"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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jeudi 29 mars 2012

"Faut-il souffrir comme Jésus sur la croix ?" par Bernard Sesboüé, s.j.

Belle réflexions trouvée sur le site www.croire.com (à utiliser sans modération !)

La croix peut provoquer un réel malaise. Comment comprendre de façon juste la souffrance ? La réponse de Bernard Sesboüé, jésuite et théologien.
La souffrance est toujours un mal qu'il faut combattre
Trop insister sur les souffrances du Christ donne en effet à entendre que tout cela était nécessaire au regard de Dieu pour nous sauver.
Cette souffrance serait comme un prix à payer à la justice divine pour obtenir en échange notre salut. Comment le Christ ne se serait-il pas rebellé devant une telle exigence ? On se trouve dans une sorte de pacte.
Il faut donc dire et redire : la souffrance est toujours un mal qu’il faut combattre. En elle-même elle n’a aucune valeur.
Ce n’est pas la quantité des souffrances subies par le Christ qui nous sauve : ce serait à la fois du sadisme et du masochisme.
Ce qui nous sauve, c’est la force d’un amour qui est allé affronter la violence des hommes jusqu’à subir la mort, pour vaincre cette violence même. Ces souffrances ne sont pas le fait d’une exigence de Dieu : il s’agirait alors d’un Dieu vengeur et malfaisant.
Ces souffrances sont la conséquence de la violence humaine, celle dont tous les siècles de notre histoire ont fait l’expérience, celle que le XX° siècle a tristement illustrée par deux guerres mondiales, la Shoah, et les camps de concentration nazis et soviétiques, celle dont nous faisons la malheureuse expérience tous les jours en ce début de XXI° siècle.
Nous devons aussi reconnaître la complicité secrète qui sommeille en nous, avec la violence. Nous devons reconnaître la solidarité qui nous est commune à tous avec le péché du monde, un péché paradoxal parce que nous en sommes tous victimes avant d’en devenir à notre tour complices et acteurs.
Car le drame de la passion comporte trois grands acteurs : le Fils qui donne sa vie, le Père qui nous envoie son Fils pour qu’il vive avec nous et qui, par voie de conséquence, l’abandonne à notre violence, et enfin les hommes pécheurs et violents qui refusent d’entrer spontanément dans la voie de la justice. Le Père est du côté du Fils et, comme n’importe quel père, il souffre à sa manière des souffrances de son Fils. Il n’y a en tout cela que la gratuité de l’amour. Aucun calcul, si ce n’est la volonté que la violence cède devant l’amour. Devant la personne de Jésus, le juste, le saint, celui que l’on ne peut convaincre de péché, la violence de l’humanité s’est comme concentrée. La passion récapitule le drame de toute l’humanité. Ceux qui ont voulu ou permis sa mort, ce sont les juifs d’une part, les païens d’autre part, et aussi ses disciples, dont l’un a trahi, un autre l’a renié et la plupart se sont enfuis.
Cela veut dire symboliquement que tous les groupes humains en sont responsables. Il est mort par nous et mourant par nous il a voulu mourir pour nous. Voilà la mystérieuse alchimie de la passion : dans un déchaînement de violence, la victime vaincue est devenue le grand vainqueur.
L’amour est plus fort que la mort. C’est ce que signifie sa résurrection. Et le sacrifice dans tout cela ? Le sacrifice n’est rien d’autre que le don de soi, c’est-à-dire la préférence donnée à Dieu et aux autres sur l’amour de soi. Jésus a aimé son Père à en mourir ; il nous a aimés à en mourir.
Mais l’amour est fécond, c’est lui qui donne la vie.
Bernard Sesboüé s.j.

Elections 2012 : Un vote pour quelle société ?

dimanche 18 mars 2012

Homélie du 18 mars - 4e dimanche de Carême B

Église St Siméon – L’Huisserie – 17/03/2012 – 18h30
4ème dimanche de Carême B

(Textes : 2Ch 36,14-16.19-23 – Ps 136(137) – Eph 2,4-10 – Jn 3,14-21)
N.B. : L'homélie de la messe de dimanche à Nuillé (sacrement des malades) n'est pas en ligne car elle n'a pas été rédigée.

Mot d’accueil :

Le temps du Carême est un temps où nous sommes invités à nous détacher de nos “idoles”, de tout ce qui dans notre vie fait obstacle à notre amour pour Dieu. Parfois, notre idole, c’est nous-mêmes et notre orgueil ! Mais Dieu ne se lasse jamais de nous attendre, Il est miséricordieux et plein d’amour. Alors, ne faisons pas attendre notre Dieu : tournons-nous résolument vers Lui, et rejetons loin derrière nous nos idoles et nos comportements mauvais.

Homélie :

Frères et sœurs,

Saint Paul nous le redit avec insistance dans le passage de l’épître aux Éphésiens que nous venons d’entendre : « C’est bien par grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. » 

Qu’est-ce que cela veut dire ? Eh bien, que l’humanité n’a rien fait pour mériter d’être sauvée ! Au contraire, Dieu a fait le choix de faire alliance avec un peuple en lui proposant la chose suivante : je t’offre un chemin de vie et de paix, si tu restes fidèle à mon alliance. Si tu te détournes de mon alliance, alors tu iras à ta perte, puisque tu prendras un chemin qui t’éloigneras de moi. L’Ancien Testament nous rapporte d’ailleurs à de nombreuses reprises les infidélités du peuple hébreu, en même temps que la grande patience de Dieu. Dans la première lecture, nous avons peut-être été dérangés par l’expression : « la colère de Dieu » ? Cela marque une étape de l’évolution de la théologie d’Israël : à cette époque, on pense que puisque Dieu est le seul Dieu, il est forcément actif derrière tous les événements qui arrivent. Plus tard, on découvrira que tous nos sentiments humains de colère et de vengeance sont totalement étrangers à Dieu, car en Lui il n’y a qu’une seule réalité : l’Amour.

Mais Dieu n’abandonne pas son peuple, et il le sauve par le biais d’un roi païen, le roi Cyrus, roi de Perse (l’Iran d’aujourd’hui) qui renvoie les déportés chez eux pour qu’ils reconstruisent le Temple de Jérusalem.

Ce qu’explique saint Paul, c’est que la venue du Christ dans notre monde, dans notre humanité, elle est le fruit d’une décision de Dieu, une décision toute d’amour et de pardon. L’humanité qui a accueillit le Seigneur n’était pas meilleure qu’une autre. Non, mais Dieu a choisi dans sa grande bonté de venir définitivement libérer l’humanité du péché. Ainsi, par son seul amour, Il nous a envoyé son Fils pour nous ouvrir ce chemin de foi et d’amour.

La mort du Christ sur la croix et sa résurrection sont la cause de la victoire définitive de la vie sur la mort : par le Christ, la mort et le péché sont définitivement vaincus. En Jésus Christ nous sommes recréés, créés à nouveau : c’est une humanité nouvelle qui apparaît, une humanité sauvée !

Alors qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui encore le péché soit présent dans notre monde, et y compris au milieu des chrétiens ? C’est que le salut apporté en Jésus-Christ ne s’impose pas à nous : c’est librement que nous sommes appelés à prendre le chemin du Christ. Si nous n’avons pas le désir d’entrer dans la communion avec Lui, alors nous resterons sur le bord du chemin. Car le Christ est le Chemin, la Vérité et la Vie, telle est notre foi. 

« C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. » : la grâce de Dieu est là, devant nous, à porté de main. Dieu a fait tout ce qu’Il pouvait pour nous sauver ; son amour pour nous et son respect de notre liberté font qu’Il nous laisse faire le dernier pas sur le chemin vers Lui. Ce ne sont pas nos actes, nos prières ou nos sacrifices qui nous donnent la grâce de Dieu ou qui pourraient rapprocher Dieu de nous. Nos actes, nos prières ou nos sacrifices ne nous sauvent pas. Ce qu’ils peuvent faire, c’est orienter notre personne vers l’Amour, vers Dieu.

Alors, nous qui par le Christ sommes devenus des enfants de lumière, sortons des ténèbres, abandonnons ce qui dans nos vies nous tient éloignés du Seigneur. Demandons au Seigneur le pardon de nos fautes, attelons nous au chantier de notre conversion et devenons un peuple de saints en marche vers Dieu.

Amen.

David Journault †

samedi 17 mars 2012

Homélie du 11 mars - 3e dimanche de Carême B

Église St Siméon – L’Huisserie – 10/03/2012 – 18h30
3ème dimanche de Carême B
Messe des Collégiens

(Textes : Ex 20,1-17 – Ps 18 – 1Co 1,22-25 – Jn 2,13-25)

Mot d’accueil :

La première lecture d’aujourd’hui nous fait réentendre les Dix Commandements que Dieu donne à son peuple au Sinaï, pour faire alliance avec Lui. 
Cette Loi, elle est aussi pour nous, et nous l’entendons en ayant en même temps au cœur l’enseignement du Christ. Acceptons de nous laisser bousculés par Jésus et mettons-nous à son école.

Homélie :

Frères et sœurs,

Dans notre chemin de Carême, l’Église nous invite à entendre les “Dix Paroles”  données par Dieu aux Hébreux sur le Sinaï. Ces paroles sont liées à l’événement de la sortie d’Égypte : Dieu vient de libérer son peuple et Il lui donne maintenant une sorte de “code de la route” pour qu’il reste fidèle à son alliance. C’est le nouveau cadre dans lequel Dieu veut poursuivre l’éducation de son peuple afin de le préparer à accueillir la venue du Messie. Et c’est le Christ qui viendra porter cette loi à sa perfection, en révélant à tous qu’au dessus des “Dix Paroles”, il en est une autre : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

De cette révélation de Jésus, les disciples essaieront de s’en faire les témoins. Dans sa première lettre aux Corinthiens, saint Paul pose bien le problème rencontré par ceux qui veulent expliquer leur foi à leurs contemporains : que ce soit avec les Juifs ou les Grecs, la vie, l’enseignement, la mort et la résurrection de Jésus provoquent difficilement à la foi.

Pour les Juifs comme pour les Grecs, le Christ ne correspond pas exactement à ce qu’ils attendaient… Il vient bousculer leurs réflexions et leurs croyances, et Il ne rentre pas tout à fait dans les “cases” prédéfinies !

Alors nous qui parfois avons du mal à expliquer notre foi, il nous faut nous rendre à cette évidence : la foi ne peut se démontrer. Être témoins, c’est provoquer à la foi, c’est avoir une vie qui invite les autres à se poser des questions. Si notre façon de vivre est “appelante”, “interpellante”, alors la foi pourra naître et nous pourrons accompagner ces démarches de foi.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’évangile nous donne à voir une attitude très “interpellante” de Jésus ! Il arrive dans le Temple, peut de temps après le miracle des noces de Cana, et il ne peut supporter ce qu’il voit. Je vais me permettre un rapprochement : vous qui connaissez peut-être Lourdes, vous n’avez pas pu passer à côté de tous les magasins de souvenirs… imaginez que tous ces magasins soient installés à l’intérieur même des sanctuaires, près de la grotte ou des piscines… ! Au Temple, ce doit être ça le problème ! 

Car enfin, la Loi prescrit des sacrifices, il faut donc bien trouver les animaux pour les sacrifices. L’argent romain ou étranger que les pèlerins ont dans les poches est interdit dans le Temple : il faut bien le changer, pour ensuite pouvoir faire son offrande au Temple. Ce qui met Jésus en colère, c’est le mélange des genres : « Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » La destination première du Temple est presque dévoyée et de maison de prière elle est devenue maison de trafic.

Puis Jésus fait le lien entre le Temple et son Corps. Avec Lui, il ne sera plus besoin de Temple : en Lui-même sera célébré sur la Croix une fois pour toutes le sacrifice parfait qui sauvera le monde, sacrifice rendu à nouveau présent dans chacune de nos eucharisties, et qui fait de nous le Corps mystique du Christ. Ainsi, il y a une sorte de glissement : on passe du Temple de Jérusalem, au Corps mort et ressuscité du Christ, pour aboutir au Corps du Christ ici et maintenant qui est l’Église. Nous sommes le Corps du Christ, et alors cette interpellation de Jésus dans le Temple s’adresse aussi à nous : ne faisons pas de nos personnes des maisons de trafic ! Que nos vies, dans toutes leurs dimensions, soient à la hauteur de notre immense dignité : celle de Corps du Christ et de Temple de l’Esprit.

Amen.

David Journault †

Homélie du 5 février - 5e dimanche du temps ordinaire B

Église St Siméon – L’Huisserie – 4/02/12 – 18h30
Église St Georges – Montigné – 5/02/12 – 10h30
5ème dimanche du temps ordinaire B

(Textes : Jb 7,1-4.6-7 – Ps 146(147A) – 1Co 9,16-19.22-23 – Mc 1,29-39)

Mot d’accueil :

Dans l’évangile de ce dimanche nous assistons à la guérison de la belle-mère de Pierre par Jésus : une guérison qui relève, qui remet debout, et qui permet de se remettre au service. Oui, le Seigneur nous accompagne pour que nous soyons au service de nos frères.

Homélie :

Frères et sœurs,

Jésus entre dans la maison de Simon-Pierre et d’André… là, la belle-mère de Simon-Pierre est alitée, malade avec de la fièvre. Jésus lui prend la main, la relève… elle est guérit, et elle se met au service de Jésus. Petit passage de la vie du Christ, qui pourrait passer inaperçu au regard de tout ce qu’il a pu dire et faire… mais j’aimerais que nous nous arrêtions ensemble quelques instants pour contempler le visage du Christ qui nous est présenté ici.

D’abord le lieu : la maison de Simon-Pierre et d’André. C’est la maison d’une famille de pêcheurs de Capharnaüm, pêcheurs de pères en fils, sans doute depuis plusieurs générations. Une maison où il y a du monde : c’est la maison de famille où vivent les parents de Simon et d’André, mais au moins en sommes-nous sûrs, la belle-mère de Simon. Probablement une maison toute simple : c’est une maison de pêcheurs, pas de notables. Il n’y a sûrement pas de belles tentures, de beaux meubles, de la belle vaisselle : non, une maison toute simple habitée par des hommes et des femmes simples, qui savent ce que le travail et sa pénibilité veulent dire.

Regardons maintenant les protagonistes de ce passage de l’évangile : Simon et André, les deux frères qui ont abandonné leur métier de pêcheurs et leur avenir tout tracé pour partir sur les routes à la suite d’un rabbi, d’un maître itinérant. Ils sont quitté leur situation sociale sûre et stable pour s’aventurer sur les routes. Je ne suis pas sûr que leur famille ait été ravie de cette décision. En tout cas, au moment où nous sommes, il semble qu’il n’y ait pas de tentions. 

L’autre personnage important, c’est bien sûr la belle-mère de Pierre. C’est sur elle que le Christ pose son regard en entrant dans la maison. Il s’intéresse tout de suite à cette femme qui souffre et qui est alitée. Pour nous aujourd’hui, la fièvre, c’est généralement quelque chose de pas trop grave : on prend de l’aspirine, et on va chez le médecin. Mais n’oublions pas ce que pouvait être une fièvre au temps du Christ : elle pouvait être le signe d’une mort prochaine, si le corps n’arrivait pas à résister à l’infection. Oui, le Christ se penche sur cette femme qui est gravement malade, et il lui apporte la guérison et la vie ; rien de spectaculaire dans cette guérison… il lui prend la main, et la fièvre la quitte. Comme pour les esprits mauvais dont il est question plus loin, la seule présence du Christ, Fils de Dieu, apporte la guérison. Comme le disait St Pierre Chrysologue au Ve siècle : « Vous voyez comme la fièvre quitte celui dont le Christ a pris la main : la maladie ne subsiste pas en présence de l’auteur du salut ; la mort n’a pas d’accès là où est entré celui qui donne la vie. »

Car si St Marc nous rapporte tous ces récits de guérison ou ces récits d’exorcisme, c’est bien parce qu’ils sont des signes : ces actions que fait Jésus, elles sont là pour permettre à ses contemporains de saisir petit à petit, dans la foi, qui il est. S’il fait ces guérisons, ou s’il multiplie les pains, ce n’est pas pour se faire remarquer ! 

Ces signes viennent appuyer son enseignement, ils viennent provoquer, chez ceux qui en sont les témoins, un cheminement, une réflexion. L’expérience de guérison physique qui est vécue provoque la personne à un cheminement qui peut l’amener à une guérison spirituelle et à la conversion.

Qu’est devenue la belle-mère de Pierre ? Nous n’en savons rien. Tout ce que nous savons, c’est qu’en remerciement de cette guérison, elle se met au service de Jésus de la façon qu’elle connaît, avec ce qu’elle est : elle les sert à table. Ainsi le Christ est entré dans la maison, non pas d’abord pour y manger et s’y reposer, mais pour y apporter la vie… le repos et la nourriture viennent après.

Oui, le Christ est venu dans le monde pour nous apporter la vie, et il nous a montré la voie : nous dépenser pour les autres, donner de notre personne pour témoigner, aider et prier. Comme la belle-mère de Pierre, prenons conscience que le Christ nous a sauvés, et mettons-nous résolument à son service.

Amen.

David Journault †

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