"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

Musique et autres nouveautés...

Vous pouvez aussi retrouver en bas de page les horaires des messes de ma paroisse...

lundi 27 décembre 2010

Rencontre européenne de Taizé à Rotterdam

Dans quelques heures je me mettrai en route pour rejoindre la ville de Rotterdam, aux Pays-Bas, et les 30.000 jeunes attendus à la Rencontre européenne de Taizé.
D'ors et déjà je vous souhaite à tous une très bonne année 2011, dans la paix, la joie, l'amour et le don de vous-mêmes.

P. David Journault

Homélie du 24 décembre - Nuit de Noël

Église St Étienne – Entrammes – 22h30
Vendredi 24 décembre 2010
Solennité de la Nativité du Seigneur – Messe de la nuit


(Textes : Is 9,1-6 – Ps 95 – Tt 2,11-14 – Lc 2,1-14)

Mot d’accueil :
 
Amour, paix, joie, bonheur, voilà les mots qui viennent à l’esprit quand nous pensons à Noël. Rassemblés ce soir autour de l’Enfant-Dieu, nous venons puiser à la source de l’Amour, pour nourrir nos propres cœurs de cet Amour et le rayonner autour de nous.

Homélie :
 
Frères et sœurs,
 
Rassemblés ce soir autour de l’Enfant Jésus, c’est à une plongée dans les sources de notre foi que nous sommes invités. Oui, car si nous célébrons toujours l’anniversaire de la naissance au monde du Fils de Dieu, plus de 2000 ans après, c’est que par cet événement inouïe Dieu inaugurait la rédemption de l’humanité.
 
Jésus, le Fils de Dieu, le Sauveur du monde, vient au milieu de l’humanité, vient marcher sur nos routes, vient partager notre condition humaine. Et il n’est pas là pour faire semblant ! Quand le Fils de Dieu, le Verbe éternel, se fait chair, il vient au monde comme un petit bébé, pour vivre de l’intérieur notre condition humaine.
 
L’essentiel des années que le Christ a passé sur notre terre, au milieu de nous, furent des années silencieuses : de sa naissance jusqu’au début de sa vie publique, vers 30 ans, Jésus a vécu une vie humaine simple et ordinaire au milieu des habitants de Nazareth, aux côtés de Marie et de Joseph. Voilà bien ce qu’il y a d’étonnant : 30 années de vie cachée, 3 années de vie publique, d’enseignement, de guérisons, pour aboutir à la mort et à la résurrection. Pourquoi tout ce temps de Nazareth, qui pourrait presque nous sembler du temps perdu ? Pourquoi est-ce que Dieu a voulut passer toutes ces années à vivre ordinairement, comme l’un de nous ?
 
C’est que l’amour de Dieu pour nous va jusque-là : le vœu le plus profond de l’amour, c’est de devenir l’autre, tout en restant soi-même, et en Jésus-Christ, cela se réalise parfaitement. Jésus est vrai Dieu et vrai homme… En Lui, l’un de la Trinité est venu au milieu de nous, en Lui, l’un de nous est monté aux cieux et réside au sein de la Trinité. Car la nature humaine de Jésus n’est pas comme un habit qu’il aurait revêtu au soir de Noël, pour le porter pendant 33 années et le jeter au moment de l’Ascension. Non, depuis son passage sur cette terre, au milieu de nous, et pour l’éternité, Jésus, le Fils de Dieu, est vrai Dieu et vrai homme. Et son corps ressuscité nous dit quelque chose de ce que sera notre propre corps à la résurrection.
Jésus nous montre le chemin car, comme le disait St Athanase, « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu. » : en imitant le Christ, nous sommes véritablement ses frères adoptifs et nous entrons dans l’intimité de la Sainte Trinité…
 
Imiter le Christ… c’est comme cela que nous pouvons entrer en communion avec Dieu. Et quel est le cœur de la vie du Christ, sinon l’amour pour Dieu et pour l’humanité toute entière ? Ainsi, le chemin qui s’ouvre à nous en cette fête de Noël est encore et toujours un chemin d’amour, et d’amour en acte et en vérité. Car l’amour ne se voit pas, mais ce que l’on peut voir, ce sont les actes d’amour. En s’incarnant, en devenant homme, en nous enseignant, en mourant sur la croix, en ressuscitant et en nous envoyant son Esprit Saint à la Pentecôte, Dieu nous a montré jusqu’où va son amour pour nous.
 
Et nous, quels sont les gestes que nous posons pour témoigner à Dieu de notre amour pour Lui ? Que pouvons-nous faire ? « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaîtront comme mes disciples », « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », « ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». La réponse du Christ est claire : ce qui témoigne le plus de mon attachement à Lui, c’est la façon dont je me comporte avec celles et ceux qui m’entourent. Toute personne doit être pour moi visage du Christ : tout geste d’affection, d’aide, de soutien, que je pose pour quelqu’un, c’est un geste d’amour que je fais vers Dieu, en même temps. Et à l’inverse, tout geste, toute parole de rejet, de haine, de méchanceté, de jalousie,… que je fais vers un autre, c’est en même temps une barrière que je dresse entre moi et Dieu.
 
Parfois on me dit « Moi, mon père, je suis chrétien non pratiquant », ce qui sous-entend généralement que la personne croit en Dieu mais ne fréquente pas beaucoup les Églises. Il s’agit là de la pratique religieuse, de la fréquentation des sacrements, qui est un élément indispensable de la vie chrétienne. Mais la pratique chrétienne, être chrétien pratiquant, ce n’est pas seulement venir à la messe : être chrétien pratiquant c’est prier, seul et avec d’autres, c’est aussi lire la Parole de Dieu, et enfin, être chrétien pratiquant, c’est essayer de faire de toute sa vie une louange à l’amour de Dieu. Voilà ce que c’est que d’être chrétien : prier, lire la Parole, aimer en acte et en vérité.
 
Frères et sœurs, pour vivre comme cela, nous avons besoin les uns des autres, nous avons besoin de nous soutenir par la prière, par les paroles et par les actes. Que cette fête de Noël soit pour nous le rappelle vibrant et chaleureux que notre vie ne trouve son sens que si nous mettons l’Amour à la première place.
 
Amen.
 
David Journault †

mardi 21 décembre 2010

Message de Noël 2010 de Mgr Scherrer

Il faut être petit pour comprendre le mystère de Noël

On désacralise toujours plus Noël en en faisant une fête commerciale où l’on ne pense qu’à faire bombance et à s’échanger des cadeaux coûteux. Quel dommage ! Car Noël, c’est une nouvelle prodigieuse, un évènement merveilleux : c’est Dieu qui vient à la rencontre de l’homme. Parce qu’il est tout amour, ce Dieu descend en quelque sorte de sa hauteur et se fait l’un de nous. Dans la fragilité d’un tout-petit, il vient cacher le trésor d’une vie par laquelle il veut régénérer l’humanité toute entière. À travers les yeux d’un enfant, il nous dit la valeur incommensurable de toute vie humaine, quelle qu’elle soit.

Noël, c’est donc d’abord un appel à reconnaître et à défendre la dignité des plus vulnérables : le petit enfant dans le sein de sa mère, la personne malade ou handicapée, le vieillard en fin de vie. Parce qu’ils sont vulnérables, précisément, ils réclament de notre part un surcroît d’attention et de bienveillance ; ils demandent tout simplement à être accueillis et aimés pour ce qu’ils sont. C’est tellement important de le redire. Car notre société qui regorge d’inventions géniales, de richesses scientifiques et technologiques, notre société qui dispose de tous les biens matériels nécessaires et qui est au top de la modernité est pourtant une société qui a peur du handicap et de la vulnérabilité. C’est ce qui explique que la tentation de l’eugénisme et de l’euthanasie n’a jamais été aussi prégnante qu’aujourd’hui. Or, une société qui ne respecte plus la dignité de la personne, une société qui refuse d’accueillir la vulnérabilité, une société qui menace en définitive la vie des plus faibles est une société qui risque à tout moment de basculer dans l’inhumanité et la barbarie.

Échangeons nos cadeaux, vivons joyeusement la fête ! Oui ! Mais n’oublions pas la foule innombrable des petits et des mal-aimés que notre société exclut. Bon Noël à tous !

+ Mgr Thierry Scherrer

Évêque de Laval

jeudi 16 décembre 2010

"Né d'une femme", une vidéo de frère Roger


Né d'une femme from Taizé on Vimeo.

La scientologie veut convertir les paroisses catholiques !!!

Y en a qui ne manquent vraiment pas de culot !
Je viens de recevoir ce matin dans ma boîte aux lettres une carte, adressée à la paroisse Saint Benoît les Rivières, de la scientologie ! Cette secte, qui ose s'appeler église, uniquement intéressée par le pouvoir et l'argent qui propose à une paroisse catholique un programme de formation !
Je cite, c'est à mourir de rire :
Quel que soit le problème... on peut y faire quelque chose.
Découvrez 19 méthodes pratiques et efficaces pour aider les autres n'importe quand et n'importe où
  • s'occuper de gens bouleversés
  • aider les enfants
  • réparer des relations
  • et bien plus
Ça y est ! La scientologie va sauver le monde ! Ils ont toutes les solutions à tous les problèmes ! Et bientôt, moyennant finance, nous résoudrons tous vos problèmes !

Le plus triste dans cette histoire, c'est qu'avec de pareils stupidités ils réussissent à embrigader des personnes.
Le seul truc qui me console, c'est que ça doit leur coûter cher, puisque, tenez-vous bien, la carte me parvient de Nouvelle-Zélande !
Allez, bonne journée quand même !

mercredi 15 décembre 2010

Le plus vieux couple d'Europe

Un très beau petit article en page 11 du journal "La Croix" d'aujourd'hui, écrit par Nicolas César. Je vous le partage :

Mari et femme depuis le 28 novembre 1929, les Minato «ont fait le serment que rien ne viendrait briser leur histoire».

Enfants, Angelo et Amabile habitaient l'un en face de l'autre dans leur ville de naissance, Roncade, dans la région de Trévise, à quelques encablures de Venise. D'ailleurs, ces fervents catholiques sont convaincus que «c'était un signe de Dieu». C'est donc sur le perron de l'église, à seulement 10 ans, qu'Angelo lui déclarera sa flamme: «Tu seras ma femme.» Depuis, ils sont inséparables, malgré la guerre et le fascisme qui les ont amenés à s'exiler en France. Angelo est arrivé le premier en 1925 et Amabile l'a rejoint en 1926. Enfants d'agriculteurs, ils ont choisi Mézin (Lot-et-Garonne), pour construire leur «nid». Là, Angelo a pu réaliser son rêve et passer la bague au doigt de sa promise le 28 novembre 1929, le jour des 20 ans de celle-ci.

«C'est un amour sans faille porté par une croyance très forte en Dieu. Ils ont toujours prié ensemble matin et soir», déclare, admirative, Jeanine, 74 ans, leur fille, qui les prend en charge à son domicile depuis dix ans. Pour elle, c'est là qu'il faut chercher l'explication de la longévité de leur couple. «Ils ont fait le serment devant Dieu que rien ne viendrait briser leur histoire.» Sur terre aussi, leur union est sous bonne garde. «Nous les choyons énormément. Tous les dimanches, les enfants se retrouvent autour de leur table», souligne Sylvie, une de leurs petites-filles. Aujourd'hui, c'est une grande famille qui les entoure: quatre enfants, sept petits-enfants, douze arrière-petits-enfants et un arrièrearrière-petit- fils.

Pour Jeanine, c'est un juste retour des choses. «Ils nous ont beaucoup protégés et se sont montrés attentifs aux autres. (...) Quand mes cousins, mes tantes ou des collègues de travail n'avaient rien à manger, ils donnaient toujours quelque chose, même si ce n'était que de la soupe», raconte-t-elle. Car leur vie fut rude: «Ils ont beaucoup travaillé, dans le froid, dans les usines de bouchons de liège de Mézin», souligne-t-elle. De caractère entier, voire autoritaire pour Amabile, ces deux amoureux ont su accorder leur violon et transmettre à leur progéniture leurs valeurs les plus chères: la foi, l'esprit de famille et le travail.

Aujourd'hui encore, ils forcent l'admiration de leurs enfants et petits-enfants. Si Amabile n'a plus toutes ses facultés mentales, Angelo veille sur elle comme sur un trésor, «son» trésor, avec un amour plus démonstratif. «Je n'ai jamais vu mon grand-père embrasser ma grand-mère. Aujourd'hui, il extériorise ses sentiments et lui fait plein de câlins», confie Sylvie, tout attendrie.

La Lettre de Taizé 2011 : Lettre du Chili

La nouvelle "Lettre de Taizé" pour l'année 2011 vient de paraître.
Elle s'intitule "Lettre du Chili", puisque c'est à Santiago du Chili que s'est déroulée du 8 au 12 décembre 2010 la deuxième rencontre internationale des jeunes en Amérique Latine.
Comme chaque année, le prieur de Taizé, frère Aloïs après frère Roger, vient nous livrer un texte de réflexion et d'approfondissement de la foi.
Bonne lecture.

samedi 11 décembre 2010

Bulletin paroissial de Noël

Le nouveau numéro du bulletin paroissial est publié. Tous les paroissiens le recevront dans leur boîte aux lettres.
Vous pouvez également le télécharger en cliquant ICI.
Bonne lecture !

jeudi 9 décembre 2010

Prière du 8/12/2010 à Avesnières

Hier soir, le 8 décembre 2010 en la Basilique Notre-Dame d'Avesnières, nous avons célébré la fête de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie.
A cette occasion, pendant la messe, toute l'assemblée avec Mgr Thierry Scherrer a prononcé cette prière :


Seigneur Jésus,

Je crois que Tu es le Fils de Dieu fait homme,
né de Marie la Vierge immaculée 
je T'accepte dans mon cœur, 
comme mon Seigneur, mon Sauveur et mon Dieu. 
Je Te demande pardon de mes péchés. 
Je crois en ta promesse de nous envoyer l'Esprit Saint d'auprès de ton Père. 
Je te rends grâce pour ce don que Tu veux me faire aujourd'hui de ton Esprit. 
Je Lui livre, maintenant, ma vie et tout mon être. 
Je consens à me laisser conduire par Lui sur des chemins que je ne connais pas. 
J'ouvre mon cœur à tous les charismes qu'Il voudra me donner pour l'édification de l'Église. 
Que son feu me brûle ! Que son eau me lave ! 
Que son souffle m'entraîne ! 
Fais que je sois, auprès de ceux que Tu me confies ou que je côtoie, 
un véritable témoin de l'amour du Père.
Et, pour cela, je Te demande de raviver le don de l'Esprit 
que Tu as déposé en moi par l'imposition des mains de l'Évêque, 
au jour de ma confirmation.
Gloire à ton Père ! Gloire à Toi, Jésus !
Gloire à ton Esprit d'Amour !

Amen !

jeudi 28 octobre 2010

Un nouveau Carmel à Phnom Penh

Aujourd'hui 28 octobre 2010, Mgr Olivier Schmitthaeusler bénira le nouveau Carmel de Phnom Penh.
Ce nouveau monastère, fondation du Carmel de Séoul (Corée du Sud), inaugure une nouvelle présence contemplative au Cambodge depuis les années noires du génocide perpétré par les Khmers Rouges. 
Il y avait déjà eu un Carmel à Phnom Penh, fondation du Carmel de Saïgon (Viet-Nam), lui-même fondation du Carmel de Lisieux. Ce monastère, dont les bâtiments abritent un orphelinat d'état, avait disparu sous le régime Khmer Rouge. Sur la photo ci-contre (prise lors de mon séjour en 2005) nous voyons l'entrée et la façade de la chapelle de ce premier monastère. 
Le petit cimetière des sœurs avait été miraculeusement conservé, et les tombes ont été déplacées dans le nouveau monastère.
En cliquant ICI vous pourrez télécharger l'homélie de Mgr Schmitthaeusler pour cette occasion.

samedi 23 octobre 2010

Jésus, le gardien de ma vie...

Je ne résiste pas au plaisir de vous partager l'affiche d'une aumônerie de Cherbourg, découverte sur le blog du P. David Lerouge :

vendredi 22 octobre 2010

La grève dans les textes récents du Magistère

Bonjour,
Je reprends ici l'idée d'un confrère, le P. Louis de Villoutreys (Diocèse de Poitiers), qui a mis en ligne sur Facebook, il y a quelques heures, des textes éclairants du Magistère de l'Église catholique.
Voilà ces quelques extraits rassemblés ici, pour aider à la réflexion personnelle :


Constitution pastorale sur l'Église dans le monde de ce temps Gaudium et Spes (Concile Vatican II, 7/12/1965)
n°68. En cas de conflits économico-sociaux, on doit s'efforcer de parvenir à une solution pacifique. Mais, s'il faut toujours recourir d'abord au dialogue sincère entre les parties, la grève peut cependant, même dans les circonstances actuelles, demeurer un moyen nécessaire, bien qu'ultime, pour la défense des droits propres et la réalisation des justes aspirations des travailleurs. Que les voies de la négociation et du dialogue soient toutefois reprises, dès que possible, en vue d'un accord.

Jean-Paul II : Encyclique Laborem Exercens (14/09/1981)
n°20. En agissant pour les justes droits de leurs membres, les syndicats ont également recours au procédé de la "grève", c'est-à-dire de l'arrêt du travail conçu comme une sorte d'ultimatum adressé aux organismes compétents et, avant tout, aux employeurs. C'est un procédé que la doctrine sociale catholique reconnaît comme légitime sous certaines conditions et dans de justes limites. Les travailleurs devraient se voir assurer le droit de grève et ne pas subir de sanctions pénales personnelles pour leur participation à la grève. Tout en admettant que celle-ci est un moyen juste et légitime, on doit également souligner qu'elle demeure, en un sens, un moyen extrême. On ne peut pas en abuser; on ne peut pas en abuser spécialement pour faire le jeu de la politique. En outre, on ne peut jamais oublier que, lorsqu'il s'agit de services essentiels à la vie de la société, ces derniers doivent être toujours assurés, y compris, si c'est nécessaire, par des mesures légales adéquates. L'abus de la grève peut conduire à la paralysie de toute la vie socio-économique. Or cela est contraire aux exigences du bien commun de la société qui correspond également à la nature bien comprise du travail lui-même.

Catéchisme de l'Église Catholique (1992)
n°2435. La grève est moralement légitime quant elle se présente comme un recours inévitable, sinon nécessaire, en vue d'un bénéfice proportionné. Elle devient moralement inacceptable lorsqu'elle s'accompagne de violences ou encore si on lui assigne des objectifs non directement liés aux conditions de travail ou contraires au bien commun.

Catéchisme pour Adultes des Évêques de France (1991)
n°509. Les circonstances peuvent évidemment influencer la qualification morale d'un acte: il faut examiner l'action entreprise dans tout son environnement. Un syndicat de la Santé, pour défendre les droits bafoués des aides-soignants, peut déclencher légitimement une grève du personnel; cela peut être juste et même méritoire. Mais lors d'une grave épidémie, les circonstances sont telles qu'il pourrait devenir immoral de déclencher ou de maintenir une grève à ce moment-là. La moralité d'un acte exige que ses diverses composantes soient bonnes en même temps: objet, intention, moyens employés, circonstances. Si un seul de ces éléments est mauvais, l'action sera moralement mauvaise, même si, à celui qui agit, une erreur de bonne foi enlève la responsabilité morale du mal.

n°617. Les lois sociales qui organisent le travail et la protection des travailleurs, la Sécurité sociale, etc., représentent un progrès considérable. Fruits de conquêtes sociales difficiles, elles doivent être respectées et favorisées. Les organisations syndicales en ont été le plus souvent les promotrices. Elles ont un rôle essentiel à jouer Pour la défense des travailleurs, mais leur action doit demeurer ouverte au bien commun et ne pas s'enfermer sur une sorte d'égoïsme de groupe ou de classe.
L'Église privilégie les solutions négociées dans les conflits sociaux comme dans tous les autres conflits. La grève est un des droits fondamentaux du travail mais, pour être légitime, elle doit respecter les normes concernant l'emploi de la force dans les conflits.




mardi 19 octobre 2010

Nouveau look

Après bientôt trois ans d'existence, mon blog se paye un nouveau look !
Un peu plus moderne et aérien, non ?
Bonne lecture !
P. David Journault

lundi 4 octobre 2010

Homélie du 3 octobre - 27e dimanche du temps ordinaire C

Église St Siméon – L’Huisserie – 2/10/10 – 18h30
Église St Georges – Montigné – 3/10/10 – 10h30
Messe des familles
Église ND des Cordeliers – Laval – 3/10/10 – 18h00
Messe animée par les Jeunes professionnels
27e dimanche du temps ordinaire C

(Textes : Ha 1,2-3 ; 2,2-4 – Ps 94 – 2 Tm 1,6-8.13-14 – Lc 17,5-10)

Homélie :
Frères et sœurs,
Dans le passage de l’évangile selon Saint Luc que nous entendons ce dimanche, Jésus aborde deux questions. D’abord il parle de la foi, et ensuite il parle de ce que c’est qu’être un serviteur.
Ce qui est un peu étonnant, c’est que les disciples s’adressent à Jésus pour lui demander qu’il augmente leur foi… Ils ont déjà la foi, puisqu’ils suivent Jésus, mais ils se rendent bien compte que, d’une certaine façon, ils ne sont pas à la hauteur : plus ils suivent Jésus, plus ils se rendent compte qu’il y a une grande différence entre lui et eux, surtout dans la relation particulière que Jésus entretient avec Dieu, celui qu’Il appelle son Père. De plus, peut-être qu’ils sentent aussi que leurs simples forces ne suffisent pas pour être de bons disciples de Jésus.
Alors, ils adressent une belle demande à Jésus, une demande simple, confiante, humble : « Augmente en nous la foi ! » La réponse de Jésus les invite à transformer leur regard : il n’est pas question de quantité de foi, mais d’être dans la vérité, de vraiment mettre toute notre confiance (c’est le même mot que la foi) en Jésus Christ. Et si nous aimons Jésus en vérité, alors nous pouvons faire des merveilles, non pas en déplaçant des arbres, mais en répandant autour de nous la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu.
Dans la première lecture, le prophète Habacuc vit une épreuve dans sa foi : face au mal, face à la violence, face aux disputes, il crie vers Dieu… De tout temps, quand quelque chose ne va pas, il y a une tentation qui est de s’en prendre à Dieu. N’oublions pas que Dieu n’ai jamais du côté du mal ou de la souffrance : si Dieu est tout-puissant, c’est de la toute-puissance de l’amour, et l’amour ne peut pas vouloir le mal. Quand quelqu’un souffre, Dieu est toujours à ses côtés, Dieu est toujours du côté des victimes.
L’autre sujet abordé par Jésus concerne l’attitude de serviteur. Parfois, quand nous rendons service, nous ne le faisons pas pour de bonnes raison : nous rendons service pour nous mettre en avant, pour nous montrer, pour nous faire remarquer, pour obtenir des remerciements… et avec Dieu, nous pouvons penser de la même façon : si je suis un bon serviteur de Dieu, alors Il va me donner ce que je veux…
Et c’est vrai que notre monde vit plus dans la logique de l’échange que dans la logique du don : on ne donne rien, on échange. Mais là n’est pas la logique de l’Évangile. Je ne me mets pas au service de Dieu par intérêt, pour qu’Il soit gentil avec moi. Mais parce que Dieu m’aime, parce que Dieu m’a créé, parce que Jésus est mort pour moi sur la croix, alors j’essaie de me mettre au service de Dieu en servant mes frères, en faisant le bien, en aidant l’Église…
Oui, Dieu ne nous demande pas d’être des serviteurs extraordinaires ! Il nous demande d’être de bons serviteurs, persévérants, fidèles et actifs, des serviteurs qui font toujours de leur mieux, fidèles à leur mission de baptisés, prêtres, prophètes et roi : prêtres, fidèles dans la prière, prophètes, fidèles dans l’annonce, le témoignage, roi, fidèles dans le soin apporté aux autres.
Amen.
David Journault †

samedi 25 septembre 2010

Quand un à-Dieu s'envisage... - fr. Christian de Chergé, Prieur de Tibhirine

Comme plus d'1 million de Français à ce jour, je suis allé voir "Des hommes et des dieux", film magnifique de profondeur et de beauté. Ils sont rares les films qui m'ont touché à ce point. En entendant dans le film l'extrait du testament spirituel du frère Christian de Chergé, j'ai eu envie de le relire, et de vous le partager.


Quand un à-Dieu s'envisage...
1er décembre 1993, 1er janvier 1994
( Ce texte a été publié en exclusivité par le journal La Croix le 29 mai 1996. Il est à remarquer que la date du 1er décembre est aussi celle de l'assassinat du père Charles de Foucauld en 1916. Christian a sûrement été sensible à cet anniversaire.)

S'il m'arrivait un jour - et çà pourrait être aujourd'hui - d'être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant tous les étrangers vivant en Algérie, j'aimerais que ma communauté, mon Église, ma famille, se souviennent que ma vie était DONNÉE à Dieu et à ce pays.
Qu'ils acceptent que le Maître Unique de toute vie ne saurait être étranger à ce départ brutal. Qu'ils prient pour moi : comment serais-je trouvé digne d'une telle offrande ? Qu'ils sachent associer cette mort à tant d'autres aussi violentes laissées dans l'indifférence de l'anonymat.

Ma vie n'a pas plus de prix qu'une autre. Elle n'en a pas moins non plus. En tout cas, elle n'a pas l'innocence de l'enfance. J'ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal qui semble, hélas, prévaloir dans le monde, et même de celui-là qui me frapperait aveuglément. 

J'aimerais, le moment venu, avoir ce laps de lucidité qui me permettrait de solliciter le pardon de Dieu et celui de mes frères en humanité, en même temps que de pardonner de tout coeur à qui m'aurait atteint.

Je ne saurais souhaiter une telle mort; il me paraît important de le professer. Je ne vois pas, en effet, comment je pourrais me réjouir que ce peuple que j'aime soit indistinctement accusé de mon meurtre. 

C'est trop cher payé ce qu'on appellera, peut-être, la "grâce du martyre" que de la devoir à un Algérien, quel qu'il soit, surtout s'il dit agir en fidélité à ce qu'il croit être l'islam.

Je sais le mépris dont on a pu entourer les Algériens pris globalement. Je sais aussi les caricatures de l'islam qu'encourage un certain islamisme. Il est trop facile de se donner bonne conscience en identifiant cette voie religieuse avec les intégrismes de ses extrémistes. 

L'Algérie et l'islam, pour moi, c'est autre chose, c'est un corps et une âme. Je l'ai assez proclamé, je crois, au vu et au su de ce que j'en ai reçu, y retrouvant si souvent ce droit fil conducteur de l'Évangile appris aux genoux de ma mère, ma toute première Église, précisément en Algérie, et, déjà, dans le respect des croyants musulmans.

Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison à ceux qui m'ont rapidement traité de naïf, ou d'idéaliste : "qu'il dise maintenant ce qu'il en pense !". Mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité. 

Voici que je pourrai, s'il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec lui ses enfants de l'islam tels qu'il les voit, tout illuminés de la gloire du Christ, fruits de Sa Passion, investis par le don de l'Esprit dont la joie secrète sera toujours d'établir la communion et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences.

Cette vie perdue, totalement mienne, et totalement leur, je rends grâce à Dieu qui semble l'avoir voulue tout entière pour cette JOIE-là, envers et malgré tout.

Dans ce MERCI où tout est dit, désormais, de ma vie, je vous inclus bien sûr, amis d'hier et d'aujourd'hui, et vous, ô amis d'ici, aux côtés de ma mère et de mon père, de mes soeurs et de mes frères et des leurs, centuple accordé comme il était promis !

Et toi aussi, l'ami de la dernière minute, qui n'aura pas su ce que tu faisais. Oui, pour toi aussi je le veux ce MERCI, et cet "A-DIEU" en-visagé de toi. Et qu'il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis, s'il plaît à Dieu, notre Père à tous deux. AMEN ! 
Inch'Allah.

Et si vous voulez en découvrir un peu plus sur la pensée du fr. Christian de Chergé, je vous conseille ce livre, recueil de ses écrits réalisé par Bruno Chenu, religieux assomptionniste,  aujourd'hui décédé : "L'invincible espérance".

Informations :
Éditeur : Bayard Éditions - Le Centurion
Année : 1997 (3e édition)
ISBN : 2-227-436-57-3 (édition que je possède)
978-2-227-48228-9 (nouvelle édition, septembre 2010)
Prix : 14,00 €

mercredi 22 septembre 2010

Reportage sur notre accueil dans la paroisse

Sur le site internet de la paroisse "Saint Benoît les Rivières" vous trouverez un reportage sur notre accueil, au P. Gérard Poirier et moi-même, dans la paroisse.

Il y a un article dans la rubrique "Actualité", et un album photo que vous trouverez ICI.

Bonne consultation.

Homélie du 18 septembre - 25e dimanche du temps ordinaire C

Église St Siméon – L’Huisserie – 18/09/10 – 18h30
25e dimanche du temps ordinaire C

(Textes : Am 8,4-7 – Ps 112 – 1 Tm 2,1-8 – Lc 16,1-13)


Mot d’accueil :
Frères et sœurs, les lectures de ce dimanche nous invitent à examiner le rapport que nous entretenons avec l’argent. « Vous ne pouvez pas servir à la foi Dieu et l’argent. » nous dit le Christ… Quelle place occupe l’argent dans ma vie ? Demandons au Seigneur la clarté de son Esprit-Saint pour éclairer nos cœurs.

Homélie :
L’argent… voilà bien une question qui occupe une place importante dans nos vies, que nous en ayons ou que nous en manquions… Quel rapport entretenons-nous avec lui ? Sommes-nous maître de lui, en cherchant à en gagner suffisamment pour vivre dignement et réaliser nos légitimes aspirations, tout en sachant prendre des distances avec la société de consommation et prendre aussi sur nos ressources pour venir en aide à ceux qui en ont besoin… où bien sommes-nous esclaves de l’argent, constamment préoccupés à trouver de nouveaux moyens d’en accumuler toujours plus, au détriment de notre équilibre de vie, et parfois en faisant quelques entorses à l’honnêteté ?
On pourrait se demander pourquoi le Christ parle d’argent… Le principal commandement n’est-il pas « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même » ? Mais si le Christ parle d’argent, c’est parce qu’il ne peut y avoir d’un côté la foi, les sentiments, l’amour envers Dieu et nos frères, et de l’autre notre façon de vivre. Notre façon de vivre est le véritable témoignage de ce qui est dans notre cœur.
Dans la première lecture, la dénonciation du prophète Amos est claire : tout ce qui est tromperie, injustice, iniquité, exploitation du plus faible par le plus fort, tout cela blesse l’amour de Dieu et reste gravé dans son cœur. Finalement dans ce passage, il n’est question que d’esclaves de l’argent. Les exploiteurs sont esclaves de l’argent, car toute leur vie tourne autour de la préoccupation d’en avoir toujours plus. Ils utilisent l’argent pour asservir d’autres personnes, volontairement, pour en gagner encore plus. Les exploités sont eux-aussi esclaves de l’argent, car ils en manquent et leur vie est soumise à la recherche de moyens de subsistance.
Ce ne sont bien sûr pas ces personnes pauvres et exploitées qui sont visées par l’évangile ; malgré l’exploitation, elles peuvent garder Dieu pour maître et pour père au fond de leur cœur. Ceux qui sont visés, ce sont précisément les maîtres qui exploitent ces pauvres gens et pensent pouvoir « acheter le malheureux pour un peu d’argent, le pauvre pour une paire de sandales ». Quand le souci de la richesse occupe tout l’esprit, il n’y a plus de place pour Dieu, car on ne peut servir deux maîtres.
Mais revenons un peu sur cet évangile qui peut paraître tellement obscure et incompréhensible… Il semble que Jésus y fasse l’éloge de la tromperie et de la malhonnêteté, et là, on ne comprend plus. Qu’en est-il ? Jésus qualifie bien le gérant de trompeur et d’habile… mais il ne “canonise” pas ainsi son action.
Le Christ nous invite à utiliser l’argent non comme un but, mais comme un moyen, un simple outil. Il ne s’agit pas de déprécier la valeur de l’argent ou des biens matériels, indispensables pour mener une existence décente. Gagner honnêtement sa vie par son travail, il n’y a rien à y redire. Mais il faut que l’argent reste au service de l’homme, et non l’inverse. Que nous dit Jésus ? « Faites-vous des amis avec l’argent trompeur, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. », c’est-à-dire, votre argent, utilisez-le pour de bonnes choses, pour de bonnes actions, pour aider les autres, et ils vous accueilleront dans le Royaume des cieux.
Nous qui sommes ici rassemblés pour prier et louer le Seigneur Dieu, soyons toujours attentifs à la place qu’occupe l’argent dans notre vie, dans notre foyer, dans notre entreprise…
Qu’à la mesure de nos forces et de nos capacités, là où le Seigneur nous donne de témoigner de Lui, nous travaillions à ce que l’homme ne soit jamais soumis à la puissance de l’argent.
Amen.
David Journault †

samedi 18 septembre 2010

Messes en semaine - Confessions - Adoration


À partir du mardi 14 septembre 2010, les messes en semaine, le sacrement de la réconciliation et l’adoration eucharistique seront célébrées en semaine selon l’organisation suivante :


lundi
mardi
mercredi
jeudi
vendredi
Messe

18h00 L’Huisserie
18h00 L’Huisserie*
18h00
en alternance
à Parné
et à Montigné
18h00 L’Huisserie
Confessions



18h30-19h00
après la messe
18h30-19h00
après la messe
Adoration




Le 1er vendredi du mois, de 18h30 à 19h00
* Le mercredi, quand la messe est célébrée l’après-midi au Castelli, il n’y a pas de messe à 18h00 à l’église

Ces célébrations pourront être annulées en raison de l’indisponibilité du célébrant. Quand une messe du jeudi ou du vendredi est annulée, les confessions sont aussi annulées. Ces annulations seront annoncées le week-end précédent aux messes et seront affichées.

L’alternance du jeudi entre Parné et Montigné s’organisera comme suit :
·        16/09 Parné
·        23/09 Montigné
·        30/09 Parné
·        07/10 Montigné
·        14/10 Parné
·        21/10 Montigné
·        28/10 Parné
·        04/11 Montigné
·        11/11 10h30 à Forcé
·        18/11 Montigné
·        25/11 Parné
·        02/12 Montigné

mercredi 25 août 2010

Retour et déplacement...

De retour de vacances en fin de semaine dernière, je suis maintenant installé depuis hier dans mon nouveau presbytère, à L'Huisserie. Déménagement, cartons, trie, déplacement, nouvel environnement, et nouvelle aventure dans une nouvelle paroisse : une belle rentrée en perspective !!!

Homélie du 22 août - 21e dimanche du temps ordinaire C

Église Saint-Pierre – Laval – 21/08/10 – 18h30
Basilique N-D d’Avesnières – Laval – 22/08/10 – 9h30
Église N-D des Cordeliers – Laval – 22/08/10 – 18h00
21e dimanche du temps ordinaire C

(Textes : Is 66,18-21 – Ps 116 – He 12,5-7.11-13 – Lc 13,22-30)


Mot d’accueil :
 
Frères et sœurs,

La parole de Jésus qui résonne dans l’Évangile de ce dimanche n’est pas facile à entendre : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. » Il y a une exigence certaine dans la vie chrétienne, et c’est par toute notre vie que nous pouvons dire à Dieu que nous l’aimons.

Homélie :

Frères et sœurs,

Peut-être que comme l’homme qui interroge Jésus au début du passage de l’Évangile que nous venons d’entendre, nous nous posons la question de l’étendue du Salut : « Seigneur, n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? »

Dans la tête de cet homme, la réponse ne peut être que “oui”, et “puisque tu es Juif, tu seras
sauvé”… C’est probablement ce qui habitait son esprit. Faire partie du peuple de l’Alliance, choisi par Dieu, était pour les Juifs contemporains de Jésus une assurance d’être sauvés.

Mais Jésus va une fois de plus renverser les perspectives : « efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. » Car ce qui compte, ce n’est pas l’appartenance à tel groupe, tel race, telle culture. Ceux qui sont exclus de la présence de Dieu, ce sont ceux à qui Il dit : « Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal. » L’appartenance au peuple juif n’est plus la garantie d’être sauvé, c’est bien plutôt la fidélité au commandement de l’amour de Dieu qui devient le critère essentiel. Et plutôt que d’être un petit peuple sauvé par son Dieu, c’est bien l’image d’un appel universel à la conversion qui est donnée par Jésus : « Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu. »

Oui, la porte est étroite, mais c’est bien une multitude venant de tous les horizons qui peut passer par cette porte. D’ailleurs, Isaïe dans la 1ère lecture ne disait pas autre chose en annonçant ce rassemblement universel sur la montagne de Sion, à Jérusalem. Il n’y a que le sens du mot “frère” qui change : il ne s’agit plus d’une fraternité du sang, mais d’une fraternité de l’Esprit… A commencer bien sûr pas celles et ceux qui sont nés à nouveau des eaux du baptême, nés de l’eau et de l’Esprit. Mais je crois aussi que cette parole s’adresse à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté qui cherche comment contribuer à la construction d’un monde de justice et de paix.

Ce n’est pas simple, et la lettre aux Hébreux pourrait nous servir d’avertissement, s’il en était besoin ! La vie nous réserve parfois de dures épreuves, et nous ne comprenons pas toujours quel sens tout cela peut avoir… et parfois cela n’a effectivement aucun sens. La lettre aux Hébreux nous invite à avoir une attitude résolument active face à la vie : nous pouvons toujours apprendre de nos épreuves, de nos difficultés, de nos échecs. « Redonnez de la vigueur aux mains défaillantes et aux genoux qui fléchissent. » D’ailleurs, cette phrase nous invite à la fois à nous relever et à aider ceux qui nous entourent à se relever. Oui, nous qui avons, comme disent certains, la chance de croire, nous ne pouvons pas passer à côté de l’attente de nos contemporains.

Ce qui dit qui nous sommes, ce qui dit celui en qui nous croyons, ce n’est pas d’abord une origine géographique ou familiale, une culture ou une religion : ce qui dit au monde, et à Dieu, ce que nous sommes, ce sont nos choix et la façon que nous avons de vivre, en relation avec les autres et avec Dieu.

Alors, oui, la porte est étroite, oui, ce n’est pas toujours facile d’être fidèles au Christ, mais si nous restons fermes dans la foi, alors nous pourrons nous réjouir avec une multitude de frères sur la montagne du Seigneur.

Amen.

David Journault †

dimanche 1 août 2010

Vacances !

Ce 1er août est pour moi le jour du départ en vacances...
Je serai donc absent de ma paroisse... et de mon blog jusqu'au 21 août... donc pas d'homélies, pas de messages... rien. Je serai totalement "déconnecté"...
Au retour, il sera temps pour moi de déménager pour quitter le presbytère de la Cathédrale de Laval pour m'installer au presbytère de L'Huisserie, lieu de ma nouvelle nomination par Mgr Scherrer.
Bonnes vacances pour ceux qui partent, bonne reprise pour ceux qui reviennent, et bon courage pour ceux qui n'ont pas de vacances.
A bientôt.
P. David Journault

Homélie du 1er août - 18e dimanche du temps ordinaire C

Basilique Notre-Dame d’Avesnières – Laval – 9h30
Dimanche 1er août 2010
18e dimanche du temps ordinaire C

 
(Textes : Qo 1,2 ;2,21-23 – Ps 89 – Col 3,1-5.9-11 – Lc 12,13-21)

Mot d’accueil :
 
Frères et sœurs,
 
Les lectures de ce jour nous invitent à regarder avec honnêteté notre rapport aux biens matériel et à interroger la façon dont nous conduisons notre existence : cherchons-nous à accumuler pour nous-mêmes, ou bien mettons-nous d’abord Dieu à la première place en cherchant à faire sa volonté ?

Homélie :
 
« Vanité des vanités, tout est vanité ! »
 
Ce commencement du Livre de l’Ecclésiaste est bien connu, et il ouvre un livre particulier de la Bible, marqué à première vue par un certain pessimisme sur l’existence. Sauf que ce n’est pas de pessimisme ou d’un regard désabusé sur l’existence qu’il s’agit : le Livre de l’Ecclésiaste veut nous mettre en garde contre la fausse sécurité que nous pouvons rechercher dans les biens matériels, et surtout dans leur accumulation. L’Ecclésiaste médite sur la personne et le parcours du roi Salomon, l’image même du grand roi à la réussite éclatante. Sauf qu’à sa mort, son successeur n’a pas été capable de maintenir en ordre son royaume et qu’en peu d’année, il n’est plus rien resté des acquis de Salomon… « Vanité des vanités, tout est vanités »
 
S’il en est ainsi du grand roi Salomon, la plus grande figure biblique de la réussite humaine, que peut-il en être pour nous, personnes ordinaires, se demande l’Ecclésiaste... À travers ce pessimisme apparent, c’est bien la foi en Dieu qui transparaît : la seule vraie valeur du monde, celle qui ne décevra pas, c’est la foi, et ce qui est lié à la foi, c’est-à-dire une vie conforme aux commandements, une vie conforme au commandement de l’amour de Dieu.
 
Jésus ne dit pas autre chose dans la parabole qu’il partage à ses interlocuteurs à l’occasion d’une demande qui lui est adressée. Un homme vient lui demander de trancher dans un différend familial, une histoire d’héritage. Nous le savons bien, hier comme aujourd’hui : combien de familles se déchirent autour du cercueil d’un défunt à cause de questions d’héritage et d’argent ! À cela Jésus répond : « Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie d’un homme, fût-il dans l’abondance, ne dépend pas de ses richesses. » À quoi cela sert-il de se fâcher, de se créer toute sorte de problèmes, de rompre les liens familiaux, pour quelque chose qui ne durera que le temps de notre vie terrestre ?
 
L’homme de la parabole, il peut nous sembler très sage à première vue : par son travail, il a réussit à accumuler une belle richesse, et il décide de faire tranquillement fructifier son capital et de vivre de ses rentes. Il construit de grands grenier, et il arrête de travailler : « Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence. »« Tu es fou, cette nuit même, on te redemande ta vie. » Que va-t-il donc rester de tout cela ? Rien. Comme pour le royaume de Salomon, cela sera transmis à des héritiers, et un autre aura la propriété du fruit de ton travail…
 
Quelle est la morale de cette histoire ? Jésus nous la donne : « Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même au lieu d’être riche en vue de Dieu. » Être riche en vue de Dieu… qu’est-ce que cela peut vouloir dire ? On pourrait le traduire par “vers Dieu” ou “selon les vues de Dieu” ou même “au bénéfice du Royaume de Dieu”. Et d’ailleurs, cela ne concerne pas que les biens matériels ; souvenons-nous de la parabole des talents : ce sont aussi de nos biens culturels et spirituels dont il est question.
 
Qu’est-ce à dire ? Cela nous invite d’abord à ne jamais oublier que toute richesse vient de Dieu et que nous n’en sommes pas propriétaire, mais seulement bénéficiaire. Ensuite, cela nous invite à ne pas oublier non plus qu’en toutes circonstances, ces richesses nous sont confiées pour que nous les fassions fructifier au profit de tous. Ce qui est véritablement pointé du doigt par la parabole, c’est l’attitude d’égoïste et de jouisseur de l’homme qui s’est enrichi : il ne pense qu’à accumuler pour son propre intérêt, sans réaliser que sa réussite matérielle lui donne un devoir de solidarité et de service de Dieu et de son prochain.
 
Frères et sœurs, demandons au Seigneur de nous assister de sa Sagesse pour que nous sachions toujours porter un regard lucide sur nos existences : ne cherchons pas tant la réussite matérielle et l’accumulation de richesses, mais mettons toute notre énergie à faire la volonté de Dieu pour être, là où nous sommes, sel de la terre et lumière du monde.
 
Amen.
 
David Journault †

dimanche 25 juillet 2010

Homélie du 25 juillet - 17e dimanche du temps ordinaire C

Cathédrale de la Sainte Trinité – Laval – 11h00
Église Notre-Dame des Cordeliers – Laval – 18h00
Dimanche 25 juillet 2010
17e dimanche du temps ordinaire C

(Textes : Gn 18,20-32 – Ps 137 – Col 2,12-14 – Lc 11,1-13)


Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

La première lecture de ce dimanche nous invite à une réflexion sur la prière de demande qui est probablement la prière la plus instinctive du croyant : s’adresser à Dieu pour lui demander quelque chose. Dans l’Évangile, Jésus nous présente la prière qui doit être la norme de toute vraie prière chrétienne : le “Notre Père”.

Homélie :

Frères et sœurs,

Quelle audace chez Abraham ! Quand beaucoup de ses contemporains se tiennent à distance respectueuse de Dieu, lui, Abraham, il ose discuter avec lui ! Comme s’il voulait lui arracher le salut de cette ville qui, toute entière, fait ce qui est mal aux yeux de Dieu. Bien sûr, Abraham ne cherche pas à aller contre la volonté divine. Il prend bien garde, au contraire, de lui soumettre pas à pas ses pensées audacieuses, comme dans une sorte de négociation. 

En fait, on peut penser qu’il agit ainsi parce qu’il a déjà deviné le secret du Dieu de la Bible, que Jésus nous a révélé : notre Dieu est “notre Père”. Toute son œuvre de création est une œuvre d’amour paternel, une œuvre de salut, un salut qu’il offre à tous les hommes. Mais encore faut-il que chaque être humain y consente personnellement. Ce plan d’amour implique une adhésion personnelle, une conversion. En effet, Dieu notre Père nous a créés libres, libres de l’aimer et de vivre en nous mettant à son école, mais aussi libres de choisir de lui tourner le dos, libres de faire le mal. C’est à la fois le mystère et la grandeur de la condition humaine. Pourquoi Dieu permet-il à l’homme de prendre une mauvaise voie ? C’est parce qu’il n’y a pas d’amour véritable sans liberté. L’amour authentique s’épanouit à partir de la liberté, qui est liberté de s’engager pour toujours envers Dieu.

La suite du récit de la Genèse nous apprend que Sodome a été détruite, parce qu’il n’y avait pas même dix justes en ses murs. Abraham est allé au bout de l’amour, il a intercédé avec confiance et humilité pour les pécheurs : la suite ne dépend plus de lui. C’est un devoir de prier pour nos frères, d’intercéder pour les pécheurs. 

En nous apprenant à prier, en nous offrant cette magnifique prière du “Notre Père”, Jésus nous invite à la même grandeur d’âme. Nous sommes solidaires les uns des autres : nous ne pouvons pas vouloir notre salut personnel, sans avoir le désir de celui des autres. Être chrétien, c’est vivre en enfant de Dieu avec des frères et des sœurs dont je suis solidaire et responsable, tout comme ils sont aussi solidaires et responsables de moi. Ainsi, l’authentique prière chrétienne est forcément une prière communautaire, une prière en “nous”, une prière où, même quand je suis seul, je dis “Notre Père”.

Autre point d’insistance de ce passage de l’Évangile : Jésus nous dit que si nous demandons, nous obtiendrons… mais il précise : « Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ? » Jésus positionne la prière au niveau de Dieu : prier, c’est demander l’Esprit Saint… et non pas demander de l’argent, de la réussite, son bac ou même la guérison d’une maladie… 

Bien sûr, dans la mesure où la prière est un dialogue avec Dieu, il est tout à fait légitime d’exprimer devant Dieu ce qui nous préoccupe, ce qui fait nos vies, nos joies, nos peines, nos épreuves… Mais si la prière est un dialogue, elle implique également que nous nous mettions véritablement à l’écoute de Dieu : nous lui parlons, mais nous avons aussi à l’écouter. Prier, c’est également remettre nos vies entre les mains de Dieu, dans une confiance et un abandon total.

Prier, c’est tourner son cœur, son esprit, son intention, vers Dieu. A cet égard, on peut méditer l’image proposée par Denys l’Aréopagyte, un chrétien des premiers siècles. Il imagine un bateau sur la mer ; sur le rivage il y a un rocher auquel est attachée une corde qui relie le bateau au rivage. Il écrit : « L’homme qui demande est dans l’attitude de celui qui, debout dans un bateau, saisit le cordage attaché au rivage et tire dessus. Il n’attire pas à lui le rocher, mais se rapproche, lui et son bateau, du rivage. »

Voilà donc ce qu’est la prière : nous tourner vers Dieu pour nous rapprocher de Lui et conformer nos vies à son amour, amour qui nous précède et nous fait vivre.

Alors, que l’exemple d’Abraham et l’enseignement de Jésus-Christ nous fassent grandir dans la confiance en Dieu notre Père, et stimulent en nous le souci de nos frères.

Amen.

David Journault †

Les messes dans ma paroisse

Retrouvez tous les horaires des célébrations sur egliseinfo.catholique.fr