"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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dimanche 26 avril 2009

Homélie du 19 avril - Deuxième dimanche de Pâques B

Basilique ND d’Avesnières – Laval – 10h00
Église ND des Cordeliers – Laval – 18h00
Dimanche 19 avril 2009
2e Dimanche de Pâques Dimanche de la Divine Miséricorde B

(Textes : Ac 4,32-35 – Ps 117(118) – 1Jn 5,1-6 – Jn 20,19-31)

Mot d’accueil :

Alléluia, la vie est victorieuse de la mort ! Voilà le chant de victoire de Pâques. La Miséricorde de Dieu nous apporte le salut, et les puissances de mort n’ont plus de prise sur nous. Ce jour est jour de paix, dans le Christ ressuscité. Portons l’espérance et la miséricorde de Dieu à nos frères.

Homélie :

Frères et sœurs,

Entre sa résurrection et son ascension, le Christ est apparut de nombreuses fois à ses disciples, afin de leur faire connaître la réalité de sa résurrection et leur délivrer un dernier enseignement. St Jean nous décrit bien l’état d’esprit des proches du Christ : ils sont dans la peur. Ils n’ont pas encore compris la portée des événements. Certes Marie Madeleine leur a dit avoir rencontré le Seigneur ressuscité, mais cela ne suffit pas à les rassurer. Et Jésus se montre, au milieu d’eux, pas comme un esprit, mais avec son corps, qui garde en lui les traces indélébiles de sa passion.

Le Christ n’a pas fait semblant de souffrir et de mourir, et pour l’éternité, son corps, même glorifié par la résurrection, gardera les traces de la flagellation, des clous, de la couronne d’épine, du coup de lance dans le côté. Ces traces infâmantes deviennent comme les titres de gloire, les insignes qui témoignent de l’œuvre accomplie.

Que vient leur apporter le Christ ? Tout d’abord, la paix : « La paix soit avec vous. » Et il le répète deux fois, comme si la peur et la stupéfaction des disciples les empêchaient dans un premier temps de bien comprendre ce qui se passe. Ensuite, le Christ répand sur eux son souffle, préfiguration de la Pentecôte : alors qu’Il n’est encore avec eux que pour un temps limité, Il leur fait don de l’Esprit, Esprit Saint qui reste à l’œuvre dans notre monde et dans nos personnes.

Mais voilà, parmi les onze apôtres, il en est un qui n’était pas là : Thomas. Thomas, nous en faisons parfois la figure de l’incrédulité, et c’est un fait que Jésus l’appelle ainsi : « cesse d’être incrédule, soit croyant. » Oui, bien sûr, Thomas n’a pas spontanément confiance dans ce que lui disent les autres apôtres… il doute, il veut des preuves… Mais ce faisant, n’est-il pas finalement très proche de nous ?

Alors le Christ vient à sa rencontre, lui présente les marques de son supplice et lui les donne à toucher. Face à cette blessure de la non foi qui est en son âme, le Christ lui présente, comme remède, ses propres blessures. Comme le dit St Augustin : « “Viens, mets ton doigt. Je connaissais tes blessures, j’ai gardé pour toi ma cicatrice.” Mais en approchant sa main, il peut pleinement compléter sa foi. Quelle est en effet la plénitude de la foi ? De ne pas croire que le Christ est seulement homme, de ne pas croire non plus que le Christ est seulement Dieu, mais homme et Dieu. Telle est la plénitude de la foi, car “la Parole s’est faite chair et elle a habité parmi nous”. Ainsi le disciple auquel son Sauveur donnait à toucher les membres de son corps et ses cicatrices… mais dès qu’il a touché, il s’écrie : “Mon Seigneur et mon Dieu”. Il a touché l’homme, il a reconnu Dieu. Il a touché la chair, il s’est tourné vers la Parole, car “la Parole s’est faite chair et elle a habité parmi nous”. »

Oui, dès qu’il a devant lui le Christ ressuscité, St Thomas devient croyant, et sa confession de foi est simple et limpide : « Mon Seigneur et mon Dieu. » Cette parole de Thomas, nous sommes invités à la redire intérieurement, à chaque élévation ; quand le prêtre, après avoir redis les paroles du Christ élève l’hostie, puis quand il élève le calice : gardons les yeux fixés sur l’hostie, gardons les yeux fixés sur le calice, et redisons dans notre cœur « Mon Seigneur et mon Dieu », avant de nous incliner, ensembles, pendant que le prêtre fait la génuflexion. Si le prêtre élève l’hostie et le calice, c’est bien pour les offrir à votre contemplation et à votre adoration. Thomas, dont le nom signifie Jumeau, est peut-être bien notre jumeau : nous aussi, nous avons peut-être du mal à croire au témoignage que nous ont donné nos aînés dans la foi. Laissons nos cœurs s’ouvrir à l’amour miséricordieux du Seigneur, ouvrons nos cœurs à cette joie et à cette espérance : Christ est ressuscité, et il nous entraîne avec lui dans la joie de la résurrection.

Amen.

David Journault †

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