"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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mercredi 25 août 2010

Homélie du 22 août - 21e dimanche du temps ordinaire C

Église Saint-Pierre – Laval – 21/08/10 – 18h30
Basilique N-D d’Avesnières – Laval – 22/08/10 – 9h30
Église N-D des Cordeliers – Laval – 22/08/10 – 18h00
21e dimanche du temps ordinaire C

(Textes : Is 66,18-21 – Ps 116 – He 12,5-7.11-13 – Lc 13,22-30)


Mot d’accueil :
 
Frères et sœurs,

La parole de Jésus qui résonne dans l’Évangile de ce dimanche n’est pas facile à entendre : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. » Il y a une exigence certaine dans la vie chrétienne, et c’est par toute notre vie que nous pouvons dire à Dieu que nous l’aimons.

Homélie :

Frères et sœurs,

Peut-être que comme l’homme qui interroge Jésus au début du passage de l’Évangile que nous venons d’entendre, nous nous posons la question de l’étendue du Salut : « Seigneur, n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? »

Dans la tête de cet homme, la réponse ne peut être que “oui”, et “puisque tu es Juif, tu seras
sauvé”… C’est probablement ce qui habitait son esprit. Faire partie du peuple de l’Alliance, choisi par Dieu, était pour les Juifs contemporains de Jésus une assurance d’être sauvés.

Mais Jésus va une fois de plus renverser les perspectives : « efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. » Car ce qui compte, ce n’est pas l’appartenance à tel groupe, tel race, telle culture. Ceux qui sont exclus de la présence de Dieu, ce sont ceux à qui Il dit : « Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal. » L’appartenance au peuple juif n’est plus la garantie d’être sauvé, c’est bien plutôt la fidélité au commandement de l’amour de Dieu qui devient le critère essentiel. Et plutôt que d’être un petit peuple sauvé par son Dieu, c’est bien l’image d’un appel universel à la conversion qui est donnée par Jésus : « Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu. »

Oui, la porte est étroite, mais c’est bien une multitude venant de tous les horizons qui peut passer par cette porte. D’ailleurs, Isaïe dans la 1ère lecture ne disait pas autre chose en annonçant ce rassemblement universel sur la montagne de Sion, à Jérusalem. Il n’y a que le sens du mot “frère” qui change : il ne s’agit plus d’une fraternité du sang, mais d’une fraternité de l’Esprit… A commencer bien sûr pas celles et ceux qui sont nés à nouveau des eaux du baptême, nés de l’eau et de l’Esprit. Mais je crois aussi que cette parole s’adresse à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté qui cherche comment contribuer à la construction d’un monde de justice et de paix.

Ce n’est pas simple, et la lettre aux Hébreux pourrait nous servir d’avertissement, s’il en était besoin ! La vie nous réserve parfois de dures épreuves, et nous ne comprenons pas toujours quel sens tout cela peut avoir… et parfois cela n’a effectivement aucun sens. La lettre aux Hébreux nous invite à avoir une attitude résolument active face à la vie : nous pouvons toujours apprendre de nos épreuves, de nos difficultés, de nos échecs. « Redonnez de la vigueur aux mains défaillantes et aux genoux qui fléchissent. » D’ailleurs, cette phrase nous invite à la fois à nous relever et à aider ceux qui nous entourent à se relever. Oui, nous qui avons, comme disent certains, la chance de croire, nous ne pouvons pas passer à côté de l’attente de nos contemporains.

Ce qui dit qui nous sommes, ce qui dit celui en qui nous croyons, ce n’est pas d’abord une origine géographique ou familiale, une culture ou une religion : ce qui dit au monde, et à Dieu, ce que nous sommes, ce sont nos choix et la façon que nous avons de vivre, en relation avec les autres et avec Dieu.

Alors, oui, la porte est étroite, oui, ce n’est pas toujours facile d’être fidèles au Christ, mais si nous restons fermes dans la foi, alors nous pourrons nous réjouir avec une multitude de frères sur la montagne du Seigneur.

Amen.

David Journault †

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