"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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dimanche 8 juin 2008

Homélie du 8 juin - 10e dimanche du temps ordinaire A

Cathédrale de la Trinité – Laval
Dimanche 8 juin 2008 – 10h30
10e dimanche du Temps ordinaire A
(textes : Os 6,3-6 – Ps 49 – Rm 4,18-25 – Mt 9,9-13)

Mot d’accueil :

« C’est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

Une fois encore, le Christ vient inverser les représentations mentales de ses contemporains : il remet en question la distinction traditionnelle des pharisiens entre les purs et les impurs. Ce qui est important aux yeux de Dieu, c’est l’amour et la miséricorde.

Homélie :

Frères et sœurs,

La pensée religieuse des hommes n’est pas toujours celle de Dieu ! Et pendant sa présence physique sur la terre, le Christ est venu nous révéler la véritable nature de Dieu et de son projet pour l’humanité.

Car nous avons toujours plus ou moins tendance à penser que l’amour de Dieu pour nous, sa bienveillance, sa miséricorde, sont à la mesure de notre obéissance, de nos efforts, voir même de nos sacrifices. Et c’est peut-être aussi ce qui a pu être prêché ici ou là !

Mais que nous dit Jésus dans l’évangile d’aujourd’hui ? Est-ce qu’il nous dit que Dieu aime plus les justes que les pécheurs ? Mais non : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : c’est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. » Et heureusement pour nous ! Car qui peut dire qu’il est parfaitement juste ?

Et si l’amour de Dieu dépendait de notre degré de perfection, pourquoi Jésus serait-il mort en croix pour nos péchés ? Non, le fondement de toute notre vie, et le fondement du monde, c’est bien d’abord et avant tout l’amour inconditionnel et total de Dieu pour chacune et chacun de ses enfants. C’est cela que Jésus est venu révéler : ce n’est pas nos sacrifices qui font que Dieu nous aime, mais c’est bien l’amour de Dieu pour nous qui nous permet de mener une vie juste et belle sous son regard. Car c’est sur l’amour que l’on peut construire, et se construire. On sait bien à quel point il est difficile pour un enfant de construire sa vie s’il ne se sent pas aimé par ses parents. Et quand l’homme oubli qu’il est aimé de Dieu, c’est sa vie qui devient difficile et qui perd de son sens.

Ce que j’appelle la « pensée magique » n’est jamais loin, et elle ressurgit rapidement quand les repères chrétiens sont perdus. Et même dans nos pratiques chrétiennes… la logique du « donnant-donnant » n’est pas toujours absente : si tu m’exauces, je viendrai plus souvent à la messe. Seigneur, si j’obtiens ce que je te demande, je te promets d’être plus fidèle à tes commandements… C’est tellement facile de retomber dans cette vieille façon d’être en relation au divin : c’est la façon de faire de la plupart des religions de l’Antiquité. Et le peuple d’Israël a bien eu besoin des remontrances des prophètes, comme Osée que nous avons entendu dans la première lecture, pour sortir de cette vision fausse de Dieu.

Est-ce que cela veut dire que puisque Dieu nous aime de toute façon, nous pouvons faire ce que nous voulons ? Bien sûr que non ! Il ne s’agit pas pour nous de chercher à nous concilier les bonnes grâces de Dieu par tel ou tel sacrifice. Ce qui fait d’Abraham un modèle de croyant, ce ne sont pas la quantité ni la qualité des sacrifices qu’il a pu faire ! Ce qui fait d’Abraham un juste devant Dieu, c’est sa foi, sa confiance absolue dans la parole de Dieu, c’est cette alliance qu’il a fait avec Dieu.

Et pour nous, il s’agit bien nous aussi de faire alliance avec Dieu, il s’agit d’ouvrir nos cœurs pour accueillir Dieu en nous. Accueillir Dieu, c’est accueillir la vie du Christ ressuscité en écoutant sa parole qui nous guérit et en recevant, dans son eucharistie, l’amour miséricordieux de son Père. Ainsi nous deviendrons capables de nous défaire de nos attitudes pharisiennes et de partager avec tous à la table du Royaume.

Amen.

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