Église St Pierre – Parné S/ Roc – 1er/11/2011 – 10h30
Solennité de la Toussaint
(Textes : Ap 7,2…14 – Ps 23 – 1Jn 3,1-3 – Mt 5,1-12)
Mot d’accueil :
Frères et sœurs,
Tous ensemble, réjouissons-nous dans le Seigneur, célébrons ce jour de fête en l’honneur de tous les saints. Nous qui sommes l’Église de la terre, en ce jour nous célébrons tous ceux qui nous ont précédé et qui sont maintenant auprès de Dieu, tous ces saints connus et inconnus, qui forment l’Église du ciel.
Homélie :
Frères et sœurs,
Cette solennité de la Toussaint que nous célébrons aujourd’hui a une place toute particulière dans nos cœurs… peut-être surtout du fait de sa proximité avec la Commémoration des fidèles défunts, que nous célébrerons demain. Dans notre pays comme dans beaucoup d’autres, ce jour de la Toussaint est férié, et c’est l’occasion de se retrouver en famille et de se rendre dans les cimetières pour faire mémoire des proches qui nous ont quittés. Cette tradition est belle et nous y sommes tous attachés.
Il ne faudrait pas pour autant que nous en venions à oublier la fête que nous célébrons en cette solennité de tous les saints. Cette fête nous met devant les yeux, comme l’a fait la lecture du Livre de l’Apocalypse, la foule innombrable et anonyme de celles et ceux qui, sauvés par la mort et la résurrection du Christ, et ayant achevé leur parcours terrestre, partagent désormais la vie, le bonheur et la sainteté de Dieu.
Par la béatification et la canonisation, l’Église met en avant certains de ses fils et de ses filles, mais la foule des saints et des saintes est beaucoup plus grande que celle de ces témoins reconnus de la foi. En ce jour, nous pouvons faire mémoire de telle ou telle personne qui a été particulièrement importante pour nous sur notre chemin de vie et de foi, et dont nous avons admiré la sainteté de vie : tel membre de notre famille, tel enseignant, tel catéchiste, tel prêtre, religieux ou religieuse…
Nous qui vivons sur cette terre et cette foule innombrable qui est auprès de Dieu, nous formons comme les deux parties indissociables d’une seule et même Église, d’un seul et même corps. Eux et nous, nous sommes le Corps du Christ : par le baptême, nous sommes unis au Christ et nous devenons membres de son corps, et la mort ne peut rien contre cela. Saint François d’Assise, dans son Cantique des Créatures, écrivait d’ailleurs : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la Mort corporelle, à qui nul homme vivant ne peut échapper. […] heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté, car la seconde mort ne pourra leur nuire. »
Ce que nous demande le Seigneur, c’est que nous mettions à profit cette vie pour vivre unis à Lui et pour répandre sa Bonne Nouvelle autour de nous. Faire la volonté du Seigneur, cela peut peut-être nous sembler compliqué… Par le discours des Béatitudes que nous avons entendu dans l’évangile, le Christ en tout cas nous montre la voie. Ces Béatitudes, en fait, découlent toutes de la première : « Heureux les pauvres de cœurs : le Royaume des cieux est à eux ! ». En effet, la pauvreté du cœur, c’est l’attitude fondamentale de la sainteté. C’est se reconnaître devant le Seigneur avec les mains ouvertes de celui qui sait qu’il y a en lui un manque, un vide, que seul Dieu peut combler. Être pauvre de cœur, c’est se reconnaître petit, humble devant Dieu… Les pauvres de cœur, ce sont ceux qui ne sont pas complètement repus, rassasiés, tellement pleins d’eux-mêmes qu’il n’y a plus en eux de place pour Dieu.
On dit parfois des Saints qu’ils sont transparents au Christ. Cela signifie que par leur vie, leurs paroles et leurs actes, ils donnaient à voir aux autres le Christ qui vivait en eux. Les saints peuvent ainsi être pour nous des modèles, mais ils ont aussi une autre place dans l’Église : celle de la prière. Comme fidèles du Christ, nous ne prions que Dieu seul, cela, il ne faut pas l’oublier… mais nous pouvons demander aux saints de prier pour nous : c’est ce que fait l’Église lorsqu’elle chante la Litanie des Saints.
En ce jour, je ne peux pas non plus oublier que la semaine dernière, j’ai vu de mes yeux les lieux où le Christ a proclamé ces Béatitudes : le pèlerinage en Terre Sainte avec une quarantaine de chrétiens du diocèse, dont notre évêque, nous a donné la chance de découvrir les lieux et de rencontrer quelques chrétiens palestiniens qui vivent sur place dans des situations très difficiles. Face aux difficultés, ils ont à cœur de rester présence chrétienne sur ses terres que le Christ a parcouru, et de témoigner de l’évangile dans un contexte souvent hostile. Une chrétienne palestinienne de Nazareth nous a invité au courage et à l’action : pourquoi vous, chrétiens de France, avez-vous peur de dire votre foi ? Vous ne craignez rien, alors pourquoi êtes-vous si tièdes, si craintifs ? Le présent et l’avenir de la foi chrétienne est entre nos mains : les saints nous montrent le chemin. Si nous sommes tièdes, si nous nous taisons, si nous ne sommes pas témoins du Christ dans notre société, par notre façon de vivre, par notre témoignage, par nos engagements, par notre vie de prière, par notre participation fidèle, chaque semaine, à la messe dominicale, alors qui le fera ? Est-ce que les saints sont forcément du passé ? Qui se lèvera aujourd’hui dans notre société française pour prendre la relève des grands saints de notre histoire ?
Ouvrons nos cœurs à l’appel du Seigneur, et marchons avec une foi renouvelée sur le chemin de la sainteté.
Amen.
David Journault †

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