"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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dimanche 8 janvier 2012

Homélie du 8 janvier - Solennité de l’Épiphanie du Seigneur B

Église St Siméon – L’Huisserie – 07/01/2012 – 18h30
Église St Etienne – Entrammes – 08/01/2012 – 10h30
Solennité de l’Épiphanie du Seigneur

(Textes : Is 60,1-6 – Ps 71  – Ep 3,2-3a.5-6 – Mt 2,1-12)

(Illustration : Les mages, vitrail de l'église de la Réconciliation, Taizé)


Mot d’accueil :

Épiphanie, manifestation du Christ aux nations… Comme à Noël, nous célébrons en cette fête de l’Épiphanie la révélation de Dieu à l’humanité, et à une humanité élargie, en la personne de ces mages venus d’Orient. Dès les premiers temps de son incarnation, la venue au monde de Jésus a touché des hommes de toutes langues, peuples et nations.

Ouvrons nos cœurs à l’esprit d’adoration qui a fait prendre la route aux mages. Venez, adorons !

Homélie :

« En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. »
Venus de l’Orient lointain, les mages ont quitté leurs habitations, leurs lieux de vies et de travail, leurs habitudes, pour partir sur les chemins à la recherche de Celui dont la naissance en ce monde a été marquée au ciel par une nouvelle étoile. Oui, comme le peuple de l’Alliance, ces mages sont à la recherche d’une lumière qui puisse les guider dans la nuit. 

La recherche de Dieu passe ainsi toujours par un déplacement, un décentrement de nous-mêmes pour aller vers notre Seigneur. Non pas que Dieu soit inaccessible, mais il ne peut y avoir de vraie rencontre avec Lui si nous ne prenons pas la décision d’aller vers Lui.

« En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. »
Après ce long voyage, l’attitude des mages est celle de l’adoration. Ils se mettent à genoux devant l’enfant… ils prennent le temps de se taire, de faire silence, et de se prosterner, de se tourner entièrement, physiquement et spirituellement, devant Celui qui s’est fait petit enfant pour venir jusqu’à nous…Cette attitude d’adoration, elle est loin de nos préoccupations immédiates d’efficacité. A première vue, dans l’adoration, il ne se passe rien… L’adoration, c’est sortir de soi, c’est être là, tout entier, en pleine conscience, se rendre totalement présent à Celui qui est présent. Dans l’adoration eucharistique, c’est un acte de foi en communion avec la participation à l’eucharistie, qui nous donne le temps de nous mettre en présence du Christ présent dans l’Hostie consacrée.

Dans l’adoration, je ne suis pas là pour parler de moi, je ne suis pas là pour demander quelque chose à Dieu ; je suis juste là pour dire à Dieu : oui, Seigneur, je t’aime, je te rends grâce… et finalement, même les paroles intérieures que je pourrais vouloir formuler vont s’éteindre dans un cœur à cœur silencieux et intérieur avec Dieu qui se donne à nous.

Oui, l’esprit d’adoration, c’est prendre le temps de ces silences habités en présence de Dieu, hors de toute perspective d’efficacité ou de prière de demande, ces temps où je me mets humblement devant le Seigneur pour lui manifester mon amour et le laisser agir en moi. Car si je Lui donne du temps, si je m’ouvre en profondeur à Lui, le Seigneur fera en moi sa demeure.

« Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. »
Les mages peuvent alors passer de l’adoration au don : après avoir adoré, ils offrent les cadeaux soigneusement choisis et préparés avant leur départ pour ce long voyage, le voyage qui va changer leur vie. Ces cadeaux sont véritables non pas parce qu’ils seraient coûteux : ils sont véritables parce qu’à travers eux, c’est leur personne même que les mages offrent à l’Enfant de la crèche.

L’esprit d’adoration authentique et véritable ne peut qu’aboutir à un don : après m’être mis en présence du Tout Amour présent sur l’autel, en présence de Celui qui se donne à moi, je ne peux qu’entrer dans un dialogue et une réciprocité d’amour. Oui, Seigneur, je t’aime et je t’adore, Toi mon Seigneur et mon Dieu, et ce que j’ai de plus précieux, je veux te l’offrir comme un présent d’amour pour Toi.

Notre or, notre encens et notre myrrhe, ce sont les trésors de nos cœurs, malgré nos fragilités et notre poids de péché. N’ayons pas peur, avançons devant l’Enfant de la crèche et offrons-lui nos présents. Il ouvre les bras pour les recevoir. Il ouvre les bras, comme Il le fera sur la croix, pour tous nous serrer sur son Cœur.

Amen.

David Journault †

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