"Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur."
Épître aux Romains 8,39

"Allons mon âme, tu vas converser avec le Bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui.
Tu travailleras mais Il bénira ton travail. Tu marcheras mais Il bénira tes pas. Tu souffriras mais Il bénira tes larmes."
St Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars

Musique et autres nouveautés...

Vous pouvez aussi retrouver en bas de page les horaires des messes de ma paroisse...

jeudi 27 décembre 2007

Absence...

D'ors et déjà, Bonne Année 2008 à tous.
A partir de ce soir et jusqu'au 2 janvier je serai à la Rencontre Européenne organisée par la Communauté de Taizé et qui a lieu cette année à Genève.
A bientôt.

www.taize.fr

Homélie du 25 décembre 2007 - Jour de Noël


Église ND des Cordeliers – Laval
Mardi 25 décembre 2007 – 18h00
Solennité de la Nativité du Seigneur
Messe du jour
(Texte : Is 52,7-10 – Ps 97 – He 1,1-6 – Jn 1,1-18)

Mot d’accueil :
Une grande lumière s’est levée sur le peuple de ceux qui cherchent Dieu. L’impossible, l’incroyable s’est inscrit dans l’histoire humaine : Dieu lui-même vient prendre corps. Un enfant nous est né, un Fils nous a été donné ; dans le Christ et par le Christ, tout est dit de Dieu.

Homélie :
Frères et sœurs,

Pourquoi sommes-nous là ensemble aujourd’hui ? Qu’est-ce qui peut faire que, dans nos vies si différentes les unes des autres, nous avons tous décidé de nous rassembler ensembles, ici et maintenant ?

Un enfant… un enfant, dont les parents sont en voyage, né il y a deux milles ans de cela, dans un village obscure de Judée, petite province de l’empire romain. À l’époque, l’événement a certainement dû passer inaperçu ailleurs qu’à Bethléem, alors qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui plus d’un milliard et demi de personnes dans le monde se réclament de cet enfant ?

Le jour de Noël, la liturgie nous donne d’entendre ce texte à la fois magnifique et mystérieux qu’est le début de l’évangile selon St Jean : « Au commencement était le Verbe… » Ce n’est pas un hasard si Jean commence son évangile en copiant le début du livre de la Genèse, le premier livre de la Bible : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. »

Tout comme l’auteur de l’épître aux Hébreux, Jean médite sur la personne de Jésus Christ, Celui qui est venu dans le monde pour tout nous révéler sur Dieu et son projet d’amour pour l’humanité. Le Verbe, la Parole de Dieu, cette deuxième personne de la Trinité qui est présente de toute éternité en Dieu, elle est devenue homme en prenant chair de la Vierge Marie. Dans l’épître aux Hébreux, c’est toute la pédagogie de Dieu qui est décrite : avec patience, Dieu s’est révélé aux hommes en inspirant les prophètes. Tout comme des parents essayent de donner à leurs enfants ce qu’ils peuvent comprendre en fonction de leur développement intellectuel et affectif, Dieu a peu à peu donné à son peuple une nourriture spirituelle de plus en plus riche en fonction du développement de la compréhension que le peuple juif a eu de Lui.

L’aboutissement de cette longue et patiente progression, c’est la venue en notre chaire de Jésus, Fils de Dieu, le Verbe, la Parole de Dieu qui est auprès de Dieu, qui est Dieu depuis le commencement. Il est la vraie lumière et il est venu apporter la lumière dans le monde qu’il a créé…

C’est tout le mouvement admirable de la rédemption, du salut apporté par le Christ qui se retrouve dans ces 18 premiers versets de l’évangile selon St Jean. Le Verbe de Dieu qui était auprès de Dieu depuis toujours s’est abaissé pour prendre la condition d’homme et ainsi, au milieu des hommes accomplir sa double mission : d’abord, l’annonce à tous les hommes la bonne nouvelle de l’amour infini de Dieu, ensuite, le salut apporter à tous les hommes en souffrant sa passion par amour pour l’humanité malade du péché, ce don de sa propre vie couronné par la résurrection.

Noël ne prend tout son sens que si on met cette fête en lien avec le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus. Les peintres d’icônes orthodoxes ont souvent représenté la grotte de la Nativité comme une anticipation de la grotte où sera déposé le corps du Christ crucifié. On peut voir sur certaines icônes que l’enfant Jésus est plus enveloppé d’un linceul que de langes, et que la crèche ressemble étrangement à un tombeau ! Il s’agit d’un raccourcit artistique plein de sens : si Dieu se fait homme en Jésus, c’est bien pour se faire connaître de l’humanité et la sauver.

Dieu se révèle un Dieu amoureux de sa créature, au point de venir en ce monde qu’Il a créé et de se faire homme. Dieu se fait homme en Jésus, il fait irruption dans la vie des hommes. Marie, Joseph, les bergers, et plus tard les mages, ne pourront plus vivre après la naissance de Jésus comme avant. Dieu aime infiniment l’humanité, et cela change leur vie, ils deviennent collaborateurs, coopérateurs de Dieu et de l’annonce de cette Bonne Nouvelle. Alors je vous pose la question… je nous pose la question : et nous, dans notre vie, comment nous laissons-nous atteindre, toucher, changer, par cet amour infini de Dieu ? Comment répondons-nous à cet amour de Dieu ? Comment coopérons-nous avec Dieu pour que cet amour gagne tous les cœurs ? Prions, frères et sœurs, pour que nous nous laissions touchés et changés par l’enfant-Dieu de la crèche. Amen.

Homélie du 24 décembre 2007 - Nuit de Noël

Basilique ND d’Avesnières – Laval
Lundi 24 décembre 2007 – 18h30
Solennité de la Nativité du Seigneur
Messe de la nuit
(Textes : Is 9,1-6 – Ps 95 – Tt 2,11-14 – Lc 2,1-14)

Mot d’accueil :
Tous ensembles, réjouissons-nous ! Dans le monde un enfant est né : Dieu, notre Sauveur ! Il ne vient pas où on l’attend et pourtant, il est Celui qui accomplit les Écritures. Sa naissance nous appelle à renaître avec Lui. Aujourd’hui, la Paix véritable vient du Ciel sur notre terre.

Homélie :
Frères et sœurs,

Pourquoi sommes-nous là ensemble ce soir ? Qu’est-ce qui peut faire que, dans nos vies si différentes les unes des autres, nous avons tous décidé de nous rassembler ensembles, ici et maintenant ?

Un enfant… un enfant, dont les parents sont en voyage, né il y a deux milles ans de cela, dans un village obscure de Judée, petite province de l’empire romain. À l’époque, l’événement a certainement dû passer inaperçu ailleurs qu’à Bethléem, alors qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui plus d’un milliard et demi de personnes dans le monde se réclament de cet enfant ?

Que nous dit l’évangile de Luc ? Un homme, Joseph, loin de chez lui à cause d’un recensement ordonné par l’empereur de Rome, ne trouve qu’une étable pour abriter l’accouchement de sa femme, Marie, et qu’une mangeoire pour déposer l’enfant nouveau-né, Jésus. Autour de cet enfant, dont Marie et Joseph connaissent l’origine divine, les bergers vont se rassembler à l’invitation des anges pour voir quel est ce Sauveur, ce Messie, ce Seigneur, qui vient de naître, qui leur est donné. Alors que dans le ciel une troupe céleste innombrable chante la gloire de Dieu, sur terre, Dieu se fait homme dans le dénuement, se donne à voir et à connaître aux bergers, les marginaux de l’époque.

Dieu ne se fait pas homme comme fils d’empereur, mais comme un enfant, un nouveau-né, fragile et pauvre. Les parents qui sont ici et qui ont tenu entre leurs bras un enfant qui vient de naître savent bien à quel point se petit être est fragile et vulnérable. Pour montrer l’étendue de son amour pour les hommes, Dieu a voulu se faire petit, fragile et vulnérable, car dire son amour, montrer son amour, c’est toujours se rendre fragile et vulnérable. Et Dieu ne fait pas semblant : Jésus ne naît pas avec toute la sagesse et la connaissance divine. Non, c’est un bébé comme les autres qui va être élevé par Marie et Joseph. Un peu plus loin, saint Luc écrira que Jésus « leur était soumis ». Jésus, Fils de Dieu et Dieu lui-même se fait homme et se met à l’école de l’humanité… le Créateur du monde vient dans le monde et se met à l’écoute de sa créature, il apprend de sa créature. N’est-ce pas là encore une manifestation de l’amour que de se mettre à l’écoute et à l’école de celui qu’on aime ?

Dans l’évangile que nous venons d’entendre, Saint Luc nous présente quatre personnes ou groupes de personnes : Jésus, Marie, Joseph, les bergers. Contemplons-les…

Jésus, bébé fragile et faible, aux yeux des hommes, mais Fils de Dieu venu dans le monde pour sauver tous les hommes. Par la naissance de cet enfant, c’est notre salut qui déjà paraissait.

Marie, jeune fille d’une quinzaine d’année, qui met au monde cet enfant dont elle sait bien, à l’intime d’elle-même, que c’est à la fois son enfant, qu’elle porte depuis neuf mois, mais aussi que cet enfant est plus grand que ce qu’elle peut concevoir. Elle est toute humilité et accueil, elle a accepté cette mission confiée par Dieu, et elle reste dans la confiance. Que sera cet enfant ? Elle ne le sait pas, mais elle sait qu’elle l’aime et qu’elle le suivra sur tous ses chemins.

Joseph, un homme simple et honnête, un homme droit qui a vu l’inattendu de Dieu faire irruption dans sa vie. Il avait prévu de fonder une famille avec Marie, et voilà que Dieu chamboule ses projets : elle met au monde un fils, sa femme met au monde un enfant qui n’est pas le sien, le Fils de Dieu, dont il devra prendre soin. Lui aussi, il fait confiance et il est disponible pour remplir le rôle que le Seigneur lui confie : prendre soin de l’enfant et de sa mère.

Les bergers : pauvres parmi les pauvres, ils passaient leur temps dans les champs à garder les bêtes et ne possédaient pas grand-chose de plus que ce qu’ils portaient sur le dos. À l’appel des anges, ils se mettent en route, ils sortent d’eux-mêmes et ils vont adorer cet enfant, ce don de Dieu, Emmanuel, « Dieu avec nous ».

Dieu se révèle un Dieu amoureux de sa créature, au point de venir en ce monde qu’Il a créé et de se faire homme. Dieu se fait homme en Jésus, il fait irruption dans ces vies et les change. Marie, Joseph, les bergers, et plus tard les mages, ne pourront plus vivre après la naissance de Jésus comme avant. Dieu aime infiniment l’humanité, et cela change leur vie, ils deviennent collaborateurs, coopérateurs de Dieu et de l’annonce de cette Bonne Nouvelle. Alors je vous pose la question… je nous pose la question : et nous, dans notre vie, comment nous laissons-nous atteindre, toucher, changer, par cet amour infini de Dieu ? Comment répondons-nous à cet amour de Dieu ? Comment coopérons-nous avec Dieu pour que cet amour gagne tous les cœurs ? Prions, frères et sœurs, pour que nous nous laissions touchés et changés par l’enfant-Dieu de la crèche. Amen.

mardi 11 décembre 2007

Homélie du 9 décembre 2007 - 2ème dimanche de l'Avent A


Église ND des Cordeliers – Laval
Dimanche 9 décembre 2007 – 18h00
2e dimanche de l’Avent A


(Textes : Is 11,1-10 – Ps 71 – Rm 15,4-9 – Mt 3,1-12)

Mot d’accueil :
Le rameau nouveau du prophète Isaïe annonce, comme Jean le Baptiste, ce temps nouveau où fleurit la présence de Dieu. Terre de germination, fécondée par la promesse, nos vies aussi peuvent accueillir, émerveillées, ce Dieu qui vient. Laissons-nous toucher et convertir par son amour.

Homélie :
Frères et sœurs,

Notre cheminement vers Noël nous fait aujourd’hui croiser le chemin d’un personnage à part dans toute l’Écriture, Jean le Baptiste, à la fois le cousin de Jésus et celui qui annonce immédiatement sa venue, le Précurseur du Christ, le dernier prophète de l’Ancien Testament et le premier témoin, avec Marie, du Christ venu parmi nous…

Et dans ce temps de l’Avent qui voit fleurir les décorations de Noël et où nous plongeons tous dans cette douce atmosphère de fête de famille, Jean le Baptiste pousse son crie au milieu de la foule : « Engeance de vipères ! » Jean Baptiste n’est pas là pour faire plaisir à ceux qui viennent l’écouter. Que ce soit son habillement, sa façon de vivre, de se nourrir, ou bien ses paroles, tout devrait pousser les gens à le fuir… Et quand ils viennent à lui pour entendre une bonne parole… ils se font qualifier d’engeance de vipères !

Matthieu insiste bien sur le succès du ministère de Jean Baptiste : « Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain venaient à lui, et ils se faisaient baptiser par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. »… Là est la clé : ils viennent reconnaître leurs péchés et vivre cette plongée dans l’eau du Jourdain comme une étape déterminante de conversion, de préparation, de retour vers Dieu.

« Engeance de vipères »… finalement, qu’est-ce que cela veut dire exactement ? Je ferais bien le lien avec la figure du serpent du livre de la Genèse, le tentateur, le diviseur, celui qui incite l’homme et la femme à prendre un autre chemin que celui proposé par Dieu. Engeance, cela veut bien dire descendants, enfants… Alors que Dieu a créé l’homme et la femme à son image, alors que nous sommes enfants de Dieu, quand nous nous laissons dominer par nos appétits mauvais, quand nous nous laissons aller à faire ce qui est mal aux yeux de Dieu, ou quand nous nous abstenons de faire le bien, c’est comme si nous prenions la décision de renier notre père pour devenir des enfants du serpent tentateur, des enfants du démon.

La parole de Jean Baptiste a l’effet d’un électro-choque sur ses auditeurs. Un peu comme s’ils se réveillaient du sommeil de leur conscience, ils réalisent l’erreur dans laquelle ils sont et décident de recevoir le baptême de Jean pour repartir sur le chemin de Dieu. Aurons-nous ce courage, nous qui avons la chance, par rapport à eux, de connaître Celui qui est venu après Jean Baptiste et dont ce dernier ne se considérait pas digne d’être le serviteur ?

Car voilà bien la réalité : alors que la prédication du Baptiste convertissait les foule, est-ce que la prédication du Christ, le Fils de Dieu, peut encore aujourd’hui convertir les foules ? C’est sans doute un défi pour tous les ministres de l’Église, mais c’est aussi un défi pour tous les baptisés : nous sommes par notre baptême prêtres, prophètes et roi ! Où en sommes-nous de l’exercice concret de notre ministère prophétique ! Où est le Jean-Baptiste en nous ?

Il ne s’agit pas de se culpabiliser inutilement, mais en ce temps de l’Avent, il nous faut avoir le même courage qu’on eu les auditeurs de Jean-Baptiste. Le Royaume de Dieu est tout proche, alors ne remettons pas notre conversion à plus tard ! Se convertir : c’est un défi de toute une vie.

Sans cesse, laissons l’Esprit Saint nous habiter pour qu’Il nous tourne vers Dieu. L’étape indispensable pour se convertir, c’est d’accepter de se faire traiter d’engeance de vipères par notre propre conscience ! Nous devons accepter de confesser à Dieu notre petitesse, nos faiblesses et, plus profondément encore, nos péchés. En effet, les preuves de la conversion viennent quand nous acceptons de nous déclarer pécheurs, que nous confessons humblement nos péchés à un autre homme qui représente le Christ, de par son ordination sacerdotale.

Dans notre paroisse, vous avez la chance de pouvoir vous confesser chaque semaine, le mercredi, le vendredi et le dimanche aux Cordeliers, le jeudi et le vendredi à Avesnières, et le samedi à la Cathédrale. Dans la semaine qui précédera Noël, nous ferons en plus d’autres permanences de confession… Vous avez la grâce d’avoir des prêtres ! Utilisez-les au maximum pour cela. C’est leur ministère et ils sont là pour vous, pour vous écouter, vous aider, vous accompagner, et pour vous donner le Pardon, l’Amour incroyable du Dieu vivant, du Dieu qui vient !

Alors si vous avez entendu comme moi l’appel du Baptiste aujourd’hui, n’ayez pas peur ! Allez rencontrer un prêtre et libérez votre cœur. Dieu est là qui vous attend : Il veut vous pardonner.

Amen.


dimanche 9 décembre 2007

Homélie du 8 décembre 2007 - L'Immaculée Conception




Basilique ND d’Avesnières – Laval
Samedi 8 décembre 2007 – 11h00
Solennité de l’Immaculée Conception de la Ste Vierge Marie
(Textes : Gn 3,9-15.20 – Ps 97(98) – Ep 1,3-6.11-12 – Lc 1,26-38)

Mot d’accueil :
Frères et sœurs, nous voici réunis en cette basilique d’Avesnières à la suite de générations de chrétiens pour célébrer l’eucharistie et rendre grâce à Dieu pour la Vierge Marie, pour remercier le Seigneur de nous avoir donné Marie pour mère.

Homélie :
Frères et sœurs,

Célébrer la solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie en cette basilique où tant de prières montent depuis des siècles vers la Mère de Dieu, cela prend un relief tout particulier. La Vierge Marie tient une place importante dans le cœur de beaucoup de chrétiens, et une dame me disait une fois, « Moi, vous savez, je ne prie que la Sainte Vierge » ! Aussi, en cette fête mariale, je vous propose de réfléchir ensemble à la place de la Vierge Marie dans le dessein de Dieu, et à sa place dans nos vies et nos prières.

Tout d’abord, que célébrons-nous en cette fête de l’Immaculée Conception ? Le 8 décembre 1854, le pape Pie IX écrivait : « … la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel… ». Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela signifie qu’à aucun moment de son existence Marie n’a été soumise à la domination du péché, cette pesanteur qui nous pousse à faire ce que nous savons être mal. Depuis bien longtemps, c’était une conviction largement répandue dans l’Église que Dieu avait comblée de grâce et préparée par avance en Marie celle qui devait librement, par son « oui », devenir la mère de son Fils, Jésus. Et en 1855, quand il fût nommé premier évêque de Laval, Mgr Wicart plaça notre diocèse sous le patronage de l’Immaculée Conception, diocèse qu’elle devait visiter 16 ans plus tard à Pontmain.

Marie est donc cette femme exceptionnelle, unique, la Mère du Christ, et notre Mère. Mais, si j’ose dire, elle n’est pas plus que cela. Il y a parfois dans notre façon de prier, dans nos façons de parler de Marie, quelque chose d’exagérer, de mal ajuster, quelque chose qui défigure l’humble visage de Marie. Comme on le dit quelque fois, nous autres Catholiques avons parfois tendance à faire de Marie la quatrième personne de la Trinité ! Et en tant que chrétiens, appelés par le Père à l’unité, comment accepter que la Vierge Marie soit une cause de division entre certaines Églises chrétiennes ?

D’où viennent ces tensions ? Au cours de l’histoire, plus les Catholiques insistaient sur la grandeur de la Vierge Marie, plus les Réformés insistaient pour rappeler sa condition humaine, et inversement. Marie est ainsi devenue un sujet de polémique entre les chrétiens déchirés. Et comment les Réformés pourraient-ils adhérer aux dogmes de l’Immaculée Conception et de l’Assomption, alors que les autorités de l’Église catholique ne leur ont pas demandé leur avis sur la question ? Autre temps, autres mœurs : aujourd’hui, avec les progrès du dialogue œcuménique, les théologiens des différentes Églises sont fondamentalement d’accord sur la place de la Vierge Marie.

En ce qui concerne la prière dite « à Marie », tous les chrétiens sont en fait d’accord sur cette question : on ne peut prier que Dieu seul. Dans le « Je vous salue Marie », nous disons bien à la Sainte Vierge « Priez pour nous, pauvres pécheurs. » Nous ne prions pas Marie, nous la saluons, nous l’invoquons et lui demandons d’intercéder, de prier Dieu pour nous. Il en est de Marie comme de tous les saints. Nous ne les prions pas, puisqu’ils ne sont pas Dieu, mais nous leur demandons de prier Dieu pour nous, eux qui sont déjà dans la gloire auprès de Lui.

Marie est une femme admirable et exceptionnelle, Mère du Christ et Mère de Dieu, et l’authentique mission, l’authentique vocation de Marie est de nous mener vers son Fils. Comme elle fût le chemin d’accès du Christ à l’humanité, elle peut être pour nous le chemin d’accès à son Fils, Unique médiateur. Regardons Notre-Dame d’Avesnières : elle nous montre son fils. Et quel est le message de Pontmain ? « Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher. » Marie ne vient pas pour elle, elle vient pour mener à Dieu et à son Fils. Comme au jour de l’Annonciation dont nous venons de relire l’évangile, elle accepte simplement et humblement la mission que Dieu souhaite lui confier, et elle se fait la servante du Seigneur, la servante du Christ, et aussi celle qui sera là aux premiers temps de l’Église pour accompagner sa naissance.

Alors en cette fête de l’Immaculée Conception, confions-nous à la prière de la Vierge Marie pour l’unité de l’Église, et aussi pour notre diocèse qui attend un nouvel évêque.

Amen.

jeudi 6 décembre 2007

Noël dans les coeurs...

Noël dans les cœurs…

Noël approche et déjà tout autour de nous des signes viennent nous le rappeler : illuminations de la ville, décorations particulières dans les magasins, crèches dans nos églises, et peut-être aussi dans nos foyers.

Noël, fête de la naissance de Jésus, est devenu peu à peu la fête des enfants et beaucoup de nos contemporains célèbrent Noël sans se poser la question de la foi et sans faire toujours le lien avec la venue en notre monde du Fils de Dieu…

On peut le regretter, et c’est vrai qu’on voit fleurir plus de Pères Noël que de crèches. Mais pourquoi ne pas voir dans cette situation une chance pour l’annonce de l’Évangile ? Noël est sur toutes les lèvres ? Eh bien qu’est-ce qui nous empêche de parler du vrai sens de Noël et de ce que nous célébrons véritablement ce jour-là ? Notre Dieu s’est fait homme dans la personne de ce petit enfant, Jésus, né pauvre parmi les pauvres. Dieu a voulu se faire l’un de nous, Il a voulu connaître la condition humaine pour mieux nous sauver. Voilà une belle et vraie raison de se réjouir !

jeudi 29 novembre 2007

Homélie du 25 novembre 2007 - Le Christ Roi


Basilique ND d’Avesnières – Laval
Dimanche 25 novembre 2007 – 10h00
Solennité du Christ Roi de l’Univers C


(Textes : 2 S 5,1-3 – Ps 121 (122) – Col 1,12-20 – Lc 23,35-43)

Mot d’accueil (Anniversaire AED) :
Frères et sœurs, Aujourd’hui, solennité du Christ Roi de l’Univers, nous concluons l’année liturgique avant d’entrer dimanche prochain dans le temps de l’Avent qui nous permettra de nous préparer à la fête de Noël. Ce dimanche est aussi celui où, dans notre paroisse, nous nous rendons attentif à une organisation chrétienne, l’Aide à l’Église en Détresse, qui fête cette année ses 60 ans.

Homélie :
Frères et sœurs,
Aujourd’hui, fête du Christ Roi, nous arrivons au terme de cette année liturgique. Dimanche prochain, 1er dimanche de l’Avent, avec ce temps de préparation à Noël s’ouvrira une nouvelle année liturgique.

Ce qu’il y a d’étonnant dans ce titre de Roi que nous donnons à Jésus, c’est que le jour même où nous célébrons cette fête, nous lisons l’évangile de la crucifixion… Dans cet évangile, par 3 fois on met en doute la royauté de Jésus : les chefs, les soldats, et même l’un des condamnés. Est-il le Christ, le Messie, celui qui a reçu l’onction, celui qui est là sur cette croix ? C’est incroyable ! Ca dépasse toute logique !

Car quel est-il, ce roi ? Quel est-il notre roi ? Ne nous trompons pas et n’imaginons pas le Christ siégeant sur un trône avec puissance et majesté, comme une sorte de Louis XIV : ce serait faire de lui un roi de ce monde. La royauté du Christ est une royauté de service : il est un serviteur de l’amour du Père, au service de la relation entre Dieu et les hommes. Il est venu en ce monde pour nous sauver et nous annoncer le projet d’amour que Dieu a pour nous.

Et nous participons tous à cette royauté, de part notre Baptême : c’est le sens de l’onction[1] que le prêtre ou le diacre fait sur le front du baptisé avec le Saint Chrême après le geste de l’eau. Dans la prière qui accompagne cette onction, le célébrant dit : « Désormais, tu fais partie de son peuple, tu es membre du Corps du Christ et tu participes à sa dignité de prêtre, de prophète et de roi. »

Par le baptême, nous devenons donc rois, comme le Christ, et rois à sa manière : celle d’un pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Être chrétien, c’est donc s’engager à la suite du Christ pour annoncer sa Parole et construire un monde meilleur.

Témoigner de Jésus Christ, vivre en accord avec le Christ, cela amène à poser des actes qui peuvent être en contradiction avec ce que font et pensent les personnes qui nous entourent : par exemple, dans un monde où l’argent devient peu à peu la valeur suprême, c’est agir pour que ce soit l’homme qui soit au centre, et non les finances. Dans un monde où il ne semble pas possible d’être heureux sans pratiquer une sexualité débridée et aventureuse, où les corps s’exhibent, y compris sur les panneaux publicitaires, c’est rappeler la grandeur de la fidélité, la place de la sexualité dans le couple marié, la dignité du célibat consacré, la beauté de la pudeur.

Il ne s’agit pas d’être bêtement réactionnaire et de tomber dans un dénigrement total du monde. Être chrétien, c’est aimer le monde, mais sans en aimer les péchés, c’est essayer de vivre et de témoigner en fidélité au Christ. C’est chercher à faire que le monde s’imprègne toujours plus des valeurs de l’Évangile. Et c’est ce qu’essaye de faire à sa façon l’Aide à l’Église en Détresse, l’AED. Depuis 1947 et sa fondation aux Pays-Bas, l’AED soutient par les dons des Églises riches les Églises qui sont dans l’épreuve, qui souffrent de persécution et de grande pauvreté.

Moi qui ai travaillé pendant 2 années au Cambodge à la comptabilité de l’Église, je sais bien la part que l’AED peut prendre pour soutenir les constructions d’Église, les constructions de séminaires, par exemple. Le fondateur, le père Werenfried, disait que la mission de l’AED était de sécher les larmes de Dieu là où cela était nécessaire.

L’AED essaye de participer à la construction du Royaume. Car si le Royaume du Christ n’avait rien à voir avec le monde d’ici, nous n’aurions qu’à nous réfugier dans nos églises et à prier en attendant la fin du monde et la venue du Royaume. Mais le Royaume ne viendra pas sans nous : Dieu est tout-puissant, mais il préfère avoir recours à nos bras et à nos mains. C’est notre dignité de fils et de filles de Dieu qui est en jeu ; c’est la mission que le Seigneur nous confie : nous devons être les bons samaritains de nos frères.

Dans chaque homme qui souffre, c’est le Christ qui est présent. Saint Vincent de Paul invitait ses religieuses à toujours servir les pauvres comme si elles servaient le Christ lui-même.

Car si le Christ est un roi, ne nous y trompons pas : notre Roi est un roi dont le trône est une croix.

Amen.

[1] Onction : Le « frotté d’huile » = Messie = Christ

mercredi 28 novembre 2007

Qui suis-je ?

J'ai 33 ans et habite actuellement à Laval (53). Je suis prêtre du diocèse de Laval depuis le 17 juin 2007. Je suis depuis le 1er septembre 2007 prêtre coopérateur sur la paroisse "La Trinité - Avesnières - Cordeliers" sur la ville de Laval (rive droite).

Qui suis-je ?

Après avoir fait mes études en Mayenne et une fois mon bac en poche, je suis parti à Rennes faire deux années de classe prépa HEC pour ensuite intégrer en 1994 l'ESC La Rochelle.
Trois années plus tard, j'en sortais avec en poche mon diplôme (option gestion des ressources humaines).
À l'époque, le service militaire existait toujours, et je souhaitais occuper au mieux ces mois de service obligatoire. Je décidais donc de partir en coopération.
C'est ainsi que je passais deux années à servir l'Église catholique du Cambodge comme gestionnaire-comptable à l'évêché de Phnom Penh.
Au Cambodge, la question de la vocation est revenu avec une grande force, surtout par le contact avec les chrétiens de ce pays.

Ma vocation

Mon initiation chrétienne s'est d'abord faite par le biais de ma famille, puis par la catéchèse, mais surtout par le MEJ (Mouvement Eucharistique des Jeunes) dont j'ai fait partie de mes 9 ans à mes 23 ans. C'est dans le sein du MEJ que j'ai appris à partager ma foi, à échanger et à argumenter avec d'autres sur des thèmes de foi et de vie chrétienne. C'est sans doute grâce au MEJ que je n'ai jamais eu peur de m'afficher comme chrétien. Le MEJ m'a aussi appris la relecture de vie : prendre le temps, régulièrement, de poser un regard sur ma vie, parfois avec l'aide d'un plus grand, pour y discerner les traces de Dieu. Dieu nous parle par le biais de nos rencontres, des événements, des choix… et c'est grâce à la relecture de vie que j'ai appris à poser mes choix de vie. La première fois que j'ai évoqué avec quelqu'un le projet de devenir prêtre, c'était avec ma mère et j'avais 11 ans… mais l'idée est rapidement sortie de ma tête.
Après mon bac, j'ai fait deux années de prépa à Rennes, puis trois années d'école de commerce à La Rochelle. Pendant ces années, ma vie chrétienne a surtout été liée, là encore, au MEJ, mais en tant que responsable d'équipes de plus jeunes.
À la fin de mes études, je suis partie en coopération pendant deux années au Cambodge, et c'est cette période de ma vie qui, à la suite des autres, a été déterminante pour mon choix d'entrer au Séminaire. En effet, c'est la rencontre des chrétiens cambodgiens, des chrétiens qui ont gardé leur fois malgré les brimades et les persécutions, qui m'a amené à me poser des questions sur ma propre vie de foi. L'Église du Cambodge m'a permis de m'ouvrir à la question de la vocation et à accepter de ne plus être le seul à décider de ma vie : j'ai décidé, au moment de mes 25 ans, de remettre ma vie entre les mains de Dieu. Pendant plusieurs semaines, ma prière a été unique : " Seigneur, je suis prêt à tout, montre-moi ce que je dois faire. " Et petit à petit, c'est devenu une conviction forte : le Seigneur m'appelait à devenir prêtre.
Depuis le Cambodge, j'ai écrit à mes parents pour le partager le bouleversement qui se passait en moi, et j'ai eu la joie de sentir leur soutien : ils étaient ouvert à la question, et tout ce qui leur importait, c'était mon bonheur.
Ensuite la question s'est posée du type de prêtre. J'ai décidé, à mon retour en France, de prendre un accompagnateur spirituel et de chercher du travail pour avoir du temps pour discerner. En parallèle, je faisais la formation du Service interdiocésain des Vocations (plusieurs week-ends avec des jeunes qui sont en recherche de vocation). Après un an et demi de travail à Paris, je demandais à Mgr Maillard d'entrer au séminaire pour me former dans le but de devenir prêtre pour le diocèse de Laval. C'était en 2001.
Les années de séminaire, ce sont des années de formation intensives, mais aussi des années pour se confronter à la réalité de la vie de l'Église et de notre diocèse… c'est parfois éprouvant, car il faut confronter la réalité à nos illusions… mais c'est aussi le moyen d'approfondir le discernement sur la vocation. En effet, la vocation n'est pas une réalité désincarnée : la vocation est toujours pour un lieu, pour un peuple chrétien, pour un type de mission. On n'est pas prêtre dans le vide, mais on est prêtre diocésain pour la mission en paroisse dans le diocèse de Laval…

Ouverture du blog

Bonjour à tous et bienvenue chez moi ! Pourquoi un tel blog ? Non pas pour ma petite gloire personnelle... mais en tant que prêtre catholique (et jeune en plus) j'avais envie de tenter l'expérience du blog...
Ensuite, je souhaitais ouvrir un espace de partage pour ceux qui se posent des questions autour de la foi en général, et de la foi chrétienne en particulier.

Les messes dans ma paroisse

Retrouvez tous les horaires des célébrations sur egliseinfo.catholique.fr