"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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dimanche 26 octobre 2008

Homélie du 26 octobre - 30e dimanche du temps ordinaire A

Dim. 26 octobre 2008 – Cathédrale – 10h30
30e dimanche du Temps ordinaire A
(Textes: Ex 22,20-26 – Ps 17 – 1Th 1,5-10 – Mt 22,34-40)

Mot d’accueil :

Encore une fois, c’est le lien étroit qui existe entre l’amour de Dieu et l’amour du prochain que Jésus nous rappelle dans l’évangile d’aujourd’hui. Oui, vouloir aimer Dieu, cela ne peut que se traduire également dans l’amour du prochain, et dans un amour qui ne se paye pas de mots : l’amour se donne du mal pour les autres.

Homélie : 

« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » Cette question piège que ce groupe de Pharisiens pose à Jésus, elle est finalement l’occasion pour le Christ d’un enseignement sur Dieu et sur ce qu’Il attend de nous. 

Plusieurs points valent d’être soulignés : 

Tout d’abord, alors que les Pharisiens demandent quel est le plus grand commandement, Jésus les amène à un déplacement, et leur donne deux commandements, qui sont semblables : aimer Dieu, et aimer son prochain. 

À proprement parler, Jésus n’invente rien de nouveau : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit », c’est au chapitre 6 du Livre du Deutéronome et cela fait partie de la profession de foi juive que tout Juif dit chaque jour. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », c’est dans le Livre du Lévitique, chapitre 19… 

Ce qui est important, c’est le rapprochement, le lien que fait le Christ entre ces deux passages de la Bible : c’est là qu’on peut vraiment dire que le Christ vient révéler parfaitement au monde qui est Dieu. En effet, Dieu s’est déjà révélé petit à petit au peuple de la Première Alliance, mais il fallait que ce soit son Fils qui vienne au milieu de nous pour nous apprendre en vérité qui est son Père, et notre Père. 

Aimer Dieu et aimer son prochain, cela est donc semblable… Ce qui ne veut pas dire interchangeable : j’aime beaucoup Dieu, c’est donc comme si j’aimais beaucoup mon prochain… j’aime beaucoup ma famille, mes amis, mon conjoint… c’est comme si j’aimais Dieu. Non, ce à quoi nous invite une fois de plus Jésus, c’est à la cohérence de vie. Vivre en communion avec Dieu, c’est dans toute notre vie que cela doit se traduire. La vie chrétienne, elle est un peu comme un tabouret à trois pieds… et ces trois pieds sont la Parole de Dieu, la prière, communautaire et personnelle, et la charité, c’est-à-dire le soin apporté aux autres. Ces trois dimensions sont indispensables à toute vie chrétienne, et si nous voulons que notre tabouret soit bien équilibré, il faut que ces trois supports soient à peu près de la même longueur !

D’ailleurs, le Livre de l’Exode que nous avons entendu tout à l’heure est d’une étonnante actualité ! Il nous rappelle nos devoirs envers nos frères et nos sœurs les plus fragilisés : immigrés, veuves et orphelins, personnes ayant des problèmes d’argent… tous ceux que notre société laisse sur le bord du chemin. Aujourd’hui, la situation inquiète beaucoup de gens, avec sans doute une part de psychose amplifiée par les médias… Il ne faudrait pas que cela nous amène à réduire, à restreindre nos actions charitables… 

Peut-être que de cette crise pourra sortir un bien : elle peut nous aider à nous débarrasser de nos idoles. Dans sa première lettre aux Thessaloniciens, Paul les félicite en écrivant : « … vous vous êtes convertis à Dieu en vous détournant des idoles, afin de servir le Dieu vivant et véritable »… Peut-être que dans notre société où la norme du bien semble devenir de plus en plus la consommation, la fragilisation du système financier peut nous aider à nous remettre en face des vraies valeurs. 

Je ne prendrai qu’un seul exemple : aujourd’hui on sent une très forte pression pour que le travail le dimanche soit plus largement autorisé… et le seul critère qui est mis en avant est celui de la consommation et du revenu… Est-ce que la consommation est maintenant la valeur suprême qui doit commander à toute décision publique ? Est-ce que notre société n’a rien d’autre à proposer comme projet pour construire le bien commun que de supprimer un repère de plus ? Travailler le dimanche, et faire travailler le dimanche, en-dehors de quelques exceptions légitimes, c’est non seulement enfreindre un commandement de Dieu, mais c’est aussi contribuer un peu plus à détruire le lien social. Que devient la pratique dominicale ? Que deviennent les compétitions sportives et autres activités associatives, si nous n’avons plus un jour commun pour, tous ensemble, faire autre chose que travailler ou consommer ? Aller faire les boutiques le dimanche… est-ce que c’est le seul loisir que notre société veut offrir à ses membres ? 

Oui, aimer Dieu et son prochain, c’est aussi s’intéresser aux questions sociales et politiques, et s’engager pour le service du bien commun… Demandons au Seigneur sa grâce pour nous éclairer et pour éclairer nos représentants et nos gouvernants. 

Amen. 

David Journault †

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour

j'ai vu cette analyses sur les sondages du travail le dimanche. Je trouve le point de vu intéresssant, n'est-ce pas ?
http://www.delitsdopinion.com/1analyses/travail-le-dimanche-une-necessaire-mise-au-point/

David J a dit…

Reste que les sondages, même s'ils donnent une information intéressante, ne doivent pas être le seul critère de décision politique... Sinon à quoi servent nos élus ?
Parfois un politique doit prendre en conscience une décision qui n'est pas populaire. Si je ne me trompe, l'abolition de la peine de mort en France n'était pas populaire... heureusement qu'à l'époque il a été décidé de le faire quand même.

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