"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

Musique et autres nouveautés...

Vous pouvez aussi retrouver en bas de page les horaires des messes de ma paroisse...

dimanche 23 novembre 2008

Homélie du 23 novembre - Solennité du Christ, Roi de l'Univers A

Dim. 23 novembre 2008 – Avesnières – 10h00
Solennité du Christ Roi de l’Univers A

(Textes: Ez 34,11-12.15-17 – Ps 22 – 1Co 15,20-26.28 – Mt 25,31-46)

Mot d’accueil :

Il y a une seule exigence pour entrer dans le Royaume de Dieu : aimer. La voix de Jésus tranche singulièrement avec celle des puissants de la terre. « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25,40)

Homélie :

Frères et sœurs,

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, l’Église célèbre le Christ, roi de l’univers. Mais ce n’est pas un roi comme les rois de la terre… Quand Pilate demande à Jésus s’il est roi, il lui répond bien que son royaume n’est pas de ce monde (Jn 18,36-37)… Non, Jésus n’est pas venu en notre monde pour être servi, mais pour servir, et faire la volonté de son Père. Et c’est la même attitude que nous sommes invités à avoir, nous qui par notre baptême sommes devenus prêtres, prophètes et rois… « Si l’un de vous veux être le premier, qu’il se fasse le serviteur de tous » (Mc 10,44-45).

Et comment pouvons-nous être rois à l’image du Christ ? En aimant et en le traduisant concrètement dans nos vies. L’évangile de Matthieu nous présente aujourd’hui le retour du Christ dans la gloire qui viendra juger les hommes et les femmes à la fin des temps. Le critère de son jugement, ce n’est pas une loi, fût-elle celle des dix commandements ou celle de l’Église. Son critère, ce sont les actes concrets d’amour et de charité : donner à manger et à boire à ceux qui ont faim et soif, vêtir ceux qui sont nus, loger les sans-abris, soigner les malades, rendre visite aux prisonniers… Et il va plus loin : le Christ s’identifie lui-même avec toutes ces personnes souffrantes, avec tous ces “petits” de nos sociétés qui sont dans la difficulté. Et d’ailleurs, nous le savons bien, nos sociétés connaissent toutes sortes de pauvretés, qui viennent s’ajouter à cette liste que dresse Jésus : il y a toutes les pauvretés et les fragilités psychologiques, les détresses familiales, les souffrances au travail, la précarité sociale…

C’est parce que le Christ nous invite à ouvrir les yeux et à porter assistance aux souffrants de notre monde que l’Église prend la parole sur les thèmes de la vie sociale. En 2005 le Conseil Pontifical “Justice & Paix” a publié le Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, c’est-à-dire un livre rassemblant toute la pensée de l’Église sur les grands thèmes de morale et d’éthique. Il y a une partie sur la vie économique, et les quelques lignes sur le système financier international étaient prophétiques… Ce que dit l’Église, c’est que le développement des échanges financiers internationaux est bon dans la mesure où il ne perd pas de vu son objectif premier qui est de financer l’économie réelle… et d’ajouter : « L'accélération imprévue de processus tels que l'énorme accroissement de la valeur des portefeuilles administrés par les institutions financières et la prolifération rapide de nouveaux instruments financiers sophistiqués rend on ne peut plus urgent de trouver des solutions institutionnelles capables de favoriser réellement la stabilité du système, sans en réduire les potentialités ni l'efficacité. Il est indispensable d'introduire un cadre normatif permettant de protéger cette stabilité dans la complexité de tous ses éléments, d'encourager la concurrence entre les intermédiaires et d'assurer la plus grande transparence au profit des investisseurs. »

Le rôle que l’Église, en fidélité aux commandements du Christ, assigne à l’économie, c’est le service du développement de l’homme, de tout homme. À partir du moment où le développement économique se fait au détriment du développement de l’homme, il se perverti et cesse d’être au service de l’homme pour en devenir le maître. Le développement économique et l’argent ne doivent pas être nos maîtres, mais nos serviteurs pour que nous puissions mettre en œuvre cette charité à l’égard de tous à laquelle le Seigneur nous appelle, et au sujet de laquelle nous aurons à rendre compte de notre vie.

Nous, chrétiens, dans nos vies de chaque jour, nous devons imiter l’exemple du Christ, écouter et suivre ses enseignements et, de manière concrète, mettre joyeusement et généreusement en pratique la loi de la charité. Ce ne sont pas les œuvres caritatives qui manquent dans l’Église !

Et si on veut donner de son temps en plus de son argent, n’hésitons pas : le Secours Catholique, le service paroissial des malades, l’accueil des familles en deuil, et tout d’autres lieux de bénévolat possibles, sont toujours à la recherche de nouvelles personnes qui souhaitent mettre concrètement en œuvre leur charité.

Ainsi nous vivrons dès ici bas dans l’amour de Dieu et nous n’aurons rien à craindre du jugement : nos actes témoigneront pour nous, et nous pourrons nous avancer devant le Seigneur et nous entendre dire : « Venez les bénis de mon Père, recevez le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la création du monde. » (Mt 25,34).

Amen.

David Journault †

Compendium de la Doctrine Sociale de l'Eglise

En 2005, le Conseil Pontifical "Justice & Paix" publiait le Compendium de la Doctrine Sociale de l'Eglise" (ISBN : 9782204078870) . Ce livre contient en un seul volume un exposé organisé de ce que pense l'Eglise sur les grandes questions éthiques, qu'il s'agissent de la dignité de la personne humaine, la famille, le travail, la vie économique, la communauté politique, la communauté internationale, la sauvegarde de l'environnement ou la promotion de la paix...
Vous trouverez ci-dessous deux numéros de la partie sur l'économie de ce compendium qui étaient prophétiques...

b) Le système financier international

368 Les marchés financiers ne sont certes pas une nouveauté de notre époque: depuis longtemps déjà, sous diverses formes, ils se sont chargés de répondre à l'exigence de financer des activités productives. L'expérience historique atteste qu'en l'absence de systèmes financiers adéquats, aucune croissance économique n'aurait eu lieu. Les investissements à large échelle, typiques des économies modernes de marché, n'auraient pas été possibles sans le rôle fondamental d'intermédiaire joué par les marchés financiers, qui a permis notamment d'apprécier les fonctions positives de l'épargne pour le développement complexe du système économique et social. Si la création de ce que l'on a qualifié de « marché global des capitaux » a entraîné des effets bénéfiques, grâce à une plus grande mobilité des capitaux permettant aux activités productives d'avoir plus facilement des ressources disponibles, la mobilité accrue a par ailleurs fait augmenter aussi le risque de crises financières. Le développement de la finance, dont les transactions ont largement surpassé en volume les transactions réelles, risque de suivre une logique toujours plus autopréférentielle, sans lien avec la base réelle de l'économie.

369 Une économie financière qui est une fin en soi est destinée à contredire ses finalités, car elle se prive de ses propres racines et de sa propre raison constitutive, et par là de son rôle originel et essentiel de service de l'économie réelle et, en définitive, de développement des personnes et des communautés humaines. Le cadre d'ensemble apparaît encore plus préoccupant à la lumière de la configuration fortement asymétrique qui caractérise le système financier international: les processus d'innovation et de déréglementation des marchés financiers tendent en effet à ne se consolider que dans certaines parties du globe. Ceci est une source de graves préoccupations de nature éthique, car les pays exclus de ces processus, bien que ne jouissant pas des bénéfices produits par ceux-ci, ne sont toutefois pas à l'abri d'éventuelles conséquences négatives de l'instabilité financière sur leurs systèmes économiques réels, surtout s'ils sont fragiles ou si leur développement est en retard.

L'accélération imprévue de processus tels que l'énorme accroissement de la valeur des portefeuilles administrés par les institutions financières et la prolifération rapide de nouveaux instruments financiers sophistiqués rend on ne peut plus urgent de trouver des solutions institutionnelles capables de favoriser réellement la stabilité du système, sans en réduire les potentialités ni l'efficacité. Il est indispensable d'introduire un cadre normatif permettant de protéger cette stabilité dans la complexité de tous ses éléments, d'encourager la concurrence entre les intermédiaires et d'assurer la plus grande transparence au profit des investisseurs.

dimanche 16 novembre 2008

Une prière de frère Roger, de Taizé


Jésus, notre confiance,

nous voudrions t'aimer

de toute notre âme.

Donne-nous d'oser renouveler

encore et toujours

le don de notre vie.

mercredi 12 novembre 2008

Acte d'abandon à la Miséricorde - Jean-Paul II

Seigneur, voilà plus de soixante-cinq ans que Tu m’as fait le don inestimable de la vie, et depuis ma naissance, Tu n’as cessé de me combler de tes grâces et de ton amour infini.
Au cours de toutes ces années se sont entremêlés de grandes joies, des épreuves, des succès, des échecs, des revers de santé, des deuils, comme cela arrive à tout le monde.
Avec ta grâce et ton secours, j’ai pu triompher de ces obstacles et avancer vers Toi.
Aujourd’hui, je me sens riche de mon expérience et de la grande consolation d’avoir été l’objet de ton amour.
Mon âme te chante sa reconnaissance.
Mais je rencontre quotidiennement dans mon entourage des personnes âgées que Tu éprouves fortement : elles sont paralysées, handicapées, impotentes et souvent n’ont plus la force de Te prier, d’autres ont perdu l’usage de leurs facultés mentales et ne peuvent plus T’atteindre à travers leur monde irréel. Je vois agir ces gens et je me dis : « Si c’était moi ? »
Alors, Seigneur, aujourd’hui même, tandis que je jouis de la possession de toutes mes facultés motrices et mentales, je T’offre à t’avance mon acceptation à ta sainte volonté, et dès maintenant je veux que si l’une ou l’autre de ces épreuves m’arrivait, elle puisse servir à ta gloire et au salut des âmes. Dès maintenant aussi, je Te demande de soutenir de ta grâce les personnes qui auraient la tâche ingrate de me venir en aide.
Si, un jour, la maladie devait envahir mon cerveau et anéantir ma lucidité, déjà, Seigneur, ma soumission est devant Toi et se poursuivra en une silencieuse adoration.
Si, un jour, un état d’inconscience prolongée devait me terrasser, je veux que chacune de ces heures que j’aurai à vivre soit une suite ininterrompue d’actions de grâce et que mon dernier soupir soit aussi un soupir d’amour. Mon âme, guidée à cet instant par la main de Marie, se présentera devant Toi pour chanter tes louanges éternellement.

Prière de Jean-Paul II écrite pour son anniversaire, le 18 mai 1985

dimanche 9 novembre 2008

Homélie du 9 novembre - Dédicace de la Basilique St Jean de Latran, Cathédrale de Rome

Dim. 9 novembre 2008 – Avesnières – 10h00
Dim. 9 novembre 2008 – Cordeliers – 18h00
Fête de la Dédicace de la Basilique St Jean de Latran, Cathédrale de Rome

(Textes : Ez 47,1...12 – Ps 45 – 1Co 3,9…17 – Jn 2,13-22)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Aujourd’hui l’Église célèbre la fête de la Dédicace de la Basilique St Jean de Latran, qui est la Cathédrale de Rome. La dédicace, c’est la consécration d’un bâtiment, qui devient alors lieu de culte. Et la Basilique St Jean de Latran, comme Cathédrale du Pape, est la première de toutes les églises en dignité. Le successeur de Pierre est à la fois évêque de Rome et Pape, c’est pourquoi toutes les Églises de rite romain répandues à travers le monde ont à cœur de célébrer le mystère de l’unique Église du Christ en la fête de la dédicace de la cathédrale de Rome.

Homélie :

Frères et sœurs,

Aujourd’hui nous fêtons donc la dédicace de la Basilique St Jean de Latran, cathédrale de l’évêque de Rome… occasion pour nous de méditer sur l’unité et la communion dans l’Église. Car si nous fêtons la dédicace d’un bâtiment, n’oublions pas que le bâtiment église n’a de sens que relié à la communauté Église qui s’y rassemble. Chaque année nous célébrons plusieurs anniversaires de dédicace : celle de St Jean de Latran, celle de la Cathédrale de Laval (le 22 novembre) et aussi celle de chacune de nos églises.

L’assemblée que nous formons, nous lui donnons le beau nom de communauté… pourquoi ? Parce que nous appartenons au même groupe de chrétiens, et que nous communions ensemble à la même eucharistie. Et la mission première du pape et des évêques, et aussi des prêtres et de tous les chrétiens, c’est de faire vivre cette communion.

En effet, comme nous le dit Saint Paul dans la première lecture, nous sommes tous appelés à participer à la construction de la maison de Dieu, mais gardons-nous bien d’oublier sur quelle fondation est bâtie la maison : le Christ. C’est le ministère des évêques, et à leur tête de l’évêque de Rome, de veiller à ce que la construction se poursuive en fidélité au Christ. Ils ont pour mission de veiller à l’unité de tout le corps du Christ, unité qui est le signe de la fidélité au Christ, unité qui est blessée par les divisions entre les différentes confessions chrétiennes, mais aussi entre les différentes sensibilités à l’intérieur même de notre Église catholique romaine.

Avons-nous bien conscience du contre-témoignage flagrant que nous donnons que nous nous retranchons derrière telle ou telle étiquette et que nous dénigrons tel ou tel autre groupe de chrétiens ? Il y a une frontière à ne pas franchir entre la légitime expression d’un désaccord, et la critique systématique d’un autre groupe de chrétiens. Par le passé dans notre Église diocésaine il y a eu de véritables guerres de tranché entre différents mouvements et différents services… ce qui n’est heureusement plus d’actualité.

Mais aujourd’hui j’entends par exemple régulièrement des voix qui s’élèvent pour critiquer systématiquement tout ce qui se fait autour de nos frères et de nos sœurs attachés à la forme ancienne de la liturgie romaine. Et généralement, moins on en sait, et plus on en parle, et plus on en dit du mal. On peut ne pas être d’accord avec la décision prise par le Saint Père d’autoriser à nouveau la célébration de l’eucharistie selon le Missel de Jean XXIII… Mais œuvrer par la critique et la médisance contre la mise en œuvre de cette décision pontificale dans notre diocèse, c’est œuvrer contre l’Église et son unité.

Car nous devons bien prendre conscience de la nécessité de travailler tous, les uns et les autres, à la disparition de ces attitudes qui blessent profondément le Corps du Christ. Il ne s’agit évidemment pas d’uniformiser l’expression de la foi : quand Saint Paul nous invite à construire l’Église, il n’est pas question de tous construire de la même façon. Ce n’est pas ce que nous demande le Christ. Ce n’est pas l’uniformité qu’il nous faut chercher, mais l’unité.

On ne peut vouloir être un authentique disciple du Christ et se satisfaire de la situation actuelle de division des chrétiens. Notre division fait obstacle à l’avènement du Royaume, et c’est je crois cette conscience aigüe de l’urgence de la réconciliation qui guide le pape aujourd’hui.

Je ne peux vous parler de l’unité et de la communion sans recourir à la pensée d’un grand artisan et d’un grand penseur de l’unité, frère Roger. Plus que d’unité, frère Roger aimait parler d’unanimité. En 1966 il écrivait dans son livre « Unanimité dans le pluralisme » :

« Pourquoi cette incessante confusion entre unanimité et uniformité ? L’uniformité crée l’apparence de l’unité. Elle tisse un vêtement superficiel et l’Évangile est alors vécu en surface. L’unanimité, elle, exige un accord intime. Elle suppose le pluralisme des expressions personnelles. […] Ce qui doit demeurer, au prix même d’une souffrance, c’est l’unanimité de toutes les communautés sur le fondement commun. Sinon disparaît la visibilité de l’Église dans son unité. Le pluralisme des familles spirituelles dans l’Église est un facteur de santé et d’unité. Mais ils s’opposent à l’unité ceux dont les particularismes ne peuvent subsister qu’au prix de la séparation. »

La recherche de l’unanimité ne nous demande pas de renier telle ou telle conviction profonde. Mais nous ne devons jamais perdre de vue que nous ne sommes pas l’Église à nous tout seul. N’accusons pas trop facilement telle ou telle Église, telle ou telle communauté, de trahir l’Évangile… Car y sommes-nous toujours fidèles ?

Cherchons d’abord à aimer et à regarder nos frères avec le regard de Dieu. En cette fête de la Dédicace de la Basilique du Latran, prions pour l’unité, l’unanimité entre les chrétiens et entre les hommes, prions pour que notre pape, et nous avec lui, nous trouvions les paroles et les actes qui permettrons en vérité de recoudre le manteau déchiré du Christ.

Amen.

David Journault †

Les messes dans ma paroisse

Retrouvez tous les horaires des célébrations sur egliseinfo.catholique.fr