"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

Musique et autres nouveautés...

Vous pouvez aussi retrouver en bas de page les horaires des messes de ma paroisse...

vendredi 11 novembre 2011

Homélie du 11 novembre - Messe avec les Anciens Combattants

Église St Siméon – L’Huisserie – 11/11/2011 – 10h30
Messe des Anciens Combattants
Vendredi de la 32e semaine du Temps ordinaire A

(Textes : Sg 13,1-9 – Ps 18 – Lc 17,26-37)

(Illustration : Livret de prière de mon grand-père paternel, 1914)

Mot d’accueil :

Chers amis,

Aujourd’hui notre pays se souvient de la fin de la 1ère guerre mondiale, et plus généralement de tous les conflits dans lesquels des soldats français se sont battus. Rassemblés en cette église, nous venons faire mémoire de ceux qui sont mort au combat. Que cette eucharistie soit aussi pour nous l’occasion de prier avec plus d’insistance pour que les hommes de notre monde se mettent à l’écoute les uns des autres et à l’écoute de Dieu pour que disparaisse de notre humanité les conflits armés. 

Homélie :

Chers amis,

Les lectures de ce jour, qui peuvent être difficiles à entendre, nous appellent à la prudence, à la vigilance et à l’engagement. 

Dans la première lecture, l’auteur du Livre de la Sagesse nous invite à nous laisser guider par la beauté du monde vers la beauté de Dieu : à travers la contemplation et l’étude du fonctionnement de notre univers, il nous est possible de découvrir quelque chose de la grandeur du Créateur de l’univers. Nous ne sommes plus comme nos ancêtres qui avaient divinisée la nature et adoraient le soleil, la lune, la terre, le tonnerre,... comme des divinités. Dieu s'est révélé à l'homme, à travers Abraham et jusqu'au Christ, comme le Créateur de l'univers.

Dans notre monde scientifique, certains prennent argument de leurs recherches pour exclure Dieu de leurs équations. Effectivement, Dieu ne se laisse pas toucher ni analyser par les outils de la science. Alors, avec finalement beaucoup d’orgueil, certains scientifiques en viennent à conclure que Dieu n’existe pas. Ils sont tellement aveuglés par leurs certitudes qu’ils décrètent que ce qu’ils ne voient pas ne peut pas exister ! Comme si le monde se réduisait à ce que nos instruments peuvent mesurer ! 

Est-ce qu’il existe une machine à mesurer l’amour, le dévouement, le courage, le sens du devoir, la camaraderie, le sens de l’honneur… ! Et pourtant, nous savons bien que cela existe ! Rien que si nous nous intéressons à l’homme, nous réalisons qu’il y a en l’homme bien plus que ce que nous pouvons scientifiquement mesurer. Le livre de la Sagesse ne vient pas condamner la science. Il veut inviter ceux qui contemplent la Création à rester à leur place : des créatures qui découvrent de l’intérieur la beauté de la Création, et peuvent ainsi ouvrir leur cœur à la contemplation spirituelle du Créateur. Dieu n’appartient pas au domaine de la science, Il appartient au domaine de l’esprit, et à l’amour.

Dans l’évangile, le Seigneur Jésus nous invite à une grande vigilance : sommes-nous bien conscient que cette vie se terminera un jour et que nous aurons à nous présenter devant notre Dieu ? En ce jour, nous faisons mémoire d’hommes et de femmes qui ont donné leur vie pour défendre un pays, pour défendre les valeurs de la France et pour défendre sa liberté ; volontaires ou non, morts au combat ou revenus vivants dans leurs foyers, ils ont mis en danger leur vie pour défendre ces valeurs, et nous leur sommes reconnaissants pour cela. Beaucoup ont été soutenus sur les champs de bataille par leur foi chrétienne et par la présence des aumôniers militaires à leurs côtés. Je ne peux m’empêcher de repenser à mon grand-père paternel, qui a combattu en 1914-1918 et qui a toujours porté sur lui son petit livret « Mes Prières et mes Chants de soldat ». Il avait aussi une grande dévotion à Saint Joseph qu’il invoquait souvent comme “Patron de la Bonne mort” : il demandait de ne pas mourir sans avoir pu auparavant se confesser. Je n'oublie pas non plus mon grand-père maternel qui a combattu en 1939-1945, et mon père qui a fait l'Algérie. Et je ne peux m'empêcher de penser qu'il est incroyable que ma génération soit la première qui connaisse la paix.

Aujourd’hui, notre pays n’est plus menacé en ses frontières, et la construction européenne a permis de mettre fin à ces conflits qui ensanglantaient nos pays depuis des lustres. Mais la menace qui pèse aujourd’hui sur la France n’en est pas moins inquiétante. Si j’ose une image, la France ne risque plus de perdre son corps (son territoire), mais elle risque de perdre son âme : peu à peu, toutes les valeurs de solidarité, d’engagement, de dévouement gratuit, de respect de la personne humaine (de sa conception à sa mort naturelle), toutes les valeurs chrétiennes qui ont fait la France sont en train d’être rongées par l’appât du gain, l’amour du pouvoir, l’appétit de jouissance, et cette folie d’une science qui se croit toute puissante au point de vouloir jouer avec la génétique, au point de vouloir utiliser des embryons humains comme des souris blanches de laboratoire.

Notre pays ne va pas bien, on nous le dit et on nous le répète dans les médias, en ne nous parlant quasiment que d'argent et d'économie... Notre pays ne va pas bien, mais je crois profondément que ce n’est pas d’abord un problème de crise économique : notre pays ne va pas bien parce qu’il ne sait plus qui il est, parce qu’il a oublié ses racines et qu’il est en train de perdre son âme. C’est de notre responsabilité à tous de remettre au cœur de notre société et de nos politiques les repères et les valeurs qui ont porté tant d’hommes et de femmes depuis des générations dans notre pays. Et pour les chrétiens, qui veulent pleinement prendre leur place comme citoyens de ce pays, c’est en ayant une vie profondément unie au Christ, par la prière et par l’action, que nous pourrons faire cela, en fidélité à notre baptême.

Le Christ est venu dans le monde pour nous révéler l’amour de Dieu pour chacune et chacun de ses enfants, pour nous inviter à vivre son commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. », en nous souvenant aussi que c’est de la manière dont nous traitons les plus fragiles que nous témoignons de notre amour ou au contraire, de notre rejet de Dieu.

Amen.

David Journault †

Aucun commentaire:

Les messes dans ma paroisse

Retrouvez tous les horaires des célébrations sur egliseinfo.catholique.fr