"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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dimanche 9 novembre 2008

Homélie du 9 novembre - Dédicace de la Basilique St Jean de Latran, Cathédrale de Rome

Dim. 9 novembre 2008 – Avesnières – 10h00
Dim. 9 novembre 2008 – Cordeliers – 18h00
Fête de la Dédicace de la Basilique St Jean de Latran, Cathédrale de Rome

(Textes : Ez 47,1...12 – Ps 45 – 1Co 3,9…17 – Jn 2,13-22)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Aujourd’hui l’Église célèbre la fête de la Dédicace de la Basilique St Jean de Latran, qui est la Cathédrale de Rome. La dédicace, c’est la consécration d’un bâtiment, qui devient alors lieu de culte. Et la Basilique St Jean de Latran, comme Cathédrale du Pape, est la première de toutes les églises en dignité. Le successeur de Pierre est à la fois évêque de Rome et Pape, c’est pourquoi toutes les Églises de rite romain répandues à travers le monde ont à cœur de célébrer le mystère de l’unique Église du Christ en la fête de la dédicace de la cathédrale de Rome.

Homélie :

Frères et sœurs,

Aujourd’hui nous fêtons donc la dédicace de la Basilique St Jean de Latran, cathédrale de l’évêque de Rome… occasion pour nous de méditer sur l’unité et la communion dans l’Église. Car si nous fêtons la dédicace d’un bâtiment, n’oublions pas que le bâtiment église n’a de sens que relié à la communauté Église qui s’y rassemble. Chaque année nous célébrons plusieurs anniversaires de dédicace : celle de St Jean de Latran, celle de la Cathédrale de Laval (le 22 novembre) et aussi celle de chacune de nos églises.

L’assemblée que nous formons, nous lui donnons le beau nom de communauté… pourquoi ? Parce que nous appartenons au même groupe de chrétiens, et que nous communions ensemble à la même eucharistie. Et la mission première du pape et des évêques, et aussi des prêtres et de tous les chrétiens, c’est de faire vivre cette communion.

En effet, comme nous le dit Saint Paul dans la première lecture, nous sommes tous appelés à participer à la construction de la maison de Dieu, mais gardons-nous bien d’oublier sur quelle fondation est bâtie la maison : le Christ. C’est le ministère des évêques, et à leur tête de l’évêque de Rome, de veiller à ce que la construction se poursuive en fidélité au Christ. Ils ont pour mission de veiller à l’unité de tout le corps du Christ, unité qui est le signe de la fidélité au Christ, unité qui est blessée par les divisions entre les différentes confessions chrétiennes, mais aussi entre les différentes sensibilités à l’intérieur même de notre Église catholique romaine.

Avons-nous bien conscience du contre-témoignage flagrant que nous donnons que nous nous retranchons derrière telle ou telle étiquette et que nous dénigrons tel ou tel autre groupe de chrétiens ? Il y a une frontière à ne pas franchir entre la légitime expression d’un désaccord, et la critique systématique d’un autre groupe de chrétiens. Par le passé dans notre Église diocésaine il y a eu de véritables guerres de tranché entre différents mouvements et différents services… ce qui n’est heureusement plus d’actualité.

Mais aujourd’hui j’entends par exemple régulièrement des voix qui s’élèvent pour critiquer systématiquement tout ce qui se fait autour de nos frères et de nos sœurs attachés à la forme ancienne de la liturgie romaine. Et généralement, moins on en sait, et plus on en parle, et plus on en dit du mal. On peut ne pas être d’accord avec la décision prise par le Saint Père d’autoriser à nouveau la célébration de l’eucharistie selon le Missel de Jean XXIII… Mais œuvrer par la critique et la médisance contre la mise en œuvre de cette décision pontificale dans notre diocèse, c’est œuvrer contre l’Église et son unité.

Car nous devons bien prendre conscience de la nécessité de travailler tous, les uns et les autres, à la disparition de ces attitudes qui blessent profondément le Corps du Christ. Il ne s’agit évidemment pas d’uniformiser l’expression de la foi : quand Saint Paul nous invite à construire l’Église, il n’est pas question de tous construire de la même façon. Ce n’est pas ce que nous demande le Christ. Ce n’est pas l’uniformité qu’il nous faut chercher, mais l’unité.

On ne peut vouloir être un authentique disciple du Christ et se satisfaire de la situation actuelle de division des chrétiens. Notre division fait obstacle à l’avènement du Royaume, et c’est je crois cette conscience aigüe de l’urgence de la réconciliation qui guide le pape aujourd’hui.

Je ne peux vous parler de l’unité et de la communion sans recourir à la pensée d’un grand artisan et d’un grand penseur de l’unité, frère Roger. Plus que d’unité, frère Roger aimait parler d’unanimité. En 1966 il écrivait dans son livre « Unanimité dans le pluralisme » :

« Pourquoi cette incessante confusion entre unanimité et uniformité ? L’uniformité crée l’apparence de l’unité. Elle tisse un vêtement superficiel et l’Évangile est alors vécu en surface. L’unanimité, elle, exige un accord intime. Elle suppose le pluralisme des expressions personnelles. […] Ce qui doit demeurer, au prix même d’une souffrance, c’est l’unanimité de toutes les communautés sur le fondement commun. Sinon disparaît la visibilité de l’Église dans son unité. Le pluralisme des familles spirituelles dans l’Église est un facteur de santé et d’unité. Mais ils s’opposent à l’unité ceux dont les particularismes ne peuvent subsister qu’au prix de la séparation. »

La recherche de l’unanimité ne nous demande pas de renier telle ou telle conviction profonde. Mais nous ne devons jamais perdre de vue que nous ne sommes pas l’Église à nous tout seul. N’accusons pas trop facilement telle ou telle Église, telle ou telle communauté, de trahir l’Évangile… Car y sommes-nous toujours fidèles ?

Cherchons d’abord à aimer et à regarder nos frères avec le regard de Dieu. En cette fête de la Dédicace de la Basilique du Latran, prions pour l’unité, l’unanimité entre les chrétiens et entre les hommes, prions pour que notre pape, et nous avec lui, nous trouvions les paroles et les actes qui permettrons en vérité de recoudre le manteau déchiré du Christ.

Amen.

David Journault †

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