"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

Musique et autres nouveautés...

Vous pouvez aussi retrouver en bas de page les horaires des messes de ma paroisse...

jeudi 27 décembre 2007

Absence...

D'ors et déjà, Bonne Année 2008 à tous.
A partir de ce soir et jusqu'au 2 janvier je serai à la Rencontre Européenne organisée par la Communauté de Taizé et qui a lieu cette année à Genève.
A bientôt.

www.taize.fr

Homélie du 25 décembre 2007 - Jour de Noël


Église ND des Cordeliers – Laval
Mardi 25 décembre 2007 – 18h00
Solennité de la Nativité du Seigneur
Messe du jour
(Texte : Is 52,7-10 – Ps 97 – He 1,1-6 – Jn 1,1-18)

Mot d’accueil :
Une grande lumière s’est levée sur le peuple de ceux qui cherchent Dieu. L’impossible, l’incroyable s’est inscrit dans l’histoire humaine : Dieu lui-même vient prendre corps. Un enfant nous est né, un Fils nous a été donné ; dans le Christ et par le Christ, tout est dit de Dieu.

Homélie :
Frères et sœurs,

Pourquoi sommes-nous là ensemble aujourd’hui ? Qu’est-ce qui peut faire que, dans nos vies si différentes les unes des autres, nous avons tous décidé de nous rassembler ensembles, ici et maintenant ?

Un enfant… un enfant, dont les parents sont en voyage, né il y a deux milles ans de cela, dans un village obscure de Judée, petite province de l’empire romain. À l’époque, l’événement a certainement dû passer inaperçu ailleurs qu’à Bethléem, alors qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui plus d’un milliard et demi de personnes dans le monde se réclament de cet enfant ?

Le jour de Noël, la liturgie nous donne d’entendre ce texte à la fois magnifique et mystérieux qu’est le début de l’évangile selon St Jean : « Au commencement était le Verbe… » Ce n’est pas un hasard si Jean commence son évangile en copiant le début du livre de la Genèse, le premier livre de la Bible : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. »

Tout comme l’auteur de l’épître aux Hébreux, Jean médite sur la personne de Jésus Christ, Celui qui est venu dans le monde pour tout nous révéler sur Dieu et son projet d’amour pour l’humanité. Le Verbe, la Parole de Dieu, cette deuxième personne de la Trinité qui est présente de toute éternité en Dieu, elle est devenue homme en prenant chair de la Vierge Marie. Dans l’épître aux Hébreux, c’est toute la pédagogie de Dieu qui est décrite : avec patience, Dieu s’est révélé aux hommes en inspirant les prophètes. Tout comme des parents essayent de donner à leurs enfants ce qu’ils peuvent comprendre en fonction de leur développement intellectuel et affectif, Dieu a peu à peu donné à son peuple une nourriture spirituelle de plus en plus riche en fonction du développement de la compréhension que le peuple juif a eu de Lui.

L’aboutissement de cette longue et patiente progression, c’est la venue en notre chaire de Jésus, Fils de Dieu, le Verbe, la Parole de Dieu qui est auprès de Dieu, qui est Dieu depuis le commencement. Il est la vraie lumière et il est venu apporter la lumière dans le monde qu’il a créé…

C’est tout le mouvement admirable de la rédemption, du salut apporté par le Christ qui se retrouve dans ces 18 premiers versets de l’évangile selon St Jean. Le Verbe de Dieu qui était auprès de Dieu depuis toujours s’est abaissé pour prendre la condition d’homme et ainsi, au milieu des hommes accomplir sa double mission : d’abord, l’annonce à tous les hommes la bonne nouvelle de l’amour infini de Dieu, ensuite, le salut apporter à tous les hommes en souffrant sa passion par amour pour l’humanité malade du péché, ce don de sa propre vie couronné par la résurrection.

Noël ne prend tout son sens que si on met cette fête en lien avec le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus. Les peintres d’icônes orthodoxes ont souvent représenté la grotte de la Nativité comme une anticipation de la grotte où sera déposé le corps du Christ crucifié. On peut voir sur certaines icônes que l’enfant Jésus est plus enveloppé d’un linceul que de langes, et que la crèche ressemble étrangement à un tombeau ! Il s’agit d’un raccourcit artistique plein de sens : si Dieu se fait homme en Jésus, c’est bien pour se faire connaître de l’humanité et la sauver.

Dieu se révèle un Dieu amoureux de sa créature, au point de venir en ce monde qu’Il a créé et de se faire homme. Dieu se fait homme en Jésus, il fait irruption dans la vie des hommes. Marie, Joseph, les bergers, et plus tard les mages, ne pourront plus vivre après la naissance de Jésus comme avant. Dieu aime infiniment l’humanité, et cela change leur vie, ils deviennent collaborateurs, coopérateurs de Dieu et de l’annonce de cette Bonne Nouvelle. Alors je vous pose la question… je nous pose la question : et nous, dans notre vie, comment nous laissons-nous atteindre, toucher, changer, par cet amour infini de Dieu ? Comment répondons-nous à cet amour de Dieu ? Comment coopérons-nous avec Dieu pour que cet amour gagne tous les cœurs ? Prions, frères et sœurs, pour que nous nous laissions touchés et changés par l’enfant-Dieu de la crèche. Amen.

Homélie du 24 décembre 2007 - Nuit de Noël

Basilique ND d’Avesnières – Laval
Lundi 24 décembre 2007 – 18h30
Solennité de la Nativité du Seigneur
Messe de la nuit
(Textes : Is 9,1-6 – Ps 95 – Tt 2,11-14 – Lc 2,1-14)

Mot d’accueil :
Tous ensembles, réjouissons-nous ! Dans le monde un enfant est né : Dieu, notre Sauveur ! Il ne vient pas où on l’attend et pourtant, il est Celui qui accomplit les Écritures. Sa naissance nous appelle à renaître avec Lui. Aujourd’hui, la Paix véritable vient du Ciel sur notre terre.

Homélie :
Frères et sœurs,

Pourquoi sommes-nous là ensemble ce soir ? Qu’est-ce qui peut faire que, dans nos vies si différentes les unes des autres, nous avons tous décidé de nous rassembler ensembles, ici et maintenant ?

Un enfant… un enfant, dont les parents sont en voyage, né il y a deux milles ans de cela, dans un village obscure de Judée, petite province de l’empire romain. À l’époque, l’événement a certainement dû passer inaperçu ailleurs qu’à Bethléem, alors qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui plus d’un milliard et demi de personnes dans le monde se réclament de cet enfant ?

Que nous dit l’évangile de Luc ? Un homme, Joseph, loin de chez lui à cause d’un recensement ordonné par l’empereur de Rome, ne trouve qu’une étable pour abriter l’accouchement de sa femme, Marie, et qu’une mangeoire pour déposer l’enfant nouveau-né, Jésus. Autour de cet enfant, dont Marie et Joseph connaissent l’origine divine, les bergers vont se rassembler à l’invitation des anges pour voir quel est ce Sauveur, ce Messie, ce Seigneur, qui vient de naître, qui leur est donné. Alors que dans le ciel une troupe céleste innombrable chante la gloire de Dieu, sur terre, Dieu se fait homme dans le dénuement, se donne à voir et à connaître aux bergers, les marginaux de l’époque.

Dieu ne se fait pas homme comme fils d’empereur, mais comme un enfant, un nouveau-né, fragile et pauvre. Les parents qui sont ici et qui ont tenu entre leurs bras un enfant qui vient de naître savent bien à quel point se petit être est fragile et vulnérable. Pour montrer l’étendue de son amour pour les hommes, Dieu a voulu se faire petit, fragile et vulnérable, car dire son amour, montrer son amour, c’est toujours se rendre fragile et vulnérable. Et Dieu ne fait pas semblant : Jésus ne naît pas avec toute la sagesse et la connaissance divine. Non, c’est un bébé comme les autres qui va être élevé par Marie et Joseph. Un peu plus loin, saint Luc écrira que Jésus « leur était soumis ». Jésus, Fils de Dieu et Dieu lui-même se fait homme et se met à l’école de l’humanité… le Créateur du monde vient dans le monde et se met à l’écoute de sa créature, il apprend de sa créature. N’est-ce pas là encore une manifestation de l’amour que de se mettre à l’écoute et à l’école de celui qu’on aime ?

Dans l’évangile que nous venons d’entendre, Saint Luc nous présente quatre personnes ou groupes de personnes : Jésus, Marie, Joseph, les bergers. Contemplons-les…

Jésus, bébé fragile et faible, aux yeux des hommes, mais Fils de Dieu venu dans le monde pour sauver tous les hommes. Par la naissance de cet enfant, c’est notre salut qui déjà paraissait.

Marie, jeune fille d’une quinzaine d’année, qui met au monde cet enfant dont elle sait bien, à l’intime d’elle-même, que c’est à la fois son enfant, qu’elle porte depuis neuf mois, mais aussi que cet enfant est plus grand que ce qu’elle peut concevoir. Elle est toute humilité et accueil, elle a accepté cette mission confiée par Dieu, et elle reste dans la confiance. Que sera cet enfant ? Elle ne le sait pas, mais elle sait qu’elle l’aime et qu’elle le suivra sur tous ses chemins.

Joseph, un homme simple et honnête, un homme droit qui a vu l’inattendu de Dieu faire irruption dans sa vie. Il avait prévu de fonder une famille avec Marie, et voilà que Dieu chamboule ses projets : elle met au monde un fils, sa femme met au monde un enfant qui n’est pas le sien, le Fils de Dieu, dont il devra prendre soin. Lui aussi, il fait confiance et il est disponible pour remplir le rôle que le Seigneur lui confie : prendre soin de l’enfant et de sa mère.

Les bergers : pauvres parmi les pauvres, ils passaient leur temps dans les champs à garder les bêtes et ne possédaient pas grand-chose de plus que ce qu’ils portaient sur le dos. À l’appel des anges, ils se mettent en route, ils sortent d’eux-mêmes et ils vont adorer cet enfant, ce don de Dieu, Emmanuel, « Dieu avec nous ».

Dieu se révèle un Dieu amoureux de sa créature, au point de venir en ce monde qu’Il a créé et de se faire homme. Dieu se fait homme en Jésus, il fait irruption dans ces vies et les change. Marie, Joseph, les bergers, et plus tard les mages, ne pourront plus vivre après la naissance de Jésus comme avant. Dieu aime infiniment l’humanité, et cela change leur vie, ils deviennent collaborateurs, coopérateurs de Dieu et de l’annonce de cette Bonne Nouvelle. Alors je vous pose la question… je nous pose la question : et nous, dans notre vie, comment nous laissons-nous atteindre, toucher, changer, par cet amour infini de Dieu ? Comment répondons-nous à cet amour de Dieu ? Comment coopérons-nous avec Dieu pour que cet amour gagne tous les cœurs ? Prions, frères et sœurs, pour que nous nous laissions touchés et changés par l’enfant-Dieu de la crèche. Amen.

mardi 11 décembre 2007

Homélie du 9 décembre 2007 - 2ème dimanche de l'Avent A


Église ND des Cordeliers – Laval
Dimanche 9 décembre 2007 – 18h00
2e dimanche de l’Avent A


(Textes : Is 11,1-10 – Ps 71 – Rm 15,4-9 – Mt 3,1-12)

Mot d’accueil :
Le rameau nouveau du prophète Isaïe annonce, comme Jean le Baptiste, ce temps nouveau où fleurit la présence de Dieu. Terre de germination, fécondée par la promesse, nos vies aussi peuvent accueillir, émerveillées, ce Dieu qui vient. Laissons-nous toucher et convertir par son amour.

Homélie :
Frères et sœurs,

Notre cheminement vers Noël nous fait aujourd’hui croiser le chemin d’un personnage à part dans toute l’Écriture, Jean le Baptiste, à la fois le cousin de Jésus et celui qui annonce immédiatement sa venue, le Précurseur du Christ, le dernier prophète de l’Ancien Testament et le premier témoin, avec Marie, du Christ venu parmi nous…

Et dans ce temps de l’Avent qui voit fleurir les décorations de Noël et où nous plongeons tous dans cette douce atmosphère de fête de famille, Jean le Baptiste pousse son crie au milieu de la foule : « Engeance de vipères ! » Jean Baptiste n’est pas là pour faire plaisir à ceux qui viennent l’écouter. Que ce soit son habillement, sa façon de vivre, de se nourrir, ou bien ses paroles, tout devrait pousser les gens à le fuir… Et quand ils viennent à lui pour entendre une bonne parole… ils se font qualifier d’engeance de vipères !

Matthieu insiste bien sur le succès du ministère de Jean Baptiste : « Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain venaient à lui, et ils se faisaient baptiser par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. »… Là est la clé : ils viennent reconnaître leurs péchés et vivre cette plongée dans l’eau du Jourdain comme une étape déterminante de conversion, de préparation, de retour vers Dieu.

« Engeance de vipères »… finalement, qu’est-ce que cela veut dire exactement ? Je ferais bien le lien avec la figure du serpent du livre de la Genèse, le tentateur, le diviseur, celui qui incite l’homme et la femme à prendre un autre chemin que celui proposé par Dieu. Engeance, cela veut bien dire descendants, enfants… Alors que Dieu a créé l’homme et la femme à son image, alors que nous sommes enfants de Dieu, quand nous nous laissons dominer par nos appétits mauvais, quand nous nous laissons aller à faire ce qui est mal aux yeux de Dieu, ou quand nous nous abstenons de faire le bien, c’est comme si nous prenions la décision de renier notre père pour devenir des enfants du serpent tentateur, des enfants du démon.

La parole de Jean Baptiste a l’effet d’un électro-choque sur ses auditeurs. Un peu comme s’ils se réveillaient du sommeil de leur conscience, ils réalisent l’erreur dans laquelle ils sont et décident de recevoir le baptême de Jean pour repartir sur le chemin de Dieu. Aurons-nous ce courage, nous qui avons la chance, par rapport à eux, de connaître Celui qui est venu après Jean Baptiste et dont ce dernier ne se considérait pas digne d’être le serviteur ?

Car voilà bien la réalité : alors que la prédication du Baptiste convertissait les foule, est-ce que la prédication du Christ, le Fils de Dieu, peut encore aujourd’hui convertir les foules ? C’est sans doute un défi pour tous les ministres de l’Église, mais c’est aussi un défi pour tous les baptisés : nous sommes par notre baptême prêtres, prophètes et roi ! Où en sommes-nous de l’exercice concret de notre ministère prophétique ! Où est le Jean-Baptiste en nous ?

Il ne s’agit pas de se culpabiliser inutilement, mais en ce temps de l’Avent, il nous faut avoir le même courage qu’on eu les auditeurs de Jean-Baptiste. Le Royaume de Dieu est tout proche, alors ne remettons pas notre conversion à plus tard ! Se convertir : c’est un défi de toute une vie.

Sans cesse, laissons l’Esprit Saint nous habiter pour qu’Il nous tourne vers Dieu. L’étape indispensable pour se convertir, c’est d’accepter de se faire traiter d’engeance de vipères par notre propre conscience ! Nous devons accepter de confesser à Dieu notre petitesse, nos faiblesses et, plus profondément encore, nos péchés. En effet, les preuves de la conversion viennent quand nous acceptons de nous déclarer pécheurs, que nous confessons humblement nos péchés à un autre homme qui représente le Christ, de par son ordination sacerdotale.

Dans notre paroisse, vous avez la chance de pouvoir vous confesser chaque semaine, le mercredi, le vendredi et le dimanche aux Cordeliers, le jeudi et le vendredi à Avesnières, et le samedi à la Cathédrale. Dans la semaine qui précédera Noël, nous ferons en plus d’autres permanences de confession… Vous avez la grâce d’avoir des prêtres ! Utilisez-les au maximum pour cela. C’est leur ministère et ils sont là pour vous, pour vous écouter, vous aider, vous accompagner, et pour vous donner le Pardon, l’Amour incroyable du Dieu vivant, du Dieu qui vient !

Alors si vous avez entendu comme moi l’appel du Baptiste aujourd’hui, n’ayez pas peur ! Allez rencontrer un prêtre et libérez votre cœur. Dieu est là qui vous attend : Il veut vous pardonner.

Amen.


dimanche 9 décembre 2007

Homélie du 8 décembre 2007 - L'Immaculée Conception




Basilique ND d’Avesnières – Laval
Samedi 8 décembre 2007 – 11h00
Solennité de l’Immaculée Conception de la Ste Vierge Marie
(Textes : Gn 3,9-15.20 – Ps 97(98) – Ep 1,3-6.11-12 – Lc 1,26-38)

Mot d’accueil :
Frères et sœurs, nous voici réunis en cette basilique d’Avesnières à la suite de générations de chrétiens pour célébrer l’eucharistie et rendre grâce à Dieu pour la Vierge Marie, pour remercier le Seigneur de nous avoir donné Marie pour mère.

Homélie :
Frères et sœurs,

Célébrer la solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie en cette basilique où tant de prières montent depuis des siècles vers la Mère de Dieu, cela prend un relief tout particulier. La Vierge Marie tient une place importante dans le cœur de beaucoup de chrétiens, et une dame me disait une fois, « Moi, vous savez, je ne prie que la Sainte Vierge » ! Aussi, en cette fête mariale, je vous propose de réfléchir ensemble à la place de la Vierge Marie dans le dessein de Dieu, et à sa place dans nos vies et nos prières.

Tout d’abord, que célébrons-nous en cette fête de l’Immaculée Conception ? Le 8 décembre 1854, le pape Pie IX écrivait : « … la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel… ». Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela signifie qu’à aucun moment de son existence Marie n’a été soumise à la domination du péché, cette pesanteur qui nous pousse à faire ce que nous savons être mal. Depuis bien longtemps, c’était une conviction largement répandue dans l’Église que Dieu avait comblée de grâce et préparée par avance en Marie celle qui devait librement, par son « oui », devenir la mère de son Fils, Jésus. Et en 1855, quand il fût nommé premier évêque de Laval, Mgr Wicart plaça notre diocèse sous le patronage de l’Immaculée Conception, diocèse qu’elle devait visiter 16 ans plus tard à Pontmain.

Marie est donc cette femme exceptionnelle, unique, la Mère du Christ, et notre Mère. Mais, si j’ose dire, elle n’est pas plus que cela. Il y a parfois dans notre façon de prier, dans nos façons de parler de Marie, quelque chose d’exagérer, de mal ajuster, quelque chose qui défigure l’humble visage de Marie. Comme on le dit quelque fois, nous autres Catholiques avons parfois tendance à faire de Marie la quatrième personne de la Trinité ! Et en tant que chrétiens, appelés par le Père à l’unité, comment accepter que la Vierge Marie soit une cause de division entre certaines Églises chrétiennes ?

D’où viennent ces tensions ? Au cours de l’histoire, plus les Catholiques insistaient sur la grandeur de la Vierge Marie, plus les Réformés insistaient pour rappeler sa condition humaine, et inversement. Marie est ainsi devenue un sujet de polémique entre les chrétiens déchirés. Et comment les Réformés pourraient-ils adhérer aux dogmes de l’Immaculée Conception et de l’Assomption, alors que les autorités de l’Église catholique ne leur ont pas demandé leur avis sur la question ? Autre temps, autres mœurs : aujourd’hui, avec les progrès du dialogue œcuménique, les théologiens des différentes Églises sont fondamentalement d’accord sur la place de la Vierge Marie.

En ce qui concerne la prière dite « à Marie », tous les chrétiens sont en fait d’accord sur cette question : on ne peut prier que Dieu seul. Dans le « Je vous salue Marie », nous disons bien à la Sainte Vierge « Priez pour nous, pauvres pécheurs. » Nous ne prions pas Marie, nous la saluons, nous l’invoquons et lui demandons d’intercéder, de prier Dieu pour nous. Il en est de Marie comme de tous les saints. Nous ne les prions pas, puisqu’ils ne sont pas Dieu, mais nous leur demandons de prier Dieu pour nous, eux qui sont déjà dans la gloire auprès de Lui.

Marie est une femme admirable et exceptionnelle, Mère du Christ et Mère de Dieu, et l’authentique mission, l’authentique vocation de Marie est de nous mener vers son Fils. Comme elle fût le chemin d’accès du Christ à l’humanité, elle peut être pour nous le chemin d’accès à son Fils, Unique médiateur. Regardons Notre-Dame d’Avesnières : elle nous montre son fils. Et quel est le message de Pontmain ? « Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher. » Marie ne vient pas pour elle, elle vient pour mener à Dieu et à son Fils. Comme au jour de l’Annonciation dont nous venons de relire l’évangile, elle accepte simplement et humblement la mission que Dieu souhaite lui confier, et elle se fait la servante du Seigneur, la servante du Christ, et aussi celle qui sera là aux premiers temps de l’Église pour accompagner sa naissance.

Alors en cette fête de l’Immaculée Conception, confions-nous à la prière de la Vierge Marie pour l’unité de l’Église, et aussi pour notre diocèse qui attend un nouvel évêque.

Amen.

jeudi 6 décembre 2007

Noël dans les coeurs...

Noël dans les cœurs…

Noël approche et déjà tout autour de nous des signes viennent nous le rappeler : illuminations de la ville, décorations particulières dans les magasins, crèches dans nos églises, et peut-être aussi dans nos foyers.

Noël, fête de la naissance de Jésus, est devenu peu à peu la fête des enfants et beaucoup de nos contemporains célèbrent Noël sans se poser la question de la foi et sans faire toujours le lien avec la venue en notre monde du Fils de Dieu…

On peut le regretter, et c’est vrai qu’on voit fleurir plus de Pères Noël que de crèches. Mais pourquoi ne pas voir dans cette situation une chance pour l’annonce de l’Évangile ? Noël est sur toutes les lèvres ? Eh bien qu’est-ce qui nous empêche de parler du vrai sens de Noël et de ce que nous célébrons véritablement ce jour-là ? Notre Dieu s’est fait homme dans la personne de ce petit enfant, Jésus, né pauvre parmi les pauvres. Dieu a voulu se faire l’un de nous, Il a voulu connaître la condition humaine pour mieux nous sauver. Voilà une belle et vraie raison de se réjouir !

Les messes dans ma paroisse

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