"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

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dimanche 27 janvier 2008

Homélie du 27 janvier - 3e dimanche du temps ordinaire


Abbaye de la Coudre – Laval
Dimanche 27 janvier 2008 – 11h00
3e dimanche du Temps ordinaire A

(Textes : Is 8,23-9,3 – Ps 26 – 1 Co 1,10-13.17 – Mt 4,12-23 )

Mot d’accueil :

La promesse annoncée par Isaïe s’est réalisée en Jésus-Christ : Il est la lumière qui s’est levée dans le monde pour éclairer toute l’humanité. Notre mission de chrétiens, c’est d’être aujourd’hui, ici et maintenant, les témoins de cet Évangile révélé par Jésus-Christ, en restant bien unis entre nous.

Homélie :

« Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. »… Jésus reprend mot pour mot l’appel lancé par Jean-Baptiste au chapitre précédent de l’évangile selon St Matthieu. Est-ce à dire qu’il n’y a rien de nouveau et que Jésus est un disciple de Jean-Baptiste ? Non. D’abord, ce n’est pas parce que Jésus est là qu’il n’y a plus à se convertir ! Ensuite le texte nous donne un indice capital à propos de la différence entre Jésus et Jean-Baptiste. Tout de suite après avoir dit : « Convertissez-vous… », Jean-Baptiste annonçait la venue de Jésus : « Celui qui vient après moi est plus fort que moi… » Mais tout de suite après avoir donné le même ordre, Jésus appelle des disciples. Il appelle d’autres hommes à se placer avec lui, à l’endroit où il fait ouverture. À partir de Jésus, c’est tout un peuple neuf qui est appelé et convoqué.

Car c’est un déplacement et une ouverture à la fois géographiques et spirituels que Matthieu nous raconte ici. Après être descendu en Judée, au bord du Jourdain, pour y recevoir le baptême des mains de Jean-Baptiste, Jésus reprend le chemin de la Galilée, le pays qui l’a vu grandir. Mais il ne rentre pas à Nazareth : il s’installe à Capharnaüm… Ainsi Jésus quitte finalement deux lieux : la Judée, région autour de Jérusalem, centrée sur le Temple et sur une pratique du judaïsme sans doute plus orthodoxe, et Nazareth, le village où il a ses racines humaines, là où vivent probablement le reste de sa famille et ceux et celles qui l’ont vu grandir, ceux et celles qui ont grandi avec lui. S’installer à Capharnaüm, c’est s’établir sur un lieu de passage et de brassage, s’est vivre une ouverture à la diversité et à la nouveauté. La Galilée est marquée par un grand brassage de populations : les guerres, les mouvements de population, l’immigration et le métissage y sont fortement présents. La Galilée, terre juive, est aussi la Galilée des Nations, la Galilée des païens. On est aussi loin de la capitale, du Temple et de ses cercles de pensées, qui traitaient d’ailleurs la Galilée avec mépris.

En débutant sa mission en Galilée, Jésus vient annoncer la Bonne Nouvelle dans un lieu où se rencontres des gens issus de différents pays et appartenant à différentes traditions religieuses. C’est d’abord vers ces hommes et vers ces femmes, regardés de haut par la hiérarchie juive, que Jésus se tourne.

Et c’est au milieu d’eux qu’il va appeler ses premiers disciples : Simon et André, Jacques et Jean. Ce sont des pêcheurs, ils ont une situation et une vie déjà organisée. À l’appel de cet homme, de ce rabbi itinérant, ils abandonnent leur situation matérielle, la sécurité d’un travail et d’une maison, pour prendre la route à sa suite. C’est dire toute la profondeur de l’attente spirituelle qui habitait ces hommes. En étaient-ils conscients auparavant ? Toujours est-il que la rencontre avec Jésus, que bien plus tard ils confesseront comme Christ, cette rencontre éveille en eux une soif de changement et de conversion : ils répondent à l’appel de Jésus et changent de vie.

De pêcheurs de poissons, ils deviendront pêcheurs d’hommes. Là encore le changement est radical : quand on pêche des poissons, c’est pour les tuer et les manger, alors que leur mission de “pêcheurs d’hommes” sera de leur apporter la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu pour tous les hommes, et ainsi de leur ouvrir le chemin de la vraie Vie !

Je ne peux pas prêcher devant une assemblée de religieuses sans m’attarder quelques instants sur cette phrase de l’évangile d’aujourd’hui : « Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent. » Toute personne consacrée a pris un jour cette décision : abandonner sa barque, c’est-à-dire un métier, une situation, abandonner son père, c’est-à-dire une famille, pour suivre le Christ dans un engagement radical, en réponse à un appel entendu à l’intime du cœur. Ce qui témoigne de notre attachement au Christ, ce n’est pas l’importance de ce que nous avons quitté, c’est la disposition du cœur qui l’accompagne. Le Christ ne juge pas sur la quantité ou la valeur monétaire du don, rappelons-nous les deux piécettes de la veuve. Ce qu’Il nous demande, c’est de nous attacher à Lui avec toute la force de notre volonté, de notre bonne volonté, en implorant le secours de sa grâce. Car comme le disait St Grégoire le Grand, qui fut moine avant d’être élu pape : « Aux yeux de Dieu la main n’est jamais vide de l’offrande, si le coffret du cœur est rempli de bonne volonté. »

Amen.

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