notre attitude extérieure manifeste notre foi.
 
Frères et sœurs, enfants, jeunes, adultes et aînés : le Seigneur nous aime et il a soif de notre amour. A chaque eucharistie le Seigneur veut se donner à nous pour nous aider dans notre vie. Alors ne fermons pas notre cœur au Seigneur et venons souvent communier à Lui.

Amen.
 
David Journault †

Homélie du 15 juin 2014 - Solennité de la Très Sainte Trinité A

Église St Siméon – L’Huisserie – 14/06/14 – 18h30
Église St Étienne – Origné – 15/06/14 – 10h30
Solennité de la Très Sainte Trinité A

Samedi soir : messe préparée par l’école Ste Marie

(Textes : Ex 34,4b-6.8-9 – Dn 3 – 2Co 13,11-13 – Jn 3,16-18)

Mot d’accueil :
 
Frères et sœurs,
 
Aujourd’hui est un jour de fête : l’Église fête la Sainte Trinité. Dieu se révèle à nous non pas comme un dieu hautain, solitaire et froid, mais comme un Dieu qui est Père, qui se fait proche et se révèle dans le Fils, et qui nous donne son Esprit pour nous permettre de vivre en communion avec Lui.

Homélie :
 
Frères et sœurs,
 
Comment appeler Dieu ? Comment dire Dieu ? Comment parler de Dieu ? Ces questions que nous nous posons, Moïse aussi se les posait en montant sur la montagne du Sinaï. Et dans la première lecture nous trouvons plusieurs réponses : Dieu se présente « Yahvé, le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité. »
 
Pour connaître Dieu, il faut donc regarder ce qu’il fait : on le reconnaît à ses actions de bonté, d’amour et de tendresse. C’est sans doute pourquoi Moïse demande à Dieu de marcher au milieu de son peuple, c’est-à-dire d’être toujours avec eux. Car même si on ne peut pas voir Dieu, on peut voir les effets de sa présence au milieu de nous : la paix, la fraternité, le respect, l’amitié, l’amour…
 
Et Dieu a vraiment répondu à la prière de Moïse… car il est vraiment venu « marcher au milieu de nous » : c’est Jésus, le Fils de Dieu, qui est venu sur notre terre, c’est fait homme comme nous et est venu marcher sur les chemins de la Palestine. Comme il est écrit dans l’évangile que nous venons d’entendre : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. » Avec Jésus, Dieu a voulu se faire connaître encore mieux de nous : Jésus est venu nous expliquer qui est Dieu et comment nous pouvons vivre véritablement comme ses amis, ses fidèles. Jésus est allé jusqu’au bout de l’amour et du don de soi pour les autres et, par sa mort et sa résurrection, c’est vraiment l’identité de Dieu qui nous est révélée. Dieu aime chacun jusqu’à se donner à nous.
 
Bien sûr, cela ne nous empêche pas de nous poser des questions, car Dieu échappe à la façon dont habituellement nous connaissons les personnes et les choses. Quand je veux connaître quelqu’un ou quelque chose, j’utilise mes sens et ma réflexion : je regarde, j’écoute, je touche, je sens, je goûte, je lis un livre, je discute avec quelqu’un… Pour Dieu, je ne peux pas avoir une connaissance vraiment directe : il faut que je passe par la lecture de la Bible et il faut que je me fasse aider par les autres chrétiens (parents, catéchistes, prêtres, en lisant des livres,…).
 
Mais pour avancer dans cette découverte de Dieu, qui est un chemin pour toute la vie, je ne suis pas seul. Car Dieu ne nous laisse pas sans aide. Après la venue de Jésus dans le monde, Dieu nous a envoyé l’Esprit Saint. L’Esprit Saint, c’est l’Esprit même du Père et du Fils, c’est l’Esprit de Dieu, et nous le recevons à notre baptême et à notre confirmation. Et si nous ouvrons notre cœur et notre intelligence à Lui, l’Esprit Saint nous aide à vivre en chrétien.
 
Dès l’origine du monde, Dieu nous aime et il est notre Père. Il y a plus de 2000 ans, Dieu est venu en ce monde et il s’est fait connaître en Jésus, le Fils, vrai homme et vrai Dieu. Et pour soutenir notre vie avec lui, il nous a envoyé l’Esprit Saint pour nous accompagner sur nos chemins.
 
Vivons les uns et les autres, enfants, jeunes et adultes, en ouvrant nos cœurs à l’amour du Père, en suivant le Fils, dans l’Esprit.
 
Amen.
 
David Journault †

Homélie du 8 juin 2014 - Solennité de la Pentecôte A

Église St Siméon – L’Huisserie – 7/06/2014 – 18h30
Église St Étienne – Entrammes – 8/06/2014 – 10h30
Solennité de la Pentecôte A
Dimanche : 7 professions de foi et 1 première communion


(Textes : Ac 2,1-11 – Ps 103 – 1Co 12,3-13 – Jn 20,19-23)

Mot d’accueil :
La Pentecôte : l’Esprit Saint descend sur les disciples rassemblés autour de Marie, au Cénacle. Et c’est la naissance de l’Église universelle : la Bonne Nouvelle est annoncée à toutes les personnes présentent ce jour-là à Jérusalem, et chacune entend cette annonce dans sa langue maternelle.
[Ce matin, au milieu de nous, 7 jeunes vont professer leur foi, et une jeune va également recevoir le Corps du Christ pour la première foi. Nous pensons également à tous les jeunes de notre paroisse qui vivent cette profession de foi dans leur collège catholique. Accompagnons nos jeunes de notre prière et de notre soutien, dans leur chemin d’initiation chrétienne.]
Que l’Esprit Saint descende encore aujourd’hui sur les fidèles du Christ, pour qu’ils allument le feu de l’amour de Dieu dans le monde.

Homélie :
Frères et sœurs,
Pourquoi sommes-nous là ce matin/soir ? Qu’est-ce que nous sommes venus faire dans cette église ? Sommes-nous venus prier, sommes-nous venus écouter la Parole de Dieu, des chants, une prédication, [sommes-nous là à l’invitation de proches pour la profession de foi d’une filleule, d’un neveu, d’une cousine…]… Tout cela est bel et bon… mais ce n’est pas d’abord cela que nous venons faire quand nous venons à la messe.
La messe, c’est toujours d’abord une rencontre avec quelqu’un : le Christ Jésus, ressuscité, qui nous invite car Il veut se donner à nous dans sa Parole et dans son Pain. Oui, la messe est d’abord et avant tout un rendez-vous avec le Christ : nous venons à sa rencontre.
Et vous voyez alors que cela change la perspective. En effet, peut-être que nous voyons parfois la messe comme une obligation, comme un devoir moral : il faut faire ça pour que Dieu m’aime. Mais non ! Certes, nous pouvons être sûrs que Dieu est heureux de nous voir rassemblés, et qu’Il est au milieu de nous. Mais ce n’est pas pour cela qu’Il va nous aimer plus, puisque de toute façon, Il nous aime déjà totalement et absolument.
Ainsi, elle est là la Bonne Nouvelle (Évangile veut dire au sens littéral « bonne nouvelle », « joyeuse nouvelle ») : Dieu nous aime, et Il nous appelle à entrer dans son amour. Ce que nous avons à faire, c’est d’accueillir pleinement son amour, avec simplicité de cœur, et de nous mettre à son écoute pour toujours mieux le connaître.
Mais alors, qu’est-ce que ça veut dire être chrétien ? Est-ce qu’il n’y a aucune règle de vie pour vivre en chrétien ?
Oui, bien sûr. Mais ce n’est pas d’abord ce que je fais qui est important, c’est en qui je crois. Ce n’est pas ce que je fais qui me sauve et qui me donne la vie de Dieu : c’est le Christ qui est mort sur la croix et qui est ressuscité qui me sauve et me donne la vie. Et pour que nous puissions vivre comme ses disciples, le Christ nous a envoyé son Esprit Saint, qui est à l’œuvre dans le monde spécialement depuis la Pentecôte.
Ainsi, ce n’est pas ce que nous faisons, nos « œuvres » qui nous donnent la vie et la foi. Mais si nous n’agissons pas en chrétien, si nous ne faisons aucune « œuvre » bonne, nous risquons de perdre la foi.
Prenons une comparaison : personne ici ne s’est donné à lui-même sa vie. Ce sont nos parents qui nous ont donné la vie et qui, dans nos premières années, ont tout fait pour que nous restions en vie ! Une fois que nous sommes grand, nous prenons soin de nous-mêmes, et nous faisons ce qui est nécessaire pour rester en vie : nous nous nourrissons, quand nous sommes malades, nous allons voir le médecin,…
Dans la vie chrétienne, c’est pareille. Personne ne se donne à lui-même la foi : c’est Dieu qui nous la donne à travers nos frères et sœurs, à commencer par nos parents. Ils veillent sur notre initiation chrétienne, et font tout pour que nous la gardions. Au fur et à mesure que nous grandissons, il nous faut aussi l’entretenir, et nous en devenons responsables. A nous d’alimenter notre foi pour conserver cette vie de Dieu qui nous a été donnée gratuitement.
Cela se fait par toute notre vie. En effet, nous ne sommes pas chrétiens qu’une heure par semaine, à la messe ! C’est dans toutes les dimensions de notre vie que nous devons chercher à vivre en harmonie avec le Christ : dans telle situation, que ferait Jésus ? sur cette personne, quel regard porterait Jésus ? face à ce choix que je dois faire, quelle décision va le plus dans le sens de l’amour de Dieu et de mes frères ? Cela suppose également que nous poursuivions notre chemin d’apprentissage de Dieu : la catéchèse, elle n’est pas seulement pour les enfants et les adolescents ! Elle est pour tous les âges de la vie ! C’est toute ma vie que je m’informe, que je me perfectionne. Dans la plupart des métiers et des activités, nous nous formons pendant toute notre vie.
Pour la vie chrétienne, il y a aussi une nécessaire « formation continue » dont nous devons prendre les moyens : prier, lire la bible, assister à des conférences, lire de bons livres…
La foi, comme tout, cela s’entretient. Que l’Esprit Saint, l’Esprit de Pentecôte nous vienne en aide, pour nous aider à entretenir et à dynamiser notre foi.
Amen.
David Journault †

Homélie du 1er juin 2014 - 7e dimanche de Pâques A

Église St Georges – Montigné – 01/06/2014 – 10h30
7ème dimanche de Pâques A
14 Premières communions


(Textes : Ac 1,12-14 – Ps 26 – 1P 4,13-16 – Jn 17,1-11)

Mot d’accueil :
Frères et sœurs,
Ce matin, nous sommes rassemblés en cette église par la grande fête de la première des communions : au milieu de nous, après leurs amis qui l’ont faite jeudi dernier, 14 enfants vont ce matin recevoir pour la première fois le Corps du Christ Eucharistie.

Homélie :
Aujourd’hui nous sommes rassemblés comme une grande famille, pour célébrer ces premières communions et ces baptêmes. Et nous sommes véritablement une famille : la famille des chrétiens, la famille des amis, des frères et sœurs de Jésus.
Dans la liturgie de l’Église, nous sommes dans cette période qu’on appelle le “Temps pascal”, et plus particulièrement vers la fin du Temps pascal, entre la fête de l’Ascension (jeudi dernier) et la fête de la Pentecôte (le 8 juin cette année)… Et ce temps est particulier, car il nous parle des derniers instants de la présence de Jésus sur cette terre, ou plutôt du changement de la façon dont Jésus est présent sur cette terre, au milieu de nous.
Comment Jésus a-t-il été présent dans le monde ? A Noël, Jésus entre dans le monde comme un petit enfant ordinaire, même si Marie et Joseph savent bien que ce n’est pas un enfant ordinaire. A l’Ascension, Jésus ressuscité qui est apparu à ses amis pendant 40 jours, disparaît définitivement.
Mais Il ne cesse pas d’être présent dans le monde, seulement, Il l’est d’une autre façon. Car Dieu ne cesse jamais de se donner à nous : avant la venue de Jésus, Dieu parlait aux hommes par les prophètes. Puis, pendant les quelques années de la vie terrestre de Jésus, Il leur a parlé directement. Jésus est venu nous dire et nous montrer comment vivre en communion avec Dieu : Il nous a montré qu’aimer Dieu et aimer les autres, c’est une seule et même attitude, un seul et même mouvement du cœur. C’est très beau et très exigeant ! Être chrétien, être ami de Jésus, c’est à la fois prendre régulièrement le temps de la prière (un peu tous les jours), c’est vivre les sacrements (surtout celui de l’eucharistie, en venant à la messe le plus souvent possible), et c’est être attentif à ceux qui nous entourent pour les aider et les aimer.
Jésus quitte ce monde avec son corps, mais Il ne nous laisse pas seuls, puisqu’Il nous fait le don de son Esprit Saint. Les disciples, après l’Ascension, vivront la grande joie de la Pentecôte, où ils recevront la force de l’Esprit Saint, qui leur permettra de mieux comprendre encore l’enseignement du Christ, et d’en devenir les témoins.
Jésus n’est plus physiquement dans le monde, et en même temps on pourrait dire qu’Il n’y a jamais été aussi présent, puisque l’Église, son corps, n’a jamais été aussi grande ! Si le corps physique d’homme de Jésus n’est plus là, nous sommes maintenant le corps du Christ : son Église, vous et moi, tous les baptisés de la terre, passés, présents et à venir ! En nous donnant son Esprit, Il permet que « là où deux ou trois sont réunis en mon nom, Je suis au milieu d’eux. » Le Christ est là, au milieu de nous, en nous. Car s’Il est tout spécialement présent dans le pain et le vin consacrés, n’oublions pas qu’Il est présent aussi dans sa Parole, dans la communauté rassemblée, et par la personne du prêtre qui redit ses paroles.
Le Christ disparaît aux yeux des hommes, mais c’est pour mieux entrer dans leur cœur : à la Pentecôte, au baptême, à la confirmation, Il nous donne son Esprit pour être intimement unis à Lui. Ainsi nous sommes rendus capables, avec toute la force de notre liberté, de faire sa volonté : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. »
Dans la force de l’Esprit Saint, depuis 2000 ans, les disciples de chaque génération peuvent devenir véritablement témoins et annoncer au monde la Bonne Nouvelle. Oui, comme pour les premiers disciples, Jésus nous envoie en mission, et en même temps, il ne nous abandonne pas car il a dit le jour de l’Ascension : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » La mission d’évangélisation ne dépend pas que de nous : nous avons à nous y dépenser, mais c’est toujours le Christ qui est le Maître de la mission. L’évangélisation est notre mission, notre travail, mais nous avons à la vivre dans la confiance, et non dans l’angoisse.
J’ai lu quelque part une anecdote sur le pape St Jean XXIII. Un ami lui disait après son élection : « Comme la charge doit être lourde ! » Et Jean XXIII répond : « C’est vrai, le soir quand je me couche, je pense, Angelo, tu es le Pape, et j’ai bien du mal à m’endormir ; mais au bout de quelques minutes je me dis, Angelo, que tu es bête, le responsable de l’Église, ce n’est pas toi, c’est le Saint-Esprit… Alors je me tourne de l’autre côté et je m’endors ! »
En aimant nos frères, en faisant le bien, en vivant dans l’amour, nous rendons le Christ présent physiquement dans le monde. Oui, le Christ nous demande de témoigner de lui, de parler de lui dans notre monde : tous ensemble, soyons des témoins joyeux, sachons être missionnaires pour relayer dans le monde cet appel de Dieu à vivre dans son amour, maintenant et à jamais.
Amen.
David Journault †

Homélie du 29 mai 2104 - Solennité de l'Ascension du Seigneur A

Salle polyvalente – L’Huisserie – 29/05/2014 – 10h30
Solennité de l’Ascension du Seigneur A
41 Premières communions – 1 baptême d’enfant en âge de scolarité


(Textes : Ac 1,1-11 – Ps 46 – Ep 1,17-23 – Mt 28,16-20)

Mot d’accueil :
 
Frères et sœurs,
 
Ce matin, nous célébrons la fête de l’Ascension du Seigneur Jésus. Pendant 40 jours après sa résurrection, le Christ est apparu à ses disciples, puis est venu le jour où il est retourné vers le Père. Mais ce n’est pas d’un jour d’abandon dont nous faisons mémoire : c’est le jour où le Seigneur nous a donné la plus grande preuve de sa confiance en nous et en l’humanité.
 
L’Ascension, c’est le jour où le Christ nous a passé le relais, le jour où il nous a donné sa mission : « Allez donc ! De toutes les nations, faites des disciples […] Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »
 
Ce matin, nous sommes aussi rassemblés par cette grande fête de la première des communions : 41 enfants vont ce matin recevoir pour la première fois le Corps du Christ Eucharistie, et Lise va être baptisée.

Homélie :
 
« Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? »
 
Sans doute qu’à la place des disciples, nous aurions nous aussi eu besoin d’un peu de temps pour réaliser que Jésus, le Maître, avait définitivement disparu aux yeux du monde… Mais les deux messagers en vêtement blanc dont nous parle les Actes des Apôtres sont là pour aider les disciples à remettre les pieds sur terre.
 
Après sa mort sur la croix et sa résurrection, le Christ est apparu régulièrement aux disciples pendant 40 jours. Puis le moment est venu de son retour vers le Père. On se rend bien compte, que ce soit en lisant les Actes des Apôtres ou l’évangile selon saint Matthieu, que les disciples sont loin d’être complètement près à cet événement. Dans les Actes, un disciple croit encore que Jésus est venu pour rétablir une royauté visible et matérielle en Israël, et Matthieu quand à lui précise que « certains eurent des doutes ». Les successeurs que s’est choisi le Christ, ils sont loin d’être parfaits… ils ne semblent vraiment pas à la hauteur de la tâche que Dieu veut leur confier. Mais il ne les laissera pas seuls : à la Pentecôte, il leur enverra l’Esprit-Saint, et c’est pour cela que Jésus leur demande d’attendre à Jérusalem jusqu’à ce moment là.
 
Dans la force de l’Esprit, les disciples pourront devenir véritablement témoins et annoncer au monde la Bonne Nouvelle. Oui, comme pour les disciples, Jésus nous envoie en mission, et en même temps, il ne nous abandonne pas : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » La mission d’évangélisation ne dépend pas que de nous : nous avons à nous y dépenser, mais c’est toujours le Christ qui est le Maître de la mission. L’évangélisation est notre mission, notre travail, mais nous avons à la vivre dans la confiance, et non dans l’angoisse.
 
J’ai lu quelque part une anecdote sur le pape St Jean XXIII. Un ami lui disait après son élection : « Comme la charge doit être lourde ! » Et Jean XXIII répond : « C’est vrai, le soir quand je me couche, je pense, Angelo, tu es le Pape, et j’ai bien du mal à m’endormir ; mais au bout de quelques minutes je me dis, Angelo, que tu es bête, le responsable de l’Église, ce n’est pas toi, c’est le Saint-Esprit… Alors je me tourne de l’autre côté et je m’endors ! »
 
Dans quelques minutes, au cours de cette Eucharistie, Lise va être baptisée et vous, les enfants, vous allez recevoir pour la première fois le Corps du Christ… Et en vivant cela, nous sommes complètement dans la suite de ce que Jésus nous a demandé de faire : nous sommes les maillons de cette longue chaîne ininterrompue qui, depuis l’Ascension du Seigneur il y a plus de 2000 ans, obéit au commandement du Christ en annonçant sa Bonne Nouvelle. Tous ensemble, soyons des témoins joyeux, sachons être missionnaires pour relayer dans le monde cet appel de Dieu à vivre dans son amour, maintenant et à jamais.
 
Amen.
 
David Journault †

Homélie du 25 mai 2014 - 6e dimanche de Pâques A

Église St Siméon – L’Huisserie – 24/05/2014 – 18h30
Église St Pierre – Parné – 25/05/2014 – 10h30
6ème dimanche de Pâques A


(Textes : Ac 8,5-8.14-17 – Ps 65 – 1P 3,15-18 – Jn 14,15-21)

Mot d’accueil :
 
Frères et sœurs,
 
Avec des cris de joie, répandez la nouvelle, portez la jusqu’aux extrémités de la terre : le Seigneur a libéré son peuple, Alleluia !
 
À l’image des Apôtres que la résurrection du Christ et le don de l’Esprit-Saint ont mis en route nous avons, nous aussi, à libérer notre parole et à témoigner de notre joie d’être chrétiens.
 
Joie de croire que le Fils nous a révélé le Père, joie de croire que le Père renouvelle par son Fils son alliance avec nous, joie de croire que l’Esprit nous est donné pour nous aider à entrer dans cette dynamique de l’amour trinitaire et à en rayonner par notre façon de vivre.

Homélie :
 
L’Esprit de Vérité… La Vérité…
 
N’est-ce pas là ce que tout homme recherche ? Ne sommes-nous pas tous et toutes à la recherche de la Vérité ? Ne voudrions-nous pas saisir totalement avec nos intelligences ce que c’est que la Vérité ? Ne voudrions-nous pas être absolument sûrs de posséder la Vérité et de pouvoir ainsi l’enseigner autour de nous ? « Qu’est-ce que la vérité ? », c’est la question que Pilate pose au Christ lorsqu’il comparait devant lui…
 
Jamais je n’oublierai cette parole de Mgr Billé, entendue il y a une vingtaine d’année : « Pour un chrétien, la Vérité, ce n’est pas quelque chose, mais c’est quelqu’un : le Christ. Et on ne connaît jamais quelqu’un totalement : on apprend tous les jours à le connaître un peu plus. »
 
Ne cherchons pas tant à posséder la Vérité, car nous ne pouvons pas posséder Celui qui nous a dit : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. » Il nous faut humblement à la fois nous ouvrir à son message et à la fois nous accepter tels que nous sommes. Car pour nous ouvrir à la Vérité, il faut aussi nous regarder en vérité.
 
Dans nos vies, dans ce monde, il est des éléments qui vont à l’encontre de cette recherche de la vérité. C’est sans doute ce que Jésus veut dire quand il dit aux disciples : « Le monde est incapable de le recevoir. » Mais il n’y a pas là un jugement de valeur ; c’est un constat… et un envoi en mission ! « Le monde est incapable de le recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous, et qu’il est en vous. » C’est un envoi en mission à la manière : le monde ne connaît pas l’Esprit de Vérité… à vous de le lui faire connaître ; à vous de faire découvrir au monde la présence active de l’Esprit en toute chair.
 
Car le don de l’Esprit-Saint et son action dans le monde ne sont pas limités aux seuls chrétiens. Nous ne sommes pas propriétaires de l’Esprit de Vérité : nous avons à en être les témoins, des témoins qui sont en recherche, des témoins ouverts et accueillants à la recherche de chaque homme. Nous avons à nous tenir sur une ligne de crête : être des témoins courageux et actifs de Jésus Christ, la Vérité venue dans le monde et qui nous a laissé son Esprit, et en même temps le faire sans volonté d’imposer notre point de vue, mais en cherchant à permettre à tous de cheminer vers le Seigneur.
 
À ce sujet, écoutons à nouveau le conseil que donne saint Pierre  dans  sa  première  lettre : « Vous  devez  toujours  être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance que est en vous, mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, pour faire honte à vos adversaires au moment même où ils calomnient la vie droite que vous menez dans le Christ. »
 
Nous devons toujours être disposés à témoigner, mais c’est aussi notre conduite, notre façon de vivre, qui témoigne de notre attachement au Christ. C’est aussi la sainteté de notre vie qui fera rayonner aux yeux du monde la beauté du message du Christ… Avons-nous conscience qu’à chaque fois que nous agissons d’une façon incompatible avec l’évangile, nous pouvons provoquer chez ceux qui nous entoure le rejet du message du Christ ?
 
Prions donc le Seigneur pour que nous puissions ouvrir nos cœurs et nos vies à l’action en nous de son Esprit de vérité. Il nous en fait généreusement le don, que nous sachions ne pas perdre ce don, mais au contraire le laisser imprégner toute notre existence.
 
Amen.
 
David Journault †

Homélie du 11 mai 2014 - 4e dimanche de Pâque A

Église St Siméon – L’Huisserie – 10/05/2014 – 18h30
Église St Étienne – Entrammes – 11/05/2014 – 10h30
4ème dimanche de Pâques A


(Textes : Ac 2,14a.36-41 – Ps 22 – 1P 2,20-25 – Jn 10,1-10)

Mot d’accueil :
Frères et sœurs,
Aujourd’hui, 4ème dimanche de Pâques, l’Église nous invite tout particulièrement à prier pour les vocations. Tout à l’heure dans l’évangile nous entendrons cette parole de Jésus : « Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance. » Le Christ résume ainsi sa mission : donner sa vie aux hommes, et la donner en abondance. L’Église reçoit sa mission du Christ et, à travers elle, le Christ continue à donner la Vie aux hommes, grâce à la variété et à la complémentarité des vocations.

Homélie :
Frères et sœurs,
Alors que nous ne sommes pas encore parvenus à la fête de la Pentecôte, la liturgie de ce dimanche nous fait déjà entendre le discours que Pierre a prononcé le jour où, avec les autres disciples, il a reçu le don de l’Esprit Saint. L’annonce faite par Pierre est à la fois simple et radicale : « Ce même Jésus que vous avez crucifié, Dieu a fait de lui le Seigneur et le Christ. » Et à l’écoute de l’Apôtre, le peuple est bouleversé et se demande quoi faire… Alors Pierre les invite à la conversion, à changer leurs cœurs et leur façon de vivre, à prendre le chemin à la suite du Christ en recevant le baptême.
« Que devons-nous faire ? » : est-ce que cette question ne vaut pas aussi pour nous tous aujourd’hui ? Est-ce que cette question ne devrait pas habiter chacun de nos cœurs ? Dieu nous a aimé le premier, de toute éternité… comment répondons-nous à cet amour immense ?
Dans l’évangile, nous voyons Jésus en discussion avec un groupe de Pharisiens. Il raconte une histoire, une parabole, pour essayer de leur faire comprendre qui il est, et quel est le rapport qu’il entretien avec l’humanité. Jésus est le Bon Pasteur, et il est aussi la porte pour les brebis. Le Bon Pasteur connaît ses brebis, chacune particulièrement, il connaît chacune par son nom et il les appelle toutes personnellement. Puis il sort en marchant à leur tête pour les emmener vers de bons pâturages.
Visiblement, les Pharisiens ont du mal à comprendre l’image, ou bien ils ne veulent pas comprendre. Quel est donc le sens de cette parabole ? Quand Jésus parle de troupeau et de berger, quels sont les points sur lesquels il veut insister ?
Tout d’abord, sur l’attention particulière de Dieu pour chacune et chacun d’entre nous. Dieu ne nous aime pas “en bloc”, mais il nous connaît chacun par notre nom et il nous aime chacun individuellement et personnellement. Ensuite, le point essentiel de cette parabole, c’est bien la relation d’amour et de confiance absolus qui existe entre les brebis et le pasteur : si les brebis suivent le pasteur, c’est parce qu’elles lui font confiance.
Sans doute que quand nous lisons ce texte, nous nous plaçons spontanément du côté des brebis… mais n’oublions pas que par notre baptême nous sommes tous devenus prêtres, prophètes et rois : prêtres, car nous sommes appelés à prier pour nous et pour les autres, prophètes, car nous sommes appelés à annoncer la Bonne Nouvelle, rois, car nous sommes appelés à servir et à prendre soin de nos frères et sœurs. Ainsi nous sommes bien à la fois brebis et berger. Ou pour utiliser d’autres mots, et pour mieux comprendre, nous sommes à la fois disciples et apôtres.
Nous sommes disciples quand nous nous mettons à l’écoute, à l’école du Christ, quand nous cherchons à comprendre son message. Nous sommes apôtres quand nous essayons de partager au monde quelque chose de ce que nous avons découvert sur Dieu. C’est le jour de la Pentecôte que Pierre et les autres sont véritablement devenus des apôtres : après avoir suivi Jésus, ils ont pris la responsabilité de relayer au monde entier le message d’amour et de salut du Christ.
Il y a une multitude de façons d’être apôtres dans l’Église : ce sont toutes ces vocations diverses qui font la richesse de l’Église. Et quand certaines de ces vocations ne sont plus présentes, c’est la mission d’annonce de l’Évangile qui est fragilisée. Alors prions en ce dimanche, et aussi chaque jour, pour que toutes les vocations, celles du mariage, de la vie religieuse, du diaconat, de la prêtrise… soient toujours présentes dans l’Église, et pour que des jeunes ouvrent leur cœur aux appels de Dieu.
Amen.
David Journault †

dimanche 4 mai 2014

Homélie du 4 mai 2014 - 3ème dimanche de Pâques A

Église St Siméon – L’Huisserie – 3/05/2014 – 18h30
Église de l’Assomption – Ahuillé – 4/05/2014 – 10h30
3ème dimanche de Pâques A

(Textes : Ac 2,14.22b-33 – Ps 15 – 1P 1,17-21 – Lc 24,13-35)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs, comme avec les pèlerins d’Emmaüs, le Christ nous rejoint sur la route et nous partage sa Parole et son Pain. 

Homélie :

Frères et sœurs,

Nous savons bien, les uns et les autres, le besoin que nous avons de reparler des événements importants que nous vivons. Les deux disciples qui quittent Jérusalem sont encore bouleversés par les événements auxquels ils viennent d’assister. Sans doute entrés avec Jésus à Jérusalem, ils ont été les témoins impuissants de la mise à mort de celui qu’ils avaient suivit.

Et quand un étranger les rejoint sur le chemin, la conversation vient tout naturellement sur tous ces événements. Le Christ ressuscité les rejoints sur la route, et peu à peu il les aide à voir clair dans le plan de Dieu, en repartant des textes des prophètes et en leur brossant le tableau complet de la rédemption opérée par Lui. Et c’est ce que ne cesseront plus d’annoncer les disciples du Christ, comme nous voyons Pierre le faire dans la 1ère lecture. Mais cela ne suffit pas : c’est finalement dans le geste de la fraction du pain qu’ils le reconnaissent. C’est dans l’eucharistie que le Christ se donne le plus totalement à nous. Et en même temps, c’est à cet instant même qu’il disparaît… sans doute pour nous laisser prendre sa suite et devenir nous-mêmes apôtres.

Et qu’est-ce que le Christ nous demande d’annoncer ? Par son incarnation, par son enseignement, par ses actes, par sa mort et sa résurrection, le Christ s’est fait à la fois notre frère, notre guide et notre sauveur.
Par son incarnation, c’est Dieu lui-même, le créateur du monde, qui a pris chair en Marie pour vivre la plus grande solidarité possible, l’intimité la plus profonde avec l’humanité, en devenant l’un des nôtres. Et pendant 30 années, il a vécu comme l’un de nous, il a appris un métier aux côtés de Marie et de Joseph, la femme et l’homme à qui Dieu l’avait confié.

Par son enseignement, par ses actes, pendant sa vie publique, il s’est fait le témoin, l’interprète, le relais du Père pour nous apprendre comment Dieu nous appelle à vivre : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé. »« C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaîtront comme mes disciples. », « Faites cela en mémoire de moi. »… Avec nous et au milieu de nous, le Christ a vécu, il a aimé, il a soigné, il a enseigné, il a pleuré, il a souffert, il est mort. En Christ, Dieu a vécu la condition humaine véritablement, de l’intérieur.

Par sa Passion et sa Résurrection, le Christ a définitivement vaincu la mort et le péché, en mourant lui-même par amour pour nous, en obéissance à son Père, pour racheter les péchés de l’humanité. Et cette Résurrection du Christ devient  signe d’espérance pour tous les hommes. A la suite du Christ nous sommes appelés à ressusciter et à vivre éternellement auprès du Père. Car voilà bien notre espérance, et voilà bien ce que nous sommes appelés à annoncer : après notre mort et un nécessaire temps de purification, nous pourrons entrer dans la pleine communion avec Dieu-Trinité. Enfin, nous pourrons contempler Dieu face à face et le connaître en vérité, totalement, tel qu’Il est. Là nous touchons aux limites de notre langage humain et de notre compréhension… 

Que sera cette vie éternelle auprès de Dieu ? Nul ne peut la décrire… Mais que cela ne nous empêche pas de tout faire pour que, dès aujourd’hui dans notre vie, nous cherchions à vivre le plus possible déjà en communion avec notre Dieu, le Dieu révélé par Jésus-Christ.

Car si le Fils de Dieu est venu vivre parmi nous sur cette terre, c’est pour nous permettre de vivre pour l’éternité avec la Trinité. Vivons et agissons toujours avec cette perspective dans le cœur.

Amen.

David Journault †

vendredi 2 mai 2014

Homélie du 20 avril 2014 - Solennité de la Résurrection du Seigneur A

Église St Siméon – L’Huisserie
Dimanche 20 avril 2014 – 10h30
Solennité de la Résurrection du Seigneur A

(Textes : Ac 10,34-43 – Ps 117 – Col 3,1-4 – Jn 20,1-9)

Homélie :

« Ils l’ont fait mourir en le pendant au bois du supplice. Et voici que Dieu l’a ressuscité le troisième jour. » (Ac 10,39-40)

Frères et sœurs, nous vivons en ces fêtes pascales le sommet de l’année liturgique et nous célébrons le cœur de notre foi et de notre vie à la suite du Christ. Car comme le dit saint Paul dans la première épître aux Corinthiens : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi. »

Alors qu’à travers Abraham, Moïse et les prophètes, Dieu avait fait alliance avec le peuple d’Israël, la venue du Christ, l’incarnation du Fils de Dieu, créé une situation nouvelle. En Jésus, Dieu se fait homme, le Créateur se fait créature. Par sa naissance, sa prédication, sa mort et sa résurrection, Jésus vient  renouveler l’Alliance qui existait entre Dieu et les hommes. 

Jésus a donné sa vie par amour pour le salut de toute l’humanité. Et c’est ce “par amour” qui est important : ce qui est fondamental, c’est que cette flagellation et cette crucifixion, toute cette abominable souffrance, c’est par amour et dans l’amour pour son Père et le genre humain que le Christ les a vécus. Une fois pour toutes, le Christ a démontré dans sa chair que l’amour est plus fort que la haine, le péché et la mort. Et c’est pour cela qu’il sort vainqueur du tombeau. La mort n’a plus de prise sur lui. 

Nous n’avons aucun récit qui nous dise comment c’est passé la résurrection. Par contre, les disciples ont vu le Christ ressuscité, ils ont parlé avec lui, ils ont mangé avec lui, ils l’ont touché. Pour les uns, comme “l’autre disciple” dont parle l’évangile, la foi est venue très rapidement : « Il vit et il crut. » Pour d’autres, ce sera plus long et plus difficile… et cette diversité se retrouve sans doute dans notre assemblé de ce matin. La foi en la résurrection n’est pas simple, mais elle est essentielle. Et pour les disciples de Jésus, c’est une grande et bonne nouvelle qu’il faut annoncer à tous, y compris, comme dans la 1ère lecture, à un centurion de l’armée romaine.

Car si la mort n’a plus de prise sur le Christ qui sort vainqueur du tombeau, sur nous non plus la mort n’a plus de prise ! Saint Paul vient de nous le dire dans l’Épître aux Colossiens : « vous êtes ressuscités avec le Christ ». Car cette victoire du Christ sur la mort, il nous propose de nous y associer. Par le baptême le Christ nous unis à lui et nous fait passer avec lui de la mort à la vie ; nous sommes avec lui vainqueurs de la mort et du péché, pour autant que nous restions unis à Lui. Par delà la mort et la résurrection, le Christ nous tend la main et nous appelle à le suivre sur le chemin de la vie nouvelle, dans l’amour et le service de Dieu et de nos frères et sœurs. Si nous prenons résolument ce chemin, avec amour et humilité, foi et espérance, qui pourrait nous séparer de l’amour de Dieu ? Rien ni personne. C’est bien cette entrée dans la vie du Christ que va vivre maintenant Charlotte.

Alors, frères et sœurs, en ce jour où nous commémorons notre Salut, en ce jour où nous allons être les témoins de ce baptême, prenons résolument le chemin de la vie dans le Christ : délaissons le vieil homme et revêtons notre habit de baptisé, revêtons l’homme nouveau.

Amen.

David Journault †

Homélie du 18 avril 2014 - Vendredi Saint

Église St Georges – Montigné – 18/04/2014 – 20h30
Vendredi Saint : La Passion du Seigneur

(Textes : Is 52,13-53-12 – Ps 30 – Hb 4,14-16 ; 5,7-9 – Jn 18,1-19,42)


Homélie :

Une fois de plus, frères et sœurs, nous venons de suivre notre Seigneur et maître sur le chemin de sa Passion, chemin d’abaissement et en même temps chemin de salut.

Nous faisons mémoire de cet engagement extraordinaire du Christ au service de l’humanité : par sa Passion, il a pris sur lui nos péchés et les conséquences de nos péchés. Il a souffert à notre place, à cause de nos péchés.

À l’écoute de la Passion, nous pouvons nous poser cette question : de quel protagoniste de ce drame suis-je le plus proche ? C’est un appel là encore à regarder ma vie en vérité pour me convertir. 
  • Suis-je un Juda, qui trahit son Dieu par amour de l’argent : on ne peut servir deux maîtres, Dieu et l’argent, et après avoir marché à la suite du Christ, Juda fait le choix de l’argent… ce qui l’amène à sa perte.
  • Suis-je un Pilate, qui privilégie sa tranquillité au lieu de chercher la vérité ? Qui se laisse influencer par la foule et ses cris, plutôt que de rechercher en conscience ce qui est juste et bon ?
  • Suis-je un membre de cette foule, qui hurle à la mort contre un innocent et réclame la libération d’un criminel ? Mes choix sont-ils le fruit de l’influence de la foule sur moi, ou bien ai-je ma propre conscience, mon propre discernement, opéré à la lumière de l’Évangile ? Est-ce que je hurle avec les loups, ou bien est-ce que je me place du côté de la victime ?
  • Suis-je un Pierre, qui se laisse envahir et dominer par la peur et qui n’ose pas s’afficher comme disciple du Christ ?

On pourrait continuer l’énumération… et peut-être que je suis plus une Marie, une Marie-Madeleine, un Jean, un Joseph d’Arimathie, un Simon de Cyrène,… Ainsi, spirituellement, il nous faut réaliser que nous pouvons, par nos paroles et nos actes, venir ajouter du poids à la croix du Christ, ou au contraire, le soulager, porter avec lui.

Quoi qu’il en soit, prenons la route de la Passion, suivons le Christ, lui qui prend sur lui le poids de nos péchés pour nous en libérer. Entrons dans la nuit et le silence du tombeau. Avec Marie, veillons auprès du corps de notre Seigneur.

Amen.

David Journault †

Homélie du 18 avril 2014 - Dimanche des Rameaux et de la Passion

Église St Siméon – L'Huisserie – 12/04/2014 – 18h30
Église St Étienne – Entrammes – 13/04/2014 – 10h30
Dimanche des Rameaux & de la Passion du Seigneur A

(Textes : Bénédiction : Mt 21,1-11 ; Messe de la Passion : Is 50,4-7 – Ps 21 – Ph 2,6-11 – Mt 26,14-27,66)

(Illustrations : Régine & Bruno Le Sourd, in La Bible en bande dessinée n°4
Arcabas, Torturé par les soldats)


Homélie sur Mt 21,1-11 : Entrée triomphale à Jérusalem

Frères et sœurs,

La Semaine Sainte s’ouvre par le souvenir de cet événement étonnant : l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. La foule l’acclame et laisse exploser sa joie : le Messie attendu entre dans la Ville Sainte et c’est l’annonce du Salut attendu par Israël. Qui peut alors imaginer que c’est en donnant sa vie sur la croix, par amour et dans l’obéissance au dessein du Père, que Jésus accomplira pleinement son œuvre de Salut ? Cette foule qui l’acclame, elle ne sait pas encore quel chemin d’abaissement devra prendre le Fils de Dieu pour libérer l’humanité captive du péché. En ce dimanche des Rameaux et de la Passion, faisons avec le Christ ce chemin des acclamations à la mort sur la croix.

MISSEL : Et maintenant, avançons, comme les foules de Jérusalem heureuses d’acclamer le Messie.

Homélie sur Mt 26,14-27,66 : La Passion de Notre Seigneur Jésus Christ

« Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite. » Mt 26,42
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Mt 27,46

L’obéissance et l’abandon entre les mains du Père, et la profonde détresse au cœur de la souffrance… Deux mouvements de l’âme du Christ au cœur de sa Passion. Sa détresse et sa souffrance ne sont pas des apparences : en vivant cette épreuve insupportable tant moralement que physiquement, c’est toutes les souffrances humaines que le Christ porte définitivement.

Souffrance morale de l’incompréhension, de la trahison, des moqueries, de l’abandon de ses proches et de la condamnation injuste ; souffrance physique de la violence, des coups, de l’épuisement, et finalement l’horreur des clous et de la croix…

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Ce cri poussé par le Christ, c’est le cri de l’humanité souffrante dont il se fait solidaire, c’est l’union étroite du Sauveur et des sauvés, du Christ Tête et de l’Église Corps. En descendant au plus profond de la détresse et de la mort, le Christ peut ainsi nous sauver…

Le chemin du chrétien, c’est celui de la “suite du Christ”, et de façon encore plus étroite peut-être en cette Semaine Sainte qui s’ouvre : vivons donc ces jours en recherchant sa Présence dans les plis de notre histoire (au travail, en famille, avec les amis) ; suivons-le à travers les rues de Jérusalem, en ayant hâte de revenir à Lui toutes les fois que cette semaine nous nous apercevrons que nous l’avons trahi, abandonné, perdu de vue ; montons avec Lui sur le Calvaire et demandons que son abandon total à la mort de la Croix nous permette, comme pour le Centurion, de le reconnaître comme Celui qui seul peut changer notre vie : « Vraiment celui-ci était Fils de Dieu » (Mt 27,54).

Amen.

David Journault †

Homélie du 6 avril 2014 - 5ème de Carême A

Église St Siméon – L’Huisserie – 5/04/2014 – 18h30
Église St Georges – Montigné – 6/04/2014 – 10h30
5ème dimanche de Carême A

(Textes : Ez 37,12-14 – Ps 129 – Rm 8,8-11 – Jn 11,1-45)

Mot d’accueil :

Ce dimanche nous ouvre les perspectives de la Résurrection. Le Christ est vainqueur de la mort. En le suivant au Calvaire durant ces deux prochaines semaines, nous savons déjà que son chemin nous mène à Pâques, à sa résurrection, et à la nôtre.

Homélie :

Frères et sœurs,

Dans ce passage de l’évangile de saint Jean, la résurrection de Lazare, où plutôt son rappel à la vie, tient finalement peu de place, quelques lignes. L’intérêt se porte sur les dialogues qui précèdent et veulent préparer le lecteur à faire acte de foi en Jésus, vainqueur de la mort.

Tandis que les disciples dépassent leur peur et acceptent de suivre Jésus jusqu’à « mourir avec lui », s’il le faut, Marthe confesse en Jésus le Fils de Dieu, le Maître de la vie, dès maintenant et pour toujours. Marie a plus de difficulté à exprimer ce qu’elle ressent par des paroles, et c’est avec tout son corps, en se jetant aux pieds de Jésus, qu’elle extériorise son émotion, sa tristesse, sa détresse. Mais l’une comme l’autre commence par la même phrase : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. » Et combien nous comprenons cette détresse et cet appel désespéré devant la mort d’un proche.

Les Juifs qui sont les témoins de cette scène sont marqués et touchés par les larmes de Jésus, et cela les induit en erreur. Ils mettent des limites à la puissance de Jésus : sans doute, il peut guérir un aveugle ou guérir Lazare malade, mais il doit être impuissant devant la mort. Pourtant, eux aussi, à la vue du miracle, croient en lui.

L’autre dimension de ce signe fait par Jésus, c’est une sorte de préfiguration de sa propre résurrection. Dans l’évangile selon saint Jean, ce récit fait partie des derniers moments avant l’entrée dans l’épisode de la montée à Jérusalem et de la Passion.

Mais cette résurrection de Jésus sera bien différente de ce retour à la vie de Lazare. En effet, si Lazare sort du tombeau les pieds et les mains liés de bandelettes et le visage enveloppé d’un suaire – ce qui rappelle symboliquement qu’il est encore un mortel – Jésus sortira du tombeau à Pâques immortel, délivré à jamais de la mort. En Jésus, par l’Amour, la Vie aura définitivement triomphé de la mort et du péché.

Le Christ est notre espérance, nous mettons en lui notre espérance et nous attendons dans la confiance, dans la foi, de le retrouver dans la vraie vie, la vie éternelle.

Mais ne nous méprenons pas : être chrétien, ce n’est pas attendre dans l’oisiveté que le règne de Dieu arrive. Au contraire, c’est s’engager dans le monde d’aujourd’hui pour le rendre meilleur. Nous sortons de la période des élections municipales : nos concitoyens ont élu des hommes et des femmes, et parmi ceux-ci de nombreux chrétiens, pour prendre en charge la vie de nos communes. C’est une mission à la fois belle et compliquée, qui demande beaucoup de courage, et qui doit être vécue comme un service. Être conseillé municipal, adjoint ou maire, c’est se mettre véritablement au service de ses concitoyens. Ces élections ont également eu pour effet d’amener un nouveau gouvernement à la tête de notre pays : là encore, c’est une belle mission de service que nos ministres sont appelés à accomplir.

L’Église a toujours eu le plus grand respect pour l’engagement politique, et nos évêques n’ont de cesse de rappeler que les chrétiens doivent s’engager dans la société, y compris en politique, pour essayer d’y porter là aussi les valeurs de l’Évangile. Le pape Jean-Paul II, dans son encyclique Centesimus annus, rappelait : « Une démocratie authentique n’est pas seulement le résultat d’un respect formel de règles, mais le fruit de l’acceptation convaincue des valeurs qui inspirent les procédures démocratiques : la dignité de chaque personne humaine, le respect des droits de l’homme, le “bien commun” comme fin et critère de régulation de la vie politique. »

Nous pouvons prier pour les élus et responsables de notre pays, aux différents niveaux de responsabilité : qu’ils aient toujours au cœur de leur engagement la défense du bien commun, la défense et le respect du plus petit, la défense et le respect de la dignité de la personne humaine.

Amen.

David Journault †

Homélie du 23 mars 2014 - 3ème dimanche de Carême A

Église St Siméon – L’Huisserie – 22/03/2014 – 18h30
Église St Pierre – Parné – 23/03/2014 – 10h30
3ème dimanche de Carême A
Messes des familles

(Textes : Ex 17,3-7 – Ps 94 – Rm 5,1…8 – Jn 4,5-42)

Mot d’accueil :

Nous avons soif… soif d’être reconnus, soif d’être aimés, soif de connaître la Vérité. Le Seigneur s’approche de nous pour étancher nos soifs, et surtout pour nous redire : « Si tu savais de don de Dieu ! » Nous sommes là pour accueillir ce don : oui, Dieu vient encore aujourd’hui se donner dans sa Parole et son Pain.

Homélie :

Frères et sœurs,

L’évangile de ce jour nous raconte une rencontre : celle de Jésus et de la femme de Samarie. D’une certaine façon, c’est la rencontre de deux pauvretés : Jésus, qui parcours les routes, sans vraiment de maison, et dans une grande simplicité de vie, et la Samaritaine, qui non seulement est samaritaine, c’est-à-dire qu’elle fait partie d’un peuple méprisé par les Juifs, mais qui a une vie sentimentale compliquée, et qui se cache sans doute un peu des autres.

Et Jésus va lui parler, va échanger avec elle : il va même lui demander à boire… Il ne vient pas d’abord lui donner des réponses, mais il se fait proche d’elle.

Ensuite, il va l’amener à réfléchir, à se poser des questions, pour qu’elle puisse grandir et progresser sur son chemin de vie : Jésus éveille en elle une soif qu’elle n’avait peut-être pas encore vraiment identifiée. Elle ne comprend pas tout du premier coup, d’ailleurs, mais elle s’est mise en route, avec le Christ.

Bien sûr, ce bout de chemin avec le Christ l’amène à regarder en vérité sa vie, même ce qu’il y a de plus gênant, de moins glorieux : « Va, appelle ton mari, et reviens. – Je n’ai pas de mari. – Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là tu dis vrai. » Et face à cette parole de Jésus, comment va-t-elle réagir ? Va-t-elle se vexer, se sentir humiliée, rabaissée, et lui tourner le dos ? Non ! Elle entre à son tour dans ce regard de vérité sur sa propre vie : c’est l’étape indispensable pour aller de l’avant, pour grandir avec Dieu.

Cette rencontre que vit la Samaritaine avec Jésus, elle peut nous parler également du sacrement de la réconciliation, ce sacrement sur lequel les enfants ont réfléchi tout à l’heure avant la messe. Face à cet inconnu qui fait irruption dans sa vie privée, dans ses problèmes, la Samaritaine aurait pu fermer la porte, refuser de dialoguer avec Jésus, mais alors, quelle perte pour elle ! Elle aurait perdu l'opportunité de changer, de grandir, de s'améliorer, elle aurait tourné le dos à Dieu qui veut lui donner l'eau vive de son amour et de sa force. Non, elle accepte d'échanger en vérité sur sa vie, y compris sur ce qu'il y a de moins glorieux dans son existence. Jésus a frappé à la porte de son cœur, et elle l'a laissé entré : en faisant cela, une grande joie est entrée dans sa vie.

Pour nous aussi, le Seigneur Jésus frappe à la porte de nos cœurs : il attend que nous lui ouvrions pour venir nous donner la vie, et cette rencontre, cette ouverture de notre cœur à Dieu se vit tout particulièrement dans le sacrement de la réconciliation. En effet, il nous arrive à tous de nous égarer sur des chemins qui ne sont pas des chemins de vie, mais des chemins qui nous égarent loin de Dieu. Nos péchés, nos choix mauvais, risquent de nous couper de Dieu et des autres si nous n'acceptons pas de les regarder en vérité et si nous n'avons pas le regret sincère de nos mauvaises actions.

Aller rencontrer le prêtre pour parler avec lui de notre vie, faire le point sur ce que nous faisons de mal, sur nos péchés, mais aussi sur ce qui va bien, cela nous permet en recevant l’absolution de recevoir à nouveau, comme au baptême, l’eau vive de Dieu ! Nous pouvons alors repartir sur une bonne base.

Je le disais la semaine dernière : il y a comme un même malentendu vis-à-vis de la Réconciliation et vis-à-vis du Carême : nous vivons l’un et l’autre comme quelque chose de pénible et de triste, alors que c’est une chance que Dieu nous donne. Bien sûr, ce n’est pas simple, mais c’est tellement beau ! 

Comme la Samaritaine, frères et sœurs, osons interroger le Christ, osons nous laisser interroger par le Christ, pour qu’il nous donne sa lumière, qu’il éclaire nos vies, et que nous en soyons renouvelés. Amen.

David Journault †

mercredi 19 mars 2014

Homélie du 16 mars 2014 - 2ème dimanche de Carême A

Église de la Trinité – Nuillé – 16/03/2014 – 10h30
2ème dimanche de Carême A
Messe des familles

(Textes : Gn 12,1-4 – Ps 32 – 2Tim 1,8-10 – Mt 17,1-9)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Les lectures de ce dimanche nous parlent d’appel : comme Abraham, comme Pierre, Jacques et Jean, nous sommes appelés par Dieu à la vie et à la lumière qui resplendissent dans le Christ transfiguré.

Homélie :

Frères et sœurs,

Souvent, nous comprenons le temps du Carême comme quelque chose de triste ou de pénible, et c’est vrai que la couleur violette des ornements, qui sont les mêmes pour les sépultures, ne nous aide peut-être pas. Alors il est bon qu’en ce 2e dimanche du Carême, l’Église nous fasse entendre le récit d’un événement joyeux : la Transfiguration.

Ainsi, nous pouvons mieux comprendre le sens profond du Carême : c’est entrer dans le mouvement même de la vie de Jésus, en le suivant sur le chemin qu’il a parcouru sur notre terre, qui passe bien sûr par la croix, mais qui a été précédé de plein de beaux moments, comme la Transfiguration ou la Cène, et qui va être suivie par la Résurrection, l’Ascension, la Pentecôte.

Dans la Transfiguration, les Apôtres choisis par Jésus ont comme un avant-goût de la gloire du ciel : pendant un bref instant, ils ont la chance de voir Jésus dans toute sa gloire de Fils de Dieu. En effet, Jésus est comme transformé : son apparence extérieure change, et il rayonne de lumière. Je ne sais pas si vous vous l’êtes parfois demandé, mais je me suis un jour posé la question : pourquoi est-ce que Jésus n’a pas été transfiguré devant une grande foule ? et même, pourquoi est-ce qu’il ne marchait pas tout le temps sur les routes avec un « visage brillant comme le soleil et des vêtements blancs comme la lumière » ? Cela aurait été le succès assuré ! Au moins, pourquoi n’a-t-il appelé avec lui ce jour là que Pierre, Jacques et Jean ?

Parce que c’est comme cela que Dieu veut fonctionner avec nous : Il veut se faire connaître des hommes par le témoignage entendu de la bouche de nos frères et sœurs aînés dans la foi. La Transfiguration offerte en quelques sorte à Pierre, Jacques et Jean est comme un cadeau pour renforcer leur foi et leur permettre d’affronter la Passion, la mort de Jésus, et ensuite de témoigner.

Arrêtons-nous un peu sur Pierre : il est heureux tout simplement de ce qu’il est en train de vivre, et comme nous quand nous vivons un moment heureux, nous avons envie que cela dure toujours. Alors Pierre propose de monter trois tentes ! Tout simplement ! Mais ce que Pierre doit comprendre, c’est que notre vie ne se passe pas toujours dans la lumière, sur le sommet d’une montagne… notre vie connaît aussi parfois des vallées profondes, des chemins sinueux, des fausses routes…

Et nous en arrivons ainsi à ce sacrement sur lequel les enfants ont réfléchi tout à l’heure avant la messe : le sacrement de la réconciliation. Nous sommes un peu comme Pierre : il nous arrive de vivre des moments de paix et de joie, où tout nous semble lumineux. Dans notre relation avec Dieu, dans nos relations avec les autres, tout va bien, et nous aimerions que cela dure toujours. Dans la vie avec Dieu, la vie de prière, on aimerait tellement que notre progression soit toujours positive… mais ce n’est pas comme cela la vie ! Dans nos vies, il y a des hauts et des bas !

Et parfois, les « bas », nous en sommes responsables, car ils sont dus à nos péchés : nous avons exprès fait quelque chose de mal… Pour retrouver la lumière, il ne suffit pas d’essayer de nous améliorer nous même, car nous ne sommes pas notre propre source de lumière : comme la terre a besoin de la lumière du soleil pour qu’il y ait la vie, nous avons besoin de la lumière de Dieu pour nous épanouir.

Aller rencontrer le prêtre pour parler avec lui de notre vie, faire le point sur ce que nous faisons de mal, sur nos péchés, mais aussi sur ce qui va bien, cela nous permet en recevant l’absolution de nos péchés de nous replonger dans la lumière de Dieu : alors, c’est à notre tour d’être transfigurés !

Finalement, il y a le même malentendu vis-à-vis de la Réconciliation qu’il y a vis-à-vis du Carême : nous la vivons comme quelque chose de pénible et de triste, alors que c’est une chance que Dieu nous donne. Bien sûr, ce n’est pas simple, mais c’est beau ! Il est sûrement plus facile de rester dans le confort médiocre de mes péchés ordinaires que de me remettre en question et de demander honnêtement le pardon de mes péchés : c’est sûrement plus facile, mais c’est aussi sûrement un chemin qui ne conduit pas à la vie auprès de Dieu. Pierre, Jacques et Jean auraient pu refuser de gravir la montagne, en disant à Jésus : « Tu comprends, c’est dur de monter, et puis, je vois très bien d’ici, c’est joli, je n’ai pas besoin de monter avec toi, merci bien, mais non, je vais rester en bas. » Et qu’est-ce qu’ils auraient manqué !

Oui, frères et sœurs, n’ayons pas peur de gravir la montagne du sacrement de la Réconciliation avec le Christ : alors nos vies pourraient bien en être transfigurées !

Amen.

David Journault †

Homélie du 9 mars 2014 - 1er dimanche de Carême A

Église St Siméon – L’Huisserie – 08/03/2014 – 18h30
1er dimanche de Carême A

(Textes : Gn 2,7-9 ; 3,1-7a – Ps 50 – Rm 5,12-19 – Mt 4,1-11)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

En ce premier dimanche de Carême, prenons ensemble, résolument, le chemin de la conversion de nos vies : laissons nos cœurs s’ouvrir à l’action de Dieu, laissons-nous aimés et transformés par Dieu, notre Père.

Homélie :

Frères et sœurs,

Depuis mercredi dernier, Mercredi des Cendres, nous sommes entrés avec toute l’Église dans la grande marche vers Pâque, les quarante jours du Carême. Comment vivre ce temps de conversion ?

Nous avons peut-être en tête une image du Carême : faire des efforts pour nous préparer à Pâque. Il y a quelque chose de cela, mais attention à l’esprit dans lequel nous faisons ces efforts. Il ne s’agit pas de faire des sacrifices pour faire plaisir à Dieu et nous concilier ses bonnes grâces. Dieu nous aime tous de façon absolue, et rien de ce que nous faisons ne peut changer cela. Dieu n’aime pas plus le chrétien que l’incroyant…

Il nous faut renverser cette perspective que nous avons peut-être : le Carême est un cadeau que nous fait le Seigneur. L’Église nous invite pendant ces jours à pratiquer avec plus d’insistance la prière, le jeûne et la charité… pour que nous prenions personnellement et communautairement un chemin qui nous rapproche de Dieu.

Le Carême est un temps de conversion, et c’est à une triple conversion que nous sommes appelés : une conversion intérieure, une conversion en actes, et une conversion dans ma relation à mes frères et sœurs. 

1. La conversion intérieure : par la prière, par le jeûne et l’abstinence, je me tourne vers Dieu et je refais de Lui le centre de ma vie. C’est là le sens profond du jeûne et de l’abstinence : ne pas manger, m’abstenir de fumer, de boire de l’alcool ou de regarder la télévision, cela me libère et m’aide à prendre conscience que je ne doit pas être attaché à toutes ses choses, mais à Dieu seul. Cela m’apprend également à combattre toutes ces dépendances qui entravent ma liberté.

2. La conversion en actes : car se retourner vers Dieu, prendre plus profondément conscience de l’importance de la place de Dieu dans notre vie, cela ne peut pas ne pas changer notre façon de vivre. C’est pourquoi aussi le Carême est un temps de partage et de charité, d’aumône, comme on disait avant. Car se rapprocher de Dieu, cela veut aussi dire regarder les autres avec les yeux de Dieu et voir toutes leurs détresses. Bien sûr, nos vies ne sont pas exempt de difficultés… mais cela ne doit pas nous empêcher d’ouvrir les yeux avec compassion sur nos frères et sœurs en humanité qui vivent dans la souffrance. Le C.C.F.D. , par exemple, nous invite ainsi comme chaque année à faire pendant ce temps du Carême un don pour agir ensemble contre la faim, la misère et l’injustice… Saurons-nous ouvrir nos cœurs et concrètement nos portefeuilles, pour aider, via le C.C.F.D. ou par un autre moyen, nos frères dans la difficulté ?

3. La conversion dans ma relation à mes frères et sœurs : car si notre Carême nous amène à un plus grand amour de Dieu, comment ne pourrait-il pas nous amener à un plus grand amour de nos frères. En nous rapprochant de Dieu, nous apprenons à aimer nos frères et sœurs de l’amour même de Dieu. Cela est vrai pour l’action caritative dont je viens de parler, mais cela est aussi vrai dans notre vie avec nos proches, notre famille, nos amis, nos voisins, nos collègues de travail. Que ce serait beau si votre entourage pouvait sentir à votre façon de vivre avec eux que vous êtes en train de vivre un temps fort de votre vie et de votre foi…

Si ce temps de Carême est un temps où nous essayons de vivre cette triple conversion, alors nous serons pleinement prêts à vivre la grande Semaine Sainte et la fête de Pâques. 

Ce Carême sera peut-être aussi un temps de lutte et de combat spirituel… mais alors regardons le Christ dans l’évangile d’aujourd’hui : il n’y a pas de croissance spirituelle qui aille sans tentations. Et si même le Christ a été tenté, pourquoi ne le serions-nous pas ? Alors comme le Christ, restons tournés vers le Père et nous trouverons dans l’Écriture l’appui et le soutien de notre marche.

Frères et sœurs, prions les uns pour les autres afin que nous vivions ce Carême comme un temps de conversion personnelle et communautaire. Bon Carême.

Amen.

David Journault †

Les messes dans ma paroisse

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