"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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dimanche 29 janvier 2012

Homélie du 29 janvier - 4e dimanche du temps ordinaire B

Église St Siméon – L’Huisserie – 28/01/12 – 18h30 & 29/01/12 – 10h30
4ème dimanche du temps ordinaire B

(Textes : Dt 18, 15-20 – Ps 94  – 1Co 7,32-35 – Mc 1,21-28)


Mot d’accueil :

L’évangile de ce dimanche nous invite à accueillir en Jésus celui qui enseigne avec autorité, l’autorité d’une parole originale, jamais prononcée auparavant.
Alors, comme nous le propose le psaume : « aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur »

Homélie :

« Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! »… un enseignement prononcé avec autorité, voilà ce qui étonne les témoins de la scène qui nous est ici rapportée…

C’est à notre tour d’être étonnés, car enfin, il ne manquait pas au temps de Jésus de personnes autorisées, comme les scribes, pour faire entendre une parole pleine d’autorité, pour expliquer les Écritures à leurs contemporains ! L’enseignement de Jésus, il se démarque de celui des scribes… entre l’autorité des scribes et celle dont fait preuve Jésus, il y a une différence que sentent bien les gens. Ordinairement, les scribes, dans leur enseignement, font référence à tel ou tel maître du passé, dont ils se réclament. Mais Jésus, non. Ainsi l’autorité de ces paroles ne vient pas de ce qu’il répéterait les mots d’une autorité de référence : Jésus n’impose rien, mais ses paroles, d’elles-mêmes, en impose.

Il y a de multiple façons d'exercer l'autorité : par la référence à la loi, par la force, par la manipulation... L’attitude du Christ est tout autre : il ne cherche pas à imposer quoi que ce soit par la force ou en criant plus fort que les autres, ce n’est pas dans sa mission. Il est venu dans le monde pour se proposer aux hommes comme le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est de lui-même que le message du Christ en impose à son auditoire.  Si la parole du Christ a une telle autorité, c'est qu'en Lui il n'y a aucun décalage entre son enseignement et sa vie : se qu'il enseigne, il le fait de façon parfaite. De plus, l’action forte du Christ contre les esprits mauvais renforce son autorité.

Les esprits mauvais existent, nous en faisons tous l’expérience. Les uns comme les autres, nous cherchons à avoir une existence saine, et même sainte, nos vies sont orientées vers le bien. Mais parfois il y a en nous une pulsion, une inspiration, un moment où notre conscience lâche prise et où nous nous laissons allés à faire le mal, en pensée, en parole, par action ou par omission… La présence du Christ dans la synagogue de Capharnaüm est insupportable à cet esprit mauvais : évidemment, quand le mal se trouve confronté à la Perfection, à l’Amour incarné, il se trouve démasqué et il hurle… En nous, ce combat est à l’œuvre, même s’il est moins spectaculaire…

Nos vies sont ainsi appelées à être unies au Christ pour pouvoir lutter contre le mal. Il y a de multiples façons de vivre bien sous le regard de Dieu. Dans la deuxième lecture, saint Paul semble mettre en avant la vie consacrée à Dieu, dans le célibat et la virginité. N'oublions pas que saint Paul, comme beaucoup des chrétiens de son temps, pensait que la fin du monde était imminente : ainsi, il valait mieux ne s'occuper que des affaires de Dieu. La vocation d'époux et de parents est belle et les différentes vocations sont complémentaires dans l'Eglise. Mais il ne faudrait pas tomber dans l'excès inverse : est-ce que les parents et les grand-parents chrétiens aujourd'hui laisse toutes les portes ouvertes aux enfants et aux jeunes, ou bien est-ce que par l'éducation donnée, il n'y a pas une orientation presque exclusive vers la vie de couple ? Quand nous parlons aux enfants et aux jeunes, est-ce que nous leur proposons tout l'éventail possible : mariés et parents, ou alors prêtres, religieux, religieuses... Croyons-nous bien que la vie consacrée est aussi un chemin de bonheur possible pour nos enfants et nos jeunes ? Les prêtres ne naissent pas de nulle part : les prêtres naissent dans les familles chrétiennes.

Revenons sur cette autorité du Christ qui en impose aux témoins de la scène. Oui, cette autorité s’impose d’elle-même par la connaissance que Jésus a de son Père et par la pertinence de son enseignement. Il sait de quoi il parle. Et cette autorité, le Christ l’exerce parfaitement, c’est-à-dire pour faire grandir ceux qui l’écoutent. Car c’est bien là la seule légitimation de toute autorité : une autorité n’est légitime devant Dieu que si elle est exercée pour le bien et pour faire grandir ceux sur lesquels elle s’exerce.

Prions, frères et sœurs, pour tous ceux qui ont à exercer une quelconque autorité, et prions aussi en cette période électorale pour tous ceux qui se présente à une élection : qu’ils aient toujours à l’esprit que leur autorité n'est légitime que si elle s'exerce au service du bien commun, au service de l’unité du genre humain et au service de la dignité de la personne humaine, et en particulier des plus fragiles d'entre nous, au service de la dignité de la personne humaine, de sa conception jusqu’à sa mort naturelle.

Amen.

David Journault †

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