"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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dimanche 12 octobre 2008

Homélie du 12 octobre - 28e dimanche du temps ordinaire A


Dim. 12 octobre 2008 – Cordeliers – 18h00
28e dimanche du Temps ordinaire A
(Textes : Is 25,6-9 – Ps 22 – Ph 4,12-14.19-20 – Mt 22,1-14)

Mot d’accueil : 

Arrivés ici pour l’eucharistie, le festin des noces de l’Agneau, avons-nous bien pris soin d’habiller nos cœurs de la robe de noces… 

Homélie : 

Frères et sœurs, 

Cette parabole du festin de noces que raconte Jésus vient après celle des vignerons meurtriers que nous avons entendue dimanche dernier. Et finalement il y a beaucoup de points communs entre elles. 

Tout d’abord, dans le cadre de la polémique avec les Pharisiens et les scribes, Jésus prononce ces paraboles pour les faire réagir, pour les appeler à la conversion, à réaliser qu’il est lui le Messie qui vient accomplir les promesses de Dieu envers Israël. 

Ensuite, c’est un peu le même principe qu’avec l’histoire des vignerons qui refusaient de verser le fruit de la vigne au propriétaire. Là il est question d’un roi qui marie son fils et qui envoie ses serviteurs prévenir les invités. Ils y vont deux fois, et ils sont rejetés et même tués. On se rend bien compte qu’il s’agit d’une histoire, car il y a plusieurs incohérences dans ce récit : par exemple, le repas des noces est toujours prêt, alors que le roi a le temps d’envoyer deux fois ses serviteurs, puis finalement son armée pour faire périr les meurtriers et brûler leur ville… et la viande n’est toujours pas refroidie ! 

Quand Matthieu écrit cela, il fait la relecture des événements qui se sont passés, et il interprète la violente domination romaine sur Israël comme un signe de l’abandon de Dieu, consécutif à la non reconnaissance par les Juifs de ce que Jésus était le Fils de Dieu, le Messie attendu. 

Face au refus de ces premiers invités, les invités légitimes, si l’on peut dire, que fais le roi ? Il envoie ses serviteurs à la croisée des chemins pour rassembler tous ceux qu’ils rencontrent. Ils ramènent tout le monde, les bons comme les méchants, et tout le monde entre dans la salle pour le banquet des noces du fils du roi. 

Et c’est bien ce qui se passe. Dieu a d’abord fait alliance avec Abraham, et c’est par la descendance d’Abraham que l’alliance de Dieu avec tout le genre humain devait passer. Quand le Père a envoyé son Fils dans le monde, il l’a envoyé au sein du Peuple juif, le Peuple de l’Alliance, pour se révéler parfaitement à son peuple et, à travers lui, transmettre sa Bonne Nouvelle, l’annonce de son amour pour chacun, à toute l’humanité. Mais puisque Dieu ne force personne, il a attendu la réponse libre et volontaire du Peuple juif… qui n’est pas venue. En tout cas, les chefs de son peuple à cette époque n’ont pas reconnu Jésus comme le Christ, le Messie, le Fils du Dieu vivant. 

Il n’en reste pas moins que le premier noyau des disciples, les premiers chrétiens furent des Juifs et qu’à travers ce petit groupe s’est transmise la Nouvelle Alliance de Dieu avec l’humanité en Jésus-Christ. Et très vite, les chrétiens sont allés de part le monde pour annoncer la Bonne Nouvelle à tous ceux qu’ils rencontrèrent. Et quand ils étaient chassés de quelque part, ils repartaient de plus belle pour annoncer encore plus loin cette Bonne Nouvelle. 

À la fin de l’évangile de ce jour, il y a cette histoire de l’invité qui ne porte pas la robe de noce. Logiquement, on pourrait se dire : « Mais attendez, les serviteurs ont ramassé sur les routes tous ceux qu’ils ont trouvés… ils n’ont pas forcément eu le temps de mettre la tenue adaptée… ce roi est très cruel… ». En effet, il y a une sorte d’incohérence entre les deux passages de l’histoire, ce qui fait d’ailleurs que certains spécialistes de l’Écriture Sainte pense qu’il s’agit à l’origine de deux histoires racontées séparément par Jésus et que Matthieu a rassemblé en rédigeant son évangile.

Mais le sens n’en est pas moins intéressant… car ces invités à la noce, c’est vous, c’est moi. Nous sommes de ceux qui n’étaient pas légitimement prévus au départ, nous sommes de ceux que les disciples du Christ ont rassemblé sur les chemins… et comme le dit Dom André Louf, non seulement « nous n’avions pas de mérites avant d’être appelés, mais depuis notre appel, nous n’avons pas manqué d’imiter la négligence des premiers appelés. […] Nous aussi nous sommes bien souvent distraits, accaparés, indisponibles. » 

Revêtir la robe de noce, c’est retrouver la source de l’union au Christ, retrouver le premier jour où nous avons revêtu l’homme nouveau, replonger dans notre baptême. Car c’est par le baptême que nous pouvons revêtir le Christ. Oui, notre robe de noce, c’est dans l’union au Christ que nous la revêtons. C’est par l’union au Christ que nous devenons Fils adoptifs de Dieu et que nous pouvons nous réunir à lui pour le festin des noces qui ne finira jamais. 

Chaque jour, le Roi vient nous dire simplement, patiemment, tendrement : « La table est prête… venez donc au repas de noce ! » Que celui qui a des oreilles entende ! 

Amen.

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