"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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dimanche 26 juillet 2009

Homélie du 26 juillet - 17e dimanche du temps ordinaire B

Cathédrale de la Trinité – Laval – 11h00
Dimanche 26 juillet 2009
17e dimanche du temps ordinaire B

(Textes : 2R 4,42-44 – Ps 144 – Ep 4,1-6 – Jn 6,1-15)

(Illustration : Colette Isabella)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Si nous sommes rassemblés ce matin, c’est que comme les foules qui suivent Jésus, nous avons faim de sa Parole et de son Pain. Nous sommes venus nous nourrir au Christ pour être encore plus proches de lui. L’Eucharistie est le pain du ciel, mais donné aux pèlerins que nous sommes.

Homélie :

Frères et sœurs,

En ce dimanche nous ouvrons comme une parenthèse dans l’année liturgique. Pendant cinq dimanches à partir d’aujourd’hui, nous abandonnons la lecture de l’évangile selon St Marc pour lire le chapitre 6 de l’évangile selon St Jean, le passage du “Pain de Vie”.

La foule suit Jésus, car en le voyant réaliser des signes et des guérisons, elle a discerné en lui quelqu’un d’exceptionnel qui va peut-être pouvoir combler sa faim spirituelle. Car je ne pense pas que les foules suivaient Jésus pour avoir à manger ! Ce n’est pas la faim physique qui les fait marcher, tous ces gens. Mais ils sont en recherche d’un enseignement qui leur permette de donner sens à leur vie. Et la personne de Jésus telle qu’elle se révèle dans ses paroles et dans ses actes répond à leur attente.

Jésus sait cela, et il va commencer son enseignement par un signe bien concret et en même temps éclatant. A partir de cinq pains d’orge et de deux poissons, il va nourrir plus de cinq milles personnes. Il ne fait pas ça pour épater les gens et retenir leur attention, comme un bateleur de foire. Il ne fait pas ça pour séduire la foule. D’ailleurs, quand ils voudront le faire roi, il va se retirer, tout seul, dans la montagne. Le miracle chrétien se produit toujours dans un contexte d’humilité et est toujours là pour renvoyer à quelqu’un d’autre qu’à celui qui vient de le faire. D’ailleurs, avant la distribution, nous voyons Jésus rendre grâce à son Père.

Quand St Jean écrit son évangile, cela fait plusieurs décennies que les chrétiens se rassemblent chaque semaine pour faire mémoire de la Cène, du dernier repas du Christ. Et c’est cette relecture du parcours terrestre de Jésus qui permet de faire le lien, d’éclairer ce geste de la multiplication des pains, gestes eucharistique. « Jésus prit les pains, et après avoir rendu grâce, les leur distribua. » Prendre le pain, rendre grâce, puis le donner : ce sont les actes même de l’eucharistie.

Et si nous regardons à partir de quoi Jésus va faire ce signe, nous réalisons qu’il y a comme base de son acte une maigre et faible ressource : les cinq pains et les deux poissons apportés par un jeune garçon. Nous le savons bien, le Fils de Dieu, créateur du ciel et de la terre, par qui tout fut créé dans le ciel et sur la terre, aurait très bien pu nourrir cette foule à partir de rien. Mais là encore, son geste a valeur d’enseignement : c’est à partir de ce que nous pouvons donner que Dieu agit.

Il y une immense disproportion entre la participation de l’homme et le don de Dieu, mais Dieu veut, par amour, avoir besoin de l’homme. Comme le dit Mgr André-Mutien Léonard, évêque de Namur, en Belgique, en commentant cet évangile : « Quand nous célébrons l’Eucharistie, notre apport personnel et communautaire est indispensable, mais il reste dérisoire en comparaison du don surabondant du Seigneur. Car, en chaque Eucharistie, il y a de quoi faire de nous des saints et, dans l’énergie qui l’habite et qui est celle même de la Résurrection, il y a de quoi transfigurer l’univers entier. »

Le don de Dieu peut fructifier en nous si nous acceptons de sortir de nous-mêmes, si nous refusons l’égoïsme au profit du partage et du don de nous-mêmes. Même si c’est Jésus qui fait le plus grand signe, sans le don du jeune garçon, cela n’aurait pas été possible.

Nous qui portons le beau nom de chrétien, n’ayons pas peur de nous donner à Dieu et aux autres: dans notre communion au Christ, Dieu fera magnifiquement fructifier nos dons.

Amen.

David Journault †

10 000 visiteurs !

Bonjour,
Le petit compteur de mon blog m'indique qu'il vient de dépasser les 10 000 visiteurs, en provenance de 97 pays !
J'espère que ceux qui sont passés par ici y ont trouvé de quoi nourrir leur foi et leur réflexion.
Et je viens même de voir que parmi ces 10 000 visiteurs, il y en avait deux de la Cité du Vatican... quelque lecteur éminent, peut-être ;-) !
En tout cas, merci à tous et n'hésitez-pas à me laisser un petit commentaire sur ce message.
Bonne lecture.
P. David Journault

dimanche 19 juillet 2009

Homélie du 19 juillet - 16e dimanche du temps ordinaire B

Basilique Notre-Dame d’Avesnières – Laval – 9h30
Cathédrale de la Trinité – Laval – 11h00
Dimanche 19 juillet 2009
16e dimanche du temps ordinaire B

(Textes : Jr 23,1-6 – Ps 22 – Ep 2,13-18 – Mc 6,30-34)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,
Comme les disciples au retour de mission, nous prenons un temps à l’écart avec Jésus, pour rendre grâce, remercier le Seigneur, et refaire nos forces en puisant à la source de la Parole et de l’Eucharistie.

Homélie :

Frères et sœurs,

Après leur première mission, les Apôtres reviennent vers Jésus, pour lui rendre compte de ce qu’ils ont fait. On les imagine heureux de retrouver le Seigneur, et impatient de lui rapporter tout ce qu’ils ont vécu. On les imagine aussi bien fatigués : parcourir la Galilée à pied, sans argent, sans tunique de rechange, avec un simple bâton et en vivant de la charité et de l’hospitalité des villageois rencontrés, cela n’a pas dû être de tout repos.

Et Jésus leur propose une sorte de récollection, de retraite : partir à l’écart, dans un endroit désert, pour prendre un temps privilégié de cœur à cœur avec Lui, de cœur à cœur avec Dieu, pour se replonger au cœur même de ce qui a fait d’eux des Apôtres du Seigneur. Jésus les invite donc à cesser pour quelques temps leurs activités apostoliques, et même à délaisser cette foule qui les presse, pour prendre le temps du ressourcement. Ce temps de retraite qu’il leur propose est donc aussi en quelque sorte un temps de vacances !

C’est sans doute important pour nous d’entendre cela : même les Douze prenaient des vacances ! Même le Christ les invitait à cela ! Ce que Jésus propose à ses disciples, c’est bien de venir se reposer et se recentrer sur ce qui fait le cœur de leur appel : être avec lui, demeurer en lui, partager son intimité pour nourrir les mêmes sentiments que lui. Après ce temps de mission et d’annonce, ils sont invités à venir reprendre souffle et comme tout déposer dans le cœur du Christ, là d’où ils sont partis et là où ils doivent revenir.

Pour nous qui avons peut-être des vies très actives, je crois que c’est important que nous puissions entendre ce passage d’évangile. Sans ce temps avec Jésus, la mission des Apôtres perdrait son sens. S’ils ne venaient pas se replonger en Dieu, ils ne seraient plus ses disciples… ils courraient le risque de “travailler à leur compte” et non de travailler pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Nous aussi, nous sommes des disciples du Christ, et nous sommes appelés à être ses témoins. La condition fondamentale de la fécondité de notre témoignage, c’est notre intimité avec Dieu, c’est notre vie de prière et c’est aussi notre capacité à, régulièrement, prendre un temps de récollection, de retrait, par rapport à notre vie habituelle. Comment mettons-nous à profit ce temps des vacances, non seulement pour nous reposer physiquement, mais aussi pour nourrir notre vie spirituelle ? Passer quelques jours dans un monastère ou participer à telle ou telle session ? S’attacher à la lecture d’un ouvrage nourrissant pour notre foi ? Laisser plus de temps à la prière et à la méditation de la Parole de Dieu ?

Bien sûr, nous le voyons, tout ne se passe pas exactement comme prévu ! La foule qui presse Jésus et les disciples a compris où ils allaient, et elle fait le chemin à pieds pour les retrouver. Pour le repos et la solitude, c’est un peu raté ! Mais du coup, cette récollection de Jésus avec ces disciples prend une autre tournure. Alors qu’eux-mêmes sont de retour de mission, alors qu’ils ont prêché et annoncé la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu au monde, les Apôtres se retrouvent à nouveau en position de disciples : ils assistent à la prédication de Jésus et ils peuvent, avec la foule, recevoir son enseignement. « Il fut saisi de pitié envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. » Le cœur du Christ est touché par la demande muette de ces foules qui le pressent, de ces personnes en recherche… et il montre à ses disciples ce qu’il faut faire. C’est aussi un appel pour nous à un juste équilibre de vie. Le Christ nous appelle à laisser dans notre vie chrétienne la place pour Dieu et pour les autres. Ainsi nous sommes appelés à structurer notre vie en trois temps : un temps pour les autres, un temps pour Dieu et un temps pour moi.

Quel est l’équilibre actuel de ma vie ? Est-ce que ces trois temps y sont bien présents ? Y at-il du déséquilibre ? Quels moyens concrets pour améliorer l’équilibre ? Voilà quelques questions que nous pouvons nous poser en ces mois d’été. Voilà quelques questions que nous pouvons confier au Seigneur.

Amen.
David Journault †

Les messes dans ma paroisse

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