"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

Musique et autres nouveautés...

Vous pouvez aussi retrouver en bas de page les horaires des messes de ma paroisse...

mardi 23 décembre 2008

Homélie du 21 décembre - 4ème dimanche de l'Avent B

Cathédrale de la Trinité – Laval – 10h30
Entrée en catéchuménat d’un jeune
Église ND des Cordeliers – Laval – 18h00
Dimanche 21 décembre 2008
4ème dimanche de l’Avent B

(Textes : 2S 7,1-5.8b-12.14a.16 – Ps 88 – Rm 16,25-27 – Lc 1,26-28)

Illustration : Vitrail de l'Eglise de la Réconciliation, Communauté de Taizé.

Mot d’accueil :
Frères et sœurs,

En ce dernier dimanche de l’Avent, nous contemplons une fois de plus le mystère de l’amour de Dieu qui se remet entre les mains de la Vierge Marie pour venir jusqu’à nous, pour habiter au milieu de nous. [Dans la joie, également, nous accueillons N. qui va faire aujourd’hui, au milieu de notre communauté rassemblée, son entrée en catéchuménat.]

Homélie :

Frères et sœurs,

Dans ce temps de l’Avent qui nous achemine vers Noël, nous avons sans doute préparé une crèche dans nos maisons, comme cela a été fait dans nos églises. La crèche, c’est la première maison de l’Enfant Jésus sur cette terre… maison toute de simplicité… Ou plutôt, c’est la deuxième demeure du Christ… car la première, c’est Marie ! Et comme Marie, nous sommes appelés à faire de nos vies des demeures pour Dieu.

Dans la première lecture, nous voyons le roi David se préoccuper de donner une demeure convenable pour le Seigneur. Il sait bien que Dieu n’en a pas besoin, mais il sait aussi que le peuple d’Israël a besoin d’un lieu convenable, d’un endroit adapté pour aller à la rencontre de Dieu. Et le Seigneur répond à la sollicitude de David en lui promettant que c’est sa maison, c’est-à-dire sa famille, qui subsistera pour toujours…

En Jésus Christ, c’est véritablement que Dieu avait besoin d’une “maison” pour venir “habiter” chez les hommes… « Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous » écrira St Jean dans le premier chapitre de son évangile que nous entendrons le matin de Noël. Oui, Dieu avait besoin d’une mère, d’une vie humaine qui l’accueil.

À la salutation de l’ange, Marie est bouleversée… Elle a confiance, mais en même temps elle se rend bien compte de ce que cette situation a d’extraordinaire. Peut-être pense-t-elle à ses parents, à Joseph… Comment vont-ils pouvoir comprendre ? Cela va passer pour un adultère aux yeux de tous… Marie risque la mise à mort par lapidation…

Mais malgré cela, elle dit “oui” et accepte de devenir une demeure pour le Seigneur. Ainsi, grâce à sa coopération, le projet de Dieu peut s’accomplir, le plus grand événement de l’histoire de l’humanité vient au jour en la personne de ce petit enfant. Oui, « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu ».

À nous aussi, Dieu demande de lui ménager une place en nous-mêmes. C’est chaque jour que nous devons offrir à Dieu cette demeure en nous, mais peut-être y pensons-nous de façon plus intense quand Noël approche. Comme David et Marie, cela n’est sans doute pas toujours facile pour nous. Comme eux, nous pouvons connaître le doute, l’inquiétude, les épreuves. Mais comme eux, si nous décidons généreusement d’ouvrir nos vies au Seigneur et de coopérer avec Lui, nous prenons conscience que de grandes choses peuvent s’accomplir si nos vies sont véritablement en communion avec lui. Comme Dieu est devenu homme, s’est incarné grâce à l’accueil de la Vierge Marie, il peut s’incarner encore par nous-mêmes si nous lui offrons nos vies, nos bras et nos mains, si nous nous mettons concrètement, dans nos vies, au service de la Bonne Nouvelle du Christ.

Ce temps de Noël est un temps de grande espérance, un temps de renouvellement. Aussi, en cherchant à être toujours plus les “temples de l’Esprit Saint”, nous sommes assurés que, même si nous ne sommes pas toujours fidèles, même si nous sommes fragiles et faillibles, nous pouvons suivre l’exemple de nos aînés dans la foi : Marie, Joseph, Jean-Baptiste...

Si nous le faisons, nous pourrons entendre cette même salutation angélique : « Réjouis-toi ! Sois sans crainte. » car « le Seigneur est avec toi. »

Amen.

David Journault †

dimanche 14 décembre 2008

Homélie du 14 décembre - 3ème dimanche de l'Avent B - "Gaudete"

Basilique ND d’Avesnières – Laval – 10h00
Dimanche 14 décembre 2008
3ème dimanche de l’Avent B – “Gaudete”

(Textes : Is 61,1-2a.10-11 – Ct: Lc 1,46-50.53-54 – 1Th 5,16-24 – Jn 1,6-8.19-28)

Illustration : La Vierge du Magnificat, Cathédrale de Laval.

Mot d’accueil :
« Soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie, le Seigneur est proche. »

C’est bientôt Noël, les textes d’aujourd’hui nous invitent à nous réjouir. Avec le prophète Isaïe, St Paul et la Vierge Marie, nous exultons de joie et nous nous réjouissons à l’avance de la Bonne Nouvelle annoncée : guérison et délivrance. Avec St Jean-Baptiste, préparons le chemin du Seigneur et préparons nos cœurs à l’accueillir.

Homélie :

« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon sauveur. »… au cœur de ce temps de l’Avent, ce dimanche de la joie, ce dimanche de « Gaudete », oriente nos cœurs vers cette attitude fondamentale de l’existence chrétienne qu’est la joie. Non pas la gaité inconsciente ou l’optimisme béat, car dans notre monde, ce serait de l’inconscience, mais la joie profonde de l’assemblée des croyants. Cette joie naît de la découverte de l’amour de Dieu, de l’écoute de la Parole, de la lecture dans nos vies des signes de l’Esprit. Oui, Dieu nous aime et par son Esprit Saint il est à l’œuvre dans nos vies, et nous contribuons à la construction du Royaume de Dieu… voilà la source de la joie authentique du disciple du Christ.

Le passage de la première épître de Paul aux Thessaloniciens que nous avons entendu est comme un carnet de route pour les disciples que nous sommes… à commencer par la première phrase : « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance : c’est ce que Dieu attend de vous dans le Christ Jésus. » Quand Paul écrit cela aux Thessaloniciens, c’est qu’ils en ont bien besoin : ils sont dans une situation difficile car ils sont rejetés et persécutés par les Juifs de leur ville, et St Paul lui-même devra fuir Thessalonique.

Et cette joie profonde dans laquelle nous devons vivre, elle est en lien avec l’événement qui est l’horizon final de nos vies : la venue de notre Seigneur Jésus Christ. « Il est fidèle, le Dieu qui vous appelle : tout cela, il l’accomplira. » Oui, la source de notre joie, c’est l’attente confiante et active de la venue du Christ, de son retour, ce que nous célébrons à chaque eucharistie : « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. » Pour St Paul, c’est cette venue du Christ qui est l’horizon de toutes ses pensées et qui doit orienter toute la vie chrétienne. C’est ainsi le but du chemin qui nous indique quel chemin nous devons parcourir.

Au milieu du passage, St Paul donne un autre conseil : « N’éteignez pas l’Esprit, ne repoussez pas les prophètes, mais discernez la valeur de toute chose. Ce qui est bien, gardez-le ; éloignez-vous de tout ce qui porte la trace du mal. » C’est un exercice délicat mais authentiquement chrétien, que ce “discernement des esprits”. Il ne suffit pas que quelqu’un parle au nom de Dieu pour qu’immédiatement vous deviez adhérer à ce qui est dit : il y a multitude de charlatans, de faux prophètes, de fausses prières, de piétés déviantes, qui circulent dans notre monde. Plus le terreau authentiquement chrétien se trouve fragilisé, plus ressurgissent des pratiques qui rappelle le paganisme de nos lointains ancêtres et le culte des idoles. Quand nous essayons d’être attentifs aux signes que l’Esprit Saint nous adresse, il nous faut faire preuve de bon sens et d’intelligence : respectons les dons qui viennent de l’Esprit Saint, mais ne suivons pas aveuglément toute personne qui se dit habitée par l’Esprit. On juge un arbre à ses fruits : dans l’épître aux Corinthiens, St Paul dira qu’il faut toujours choisir ce qui édifie la communauté. Si quelqu’un se dit être détenteur d’une vérité, et que cette personne va dans le sens de fragiliser la communauté chrétienne, le corps du Christ, si elle créé des divisions, des tensions, des inimitiés, c’est sans doute que ce don ne vient pas de l’Esprit Saint. Car comment l’Esprit Saint pourrait-il œuvrer contre l’unité du Corps du Christ ?

Un autre adage traditionnel peut nous aider : « Là où est l’évêque, là est l’Église. » C’est la mission de l’évêque de garder et de renforcer l’unité de l’Église dont il a la charge, et l’unité de cette Église avec l’Église catholique dans son ensemble. Tout prédicateur, tout guérisseur, tout visionnaire… qui ne remet pas ses dons entre les mains de son évêque dans l’obéissance, il ne peut être question de le suivre, car il n’œuvre pas dans le sens de l’unité de l’Église. Voilà une règle simple et sûre. Et pour nous, soyons toujours dans cette joie simple et belle du vrai disciple : une joie fondée sur la confiance dans le retour du Christ, une joie fidèle dans la prière, une joie active à faire le bien.

Amen.

David Journault †

lundi 8 décembre 2008

8 décembre : Solennité de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie

Aujourd'hui est une grande fête pour l'Église catholique en générale, et pour le Diocèse de Laval en particulier. En effet, nous fêtons aujourd'hui l'Immaculée Conception de la Vierge Marie, à laquelle le Diocèse de Laval a été consacré par son premier évêque, Mgr Casimir-Alexis Wicart.

Tout à l'heure à 18h15 notre évêque actuel, Mgr Thierry Scherrer, va présider l'eucharistie en la Basilique Notre-Dame d'Avesnières.

Souvent on confond l'Immaculée Conception avec la conception virginale... petit rappel...
  • L'Immaculée Conception de la Vierge Marie : "Dès le premier instant de sa vie, Marie a été préservée de tout péché par une grâce venant déjà de la mort de son Fils. La conception immaculée de Marie est donc fondée sur sa maternité divine. Comme en son assomption, Marie est, en son immaculée conception, l'image anticipée de l'Église, que Dieu a voulue sans tache, ni ride, mais sainte et immaculée." (Cf. Missel romain).
  • La conception virginale : Marie a été enceinte non du fait d'une relation sexuelle avec Joseph, mais par l'action de l'Esprit Saint de Dieu en elle.
Voilà une ancienne prière dite à l'occasion de cette fête dans le diocèse et que j'ai trouvé à la sacristie de la Cathédrale de Laval :

Très Sainte Vierge Marie,
le diocèse de Laval est le premier qui ait été placé par le Saint Siège sous le vocable de votre sainte et immaculée Conception. Nous venons en ce jour renouveler cette consécration authentique et solennelle, en vous priant d’accorder votre maternelle protection à l’évêque et au clergé, aux paroisses et aux communautés, aux œuvres et aux institutions, à toutes les familles et à toutes les âmes sans exception de ce diocèse.
Faites germer chez nous de nombreuses et saintes vocations sacerdotales. Préservez la foi de tous. Augmentez notre charité ; maintenez-nous dans l’union et la dignité de vie ; formez parmi nous de véritables apôtres. Aidez-nous à pratiquer le détachement des biens de ce monde. Veillez sur les absents. Ramenez tous les pécheurs à la pratique des commandements de Dieu et de l’Église.
Nous vous consacrons spécialement les malades, les affligés, les prisonniers, les indigents, les enfants. Bénissez notre Patrie dont vous êtes la Reine. Ô Vierge Immaculée, donnez-nous le courage de lutter contre le péché et gardez votre peuple de tout entraînement dans le mal.
Assistez-nous tous à l’heure de notre mort et faites-nous entrer un jour avec votre divin Fils, dans votre gloire !
Ainsi soit-il !

dimanche 7 décembre 2008

Homélie du 7 décembre - 2e dimanche de l'Avent B

Basilique ND d’Avesnières – Laval – 10h00
Messe KT – Entrée en catéchuménat de Korantin, Chloé, Lou, Capucine, Kelim et Mahaut
Église ND des Cordeliers – Laval – 18h00
Messe préparée et animée par les lycéens de l’Aumônerie de l’Enseignement public
Dimanche 7 décembre 2008 2ème dimanche de l’Avent B
(Textes : Is 40,1-5,9-11 – Ps 84 – 2P 3,8-14 – Mc 1,1-8)

Mot d’accueil :

Dans notre chemin de l’Avent, nous rencontrons aujourd’hui le visage de Jean-Baptiste. « Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route », tel est son crie… saurons-nous l’entendre ?

Homélie :

Jean-Baptiste, comme Isaïe, nous avons l’habitude de le classer dans la catégorie des prophètes : ces hommes un peu bizarres, il suffit de regarder la façon de s’habiller et de se nourrir de Jean-Baptiste, qui prononce des paroles parfois obscures, au nom de Dieu. On les considère parfois un peu comme des voyants, des personnes qui prévoient l’avenir…

Mais les prophètes que nous voyons dans l’Écriture sont bien différents de ces faux prophètes, de ces voyantes, astrologues, horoscopes et autres diseurs de bonne aventure.

C’étaient des hommes spécialement choisis par Dieu pour s’adresser aux autres au nom même de Dieu. Et généralement, leur mission n’était pas facile, car Dieu leur demandait d’aller dire au peuple d’Israël ce qu’il avait fait de mal. Voilà aussi pourquoi la mission de prophète était difficile : ils devaient faire des remarques désagréables et donner des avertissements à tous, au nom de Dieu : « Ce que vous faites, votre façon de vivre, tous vos péchés, cela n’est pas en accord avec l’Alliance conclue avec Dieu. Vous vous êtes détournés de Dieu. Changez d’attitude et revenez au Seigneur… »

Ce n’est jamais agréable à entendre, et il est plus simple de taper sur le messager que d’essayer d’écouter en vérité ce qu’il a à nous dire ! Le prophète est une sorte de thermomètre qui est là pour indiquer aux croyants qu’ils sont malades et qu’ils ont la fièvre ! On peut toujours essayer de casser le thermomètre, ce n’est pas ça qui va faire baisser la fièvre !

Et on sait bien que plusieurs prophètes ont été maltraités, au lieu d’être écoutés. Jean-Baptiste lui-même a été mis en prison et décapité.

Aujourd’hui encore, l’Église se met à l’écoute des paroles des prophètes, car les défauts qu’ils dénoncent sont encore présents dans notre monde. Quand Jean-Baptiste nous appelle à préparer le chemin du Seigneur, à aplanir la route, c’est de notre cœur, c’est de notre vie qu’il parle. Qu’est-ce qui dans notre cœur fait obstacle à la venue du Seigneur ? Comme le dit St Pierre dans le passage de sa lettre que nous avons entendu tout à l’heure, le Seigneur patiente pour nous laisser le temps de nous convertir… mais un jour, il reviendra, et dans quel état trouvera-t-il nos cœurs et nos vies ?

Le temps de l’Avent est un temps béni pour prendre le temps de relire nos vies et de chercher en nous ce qu’il faut changer, ce qu’il faut supprimer, ou bien ce qu’il faut ajouter, pour préparer dans notre cœur le chemin du Seigneur. Cette semaine, les élèves de CM des trois écoles catholiques de la paroisse ont pu vivre le sacrement de la Réconciliation, pour préparer leur cœur à accueillir la joie de Noël. Comme les années passées, les prêtres de la paroisse vont vous proposer des heures de permanence pour vivre individuellement le sacrement de la Réconciliation… Ne restez pas sourds à cet appel de Jean-Baptiste à vous convertir, à offrir vos cœurs et vos vies au Seigneur.

Ainsi, vous pourrez vivre pleinement la vocation de votre baptême : au baptême, nous devenons prêtre, prophète et roi. Prêtre, car nous sommes appelés à prier, prophète, car nous sommes appelés à témoigner, roi, car nous sommes appelés à prendre soin de nos frères.

Ne laissons pas le don de Dieu s’endormir ou s’éteindre en nous.

Amen.

David Journault †

vendredi 5 décembre 2008

Partager une joie...

Chers lecteurs,
Quelques lignes pour vous partager quelques joies toutes simples du ministère de prêtre. Ces deux derniers jours, avec quelques confrères, nous avons confessé les élèves de CM1-CM2 des trois écoles catholiques présentes sur la paroisse : l'école St Joseph, l'école ND d'Avesnières et l'école de l'Enfant-Jésus.
Être auprès de ces enfants et les aider par la réflexion et le sacrement de la réconciliation à grandir en humanité et dans leur foi, c'est magnifique, même si ça passe peut-être inaperçu, y compris pour les paroissiens !
Autre grande joie : dimanche qui vient, nous allons célébrer à la messe de 10h en la Basilique d'Avesnières l'entrée en catéchuménat de 6 enfants de la paroisse. Ces enfants ont entre 9 et 11 ans, et ils cheminent avec sérieux dans leur groupe de caté. Ils sont heureux et fier de devenir catéchumène, et c'est une joie pour moi d'être témoin du cheminement spirituel de ces enfants...
Je rends grâce à Dieu pour ces beaux moments !
A bientôt...

dimanche 23 novembre 2008

Homélie du 23 novembre - Solennité du Christ, Roi de l'Univers A

Dim. 23 novembre 2008 – Avesnières – 10h00
Solennité du Christ Roi de l’Univers A

(Textes: Ez 34,11-12.15-17 – Ps 22 – 1Co 15,20-26.28 – Mt 25,31-46)

Mot d’accueil :

Il y a une seule exigence pour entrer dans le Royaume de Dieu : aimer. La voix de Jésus tranche singulièrement avec celle des puissants de la terre. « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25,40)

Homélie :

Frères et sœurs,

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, l’Église célèbre le Christ, roi de l’univers. Mais ce n’est pas un roi comme les rois de la terre… Quand Pilate demande à Jésus s’il est roi, il lui répond bien que son royaume n’est pas de ce monde (Jn 18,36-37)… Non, Jésus n’est pas venu en notre monde pour être servi, mais pour servir, et faire la volonté de son Père. Et c’est la même attitude que nous sommes invités à avoir, nous qui par notre baptême sommes devenus prêtres, prophètes et rois… « Si l’un de vous veux être le premier, qu’il se fasse le serviteur de tous » (Mc 10,44-45).

Et comment pouvons-nous être rois à l’image du Christ ? En aimant et en le traduisant concrètement dans nos vies. L’évangile de Matthieu nous présente aujourd’hui le retour du Christ dans la gloire qui viendra juger les hommes et les femmes à la fin des temps. Le critère de son jugement, ce n’est pas une loi, fût-elle celle des dix commandements ou celle de l’Église. Son critère, ce sont les actes concrets d’amour et de charité : donner à manger et à boire à ceux qui ont faim et soif, vêtir ceux qui sont nus, loger les sans-abris, soigner les malades, rendre visite aux prisonniers… Et il va plus loin : le Christ s’identifie lui-même avec toutes ces personnes souffrantes, avec tous ces “petits” de nos sociétés qui sont dans la difficulté. Et d’ailleurs, nous le savons bien, nos sociétés connaissent toutes sortes de pauvretés, qui viennent s’ajouter à cette liste que dresse Jésus : il y a toutes les pauvretés et les fragilités psychologiques, les détresses familiales, les souffrances au travail, la précarité sociale…

C’est parce que le Christ nous invite à ouvrir les yeux et à porter assistance aux souffrants de notre monde que l’Église prend la parole sur les thèmes de la vie sociale. En 2005 le Conseil Pontifical “Justice & Paix” a publié le Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, c’est-à-dire un livre rassemblant toute la pensée de l’Église sur les grands thèmes de morale et d’éthique. Il y a une partie sur la vie économique, et les quelques lignes sur le système financier international étaient prophétiques… Ce que dit l’Église, c’est que le développement des échanges financiers internationaux est bon dans la mesure où il ne perd pas de vu son objectif premier qui est de financer l’économie réelle… et d’ajouter : « L'accélération imprévue de processus tels que l'énorme accroissement de la valeur des portefeuilles administrés par les institutions financières et la prolifération rapide de nouveaux instruments financiers sophistiqués rend on ne peut plus urgent de trouver des solutions institutionnelles capables de favoriser réellement la stabilité du système, sans en réduire les potentialités ni l'efficacité. Il est indispensable d'introduire un cadre normatif permettant de protéger cette stabilité dans la complexité de tous ses éléments, d'encourager la concurrence entre les intermédiaires et d'assurer la plus grande transparence au profit des investisseurs. »

Le rôle que l’Église, en fidélité aux commandements du Christ, assigne à l’économie, c’est le service du développement de l’homme, de tout homme. À partir du moment où le développement économique se fait au détriment du développement de l’homme, il se perverti et cesse d’être au service de l’homme pour en devenir le maître. Le développement économique et l’argent ne doivent pas être nos maîtres, mais nos serviteurs pour que nous puissions mettre en œuvre cette charité à l’égard de tous à laquelle le Seigneur nous appelle, et au sujet de laquelle nous aurons à rendre compte de notre vie.

Nous, chrétiens, dans nos vies de chaque jour, nous devons imiter l’exemple du Christ, écouter et suivre ses enseignements et, de manière concrète, mettre joyeusement et généreusement en pratique la loi de la charité. Ce ne sont pas les œuvres caritatives qui manquent dans l’Église !

Et si on veut donner de son temps en plus de son argent, n’hésitons pas : le Secours Catholique, le service paroissial des malades, l’accueil des familles en deuil, et tout d’autres lieux de bénévolat possibles, sont toujours à la recherche de nouvelles personnes qui souhaitent mettre concrètement en œuvre leur charité.

Ainsi nous vivrons dès ici bas dans l’amour de Dieu et nous n’aurons rien à craindre du jugement : nos actes témoigneront pour nous, et nous pourrons nous avancer devant le Seigneur et nous entendre dire : « Venez les bénis de mon Père, recevez le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la création du monde. » (Mt 25,34).

Amen.

David Journault †

Compendium de la Doctrine Sociale de l'Eglise

En 2005, le Conseil Pontifical "Justice & Paix" publiait le Compendium de la Doctrine Sociale de l'Eglise" (ISBN : 9782204078870) . Ce livre contient en un seul volume un exposé organisé de ce que pense l'Eglise sur les grandes questions éthiques, qu'il s'agissent de la dignité de la personne humaine, la famille, le travail, la vie économique, la communauté politique, la communauté internationale, la sauvegarde de l'environnement ou la promotion de la paix...
Vous trouverez ci-dessous deux numéros de la partie sur l'économie de ce compendium qui étaient prophétiques...

b) Le système financier international

368 Les marchés financiers ne sont certes pas une nouveauté de notre époque: depuis longtemps déjà, sous diverses formes, ils se sont chargés de répondre à l'exigence de financer des activités productives. L'expérience historique atteste qu'en l'absence de systèmes financiers adéquats, aucune croissance économique n'aurait eu lieu. Les investissements à large échelle, typiques des économies modernes de marché, n'auraient pas été possibles sans le rôle fondamental d'intermédiaire joué par les marchés financiers, qui a permis notamment d'apprécier les fonctions positives de l'épargne pour le développement complexe du système économique et social. Si la création de ce que l'on a qualifié de « marché global des capitaux » a entraîné des effets bénéfiques, grâce à une plus grande mobilité des capitaux permettant aux activités productives d'avoir plus facilement des ressources disponibles, la mobilité accrue a par ailleurs fait augmenter aussi le risque de crises financières. Le développement de la finance, dont les transactions ont largement surpassé en volume les transactions réelles, risque de suivre une logique toujours plus autopréférentielle, sans lien avec la base réelle de l'économie.

369 Une économie financière qui est une fin en soi est destinée à contredire ses finalités, car elle se prive de ses propres racines et de sa propre raison constitutive, et par là de son rôle originel et essentiel de service de l'économie réelle et, en définitive, de développement des personnes et des communautés humaines. Le cadre d'ensemble apparaît encore plus préoccupant à la lumière de la configuration fortement asymétrique qui caractérise le système financier international: les processus d'innovation et de déréglementation des marchés financiers tendent en effet à ne se consolider que dans certaines parties du globe. Ceci est une source de graves préoccupations de nature éthique, car les pays exclus de ces processus, bien que ne jouissant pas des bénéfices produits par ceux-ci, ne sont toutefois pas à l'abri d'éventuelles conséquences négatives de l'instabilité financière sur leurs systèmes économiques réels, surtout s'ils sont fragiles ou si leur développement est en retard.

L'accélération imprévue de processus tels que l'énorme accroissement de la valeur des portefeuilles administrés par les institutions financières et la prolifération rapide de nouveaux instruments financiers sophistiqués rend on ne peut plus urgent de trouver des solutions institutionnelles capables de favoriser réellement la stabilité du système, sans en réduire les potentialités ni l'efficacité. Il est indispensable d'introduire un cadre normatif permettant de protéger cette stabilité dans la complexité de tous ses éléments, d'encourager la concurrence entre les intermédiaires et d'assurer la plus grande transparence au profit des investisseurs.

dimanche 16 novembre 2008

Une prière de frère Roger, de Taizé


Jésus, notre confiance,

nous voudrions t'aimer

de toute notre âme.

Donne-nous d'oser renouveler

encore et toujours

le don de notre vie.

mercredi 12 novembre 2008

Acte d'abandon à la Miséricorde - Jean-Paul II

Seigneur, voilà plus de soixante-cinq ans que Tu m’as fait le don inestimable de la vie, et depuis ma naissance, Tu n’as cessé de me combler de tes grâces et de ton amour infini.
Au cours de toutes ces années se sont entremêlés de grandes joies, des épreuves, des succès, des échecs, des revers de santé, des deuils, comme cela arrive à tout le monde.
Avec ta grâce et ton secours, j’ai pu triompher de ces obstacles et avancer vers Toi.
Aujourd’hui, je me sens riche de mon expérience et de la grande consolation d’avoir été l’objet de ton amour.
Mon âme te chante sa reconnaissance.
Mais je rencontre quotidiennement dans mon entourage des personnes âgées que Tu éprouves fortement : elles sont paralysées, handicapées, impotentes et souvent n’ont plus la force de Te prier, d’autres ont perdu l’usage de leurs facultés mentales et ne peuvent plus T’atteindre à travers leur monde irréel. Je vois agir ces gens et je me dis : « Si c’était moi ? »
Alors, Seigneur, aujourd’hui même, tandis que je jouis de la possession de toutes mes facultés motrices et mentales, je T’offre à t’avance mon acceptation à ta sainte volonté, et dès maintenant je veux que si l’une ou l’autre de ces épreuves m’arrivait, elle puisse servir à ta gloire et au salut des âmes. Dès maintenant aussi, je Te demande de soutenir de ta grâce les personnes qui auraient la tâche ingrate de me venir en aide.
Si, un jour, la maladie devait envahir mon cerveau et anéantir ma lucidité, déjà, Seigneur, ma soumission est devant Toi et se poursuivra en une silencieuse adoration.
Si, un jour, un état d’inconscience prolongée devait me terrasser, je veux que chacune de ces heures que j’aurai à vivre soit une suite ininterrompue d’actions de grâce et que mon dernier soupir soit aussi un soupir d’amour. Mon âme, guidée à cet instant par la main de Marie, se présentera devant Toi pour chanter tes louanges éternellement.

Prière de Jean-Paul II écrite pour son anniversaire, le 18 mai 1985

dimanche 9 novembre 2008

Homélie du 9 novembre - Dédicace de la Basilique St Jean de Latran, Cathédrale de Rome

Dim. 9 novembre 2008 – Avesnières – 10h00
Dim. 9 novembre 2008 – Cordeliers – 18h00
Fête de la Dédicace de la Basilique St Jean de Latran, Cathédrale de Rome

(Textes : Ez 47,1...12 – Ps 45 – 1Co 3,9…17 – Jn 2,13-22)

Mot d’accueil :

Frères et sœurs,

Aujourd’hui l’Église célèbre la fête de la Dédicace de la Basilique St Jean de Latran, qui est la Cathédrale de Rome. La dédicace, c’est la consécration d’un bâtiment, qui devient alors lieu de culte. Et la Basilique St Jean de Latran, comme Cathédrale du Pape, est la première de toutes les églises en dignité. Le successeur de Pierre est à la fois évêque de Rome et Pape, c’est pourquoi toutes les Églises de rite romain répandues à travers le monde ont à cœur de célébrer le mystère de l’unique Église du Christ en la fête de la dédicace de la cathédrale de Rome.

Homélie :

Frères et sœurs,

Aujourd’hui nous fêtons donc la dédicace de la Basilique St Jean de Latran, cathédrale de l’évêque de Rome… occasion pour nous de méditer sur l’unité et la communion dans l’Église. Car si nous fêtons la dédicace d’un bâtiment, n’oublions pas que le bâtiment église n’a de sens que relié à la communauté Église qui s’y rassemble. Chaque année nous célébrons plusieurs anniversaires de dédicace : celle de St Jean de Latran, celle de la Cathédrale de Laval (le 22 novembre) et aussi celle de chacune de nos églises.

L’assemblée que nous formons, nous lui donnons le beau nom de communauté… pourquoi ? Parce que nous appartenons au même groupe de chrétiens, et que nous communions ensemble à la même eucharistie. Et la mission première du pape et des évêques, et aussi des prêtres et de tous les chrétiens, c’est de faire vivre cette communion.

En effet, comme nous le dit Saint Paul dans la première lecture, nous sommes tous appelés à participer à la construction de la maison de Dieu, mais gardons-nous bien d’oublier sur quelle fondation est bâtie la maison : le Christ. C’est le ministère des évêques, et à leur tête de l’évêque de Rome, de veiller à ce que la construction se poursuive en fidélité au Christ. Ils ont pour mission de veiller à l’unité de tout le corps du Christ, unité qui est le signe de la fidélité au Christ, unité qui est blessée par les divisions entre les différentes confessions chrétiennes, mais aussi entre les différentes sensibilités à l’intérieur même de notre Église catholique romaine.

Avons-nous bien conscience du contre-témoignage flagrant que nous donnons que nous nous retranchons derrière telle ou telle étiquette et que nous dénigrons tel ou tel autre groupe de chrétiens ? Il y a une frontière à ne pas franchir entre la légitime expression d’un désaccord, et la critique systématique d’un autre groupe de chrétiens. Par le passé dans notre Église diocésaine il y a eu de véritables guerres de tranché entre différents mouvements et différents services… ce qui n’est heureusement plus d’actualité.

Mais aujourd’hui j’entends par exemple régulièrement des voix qui s’élèvent pour critiquer systématiquement tout ce qui se fait autour de nos frères et de nos sœurs attachés à la forme ancienne de la liturgie romaine. Et généralement, moins on en sait, et plus on en parle, et plus on en dit du mal. On peut ne pas être d’accord avec la décision prise par le Saint Père d’autoriser à nouveau la célébration de l’eucharistie selon le Missel de Jean XXIII… Mais œuvrer par la critique et la médisance contre la mise en œuvre de cette décision pontificale dans notre diocèse, c’est œuvrer contre l’Église et son unité.

Car nous devons bien prendre conscience de la nécessité de travailler tous, les uns et les autres, à la disparition de ces attitudes qui blessent profondément le Corps du Christ. Il ne s’agit évidemment pas d’uniformiser l’expression de la foi : quand Saint Paul nous invite à construire l’Église, il n’est pas question de tous construire de la même façon. Ce n’est pas ce que nous demande le Christ. Ce n’est pas l’uniformité qu’il nous faut chercher, mais l’unité.

On ne peut vouloir être un authentique disciple du Christ et se satisfaire de la situation actuelle de division des chrétiens. Notre division fait obstacle à l’avènement du Royaume, et c’est je crois cette conscience aigüe de l’urgence de la réconciliation qui guide le pape aujourd’hui.

Je ne peux vous parler de l’unité et de la communion sans recourir à la pensée d’un grand artisan et d’un grand penseur de l’unité, frère Roger. Plus que d’unité, frère Roger aimait parler d’unanimité. En 1966 il écrivait dans son livre « Unanimité dans le pluralisme » :

« Pourquoi cette incessante confusion entre unanimité et uniformité ? L’uniformité crée l’apparence de l’unité. Elle tisse un vêtement superficiel et l’Évangile est alors vécu en surface. L’unanimité, elle, exige un accord intime. Elle suppose le pluralisme des expressions personnelles. […] Ce qui doit demeurer, au prix même d’une souffrance, c’est l’unanimité de toutes les communautés sur le fondement commun. Sinon disparaît la visibilité de l’Église dans son unité. Le pluralisme des familles spirituelles dans l’Église est un facteur de santé et d’unité. Mais ils s’opposent à l’unité ceux dont les particularismes ne peuvent subsister qu’au prix de la séparation. »

La recherche de l’unanimité ne nous demande pas de renier telle ou telle conviction profonde. Mais nous ne devons jamais perdre de vue que nous ne sommes pas l’Église à nous tout seul. N’accusons pas trop facilement telle ou telle Église, telle ou telle communauté, de trahir l’Évangile… Car y sommes-nous toujours fidèles ?

Cherchons d’abord à aimer et à regarder nos frères avec le regard de Dieu. En cette fête de la Dédicace de la Basilique du Latran, prions pour l’unité, l’unanimité entre les chrétiens et entre les hommes, prions pour que notre pape, et nous avec lui, nous trouvions les paroles et les actes qui permettrons en vérité de recoudre le manteau déchiré du Christ.

Amen.

David Journault †

lundi 27 octobre 2008

Bulletin paroissial de Toussaint

Le nouveau numéro du bulletin paroissial "Au Coeur de la Ville" est disponible !
C'est le numéro 30 du bulletin de la paroisse "La Trinité - Avesnières - Cordeliers" et vous y trouverez ce qui fait l'actualité de la paroisse où je suis de service...
Pour le lire, cliquer ICI.
Bonne lecture.

Confessions individuelles

Ve 24/10

Sa 25/10

Dim 26/10

Lu 27/10

Ma 28/10

Me 29/10

Je

30/10

Ve

31/10

Cathédrale

 

10h-12h

17h-18h

 

 

 

 

 

17h-19h

Avesnières

17h45-18h10

 

 

 

 

 

10h-12h

17h45-18h10

Cordeliers

19h-19h30

17h30-19h

9h30-10h

 

18h-18h45

17h-18h30

17h-19h

19h-20h30

Confessions individuelles

Ve 24/10

Sa 25/10

Dim 26/10

Lu 27/10

Ma 28/10

Me 29/10

Je

30/10

Ve

31/10

Cathédrale

 

10h-12h

17h-18h

 

 

 

 

 

17h-19h

Avesnières

17h45-18h10

 

 

 

 

 

10h-12h

17h45-18h10

Cordeliers

19h-19h30

17h30-19h

9h30-10h

 

18h-18h45

17h-18h30

17h-19h

19h-20h30

dimanche 26 octobre 2008

Homélie du 26 octobre - 30e dimanche du temps ordinaire A

Dim. 26 octobre 2008 – Cathédrale – 10h30
30e dimanche du Temps ordinaire A
(Textes: Ex 22,20-26 – Ps 17 – 1Th 1,5-10 – Mt 22,34-40)

Mot d’accueil :

Encore une fois, c’est le lien étroit qui existe entre l’amour de Dieu et l’amour du prochain que Jésus nous rappelle dans l’évangile d’aujourd’hui. Oui, vouloir aimer Dieu, cela ne peut que se traduire également dans l’amour du prochain, et dans un amour qui ne se paye pas de mots : l’amour se donne du mal pour les autres.

Homélie : 

« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » Cette question piège que ce groupe de Pharisiens pose à Jésus, elle est finalement l’occasion pour le Christ d’un enseignement sur Dieu et sur ce qu’Il attend de nous. 

Plusieurs points valent d’être soulignés : 

Tout d’abord, alors que les Pharisiens demandent quel est le plus grand commandement, Jésus les amène à un déplacement, et leur donne deux commandements, qui sont semblables : aimer Dieu, et aimer son prochain. 

À proprement parler, Jésus n’invente rien de nouveau : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit », c’est au chapitre 6 du Livre du Deutéronome et cela fait partie de la profession de foi juive que tout Juif dit chaque jour. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », c’est dans le Livre du Lévitique, chapitre 19… 

Ce qui est important, c’est le rapprochement, le lien que fait le Christ entre ces deux passages de la Bible : c’est là qu’on peut vraiment dire que le Christ vient révéler parfaitement au monde qui est Dieu. En effet, Dieu s’est déjà révélé petit à petit au peuple de la Première Alliance, mais il fallait que ce soit son Fils qui vienne au milieu de nous pour nous apprendre en vérité qui est son Père, et notre Père. 

Aimer Dieu et aimer son prochain, cela est donc semblable… Ce qui ne veut pas dire interchangeable : j’aime beaucoup Dieu, c’est donc comme si j’aimais beaucoup mon prochain… j’aime beaucoup ma famille, mes amis, mon conjoint… c’est comme si j’aimais Dieu. Non, ce à quoi nous invite une fois de plus Jésus, c’est à la cohérence de vie. Vivre en communion avec Dieu, c’est dans toute notre vie que cela doit se traduire. La vie chrétienne, elle est un peu comme un tabouret à trois pieds… et ces trois pieds sont la Parole de Dieu, la prière, communautaire et personnelle, et la charité, c’est-à-dire le soin apporté aux autres. Ces trois dimensions sont indispensables à toute vie chrétienne, et si nous voulons que notre tabouret soit bien équilibré, il faut que ces trois supports soient à peu près de la même longueur !

D’ailleurs, le Livre de l’Exode que nous avons entendu tout à l’heure est d’une étonnante actualité ! Il nous rappelle nos devoirs envers nos frères et nos sœurs les plus fragilisés : immigrés, veuves et orphelins, personnes ayant des problèmes d’argent… tous ceux que notre société laisse sur le bord du chemin. Aujourd’hui, la situation inquiète beaucoup de gens, avec sans doute une part de psychose amplifiée par les médias… Il ne faudrait pas que cela nous amène à réduire, à restreindre nos actions charitables… 

Peut-être que de cette crise pourra sortir un bien : elle peut nous aider à nous débarrasser de nos idoles. Dans sa première lettre aux Thessaloniciens, Paul les félicite en écrivant : « … vous vous êtes convertis à Dieu en vous détournant des idoles, afin de servir le Dieu vivant et véritable »… Peut-être que dans notre société où la norme du bien semble devenir de plus en plus la consommation, la fragilisation du système financier peut nous aider à nous remettre en face des vraies valeurs. 

Je ne prendrai qu’un seul exemple : aujourd’hui on sent une très forte pression pour que le travail le dimanche soit plus largement autorisé… et le seul critère qui est mis en avant est celui de la consommation et du revenu… Est-ce que la consommation est maintenant la valeur suprême qui doit commander à toute décision publique ? Est-ce que notre société n’a rien d’autre à proposer comme projet pour construire le bien commun que de supprimer un repère de plus ? Travailler le dimanche, et faire travailler le dimanche, en-dehors de quelques exceptions légitimes, c’est non seulement enfreindre un commandement de Dieu, mais c’est aussi contribuer un peu plus à détruire le lien social. Que devient la pratique dominicale ? Que deviennent les compétitions sportives et autres activités associatives, si nous n’avons plus un jour commun pour, tous ensemble, faire autre chose que travailler ou consommer ? Aller faire les boutiques le dimanche… est-ce que c’est le seul loisir que notre société veut offrir à ses membres ? 

Oui, aimer Dieu et son prochain, c’est aussi s’intéresser aux questions sociales et politiques, et s’engager pour le service du bien commun… Demandons au Seigneur sa grâce pour nous éclairer et pour éclairer nos représentants et nos gouvernants. 

Amen. 

David Journault †

Les messes dans ma paroisse

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