"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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dimanche 28 septembre 2008

Gloire de Dieu, Amour, Liberté, Ethique...


Pour ce 25e dimanche du temps ordinaire de l'année A, je n'ai pas d'homélie à mettre en ligne, puisque je n'ai pas présidé d'eucharistie ! En effet, ce matin nous avons eu la joie de célébrer à la Cathédrale de Laval laConfirmation de 23 jeunes. C'est le père Bernard Courteille, Vicaire général, qui a présidé la célébration, et donc prêché.

À la place d'une homélie, je propose à votre méditation un extrait du livre que je suis en train de lire : "Nous avons contemplé sa gloire" de Thierry Scherrer. Et oui, pour ceux qui ne le saurait pas, notre nouvel évêque de Laval avait publié un livre en 2003, aux éditions Parole et Silence.

Je recopie ci-dessous un passage de ce livre qui se trouve à la fin du chapitre II (pages 41 à 43). Il débute par une citation d'un passage de l'Adversus Hæreses (Contre les hérésies) de Saint Irénée de Lyon.

Extrait :

"Autant dire qu'est plus grand le service de la liberté, et qu'une soumission et une piété plus pleines se sont enracinées en nous à l'égard de notre Libérateur. Car il ne nous a pas libérés pour que nous nous détachions de lui - nul ne peut, placé hors des biens du Seigneur, se procurer la nourriture du salut -, mais pour que, ayant reçu plus abondamment sa grâce, nous l'en aimions davantage et que, l'ayant aimé davantage, nous recevions de lui une gloire plus grande quand nous serons pour toujours en présence du Père" (AH IV,13,3).

Ce dernier passage pose le problème fondamental de la liberté créée dans le rapport de dépendance, et même de "soumission" - nous y reviendrons plus loin - que celle-ci est appelée à entretenir à chaque instant avec la liberté divine. "Le Christ, dit en effet Irénée, ne nous a pas libérés pour que nous nous détachions de lui" - car, ajoute-t-il aussitôt, "nul ne peut, placé hors des biens du Seigneur, se procurer la nourriture du salut". Il nous semble ici entendre la parole grave de Jésus dans l'évangile de saint Jean : "Hors de moi, vous ne pouvez rien faire" (Jn 15,15). C'est ainsi, précisément, que l'homme est entré dans le royaume de la dissemblance : en pensant que sa destinée pouvait s'accomplir indépendamment de Dieu ; en imaginant qu'il allait être d'autant plus libre qu'il refuserait à Dieu de s'immiscer dans son histoire personnelle. Pour Irénée, au contraire, notre liberté véritable n'est pas pensable en dehors de la liberté de Dieu et de son champ d'action. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'accroissement de la liberté de l'homme va de pair avec l'accroissement de sa "soumission" à Dieu, une soumission pleine d'amour, bien entendu. Telle est sa conviction. La liberté de la créature, dit-il en substance en AH IV,13,2, est d'autant plus grande que sa "soumission" à l'égard du Créateur est effective : la liberté "s'amplifie" à mesure que "s'accroît la soumission au Roi", et tandis que l'une et l'autre grandissent conjointement, c'est la Gloire de Dieu qui resplendit de tout son éclat sur le visage de l'homme, sa créature.

Ce point est capital car il ajoute à la notion de Gloire une dimension proprement éthique qui, du temps d'Irénée déjà, était complètement ignorée par la pensée gnostique : sûrs d'appartenir à une "semence d'élection" de nature supérieure et divine qui leur donnait d'être illuminés de droit, bien des gnostiques, en effet, se targuaient de pouvoir mener une existence immorale et désordonnée sans répercussion aucune sur leur salut. On est alors aux antipodes de la pensée de l'évêque de Lyon pour qui l'homme, au contraire, est appelé à glorifier Dieu par l'hommage d'une vie morale exemplaire, librement donnée au service du prochain.

Nul doute que cette dimension morale de la doxologie chrétienne soit aussi à restaurer dans la conscience moderne. En même temps qu'il nous est donné de pouvoir contempler en Dieu la lumière qui est la qualité de son Amour, nous sommes appelés à faire resplendir cette lumière à travers tous nos actes. "C'est la Gloire de mon Père, dira encore Jésus, que vous portiez beaucoup de fruit" (Jn 15,8). C'est dans cet esprit que l'apôtre Paul nous invitait à "nous conduire en enfants de lumière" (Ep 5,8) : en nous efforçant d'agir inlassablement dans la ligne du bien avec le soutin de la grâce de Dieu, nous avons aussi à discerner toujours plus profondément dans la parole reçue de lui ces manques d'amour, ces contrefaçons de la lumière, tout ce qui dans notre vie est obstacle à un don effectif et généreux de nous-mêmes. Nous sommes invités à accueillir Jésus, "Lumière véritable qui éclaire tout homme en venant dans le monde" (Jn 1,9), pour vivre comme lui, libres de nous donner sans retour, et de découvrir, dans ce don, la joie plénière qu'il avait promis de nous donner, joie que personne ne pourra nous enlever (cf. Jn 16,22).

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