"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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vendredi 16 septembre 2011

Homélie du 11 septembre - 24e dimanche du temps ordinaire A

Église St Siméon – L’Huisserie – 10/09/11 – 18h30
Église St Étienne – Entrammes – 11/09/11 – 10h30
24e dimanche du Temps ordinaire A


(Textes : Si 27,30-28,7 – Ps 102 – Rm 14,7-9 – Mt 18,21-35)

Mot d’accueil :
 
Frères et sœurs,
 
Dimanche dernier, dans l’Évangile, Jésus expliquait à ses disciples l’attitude que nous devons avoir vis-à-vis d’un frère ou d’une sœur qui s’égare dans le péché. La suite de l’Évangile selon St Matthieu que nous lisons aujourd’hui nous invite à approfondir notre réflexion sur la place du pardon, demandé et accordé, dans nos existences.

Homélie :
 
« Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » En posant cette question, Pierre est à mi-chemin entre la mentalité de son temps et de son peuple, car il cherche une loi précise pour s’y conformer, et la loi nouvelle que Jésus vient instaurer, la loi de l’amour. Lui, le disciple, il cherche à savoir comment agir pour être “en règle” avec la volonté de Jésus, son maître.
 
Et une fois de plus, Jésus fait voler en éclats les fonctionnements habituels de son temps : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. » Sept étant le chiffre parfait (c’est le nombre de jours qu’il a fallu à Dieu pour créer le monde), alors en le multipliant ainsi, c’est bien à un pardon infini qu’invite le Christ. Le Christ nous fait sortir d’une logique comptable pour entrer dans la logique de l’amour infini de Dieu. Nous qui portons le nom de chrétien, c’est bien à une vie comme celle du Christ que nous sommes appelés, à l’image de Celui qui, sur la croix, a dit : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »
 
Pour inviter ses disciples à la réflexion, Jésus utilise ici encore une parabole. Trois protagonistes principaux : le maître, le 1er serviteur et un compagnon du 1er serviteur.
Pris de pitié vis-à-vis de son serviteur, le maître accepte de lui remettre entièrement une dette colossale de 60 millions de pièces d’argent (1 pièce d’argent était à l’époque le salaire journalier d’un ouvrier agricole) . Il va même au-delà de ce que lui demande le serviteur, qui ne réclame de son maître que de la patience, et non l’annulation de la dette. Mais la bonté du maître est telle qu’elle va au-delà de ce que le serviteur ose demander. Par son geste, le maître l’invite à entrer dans cet esprit de pardon et de générosité.
 
Malheureusement, le serviteur n’a pas compris : face à son camarade qui lui doit une toute petite somme (100 pièces d’argent), il reste inflexible et ne se laisse pas toucher : il condamne son compagnon et refuse d’annuler la dette ou même de lui accorder un délai.
 
Averti de cela, le maître va appliquer au serviteur la même justice que celle que ce dernier a utilisé envers son camarade : c’est toi qui détermine comment tu dois être traité, de la façon dont tu te comportes avec les autres. Voilà je crois le sens de cette parole de Jésus à la fin de l’évangile, qui peut nous paraître très dure : « C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. »
 
Ainsi, contrairement à Sartre qui a écrit que “l’enfer c’est les autres”, je crois que nous pouvons comprendre que “l’enfer, c’est moi”, ou plutôt, que je suis le propre fabricant de mon enfer, présent et dans la vie à venir. Si je reste dans un monde de rancune, de revanche, de vengeance, si je n’entre pas dans le monde du pardon et de la miséricorde, je ne peux vivre en communion avec Dieu. Si moi je refuse la miséricorde, la charité, le pardon aux autres, comment pourrais-je être en communion avec Celui qui n’est qu’amour. Pas d’amour sans pardon, et donc, sans le pardon demandé et accordé, je ne peux vivre avec Dieu qui est amour…
 
Nous retrouvons là cette parole à la fois simple et tellement engageante de la prière du Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. » : nous reconnaissons devant Dieu que pour recevoir pleinement son pardon, pour vivre de sa vie, il nous faut nous aussi vivre ce pardon vis-à-vis de ceux qui nous ont blessé.
 
Le pardon, c’est tout un art de vivre. Pardonner, ce n’est pas oublier, pardonner n’exclu pas non plus la sanction ou la réparation ; pardonner, ce n’est pas être mou et faible, ce n’est pas nier le mal commis, ce n’est pas s’abaisser. D’ailleurs, pour pardonner, il faut regarder la situation en vérité, demander à l’autre de réparer le tort commis, si c’est possible, et cela invite aussi à tirer des leçons pour l’avenir. Mais pardonner, c’est ne pas garder de rancune, et c’est renouer le lien brisé pour repartir en avant. La cicatrice va rester, mais elle n’empêche pas la vie de continuer.
 
Seigneur, vivre à ta façon n’est vraiment pas facile, et nous nous sentons parfois trop faibles : donne-nous l’Esprit de force pour vivre comme Toi, dans la miséricorde et le pardon.
 
Amen.
 
David Journault †

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