"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

Musique et autres nouveautés...

Vous pouvez aussi retrouver en bas de page les horaires des messes de ma paroisse...

vendredi 30 janvier 2009

Levée des excommunications, suite...

Juste un petit mot pour vous signaler un texte très intéressant et édifiant de Mgr Hippolyte Simon, Archevêque de Clermont, vice-président de la Conférence des Évêques de France, publié sur le site de La Croix.
Voici le lien... N'hésitez pas à aller lire cette lettre ouverte, elle est très éclairante. J'espère qu'elle sera lue... elle permettra à beaucoup de gens d'arrêter de dire des bêtises !!!

mercredi 28 janvier 2009

Levée des excommunications de 4 évêques lefebvristes

Une fois de plus, les médias français, à l'exception du journal "La Croix", ne font rien pour nous aider à comprendre ce qui se passe : caricatures outrancières de la position du Pape, amalgame entre ce décret et des propos de Mgr Williamson,...

Non, le Pape n'a pas "bénit" par ce décret les positions révisionnistes de Mgr Williamson !

Le décret concerne un événement précis (les ordinations épiscopales de 1988), et il ne concerne que cela ! Il ne change rien à la situation concrète des évêques, des prêtres et des fidèles de la Fraternité St Pie X : ils sont toujours en marge de l'Eglise catholique romaine et ils vont maintenant devoir montrer ce qu'ils entendent concrètement par "obéissance". La décision généreuse de Benoît XVI va maintenant les amener au pied du mur : si vous vous dites catholiques romains, alors vous devez obéir au Magistère de l'Eglise, ceci incluant le Pape, les évêques, et les conciles, y compris le concile Vatican II... Nous en sommes au tout début du chemin, et il appartient maintenant à Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité St Pie X, de prendre les bonnes décisions.

C'est peut-être un peu ardu, mais dans ce message, j'essaye de vous donner les éléments nécessaires à votre réflexion :

Le communiqué de Mgr Thierry Scherrer, évêque de Laval, sur ce sujet :
(source : Site internet du diocèse de Laval)
Par un décret daté du 21 janvier 2009 émanant de la Congrégation pour les Évêques, le Pape Benoît XVI vient de rendre publique sa décision de lever l’excommunication qui pesait depuis plus de vingt ans sur les quatre évêques ordonnés illégalement par Mgr Lefebvre. Beaucoup dans la communauté catholique sont déroutés par cette mesure, et je les comprends.

Pour autant cette décision, qui est d’abord un acte de miséricorde et un geste d’ouverture en faveur des prélats excommuniés, ne règle pas comme par enchantement le différend qui oppose les chrétiens lefebvristes et le Saint-Siège depuis de longues années. Elle s’offre comme un préalable à un dialogue entre les deux parties, dialogue qui ne sera fructueux et fécond que si ces chrétiens encore séparés de Rome consentent à entrer dans un chemin de clarification concernant un certain nombre de points doctrinaux. Parmi eux, les questions de la liberté religieuse, de l’œcuménisme et de la collégialité épiscopale appellent à être explicitées de la manière la plus claire. Derrière ces questions, c’est l’héritage du Concile Vatican II en son ensemble qui est en jeu : les membres de la Fraternité Saint Pie X doivent être maintenant en mesure de nous dire clairement s’ils acceptent cet héritage ou s’ils le refusent.

Le pape tend ainsi la main aux intégristes, c’est à eux désormais de la saisir ! Nous ne sommes par conséquent qu’au début d’un chemin de réconciliation qui risque d’être long, non seulement en raison de la complexité des points de doctrine à éclaircir, mais aussi en raison des divisions importantes qui existent à l’intérieur même de la famille lefebvriste. De notre côté, nous ne pouvons pas ne pas désirer que l’unité se fasse un jour en dépit des résistances et des difficultés, en dépit même des incompréhensions et des blessures profondes qui ont pu être causées dans le passé par ces dissensions graves.

Servir et construire l’unité requiert que nous regardions l’avenir en ne considérant en premier lieu que le bien de l’Église elle-même et sa communion effective. C’est dans cet état d’esprit que j’invite tous les membres de la communauté catholique en Mayenne à accueillir la décision que notre Pape Benoît XVI vient de prendre. « Que tous soient un pour que le monde croie » (Jn 17,21).

† Thierry SCHERRER
Evêque de Laval

Le 28 janvier 2009

Le texte du décret lui-même :
(source :
Site internet des Évêques de France)

Dans une lettre adressée, le 15 décembre 2008, à son Eminence le cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la commission pontificale Ecclesia Dei, Monseigneur Bernard Fellay, au nom des trois autres évêques consacrés le 30 juin 1988, sollicitait de nouveau la levée de l’excommunication latae sententiae déclarée officiellement par le Décret du Préfet de la Congrégation pour les évêques publié le 1er juillet 1988.
Dans cette lettre, monseigneur Fellay affirme, entre autre : « Nous sommes toujours fermement déterminés dans notre volonté de rester catholiques et de mettre toutes nos forces au service de l’Eglise de Notre Seigneur Jésus Christ, qui est l’Eglise catholique romaine. Nous acceptons son enseignement dans un esprit filial. Nous croyons fermement à la Primauté de Pierre et à ses prérogatives, et c’est pour cela même que nous souffrons tant de l’actuelle situation. »

Sa Sainteté Benoît XVI – sensible comme le serait un père au malaise spirituel manifesté par les intéressés à cause de la sanction d’excommunication, et confiant en leur volonté, exprimée dans la lettre citée auparavant, de ne ménager aucun effort pour approfondir, via des colloques nécessaires avec les autorités du Saint Siège, les questions qui restent en suspens afin de pouvoir parvenir rapidement une pleine et satisfaisante solution au problème qui s’est posé à l’origine – a décidé de reconsidérer la situation canonique des évêques, Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galarreta qui avait suivi leur consécration épiscopale.

Avec cet acte on désire consolider les relations réciproques de confiance, intensifier et stabiliser les rapports de la Fraternité Saint Pie X avec le Siège Apostolique. Ce don de paix, au terme des célébrations de Noël, veut être aussi une preuve pour promouvoir l’unité dans la charité de l’Eglise universelle et arriver à supprimer le scandale de la division.

On espère que ce pas sera suivi de réalisation rapide de la pleine communion avec l’Eglise de toute la Fraternité de Saint Pie X, témoignant ainsi de la vraie fidélité et de la vraie reconnaissance du Magistère et de l’Autorité du Pape avec la preuve de l’unité visible.

En vertu des facultés accordées par le Saint Père Benoît XVI, en vertu du présent décret, je remets aux évêques Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galarreta la levée de l’excommunication latae sententiae décrétée par cette Congrégation le 1er juillet 1988, et je déclare privé d’effet juridique, à partir de ce jour, le Décret émis à l’époque.

Rome, de la Congrégation pour les évêques, 21 janvier 2009
Cardinal Giovanni Battista Re
Préfet de la Congrégation pour les évêques

Deux communiqués de Mgr Fellay, supérieur général de la Fraternité St Pie X :
La réponse à la levée des excommunications

(source : site d'information de la Fraternité St Pie X)

L’excommunication des évêques sacrés par S. Exc. Mgr Marcel Lefebvre le 30 juin 1988, qui avait été déclarée par la Congrégation pour les évêques par un décret du 1er juillet 1988 et que nous avons toujours contestée, a été retirée par un autre décret de la même Congrégation en date du 21 janvier 2009, sur mandat du pape Benoît XVI.

Nous exprimons notre gratitude filiale au Saint Père pour cet acte qui, au delà de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, sera un bienfait pour toute l’Eglise. Notre Fraternité souhaite pouvoir aider toujours plus le pape à porter remède à la crise sans précédent qui secoue actuellement le monde catholique, et que le pape Jean-Paul II avait désignée comme un état d’« apostasie silencieuse ».

Outre notre reconnaissance envers le Saint Père, et envers tous ceux qui l’ont aidé à poser cet acte courageux, nous sommes heureux que le décret du 21 janvier envisage comme “nécessaires” des entretiens avec le Saint-Siège, entretiens qui permettront à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X d’exposer les raisons doctrinales de fond qu’elle estime être à l’origine des difficultés actuelles de l’Eglise.

Dans ce nouveau climat, nous avons la ferme espérance d’arriver bientôt à la reconnaissance des droits de la Tradition catholique.

Menzingen, le 24 janvier 2009

+ Bernard Fellay
Demande de pardon pour les propos de Mgr Williamson
(Source : salle de presse du Saint-Siège, via le site de "La Croix")

Communiqué de Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X sur les déclarations de Mgr Williamson
Menzingen, le 27 janvier 2009

Nous avons eu connaissance d’une interview accordée par Mgr Richard Williamson, membre de notre Fraternité Saint-Pie-X, à la télévision suédoise. Dans cette interview, celui-ci s’exprime sur des questions historiques, en particulier sur la question du génocide juif par les national-socialistes.

Il est évident qu’un évêque catholique ne peut parler avec une autorité ecclésiastique que sur des questions concernant la foi et la morale. Notre Fraternité ne revendique aucune autorité sur les autres questions. Sa mission est la propagation et la restauration de la doctrine catholique authentique, exposée dans les dogmes de la foi. C’est pour ce motif que nous sommes connus, acceptés et estimés dans le monde entier.

C’est avec une grande peine que nous constatons combien la transgression de ce mandat peut porter tort à notre mission. Les affirmations de Mgr Williamson ne reflètent en aucun cas la position de notre société. C’est pourquoi je lui ai interdit, jusqu’à nouvel ordre, toute prise de position publique sur des questions politiques ou historiques.

Nous demandons pardon au Souverain Pontife, et à tous les hommes de bonne volonté, pour les conséquences dramatiques d’un tel acte. Bien que nous reconnaissons l’inopportunité de ces propos, nous ne pouvons que constater avec tristesse qu’il atteignent directement notre Fraternité dans le but de discréditer sa mission.

Cela nous ne pouvons l’admettre et nous déclarons que nous continuerons de prêcher la doctrine catholique et de dispenser les sacrements de la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

+ Bernard Fellay
Supérieur Général
Un communiqué du Saint-Siège sur la question de la Shoah :
CITE DU VATICAN, 28 jan 2009 (AFP) - Le pape solidaire des juifs, condamne la négation de la Shoah
Le pape Benoît XVI a exprimé mercredi sa "solidarité" avec les juifs et a condamné la négation de la Shoah, après les déclarations d'un évêque intégriste niant l'existence des chambres à gaz.

Benoît XVI a aussi demandé aux quatre évêques intégristes dont il a annulé l'excommunication de reconnaître "l'autorité du pape et le concile Vatican II", qui avait rompu avec une tradition chrétienne attribuant aux juifs la mort du Christ.

Alors que les déclarations de l'un de ces évêques, Mgr Richard Williamson, niant l'existence des chambres à gaz et ramenant la Shoah à "200 à 300.000 morts" a provoqué une vive émotion dans le monde, Benoît XVI a exprimé sa "pleine et indiscutable solidarité" avec les juifs.

"La Shoah doit être pour tous un avertissement contre l'oubli, la négation et le réductionnisme", a-t-il ajouté dans une déclaration en conclusion de son audience générale hebdomadaire.


Le dossier du journal "La Croix" sur cette question : Lien

dimanche 25 janvier 2009

Homélie du 25 janvier - Fête de la Conversion de Saint Paul

Note : normalement, quand cette fête tombe un dimanche, on célèbre le dimanche. Mais cette année, qui est "L'Année St Paul", il a été accordé par Rome que l'on puisse célébrer la fête de la Conversion de Saint Paul.

Cathédrale de la Trinité – Laval – 10h30
Église ND des Cordeliers – Laval – 18h00
Dimanche 25 janvier 2009
Fête de la Conversion de Saint Paul

(Textes : Ac 22,3-16 – Ps 116(117) – 1Co 7,29-31 – Mc 16,15-18)

Mot d’accueil :

Frères et sœur,

Aujourd’hui, au cœur de « L’Année Saint Paul » voulue par le Saint-Père, nous célébrons cet événement fondateur pour l’Apôtre des Gentils comme pour l’Église : la Conversion de saint Paul. Sur le chemin de Damas, Paul a fait une rencontre qui a bouleversé sa vie : il a rencontré le Christ.

Prions en rendant grâce pour l’action missionnaire de Saint Paul, et en ayant au cœur le désir sincère de nous laisser, nous aussi, transformés profondément par la rencontre du Christ.

Homélie :

« Allez dans le monde entier » (Mc 16,15)… La mission naît de cet appel du Christ, elle naît de la foi et de l’amour. Il n’est pas question de chercher à se faire des disciples : l’attitude du chrétien missionnaire prend sa source dans son expérience personnelle. Le missionnaire veut communiquer à tous son expérience de salut et de joie, il veut partager sa joie de croire en Jésus Christ. Il a fait l’expérience de l’amour de Dieu pour lui-même, et ce trésor il ne peut le garder pour lui, il veut le partager à toute l’humanité. Ainsi, l’attitude missionnaire, elle se nourrie de la vie intérieure, de la relation intime entre le croyant et Dieu, en Église.

Cette Conversion de saint Paul que nous fêtons aujourd’hui, elle est ce temps béni où le Seigneur fait irruption dans la vie de Paul. Ce dernier est fier de son héritage spirituel et de sa foi, il a bénéficié des enseignements d’un grand maître, mais il n’arrive pas, jusqu’à ce jour, à comprendre que Jésus est venu accomplir la loi et récapituler tout l’enseignement des prophètes.

En découvrant le Christ, saint Paul se découvre aussi lui-même… il voit la fragilité de sa vie d’avant. Le Christ se révèle à lui, et il est complètement retourné par cette rencontre. C’est toute sa vie qui va s’en trouver changée.

Mais pour aller de l’avant, Paul a besoin de ses aînés dans la foi, il a besoin de l’Église, de la communauté des croyants, en la personne d’Ananie. Ananie est en quelque sorte le catéchiste de Paul : il lui permet de relire et de comprendre l’expérience spirituelle forte qu’il a faite. Sans lui, il serait resté dans le flou, dans l’obscurité : l’expérience de la rencontre du Christ aurait eu du mal à toucher son intelligence, et il aurait couru le risque d’en rester au niveau de la sensibilité, du ressenti, du sentiment…

Chercher à ressentir quelque chose dans la prière, chercher les grâces sensibles, chercher à se sentir bien… il n’y a rien de mal à ça ; mais c’est faire fausse route que d’en rester là. S’il arrive que le Seigneur donne à tel ou tel une grâce particulière dans la prière, comme on le voit dans la vie de certains saints, ces saints ne seraient jamais devenus saints s’ils en étaient restés là. Saint Paul ne serait pas devenu ce pilier de l’Église s’il s’était contenté de continuer à rechercher dans la prière à ressentir ce qu’il avait ressenti lors de la rencontre du Christ.

Aidé par l’Église, en la personne d’Ananie, et plus tard dans la personne des Apôtres, Paul prend conscience du chemin que Dieu l’invite à parcourir. De son expérience personnelle, Paul tire un trésor qu’il ne peut pas garder pour lui : il devient missionnaire.

S’il y a une crise aujourd’hui dans l’Église, c’est peut-être une crise de l’esprit missionnaire. Cet esprit missionnaire, il se nourrit de notre vie spirituelle, de notre vie de prière et d’adoration, de notre volonté d’appuyer notre foi sur l’exercice de notre intelligence…

Si l’Église cesse d’être missionnaire, elle cesse pour de bon d’être l’Église, d’être le Corps du Christ : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. » Le danger où nous sommes, c’est celui du replie sur nous-mêmes… et c’est un cercle vicieux : si nous nous replions sur nous-mêmes, nous ne sommes plus missionnaires. Et si nous ne sommes plus missionnaires, nous faisons obstacle à l’action de Dieu dans notre monde. La mission, elle est de toujours à toujours, au loin comme ici. La mission, elle ne cessera qu’avec le retour du Christ à la fin des temps. En attendant, nous sommes toutes et tous des ouvriers appelés à travailler dans la vigne du Seigneur. Notre baptême est notre contrat d’embauche : et c’est un beau contrat à durée indéterminée…

N’ayons pas peur et, comme saint Paul, soyons des missionnaires joyeux et audacieux de l’Évangile.

Amen.

David Journault †

mardi 20 janvier 2009

L'argent de l'Eglise

Cela fait plusieurs fois que j'entends des personnes faire des réflexions à propos de l'argent de l'Église... alors une petite "mise au point" semble nécessaire. En effet, il y a encore des personnes qui croient en toute bonne foi que l'Église catholique est riche, voir même que les prêtres sont payés par l'État...

Petit rappel : depuis 1905, il y a une séparation totale des Églises et de l'État en France. L'Église catholique a été spoliée de tous ses biens, que ce soient ceux qui coûtent (églises, bâtiements...) ou ceux qui rapportent (fermes...) et aujourd'hui les églises, presbytères,... antérieurs à cette date appartiennent aux communes. Les cathédrales sont propriété de l'État. L'Église catholique reste par contre l'affectataire exclusif des lieux de culte : rien ne peut se faire dans une église ou une cathédrale sans l'accord préalable du curé, qui s'assure que les activités culturelles par exemple ne sont pas incompatibles avec le caractère sacré des lieux. Les églises ne sont pas des salles de concert, ni des salles des fêtes ! Alors, s'il y a concert, il faut que le style de musique et le répertoire soit compatibles avec le fait qu'il s'agit d'un lieu de culte chrétien.

Autre question : les ressources de l'Eglise catholique, et les revenus des prêtres... L'Eglise catholique n'a pas d'autre ressource financière que les dons des fidèles. Et les salaires des prêtres et de toutes les personnes salariées de l'Eglise sont payés grâce à ces dons. Aujourd'hui, de nombreux diocèses sont dans une situation financière très préoccupante, et c'est le cas du diocèse de Laval... Chaque année, le diocèse perd de l'argent, et il est obligé de puiser dans ses réserves et dans celles des paroisses pour rester à l'équilibre. La situation est telle qu'il n'est pas à exclure que d'ici quelques années, le diocèse ne puisse plus faire face à ses frais de fonctionnement... il faudra peut-être alors que les prêtres eux-mêmes se mettent à exercer un travail salarié à l'extérieur pour subvenir à leurs besoins. Ce qui est clair, c'est qu'aujourd'hui, les dons des fidèles ne sont pas à la hauteur des besoins de l'Eglise...

La "paye" d'un prêtre, c'est pour moitié les honoraires de messe. Quand on souhaite faire célébrer une messe à une intention particulière, on est invité à faire un don de 16 €. Les prêtres reçoivent ainsi 16 € par jour... mais il y a de moins en moins de personnes à demander des messes... A croire que les chrétiens ne prient plus pour les défunts de leur famille...

Autre aspect de la question : donner de l'argent pour un sacrement... Le principe est clair : un sacrement est gratuit. Et cela vaut aussi pour les funérailles (qui ne sont pas un sacrement). Mais comme l'Eglise ne vit que de dons, elle propose aux personnes qui font appelle à elle pour telle ou telle célébration de faire un don à cette occasion. Pour cela elle donne un montant indicatif : 60 € pour un baptême, 160 € pour un mariage, 160 € pour une sépulture. Et le don est fait au moment de la célébration ou après : la célébration n'est pas liée au don... quel que soit le montant du don, la célébration aura lieu !

Chacun est invité à y réfléchir, notamment en ce qui concerne le Denier de l'Eglise : si vous estimez que vous n'avez pas besoin de l'Eglise catholique et que vous n'en aurez jamais besoin... ne donnez rien. Mais si vous souhaitez qu'il y ait un prêtre et des chrétiens à vos côtés pour tel ou tel événement de la vie de votre famille... alors faites en sorte que l'Eglise puisse vivre !

Que ceux qui ont des oreilles entendent...

dimanche 18 janvier 2009

17 janvier : Anniversaire de l'apparition de la Vierge Marie à Pontmain


17 janvier 1871 La Vierge Marie apparaît aux enfants de Pontmain et leur transmet ce message :
« Mais priez mes enfants
Dieu vous exaucera en peu de temps.
Mon Fils se laisse toucher. »


L’apparition de la Vierge Marie à Pontmain

Un soir — celui du 17 janvier 1871 — mettant le nez dehors, Eugène aperçut une belle Dame; puis ce fut le tour de Joseph et des autres voyants. Progressivement les habitants du village se rejoignent devant la grange tandis que les enfants contemplent Marie.


Les circonstances


C'était en plein hiver, c'était en pleine guerre. Les troupes de Guillaume Ier, roi de Prusse, ne cessent de l'emporter sur celles de Napoléon III; le 19 septembre 1870, elles ont commencé le siège de Paris; le 12 janvier 1871, elles sont entrées au Mans; progressant vers l'ouest, elles sont aussi entrées en Mayenne.

Le 17 janvier, une pointe avancée prussienne arrive aux portes de Laval. Parmi les soldats français règnent le désordre et la panique. Dans les campagnes, les paysans cachent ce qu'ils ont : argent, linge et nourriture. Aux misères de la guerre s'ajoute une épidémie de fièvre typhoïde et de variole.

Pontmain est touché. Sur une population d'environ cinq cents habitants, la paroisse a vu partir trente-huit jeunes appelés sous les drapeaux. On était sans nouvelles. Tout allait mal. Les paroissiens disaient: « On a beau prier, le bon Dieu ne nous écoute pas. » Le dimanche 15 janvier, après les vêpres, le curé avait entonné comme de coutume le cantique de Saint-Brieuc:

Mère de l'espérance
Dont le nom est si doux
Protégez notre France,
Priez, priez pour nous.
Il s'était retrouvé seul à chanter. Se retournant, il exhorta ses paroissiens. Alors ils chantèrent mais en pleurant.

Ce mardi 17 janvier, on demeurait dans l'inquiétude, la désolation. Il fait froid. La neige couvre le sol et les toits. Le ciel est pur quand vient la nuit toute constellée.

Les faits

Vers six heures, Jeanne Destais, « l'ensevelisseuse », entre dans la grange pour raconter ce qu'elle a appris au sujet des soldats dont fait partie Auguste Friteau, le demi-frère d'Eugène et Joseph Barbedette. A ce moment, Eugène va dehors guettant le retour de l'aurore boréale qu'il a vue le 11 janvier, mais c'est autre chose qu'il aperçoit, à vingt pieds au-dessus de la maison Guidecoq. «Qu'c'est beau!» dira-t-il dans un instant: une Dame vêtue d'une robe bleu sombre, parsemée d'étoiles comme la voûte de l'église. Un voile de deuil encadre son visage fin et jeune. Elle porte une couronne d'or marquée d'un liséré rouge à mi-hauteur. Elle sourit et tend les mains vers l'enfant. D'abord effrayé, Eugène est vite captivé par le tendre regard de cette Dame qu'il contemple en silence.

Jeanne Destais ne voit rien, le père non plus; mais Joseph, sorti avec eux, voit bien, lui; et il fait la même description que son frère. Que ce soit Victoire, la mère, ou les Sœurs Vitaline et Marie-Édouard ou même l'abbé Guérin, les adultes ne verront que les trois étoiles qui encadrent, en triangle, la tête et les bras de la Dame. En revanche, plusieurs autres enfants ont éclaté de joie en regardant le ciel. Ainsi Françoise Richer (11 ans) et Jeanne-Marie Lebossé (9 ans) qui, avec les frères Barbedette, forment le groupe des quatre voyants officiellement reconnus. Ainsi la toute petite Augustine Boittin (25 mois) qui battait des mains, Eugène Friteau (6 ans et demi) illuminé de bonheur, bien que très malade. Quant à Auguste Avice (4 ans), il décrivit doucement la Dame à son père; ensuite, sur l'ordre de celui-ci, il garda le silence. Plus tard, par trois fois, et en particulier la veille de sa mort, il rompit ce silence pour dire qu'il avait vu la Sainte Vierge.

C'est elle, en effet, qui fut manifestement reconnue lorsque les enfants épelèrent la dernière partie du message écrit:

MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS.
MON FILS SE LAISSE TOUCHER.

Cf. Prier à Pontmain avec Marie, P. Jean RIVAIN, DDB 1994


Prier ! c’est une nécessité vitale.

Message de Paul VI aux pèlerins de Pontmain (30 mai 1971)


Avec Marie, Mère de Jésus, persévérez dans la prière (Ac l, 14). N’est-ce pas ainsi que les Apôtres et les disciples ont attendu la première Pentecôte chrétienne ? Cette Pentecôte qui allait répandre dans l’Église les dons de l’Esprit Saint, allumer dans le monde la lumière de la foi au Christ avec le feu de son amour (...)

Aujourd’hui, qui ne désirerait la résurgence d’un tel printemps spirituel dans sa famille, son village, dans sa cité, dans sa patrie, dans l’Église entière ? Cela dépend, bien sûr, de la grâce de Dieu; cela dépend aussi, pour une part, de votre prière (...)

Prier ! c’est une nécessité vitale. Sans la prière, les hommes d’aujourd’hui risquent l’asphyxie, le dessèchement, le découragement. Mais savons-nous prier ? Savons nous initier à la prière les nouvelles générations ? Avec Marie, nous apprenons à prier. Et d’abord, à remercier Dieu des merveilles qu’il a faites pour nous (Lc 1) et qu’il importe de reconnaître dans la foi. Ensuite, nous aurons à cœur de présenter au Christ nos besoins essentiels et ceux de tous nos frères, dont nous sommes solidaires, comme Marie le fit à Cana (Jn 2,3), avec une confiance inébranlable, avec l’obstination de l’espérance. Parfois, il vous faudra même vous unir avec Marie à la Passion de son Fils ; porter vos épreuves avec amour est aussi une prière qui sauve. Oui, notre Mère du ciel ne se lasse pas au cours des siècles, d’inviter ses enfants à prier. Sachons entendre cet appel avec une âme évangélique. Ce message, caché aux habiles et aux sages de ce monde, est pour les petits (Lc 10, 21) source de puissantes grâces, car le Christ est « force de Dieu et sagesse de Dieu » (1 Co 1, 24).

Jésus nous dit: « Si vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du Ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient ! » (Lc 11, 13).

L’Esprit Saint ! C’est lui qui vous permettra de mener toute votre vie avec un cœur filial, en familiers de Dieu, attentifs à sa volonté, vous préparant ainsi à la vie éternelle avec lui. C’est lui qui vous imprégnera des sentiments du Christ Jésus (cf Ph 2, 5) : bonté, douceur, patience, pardon, humilité, force dans le témoignage, pureté, charité, joie, comme dit l’Apôtre (Col 3, 12).

L’Esprit Saint, c’est encore lui qui vous guidera généreusement vers toutes les initiatives capables d’établir entre les hommes des rapports de justice, de paix et de fraternité. C’est lui enfin qui vous maintiendra dans l’unité avec tous vos frères chrétiens ou qui préparera le chemin avec l’intercession de la Mère de Dieu.

Oui, avec Marie, demandez, attendez, préparez la venue du Royaume de Dieu en plénitude. Son Fils se laissera toucher par votre prière, et tout le reste vous sera donné par surcroît (Mt 6, 33).

Cf. Liturgie des Heures — Propre du Diocèse de Laval, 1998

Homélie du 18 janvier - 2e dimanche du temps ordinaire B

Basilique ND d’Avesnières – Laval – 10h00 Dimanche 18 janvier 2009 2e dimanche du temps ordinaire B
(Textes : 1Sm 3,3b-10.19 – Ps 39 – 1Co 6,13b-15a.17-20 – Jn 1,35-42)

Mot d’accueil :

« Que cherchez-vous ? » Aujourd’hui comme hier, Jésus nous interroge… Est-ce que nos aspirations profondes sont bien orientées vers le Christ ?

Aujourd’hui est la journée mondiale du migrant et du réfugié, ainsi que l’ouverture de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Laissons-nous interpeller pour marcher dans l’unité et l’amour à la suite du Christ.

Homélie :
Les uns comme les autres, quand nous nous retournons sur notre chemin de vie et de foi, nous retrouvons des visages de personnes qui nous ont aidés à entrer en contact, en relation avec Dieu : les parents, les grands-parents, les catéchistes, les prêtres,… tel ou tel témoin rencontré sur ma route…

Si nous regardons le jeune Samuel, c’est un peu la même chose… Sa rencontre avec le Seigneur est comme le modèle de toute rencontre avec Dieu. Samuel est un enfant qui vit dans le Temple et qui est au service du prêtre Éli. Pendant son sommeil, la voix du Seigneur se fait entendre et Samuel ne comprends pas : il pense que c’est Éli qui l’appelle. L’appel de Dieu lui est adressé, à lui, Samuel, mais sans l’aide d’Éli, il passerait à côté ! C’est la sagesse d’Éli qui permet à Samuel de réaliser que la voix qu’il entend, que l’appel qu’il ressent, c’est bien du Seigneur qu’ils viennent. En suivant les conseils d’Éli, Samuel peut entrer en relation avec Dieu et prendre véritablement le chemin de cette vocation, répondre à l’appel qu’il a entendu. Et quel succès ! « Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui, et aucune de ses paroles ne demeura sans effet. »

Pour les disciples dont nous parle l’évangile, c’est la même chose. C’est deux hommes, dont l’un est André, sont disciples de Jean-Baptiste. Ils ont décidé de se mettre à l’école de ce maître un peu étrange, vêtu de peaux de bêtes et se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage, ce maître à la parole énergique et sans concession, qui dénonce les injustices, et appel à la conversion de vie.

Le jour vient où Jean-Baptiste se rend compte que sa mission touche à sa fin, et il ouvre alors un nouveau chemin pour ses propres disciples. Arrêtons-nous quelques instants sur l’attitude de Jean-Baptiste. Quand nous avons assumé une responsabilité, et qu’au bout de plusieurs années, nous décidons de passer la main, il nous arrive parfois d’avoir une attitude ambiguë, quand notre successeur réussi aussi bien, ou même mieux que nous : à la fois nous sommes heureux pour la pérennité de l’association, du club sportif,… et en même temps, notre amour propre regrette un peu que nous ne soyons plus indispensable. Et quand la succession est difficile, et que notre successeur a des difficultés, que les choses vont mal… au fond de nous il peut y avoir une petite voix perverse qui murmure : « Tu vois, il n’y arrive pas, c’est que tu étais bien meilleur, c’est que tu étais vraiment indispensable… après moi, rien ne fonctionne plus… » et nous en sommes presque heureux…

Cette voix du mal et de l’orgueil qui se fait parfois entendre en nous, elle n’avait aucune prise sur Jean-Baptiste : au contraire, il se fait l’intermédiaire, comme Éli, entre ses disciples et le Christ. Consciemment, il écarte de lui ses propres disciples pour accomplir, en toute humilité et esprit de service, la mission reçue de Dieu.

Oui, Jean-Baptiste confie ses disciples à Jésus, et le Maître les interroge : « Que cherchez-vous ? » ; et il les invite : « Venez, et vous verrez. » C’est notre désir de suivre le Christ qui peut nous ouvrir le chemin du Royaume. Le Christ ne peut pas transformer nos vies si nous ne mettons pas nos cœurs en situation d’ouverture, si nous ne souhaitons pas être ses disciples.

St Ignace, ce maître en vie spirituelle, conseillait de commencer la prière personnelle par exprimer à Dieu notre désir. Par exemple, « Seigneur, donne-moi la grâce de la persévérance, donne-moi la grâce de la fidélité dans la prière, donne-moi la grâce de toujours voir le bien dans les autres… » Mais cela est à faire en toute humilité de cœur : « Seigneur, voilà ce que je souhaite, alors si tu le veux, tu peux m’exaucer… mais non pas ce que je veux… Que ta volonté soit faite… » À la suite de celles et ceux qui nous ont montré le Christ, à la suite de tous les “Jean-Baptiste” de nos vies, prenons le chemin de l’amour, à la suite du Christ.

Amen.

David Journault †

samedi 10 janvier 2009

La paroisse est morte ! - Texte de Jean Vernette

Monsieur le Curé vient de s'approcher du micro, l'air sombre : "Mes frères, je dois vous annoncer une nouvelle bien triste : notre paroisse est morte. Vous vous êtes souvent plaints de ce qu'elle ne soit pas très vivante. Eh bien, maintenant, elle est décédée. Je vous invite tout de même à faire une dernière visite à la chère défunte à l'issue de l'office..." Brouhaha dans les chaises...
Une fois le dernier cantique chanté, les paroissiens se rangent respectueusement à la file pour l'ultime hommage à la défunte qui repose dans son cercueil au bas de la nef. Pour découvrir aussi ce visage dont les traits n'ont pas tellement marqué la plupart des paroissiens : "Dites, chuchote-ton, comment était-elle faite...?"
Mais voici que chacun de ceux qui se penchent à leur tour sur la bière pour contempler le visage de la chère disparue, a un brusque haut-le-corps et se retire bouleversé !
Qu'y a-t-il de si étrange ?
Lorsqu'arrive mon tour, je me penche sur le cercueil, et, ô surprise, un visage me saute aux yeux : le mien, un visage aux yeux écarquillés. Le fond de la bière était un miroir !
La paroisse ? C'est moi, et personne d'autre.
La paroisse ? C'est moi ! Et personne d'autre...

Jean Vernette, Paraboles pour aujourd'hui, Droguet & Ardant, p. 100.

En ce début d'année, une façon un peu iconoclaste de remercier toutes les personnes qui font que nos paroisses ne sont pas mortes, mais qu'elles sont bien vivantes... et d'inviter celles et ceux pour qui "la paroisse c'est les autres", à rejoindre les rangs pour faire vivre leur paroisse !
A bientôt.

Les messes dans ma paroisse

Retrouvez tous les horaires des célébrations sur egliseinfo.catholique.fr