"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

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mardi 7 juillet 2009

Homélie du 5 juillet - 14e dimanche du temps ordinaire B

Basilique Notre-Dame d’Avesnières – Laval – 9h30
Église Notre-Dame des Cordeliers – Laval – 18h00
Dimanche 5 juillet 2009
14e dimanche du temps ordinaire B

(Textes : Ez 2,2-5 – Ps 122 – 2Co 12,7-10 – Mc 6,1-6)

(Illustration : "Le Christ dans la synagogue de Nazareth", de Gustave Doré, 1865)

Mot d’accueil :

Nous entrons donc dans la période de l’été et des vacances. C’est un temps qui peu être propice pour approfondir notre vie chrétienne : faire plus de place à la prière, lire un livre nourrissant spirituellement, faire des visites auprès de telle ou telle personne isolée, partir à la découverte d’autres communautés chrétiennes,… Au cœur du temps de repos que nous prendrons, que le Seigneur soit présent.

Homélie :

Frères et sœurs,

Dans l’Évangile nous voyons Jésus revenir à Nazareth pour la première fois depuis qu’il sillonne le pays pour annoncer la Bonne Nouvelle. Le premier accueil, a priori bienveillant, se change en étonnement devant la grande sagesse de cet enfant du pays, pour ensuite basculer dans la franche hostilité : mais pour qui se prend-il ? Ce Jésus, les gens de Nazareth le connaissent bien : ils l’ont vu depuis son enfance grandir au milieu d’eux, apprendre un métier et l’exercer. Jésus, pour eux, c’est le fils de Marie, le charpentier : il est bien situer dans la société villageoise. Les Nazaréens ne cherchent pas vraiment à comprendre qui il est : ils savent bien d’où il vient ! Mais alors, puisqu’ils croient savoir, ils passent à côté de l’essentiel. Ils n’arrivent pas à passer de l’étonnement à la foi : ce qu’ils croient être l’identité de Jésus les empêche d’ouvrir les yeux et de le reconnaître.

Que veut nous dire Saint Marc en nous racontant cet épisode ? Car enfin, Saint Marc a beau jeu de nous décrire cet épisode a posteriori : en effet il écrit en 70 après Jésus Christ, soit près de 40 ans après la mort et la résurrection du Christ. Et c’est cet événement fondateur de la Résurrection qui a provoqué chez les disciples de Jésus une opération de mémoire et de relecture. Les Évangiles ne sont pas un récit écrit sur le vif : c’est un travail de relecture et de compréhension réalisé par les chrétiens à la lumière de l’événement de la Résurrection. Pour Marc, il est clair que Jésus est Dieu, puisque la Résurrection est venu en faire la démonstration.

Mais pour les Nazaréens, comme d’ailleurs pour beaucoup de nos contemporains, Jésus est un homme de son temps avec certes une sagesse étonnante, sans rapport vraiment avec son milieu, son éducation, sa culture… mais rien de plus : il n’est pas évident de faire le saut dans la foi. Et pour nous aussi, qui nous disons croyant, ce passage nous invite à la prudence : acceptons-nous de bien regarder Jésus et de l’accueillir tel que nous le présente l’Écriture, ou bien nous en tenons-nous à une image, à ce que nous croyons savoir de lui ? N’avons-nous pas, comme les habitants de Nazareth, une image de Jésus qui vient faire écran à la rencontre réelle avec le Christ ressuscité ?

Finalement, les Nazaréens sont jaloux et pleins d’orgueil : pourquoi lui et pas nous ? D’où cela lui vient-il ? Pour qui se prend-il ? La jalousie, l’orgueil : ce sont là les péchés décris dans le livre de la Genèse, au tout début de la Bible, qui pourrissent les relations entre les hommes, et les relations entre les hommes et Dieu depuis l’origine. De nos jours, la jalousie et l’orgueil sont toujours présents dans nos sociétés, avec leur cortège de rumeurs, de ragots, de médisance. Frères et sœurs, gardons-nous de tomber dans ces travers. Car tout comme le Christ, les chrétiens ont à être un signe de contradiction dans le monde : être chrétien, c’est dire « oui » à l’amour, au pardon, au don de soi, et c’est aussi dire « non » à la haine, à la jalousie, à la médisance, à l’esprit de revanche, à la soif de pouvoir, à la course à l’argent… Comme Ezékiel dans la première lecture, Dieu nous appelle à témoigner en son nom devant nos contemporains, « qu’ils écoutent ou qu’ils s’y refusent ». Nous ne pouvons donner la foi, mais nous pouvons annoncer que Dieu aime chaque homme, que Dieu est amour.

Oui, Dieu est amour et donc il ne saurait s’imposer : si nous regardons Jésus, nous voyons que le manque de foi et d’amour des Nazaréens font obstacle aux miracles. Il opère bien quelques guérisons, mais il ne peut dire « Va, ta foi t’a sauvé… ». Tout comme le Christ, et comme Paul dans sa deuxième épître aux Corinthiens, nous sommes faibles, mais que cela ne nous empêche pas de témoigner de notre foi dans notre vie : que nos vies soient des reflets de l’amour du Christ. Les mauvaises actions commises par des chrétiens font obstacle à la rencontre entre Dieu et les hommes de notre temps. Que nous soyons de purs reflets de l’amour de Dieu et qu’ainsi nous aidions nos contemporains à le rencontrer.

Frères et sœurs, voilà bien la prière que je vous propose de faire au cours de cette eucharistie.

Amen.

David Journault †

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Musiques chrétiennes diverses : "CREDO Fraternel" (PUSH), "Amis dans le Seigneur" (MEJ), "Angélus", "Jésus, toi qui as promis", "Approchons-nous de la table"

Chants des JMJ Sydney : "Amazing Grace", "Receive The Power" (Version internationale), "You Raise Me Up", "Behold The Cross", "Ave Maria", "Ameno"

Chants de Taizé : "Venite Exultemus Domino", "El Alma Que Anda en Amor", "In Manus Tuas, Pater", "Wyslawiajcie Pana"

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