"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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dimanche 25 juillet 2010

Homélie du 25 juillet - 17e dimanche du temps ordinaire C

Cathédrale de la Sainte Trinité – Laval – 11h00
Église Notre-Dame des Cordeliers – Laval – 18h00
Dimanche 25 juillet 2010
17e dimanche du temps ordinaire C

(Textes : Gn 18,20-32 – Ps 137 – Col 2,12-14 – Lc 11,1-13)


Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

La première lecture de ce dimanche nous invite à une réflexion sur la prière de demande qui est probablement la prière la plus instinctive du croyant : s’adresser à Dieu pour lui demander quelque chose. Dans l’Évangile, Jésus nous présente la prière qui doit être la norme de toute vraie prière chrétienne : le “Notre Père”.

Homélie :

Frères et sœurs,

Quelle audace chez Abraham ! Quand beaucoup de ses contemporains se tiennent à distance respectueuse de Dieu, lui, Abraham, il ose discuter avec lui ! Comme s’il voulait lui arracher le salut de cette ville qui, toute entière, fait ce qui est mal aux yeux de Dieu. Bien sûr, Abraham ne cherche pas à aller contre la volonté divine. Il prend bien garde, au contraire, de lui soumettre pas à pas ses pensées audacieuses, comme dans une sorte de négociation. 

En fait, on peut penser qu’il agit ainsi parce qu’il a déjà deviné le secret du Dieu de la Bible, que Jésus nous a révélé : notre Dieu est “notre Père”. Toute son œuvre de création est une œuvre d’amour paternel, une œuvre de salut, un salut qu’il offre à tous les hommes. Mais encore faut-il que chaque être humain y consente personnellement. Ce plan d’amour implique une adhésion personnelle, une conversion. En effet, Dieu notre Père nous a créés libres, libres de l’aimer et de vivre en nous mettant à son école, mais aussi libres de choisir de lui tourner le dos, libres de faire le mal. C’est à la fois le mystère et la grandeur de la condition humaine. Pourquoi Dieu permet-il à l’homme de prendre une mauvaise voie ? C’est parce qu’il n’y a pas d’amour véritable sans liberté. L’amour authentique s’épanouit à partir de la liberté, qui est liberté de s’engager pour toujours envers Dieu.

La suite du récit de la Genèse nous apprend que Sodome a été détruite, parce qu’il n’y avait pas même dix justes en ses murs. Abraham est allé au bout de l’amour, il a intercédé avec confiance et humilité pour les pécheurs : la suite ne dépend plus de lui. C’est un devoir de prier pour nos frères, d’intercéder pour les pécheurs. 

En nous apprenant à prier, en nous offrant cette magnifique prière du “Notre Père”, Jésus nous invite à la même grandeur d’âme. Nous sommes solidaires les uns des autres : nous ne pouvons pas vouloir notre salut personnel, sans avoir le désir de celui des autres. Être chrétien, c’est vivre en enfant de Dieu avec des frères et des sœurs dont je suis solidaire et responsable, tout comme ils sont aussi solidaires et responsables de moi. Ainsi, l’authentique prière chrétienne est forcément une prière communautaire, une prière en “nous”, une prière où, même quand je suis seul, je dis “Notre Père”.

Autre point d’insistance de ce passage de l’Évangile : Jésus nous dit que si nous demandons, nous obtiendrons… mais il précise : « Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ? » Jésus positionne la prière au niveau de Dieu : prier, c’est demander l’Esprit Saint… et non pas demander de l’argent, de la réussite, son bac ou même la guérison d’une maladie… 

Bien sûr, dans la mesure où la prière est un dialogue avec Dieu, il est tout à fait légitime d’exprimer devant Dieu ce qui nous préoccupe, ce qui fait nos vies, nos joies, nos peines, nos épreuves… Mais si la prière est un dialogue, elle implique également que nous nous mettions véritablement à l’écoute de Dieu : nous lui parlons, mais nous avons aussi à l’écouter. Prier, c’est également remettre nos vies entre les mains de Dieu, dans une confiance et un abandon total.

Prier, c’est tourner son cœur, son esprit, son intention, vers Dieu. A cet égard, on peut méditer l’image proposée par Denys l’Aréopagyte, un chrétien des premiers siècles. Il imagine un bateau sur la mer ; sur le rivage il y a un rocher auquel est attachée une corde qui relie le bateau au rivage. Il écrit : « L’homme qui demande est dans l’attitude de celui qui, debout dans un bateau, saisit le cordage attaché au rivage et tire dessus. Il n’attire pas à lui le rocher, mais se rapproche, lui et son bateau, du rivage. »

Voilà donc ce qu’est la prière : nous tourner vers Dieu pour nous rapprocher de Lui et conformer nos vies à son amour, amour qui nous précède et nous fait vivre.

Alors, que l’exemple d’Abraham et l’enseignement de Jésus-Christ nous fassent grandir dans la confiance en Dieu notre Père, et stimulent en nous le souci de nos frères.

Amen.

David Journault †

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